CHAPITRE IIL Analyse d^s acides minéraux
, Les acides minéraux sont solides ^ liquides ou gazeux. Ces derniers seront inconnus par les caractères exposés en parlant de l’analyse des gaz 5 il sont au nombre de huit i savoir , Vacid^ carbonique , V acide sulfureux , Y acide chloreux (oxide de chlore), Y acide nitreux, les acides carbo~muriatîque ( chlorure d’oxide de carbone) , phtotoi borique, phtoro-silicique , hyrdro-'chlorique et hydnodiquë. Les acides solides sont les acides timgstîque , iodique, phos-* phorique, arsenique, molybdique^ borique et columbique. On les distinguera les uns des autres par les caractères sui-» vans: 1° l’acide tungstique est le seul qui soit jaune, et l’a-? eide chromiquele. seul qui soit rouge. L’acide iodique est décomposé sur-rle-champ par l’acide sulfureux ou par l’a-^cidehydro-sulfm’ique qui èn séparent l’zotfe. Les acidesp^oA-phorique et arsenique sont fortement déliquescens 5 mais ce dernier donne de l’oxide d’arsenic volatil , ayant une odeuç alliacée lorsqu’on le chauffe jusqu’au rouge. Parmi les au-très acides non déliquescens , l’acide moljhdique se transe forme en oxide bleu lorsqu’on le met dans une dissolution,
BE l’ ANALYSE DES ACIDES MINÉRAUX. So^
d’hydro-diloratedeprotoxide d’étain. On distinguera l’acide borique de l’acide columbique , en ce que le premier , dissous dans l’eau bouillante , se précipite en lames par le refroidissement , tandis que l’autre est toujours en poudre 5 d’ailleurs , l’acide columbique , dissous dans l’acide sulfurique , donne par l’acide phosphorique une gelée blancbe , lOpaque, consistante, insoluble dans l’eau (i).
Les acides liquide^ sont , les acides hydro-pbtorique , hypo-pbospboreux , phosphoreux, phosphatique, sulfurique et nitrique. L’acide hjdro-phlorique ( fiuorique ) est Je seul qui corrode le verre à froid. Les acides hjpo-phos-^ phoreux , phosphoreux et phosphatique , sont les seuls qui , étant chauifés , s’enflamment spontanément en donnant naissance à du gaz hydrogène perphosphoré. L’acide sulfurique précipite le nitrate de baryte en blanc , et le précipité est insoluble dans l’eau et dans un excès d’acide. L’acide nitrique ne trouble point ce sel 5 d’ailleurs , il jouit de caractères qui le font reconnaître sur-le-champ. {Voy- § J ai.)
Nous venons de supposer le cas où ces acides se pré-? «enteraient à l’état liquide , gazeux et solide ; mais s’i4 jetaient dissous dans l’eau, comment proçéderait-on pour les reconnaître ? On ferait chauffer leurs dissolutions dans une petite fiole ; ceux qui sont gazeux donneraient un gaz que l’on pourrait recueillir dtins des cloches 5 les liquides ne changet'aiênt point d'état , et ceux qui sont solides se déposeraient sous la forme de poudre ou de cristaux,
(i) Nous avons cru devoir établir la différence de ces acides d’après un seul caractère, pour ne pas être obligés de répéter tous ceux dont se compose leur histoire, et qui ont été exposés dans le tome i®' 5 nous devons cependant prévenir qu’il importe, avant de se décider sur leur nature, de constater s’ils possèdent les propriétés que nous leur avons assignées..
QUATRIÈME PAUTIE.
Des Moyens propres à faire connaitie les proportions des élémens qui constituent les acides minéraux.
Nous avons déjà exposé comment on doit agir pour analyser les gaz acides composés y nous devons donc nous occuper seulement de ceux qui sont liquides ou solides, et que l’on peut analyser par des méthodes exactes 5 nous ne parlerons que des principaux.
Acide horique. On fait bouîHir 100 parties de bore avec de l’acide nitrique pur, et on obtient i5o parties d’acide borique ; d’où il faut conclure que le bore a^ absorbé 5o parties d’oxigèné à l’acide nitrique pour s’acidifier, et par conséquent qu’il est formé de 2 parties de bore et d’ime partie d’oxigène. (MM. Gay-Lussac et Thénard. )
Acide sulfurique. Gn transforme 100 grains de soufre en acide sulfurique au moyen de l’acide nitrique bouillant, et on détermine quelle est la quantité d’acide sulfurique formé : supposons qu’elle soit de 288, on conclut que cet acide contient 100 de soufre et i38 d’oxigène. Pour parvenir à connaître la quantité d’acide sulfurique produit, on précipite la liqueur obtenue par le nitrate de baryte et on pèse le sulfate de baryte précipité : or , on sait , par les analyses précédentes , quelles sont les quantités d’acide et de base qui constituent ce sel. N ojez Analyse des sels, pag.- 53o de ce vol. )
Acide nitrique. Les expériences récentes de M. Gay-Lus- ' sac prouvent que l’acide nitrique est formé d’un volume d’azote et de 2 volumes et demi d’oxigène; on connaît les pesanteurs spécifiques de ces gaz et celle de l’acide nitrique ; par conséquent on peut déterminer la composition de cet acide en établissant la proportion dont nous avons parlé page 5o2 de ce volume.
Acide iodique. On décompose dans une cornue 100 parties d’iodate de potasse sec , et l’on obtient 22,09 d’oxi-
DE d’aSILYSE DES métaux. 5ûg
gène et 77,41 d’iodure de potassium : donc l’oxigène obtenu appartient à l’acide iodique et à la potasse. Maintenant on sait que les 7 7,41 d’iodure renferment^, 93 7 d’iode et 18,473 de potassium : donc , dans les 100 parties d’iodate décomposé il y avait 18,427 de potassium; mais cette quantité de potassium y était à l’état d’oxide etconibinée avec 3,778 de gaz oxigène : donc, des 22,59 d’oxigène obtenus en calcinant l’iodate, 3,778 appartiennent à la potasse et 18,817 appartiennent à l’acide iodique; cet acide est par conséquent formé de 18,817 d’oxigène et de 58,987 d’iode, ou bien de 81,927 d’oxigène et de 100 d’iode, ou de I d’iode et de 2,5 d’oxigène en volume. (M. Gay-Lussac.)