‹ Élémens de chimie médicale (volume 2)Chapitre 30 sur 80 · DES ÉCORCES · texte numérisé non relu

DES ÉCORCES

tique, par la noix de galle et par la colle-forte (gélatine ) j elle possède au plus haut degré la vertu fébrifuge. Guidé par ces expériences, M. Vauquelin a proposé, pour reconnaître les meilleures espèces de quinquina, de les faire infuser dans l’eau , et de soumettre Yinfusum à l’action de ces divers réactifs : celui qui sera fourni pai’ le quinqpiina d’excellente qualité précipitera abondamment par la noix de galle , l’émétique et la Colle 5 celui qui ne précipitera par aucun d’eux ne sera point fébrifuge 5 celui qui précipitera seulement par la colle ou par la noix de galle et par l’émétique , sera de qualité moyenne; en général, Yinfusum qui sera abondamment précipité par la noix de galle sera préférable à celui qui le sera par la noix de galle , par la colle et par l’émétique , mais faiblement.

M. Psalf a publié depuis une série d’expériences qui ne sont pas d’accord avec les résultats que nous venons d’énonccr. Après avoir isolé par l’alcool la matière résiniforme, qu’il regarde comme voie résine particulière, il en a examiné les propriétés : elle est sous la forme de pellicules oudelilamensbrillans, transparens , presqueinsipides, semblables à des cristaux aciculaires ; elle agit sur l’eau , l’alcool , les acides et les alcalis , comme M. Vauquelin l’a indicpié ; sa dissolution aqueuse se comporte comme le tannin: sa dissolution alcoolique n’est point précipitée. par la noix de galle ; elle est troublée par la colle de poisson; les sels ferrugineux très-oxidés la précipitent en vert; le chlore y fait naitre des flocons d’un jaune citron, l’hydroehloi’ate de deutoxide d’étain ne la trouble point. YJ éther sulfurique n’agît point sur cette résine. Mise sur des charbons ardens , elle se décompose , répand une fumée aromatique , et s’enflamme par l’approche d’une bougie.

M. Psaflf ne croit pas que la propriété qu’a Yinfusum du quinquina de précipitH- la noix de galle, la colle et l’émétique dépende d’un seul et même principe. Voici les con-

20à SECOKDE PARTIE.

clusions auxquelles il a été conduit : « i° les matériaux immédiats du quinqxdna capables de précipiter ces trois réactifs sont tous solubles dans l’eau et dans l’alcool ; 2® les principes qui précipitent la noix de galle et l’émétique paraissent eo-exister dans les diverses espèces de quinquina sans être identiques 5 3® la substance qui précipite Vinjusum de noix de galle est la véritable cause de l’amertume du quinquina ou le principe amer , quoique soa union avec la noix de galle soit dépourvue de toute amertume 5 4*^ ïîi matière qui se précipite avec la gélatine animale diffère tout-à-fait de ce principe amer ; elle appartient à cette modification de tannin qui colore en vert les dissolutions de fer, et qui existe dans quelques mauvaises espèces de quinquina sans ce principe amer ». (^Journal de Pharmacie, i8i5). Il résulte de ce travail que M. Psaff admet dans le quinquina un plus grand nombre de matières que celles qui ont été indiquées parM. Vauquelin. D’une autre part , Joseph Franck paraît avoir prouvé , par des observations cliniques multipliées , que la poudre de quinquina est beaucoup plus fébrifuge que la résine et que tout autre principe isolé de l’écorce. Ces considérations nous portent à croire qu’il importe de faire de nouvelles recherches surle nombre et la nature des principes du quinquina, ainsi que sur leurs propriétés fébrifuges comparées à celle de l’écorce-.

