ES BOIS
Des Bois.
Les Bois sont presque entièrement formés de ligneux (^vojez § 649)5 ils en renferment au moins qS à 96 parties sur 1005 ils contiennent en outre une matière végéto— animale, des principes colorans, gommeux, résineux, des sels , etc.
'jQ'i. Bois decampèche (^liæmatoxyîon camyechianumpetit arbre épineux, qui croît abondamment dans la baie de Honduras). Il est compacte,- d’un brum rougeâtre à sa surface 5 mais lorsqu’on le divise parallèlement à.ses fibres , on voit que les parties mises à nu sont d’un rouge orangé 5 il a une odeur de violette assez forte et une saveur sucrée , amère, un peu astringente 5 il colore la salive en violet. Il est formé, suivant jM. Chevreul, de ligneux, à’hématiney. d’une matière brune insoluble dans lalcool et très -peu soluble dans l’eau, d’une huile volatile ayant la même odeur que le bois , soluble dans l’eau^ de matière végéto-animale, d’unesubs tance résineuse et haileusej d’acide acétique, d acétates de potasse et de chaux, de silice, d’oxalate de chaux et de quelques autres sels. Il est employé dans la teintiue.
^63. Bois de santal pierocarpus sanfalinus, arbie qui croît sur la côte de Coromandel et dai}s plusieurs autres parties des Indes orientales J, Il est compacte, pesant, inodore etpeusapide5ilbrunitlorsqu’onrexposeàrair; il contient,ouire le ligneux, une matière colorante rouge dont nous avons parlé , la matière coloiante brune qui £ itla i a-'C des extraits, ua peu d’acide gallique et des sels. P IL tie .)
y64- Boù de Brésil ( cæsalpinia crisla , arbre qui croît dans le Brésil et dans quelques autres pays ). U est très-dur , très-pesant, d’une couleur d’abord blanchâtre , qui passe au rouge par l’e-xposition du boisâ l’aii- : il communique cette couleur à l’eau avec laquelle on le fait bouillir. On l!em? ploie dans la teinture.-
SECOKDE PARXIÈ.
lyS
765. Bois de corail. Plusieurs naturalistes pensent que l’arbre qui fournit ce bois est V adenantherapavonia , qui croit dans les Indes. Il est rouge , parsemé de veines écarlates et brillantes , assez dur , et susceptible de prendre un très-beau poli 5 il est inodore et insipide 5 il communique à l’eau bouillante et à l’alcool une couleur de brique. Suivant M. Cadet il est essentiellement résineux , et peut être employé pour teindre la soie , pour faire une belle encre rouge et pour colorer les liqueurs de table. On en fait des meubles de luxe.
766. Fustique (morus tinctoria, arbre qui croit dans les lies des Indes occidentales ). Il a une couleur jaune veinée d’orangé; il n’est ni très-dur ni très-pesant; il communique à l’eau une couleur orangée très-foncée. On l’emploie pour teindre en jaune.
767. Sumac ( rhus coriaria, arbrisseau qui croît dans le Levant ). M. Proust pense qu’il est principalement formé d’une matière tannante particidière; il communique à l’eau une couleur jaune verdâtre , qui ne tarde pas à brunir lorsqu’on l’expose à l’air. On l’emploie en teinture comme mordant, à raison du tannin qu’il contient,
768. Bois résineux. Nous avons fait connaître, en parlant des résines , un très-grand nombre d’arbres qui fournissent
.un suc résineux : tels sont les pins, les sapins , etc. ; nous ne croyons pas devoir entrer dans de plus grands détails à cet égard.
Les bois qui ne sont pas colorés et qui ne contiennent pas une très-grande quantité de résine , sont employés pour la construction , pour faire le charbon , etc. (Wojer. Préparation du charbon de bois.)
Des Écorces.
Les écorces sont principalement formées de ligneux; il en est qui renferment düTérens autres principes immédiats j
DES ÉcancEs. 195
tels que dut tannin , des résines , des matières colorantes des sucs glutineux , etc.