Le quinquina est un des médicamens les plus employés comme tonique, antiseptique, fébrifuge, etc. ^ on l’administre I® dans, les fièvres intermittentes pernicieuses, à la dose de 6 ou 8 gros 5 on doit le donner pendant l’intermission et la rémission 5 2® dans les fièvres intermittentes simples; 3® dans une multitude d’aflection s intermittentes, nerveuses ou autres ; 4° dans les fièvres putrides et adynamiques ; 5® dans la fièvre jaune , après la cessation totale de l’irritation fébrile; 6® dans la peste; 7® dans les varioles de mauvais caractère , lorsque l’éruption languit ou que

DES ÉCORCES. 2o3

la fièvre de suppuration est très-forte : 8° dans la faiblesse des organes digestifs , etc. On l'administre sous toutes les formes , et depuis la dose de 6 à 8 grains jusqu’à 8 , lo gros.

7^3. Cascarille ( cToton cascarilla ou clutia eleuiheria , arbuste de l’Amérique austiale). Cette écorce est sous la forme de petits morceaux roulés , aplatis, peu épais, d’une cassure résineuse ^ d’un gris cendré à l’extérieur , et d’une couleiu rouille de fer en dedans ; elle a une odeur aromatique et une saveur âcre très-amère ; elle est formée , suivant Tromsdorff, d’une très-grande quantité de ligneux, de mucilage et de principe amer , de résine , d’huile volatile , et peut-être d’une petite quantité d’acide benzoïque. On l’emploie avec succès comme fébrifuge dans les mêmes cas où le quinquina est indiqué 5 on l’administre dans les diarrhées et les dysenteries chroniques , dans les hémorrhagies passives , dans la fièvre hectique , etc. ; on l’administre aussi comme vermifuge : on la donne ordinairement en poudre , depuis 12 jusqu’à 72 grains.

774* Ecorce de Malambo. L’écorce de Malambo paraît appartenir à une espèce du genre winteraniaj du moins, d’a-? près M. Zea , elle a le plus grand rapport avec celle du winîerania aromatica. Elle est de couleur cendrée rougeâtre ; son épiderme est gris et couvert de rugosités blanchâtres plus ou moins prononcées; son odeur est forte et analogue à celle de certains poivres ; sasavem' est très-amère, chaude et piquante. Suivant M. Vauquelin , elle renferme les mêmes corps fixes que la plupart des plantes d’Europe ; elle contient environ tï de son poids de matière résineuse amère, unie à une huile volatile et aromatique extrêmement âcre. M. Cadet , qui avait examiné cette écorce avant M. Vauquelin , l’avait trouvée composée d’une matière colorante extractive , d’une matière résineuse très-abondante et trèsamère, et d’un principe aromatique volatil. Il paraît qu’on

SECONDE PAETIE.

l’emploie avec succès en Amérique comme fébrifuge , to-^ nique et astringente. M. Vauquelin pense qu’on doit l’administrer de préférence sous forme de teinture alcoolique , mêlée avec un sirop ou dans l’eau sucrée-.

7^5. Ecorce de tulipier {liriodendpim tuLipifera, arbre: de l’Amérique septentrionale , qui existe abondamment à Schœnbrunn près Vienne ). L’écorce des jeunes branches est lisse , d’un brun rougeâtre y tenace , d’une odeur trèsfine , balsamique , d’tme saveur un peu aigre , amère , sans, être sensiblement astringente. Suivant M. TromsdorJff , elle est formée de ligneux y d’extractif amer , de principe gommeux et de résine. Hildebrant l’a substituée avec avantage au quinquina dans la fièvre tierce.

776. Ecorce du daphne aïpina. Suivant M. Vauquelin,, cette écorce contient du ligneux , un principe âcre , de la résine verte , une matière cristalline amère, et une stibstancecolorante jaune. Le daphne gnidium n’a point fourni de matière cristalline.

777. Le liège est la partie extérieure de l’éeoree du quercus suber. M. Chevrèul a conclu, après avoir fait un très-grand nombre d’expériences , que le liège doit êtreconsidéré comme un tissu cellulaire dont les cavités contiennent des matières astringentes , colorantes et résineusesou huileuses ; ainsi il y a découvert un principe aromatique, de l’acide acétique, de l’acide galîique , une couleur jaune, une matière astringente, un produit azoté, de la-, eérine, une résine molle, un principe que ce chimiste a appelé subérine^ cl quelques sel?.

Suivant Fourcroy , l’épidermedes végétaux ne serait que du liège; cette;suppositian a été rendus très-vraisemblable par les expériences de M. Chevreuil. Toutefois la et)mposition de l’épiderme des graminées paraît difiérer beaucoup* de celle des autres plantes ; il contient une très-grande quantité de silice. SuivantM. Davy , 100 parties d’épiderme*

0ES KAeiSES.

2oà

de cannebonnet renferment 90 de silice ; 100 d’épiderme de bambou en contiennent 71,4; 100 de roseau commun en ■donnent 48,1 ^ enfin roo de lige de blé en renferment 5.

Des Racines,

Les racines sont tantôt ligneuses , tantôt charnues ; les premières sont en quelque sorte formées par le ligneux; les autres contiennent , outre ce corps , plusieurs autres substances.

778. Ipécaciianha brun (jjsychotriaemeticd). Gette racine est brune ou cendrée, diversement tortueuse, hérissée de petits anneaux proéminens , inégaux et rugueux, de la grosseur d’une plume ; elle contient une moelle ligneuse ( meditullium ) , qui ressemble à un fil , et dont il est facile de séparer l’écorcéiriable; sa saveur est âcre et amère, son odeur herbacée et nauséabonde. MM. Pelletier et Magendie, dans un beau ti’avail fait sur cette racine , ont prouvé que V écorce contient, sur roo parties, 2 de matière grasse, huileuse , odorante; 16 d’émétine, 6 de cire végétale, 10 dégommé, 4^ d’amidon, 20 de ligneux, et quelques traces d’acidé galliqne ( perte , 4)- Le meditullium est composé de i,i5 d’émétine, de 2,45 de matière extractive non émétique, de 5 de gomme, de 20 d’amidon, de 66,Go de ligneux , de quelques traces d’acide gallique et de matière grasse (perte , 4'8o). Les résultats de celte analyse confirment ce que l’on savait déjà, savoir : que la partie corticale jouit de propriétés médicinales beaucoup plus énergiques que le meditullium. On administre l’ipécacuanha, i® comme vomitif, principalement dans les fièvres intermittentes dont les paroxysmes se prolongent , dans les fièvTes rémittentes de mauvais caractère, dans les dysenteries bilieuses , lorsqu’il y a surcharge des voies digestives, dans la coqueluche, dans certaines faiblesses des

SEC05DE partie.

organes digestifs , dans la péritonite puerpérale bilieuse, etc. On le donne à la dose de 4 , 6 , i a ou 18 grains délayés dans de Peau ; 2° comme excitant du système pulmonaire, dans les dernières périodes des catarrhes pulmonaires ; dans ce cas , on en fait prendre de petites doses souvent répétées. MM. Magendie et Pelletier pensent que Péméline doit être administrée de préférence à Pipécacuanha , parce qu’elle jouit de tous ses avantages à un plus haut degré, et qu’elle n’a point l’odeur et la saveur désagréables de ce médicament. Il résulte aussi de leurs expériences que Pipécacuanha peut agir à la manière des poisons lorsqu’il est administré à trop forte dose.

Uipécacuanlia gris {calicocca ipecacuanlia) renferme , sur îoo parties de matière corticale, i4 d’émétine, 2 de matière grasse, 16 de gomme , 18 d’amidon, 48 de ligneux (perte , 2). Üipécacuanha blanc {viola emetica) paraît contenir , suivant les mêmes auteurs , 5 parties d’émétine , 35 de gomme, i de matière végéto-animale et 5^ de ligneux (perte , 3 b

Jalap {convolvulus jalappa , plante de Xalapa dans la ISouvelle-Espagne). Elle est sous la foi-me de tranches minces, dures , d’uue couleur brune , présentant des rayons et des cercles résineux*, elle a très-peu d’odeur-, sa saveur est légèrement âcre et nauséabonde; elle s’enflamme aisément. Les expériences faites par M. Planche , dans le dessein d’obtenir la résine de jalap , tendent à faire croire que cette racine est formée de ligneux, d’une matière colorante brune , d’un principe sucré , d’amidon , d’un acide qui paraît être l’acide acétique , et de résine à laquelle on. attribue ses propriétés médicinales. On l’administre comme purgatif, depuis 4 5 6 , jusqu’à 48 grains , dans 3 ou 4 onces de véhicule. La résine de jalap est beaucoup plus active, et fait partie des potions hydragogues ; on la donne depuis 4 jusqu’à 20 grains. Celle qui a été préparée avec la partie