76g. Ecorce de cliéne. Cette écorce est une de celles, qui contiennent le plus de tannin r aussi est-elle très-astrin— gente ; sa poudre porte le nom de tan , et sert à tannes les^ peaux.
'j'jO. Cannelle (écorce intérieuTeàvilauTuscjnnaiTiorniini, arbre que l’on cultive principalement à Ceylan. Elle est sous la forme de longs morceaux roulés sur eux-mêmes , d’un jaune tirant sur le rouge , d’une saveur d’abord sucrée, ensuite piquante et aromatique, et d’une odeur très-suave ^ elle doit ces deux dernières propriétés à une bnile essentielle très-soluble dans l’alcool. Neuman a retiré 3 grammes de cette huile de 5oo grammes d’écorce. On doit considérerla cannelle comme tonique et stimulante; on l’emploie dans les pertes qui suivent quelquefois l’accouebement , dans la ménorrhagie passive qui attaque des individus faibles , dans la leucorrhée constitutionnelle , dans les digestion* pénibles occasionnées par la débilité de l’estomac, à la fin des diarrhées et des dysenteries; enfin comme sudorifique. On l’administre en poudre , à la dose de lo à 12 grains jusqu’à un demi-gros; en infusion , dans une pinte de liquide , depuis un demi-gros jusqu’à un gros et demi. L’huile essentielle se donne à la dose de 3 , 45^5 ^ gouttes dans une potion sudorifique ; on fait prendre aussi quelquefois , dans une potion , 20 , 3o , 4o gouttes d’alcool de cannelle, ou le double d’eau distillée de cannelle. On connaît dans le commerce deux variétés de cannelle blanche : la première est l’écorce de ’Winter ( winteraniay, qui jouit des propriétés delà cannelle, mais à un degré inférieur; la seconde est l’écorce du diymis aromatique, que les Américains emploient contre le scorbut, la paralysie, les catarrhes , et qu’ils regardent comme stomachique sudorifique.
y ^ I . Ecorce du chancre ( cannabis saliva) .. Elle est for-
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mée de beaucoup de ligneux, de résine, d’une matière verte et d’un suc glutineux. Ces deux dernières substances sont susceptibles de se pourrir lorsqu’on les laisse pendant quelques jours en contact avec de Feau , que l’on renouvelle peu à peu -, le ligneux reste alors avec la petite quantité de résine; si on l’expose pendant quelques jours sur le pré à Faction du soleil , on obtient le chanvre en filasse. Cette opération, connue sous le noni de rouissage , a été perfectionnée dans ces derniers temps ; en effet , on peut faire rouir le chanvre en deux heures de temps : il suffit de dissoudre une livre de savon vert dans 65 o livres d’eau , et d’y plonger le chanvre : on obtient plus de filasse et de meilleure qualité. M. Lee substitue au rouissage le procédé suivant , qui paraît préférable aux autres pour préparer le chanvre et le lin. On bat la plante avant qu’elle ne soit parfaitement mûre , en la plaçant entre deux fléaux de bois garnis de fer, cannelés , s’emboîtant l’un dans l’autre , dont l’un est fixe et l’autre mobile : par un moyen mécanique très-simple , la partie ligneuse de la plante est détachée et laisse les fibres à nu ; on passe le chanvre à travers des peignes dont la finesse varie progressivement ; il se trouve promptement préparé et propre à l’usage auquel on le destine ; on le lavé à l’eau pure pour lui enlever la matière colorante.
Quinquina (écoree de diverses espècesdu genre ctnehona ^ arbres qui croissent en Amérique, au Pérou, etc.). Suivant M. Vauqueîin , cette écorce est composée de ligneux , d’une matière résîniforme , qui ne paraît pas être identique dans toutes les espèces de quinquina , de mucilage et de quînate de chaux. Yoîci quelles sont les propriétés assignées par ce savant à la matière résîniforme. Elle est très-amère , très-soluhle dans Falcool , dans les acides et dans les alcalis; peu soluble dans l’eau froide , et plus soluble dans l’eau chaude ; elle communique aux infusions de quinquina la propriété de précipiter par Fémé-