DES RACI3JES.

ligueuse de la racine parait plus active que celle qui est fournie par la partie corticale-, du moins , à la dose de 12 à 1 5 grains , suspendus dans une émulsion , elle a produit de i5 à 20 selles sm- plusiems malades. (M. Planche. )

780. Rhubarbe (jlieum palmatum^ racine qui vient des parties septentrionales de la Chine). Elle est en morceaux cylindriques et arrondis, d’un jaune sale à l’extérieur, d’une texture compacte , d’une marbrure serrée, d’un rouge brique à l’intérieur 5 elle a une odeur particulière et une saveur âcre 5 elle colore la salive en jaune orangé et croque très-fort sous les dents 5 sa poudre est d’une couleur qui tient le milieu entre le fauve et l’orangé. Elle est formée, suivant M. Henry, d’un principe colorant jaune , analogue au tannin , doué d’une saveur amère, âpre , insoluble dans l’eau froide, soluble dans l’alcool, l’éther et l’eau bouillante, auquel on a donné le nom de caphopicrite : 2° d’une huile fixe douce, rancissant par la chaleur: 3® d’un peu de gomme ; 4° d’amidon ; 5" de ligneux 5 6" de malate acide de chaux 5 7° d’oxalate de chaux , qui fait le tiers de son poids ; 8“ d’un peu de sulfate de chaux et d’un sel à base de potasse. La rhubarbe de Moscovie ne diffère de la précédente qu’en ce qu’elle contient un peu moins d’oxalate de chaux- Celle de France renferme beaucoup plus de tannin et d’amidon que les précédentes ; elle contient beaucoup moins d’oxalate de chaux. On administre ce médicament , I® comme tonique du système digestif, à la dose de 4 5 5 à 6 grains , en poudre ou en infusion vineuse ; 2° comme purgatif, surtout chez les enfaus : on en fait infuser un ou 2 gros dans de l’eau , que l’on emjtloie aussi comme anthelmintique 5 3° comme astringent dans les diarrhées et dans les dysenteries atoniques : la dose est de 4 à 6 grains. On s’en sert aussi dans les jaimisses lentes , etc.

781. Racine d’iiis de Florence ( iris florentina ). Cette racine, ffaîche, est âcre et amère ; elle perd une partie de ces

SECOa'DE PAE.TIE.

propriétés par la dessiccation ; elle a une odeur agréable et très-analogue à celle des fleurs de violette. Elle contient j suivant M. Vogel, de la gomme, un extrait brun, de la fécule , une buile grasse , âcre, amère , une huile volatile en paillettes blanches et du ligneux. Elle était très-employée autrefois en médecine , comme tonique et incisive , dans certaines affections atoniques du système pulmonaire ; on l’administre aujourd’hui , mais rarement, comme calmante, dans les coliques et les dévoiemèns , surtout chez les enfans : on en donne 6 à 8 grains , avec autant de magnésie et de sucre.

782. Racine de curcuma ( curcuma Tonga de Linné , amo-^ mum curcuma djc Jacquin; racine jaune qui nous vient des Indes orientales). Elle est formée , suivant MM. Peltier et Vogel, d’une matière ligneuse, d’une fécule amilacée, d’une matière colorante brune, serablahlé à celle que l’on retire de plusieurs extraits, d’un peu dégommé, d’une huile volatile odorante , très-âcre , d’un peu d’hydro-chlorate de chaux, et d’une matière colorante jaune que ces chimistes regardent comme une matière paiticu^ Hère , très-hydrogénée, très-soluble dans les alcalis, susceptible de passer au rouge cramoisi par les acides concentrés. On emploie cette racine pour dorer les jaunes de gaude et donner plus de feu à l’écarlate ; on s’en sert pour teindre en jaune orangé ; mais la couleur qu’elle fournit n’est point solide ; on prépare avec elle le papier de curcuma, dont on fait usage pour rec onnaître les alcalis : cependant nous devons dire que, s’il est vrai que ce papier est rougi par les alcalis , il l’est également par les acides sulfurique, nitrique , hydro-cblorique, borique et phosphorique, si toutefois ce dernier est concentré.

788. Racine de gentiane (^gentiana lutea, plante des contrées montagneuses de la Suisse , de la Hongrie , de la France , etc. }. EUe est cylindrique , marquée d’anneaux

cas BACISES. 209

Voisins les uns des autres , rugueuse , d'un brun foncé ou fauve, peu odorante et douée d’une saveur très-amère 5 son parenchyme est jaunâtre et tire un peu sur le rouge. Suivant Neuman , elle est formée de ligneux , d’un principe amer auquel elle doit principalement ses propriétés médicinales, d’ime matière mucilagineuse , de résine et d’extractif. Les expériences que M. Planche a faites sur cette racine pour en obtenir de l’eau distillée , tendent à prouver qu’elle renferme en outre de l’acide acétique et un principe nauséabond voiatil, agissant sur le cerveau à la manière des plantes vireuses. La racine de gentiane de Suisse contient en outre du sucre : en effet, elle a une savetn- sucrée, et lorsqu’on la laisse fermenter pendant quinze jours avec de l’eau , dans une chambre chaude, on obtient de V eau-de^-vie qui n’a point de saveur désagréable, mais qui conserve l’odeur de la gentiane; on prépare aussi celte liqueur de gentiane dans les Vosges et dans le Jura. (M. Planche.) La racine de gentiane est employée en médecine comme un excellent tonique ; on l’administre dans les fièvres intermittentes printanières , dans le scorbut, les obstructions des viscères du bas-ventre, les scrophules ; on l’a aussi vantée comme anti-arthritique , lithonti-iptique , etc. On l’administre le plus ordinairement sous la forme de teinture alcoolique que l’on donne à la dose de 3o ou de 60 gouttes , ou sous la forme de vin aromatisé ; on l’emploie aussi pour faire des tentes propres à dilater les trajets fîstuleux. M. Planche ayant pris une cuillerée à bouche d’eau distillée de gentiane , eut de fortes nausées , et au bout de trois minutes il éprouva une sorte d’ivresse qui se prolongea pendant plus d’une heure.

784. Racine deTéglisseÇglycyrrhizaglahra). Cetteracine est formée , d’après M. Robiquet , de fécule amilacée , d’albumine végétale ou de substance végéto-animale, d’une liuüe résineuse brune et épaisse qui donne de l’âci'eté aux ïi. i4

üIO

SECOÎfD’E TiRTlE.

décoctions de réglisse , de ligneux , d’une matière colorante , d’acide phosphorique et d’acide malique combinés avec la chaux -et avec la magnésie , d’une matière sucrée qui se rapproche des résines , et que M, Devaux a appelée saccogommite ; enfin d’une matière cristalline qui a l’aspect d’un sel et qui a quelques rapports avec l’asparagine. Propriétés de la maûère sucrée. Elle est solide, d’un jaune sale, d’une saveur analogue à celle de la réglisse ; elle se boursouffle sur les charbons ardens , et répand une odeur semblable à celle des résines ; elle est très-peu soluble dans l’eau froide , soluble dans l’eau bouillante , et se prend en ^elée par le refroidissement ; elle se dissout dans l’alcool à toutes les températures; elle n’est point fermentescible; i’acide nitrique la transforme en une masse jaune, insoluble dans l’eau , qui paraît contenir un peu d’amer. Propriétés de la matière cristalline. Elle cristallise en octaèdres rectangulaires, incolores, dont les deux arêtes les plus courtes sont remplacées par des facettes; elle est presque insipide et peu soluble dans l’eau ; le solutum n’est troublé par aucun réactif. Elle se boursouffle sur les charbons et répand une odeur ammoniacale ; elle se dissout dans l’acide sulfurique sans le noircir , et dans l’acide nitrique sans dégagement de gaz nitreux ; broyée avec la potasse caustique , elle laisse dégager de l’ammoniaque au bout d’un certain temps.

lue jus de réglisse n est autre chose que le decoctum de la racine convenablement évaporé. JJ infhsum de réglisse , préparé avec un gros de racine sèche dépouillée de son écorce et une livre d’eau bouillante, est employé comme adoucissant et expectorant , dans les catarrhes légers , les chaleurs de poitrine. Le jus de réglisse peut être utile dans les toux eatarrhales invétérées.

^85. Carotte rouge ( Jancit? carotta). Suivant M. Bouillon-Lagrange, cetteracine fournit à l’analyse du sucre liquide

DES UACl^'ES.

2Ii

incristallisable, de la fécule ami lacée , du malate acide de chaux , et une matière jaune laissant des taches sur le papier^ insoluble dans l’eau, soluble dans d’alcool et dans les huiles, n’ajant été trouvée jusqu’à présent que dans la carotte , qui lui doit sa couleur. On l’administre en médecine comme apéritive et analeptique , dans la strangurie et l’ictère. Le sucre et l’extrait de cette racine ont été employés avec succès dans le traitement des ulcères malins et carcinomateux , sinon pour guérir la maladie, du moins pour la diminuer : tantôt on applique le suc sm- la partie affectée , tantôt on l’introduit par injection.

786. Calaguala ( racine du poljpodium adianthiforme de Forster et Jussieu , cryptogame de l’Amériqtie australe, de St.-Domingue , de la Nouvelle-Hollande , etc. ). Elle est cylindi-oïdé , écailleuse , roussâtre , fléxueuse , garnie d’une multitude de fibrilles grêles qui se subdivisent encore en d’autres filamens 5 sa saveur, d’abord doucè, finit par être amère ; son odem est rance et huileuse. Elle est formée d’un peu de sucre , d’un mucilage jaunâtre , d’un peu d’amidon , de ligneux , de résine amère , âcre et soluble dans les alcalis , d’une matière colorante rouge , d’acide malique, d’hydro-chlorate de potasse, de carbonate de chaux et de silice ( Vauquelin ). On a préconisé cette racine comme sudorifique dans le rhumatismé , la goutte , la syphilis 5 on a vanté ses bons effets dans l’hydropisie , les phlegmasies chroniques de la poitrine , etc. *, mais il est indispensable de réitérer les obseTPvàtibns avant de lui accorder autant de propriétés médicinales.

787. Racine du bryonia alha dé Linné. Cette racine est fusiforme et acquiert souvent un très-grand volume. Elfe contient , d’après les expériences de M. Vauquelin , une très-grande quantité de fécule unie à un- suc tres-àere, amer, nauséabond, soluble dans l’eau ét dans falccobj une assez grande quantité de goihme , une matière vé-

SECONDE PARTIE

aja

géto - animale , du ligneux , un peu de sucre et une certaine quantité malate acide de chaux et de phosphate de chaux.'On l’administre en poudre comme purgatif, à la dose de i8 à 36 grains j si la dose était très-forte elle agirait comme les poisons âcres. Si après avoir laissé déposer le suc de biyone on épuise le précipité par l’eau , on dissout le principe âcre , et il ne reste que la fécule amilacée , avec laquelle les Américains se nourrissent.

78S. Racine du Jatropha manioc (arbrisseau cultivé en Amérique). On trouve dans cette racine un suc laiteux, composé d’un principe volatil très-vénéneux , d’amidon , etc. ; la portion de la racine qui n’est pas succulente contient beaucoup de fécule. Les habitans du Nouveau -Monde commencent par extraire tout le suc de la racine; ils dessèchent celle-ci au soleil et la pulvérisent ; la farine qui en résulte porte le nom de cassave ^ ils la font cuire sur une plaque de fer chaude , de manière à en obtenir des galettes auxquelles ils donnent le nom de pain de cassave.

Page 1