CHAPITRE IV
Un métal étant donné, déterminer quelle est sa nature.
Nous ne nous occuperons que des métaux des quatre dernières classes , ceux de la première n’ayant pas été obtenus encore, et ceux de la seconde étant faciles à reconnaître , parce qu’ils se transforment en alcalis lorsqu’on les met dans l’eau. (Voyez Analyse des alcalis , pag. 5i5 de ce vol.)
Le métal qui, étant mis dans l’acide sulfurique faible ^ à la température ordinaire , se dissout avec efFervescence et dégagement de gaz hydrogène , est ou du fer, ou du zinc^ ou du manganèse, ou du nickel.
S’il n’est pas dans ce cas , et qu’il soit dissous dans l’acide nitrique concentré bouillant , ce sera du cobalt , diA palladium, du cuivre ,,deV urane, du mercure, duhismutl, du tellure , de V argent ou de V arsenic. Si, n’étant pas dissous par l’acide sulfurique faible ni par l’acide nitrique bouillant , il est transformé par celui-ci en une poudre blanche, ce sera deV étain, de V antimoine ou du molybdène.
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Si le métal n’est attaqùé par aucun de ces acides et qu’il s’ oxide en le faisant cliaufifer avec le contact de Pair , ce sera du chrome, du columbium , du tungstène > du titane,, ân cérium ou de V osmium. Enfin, s’il ne s’oxide pas lors^ qu’on le place dans les mêmes circonstances , ce sera de V or , àvi platine du rhodium ou àeï iridium. (M*Tiienard. )(i).
Analyse de quelques Alliagest D’étain et de plomb. Gn en fera bouillir loo grains avec un èxCès d’acide nitrique pur, et l’on obtiendra du nitrate de plomb soluble et du peroxide. d’étain insoluble.. Lorsqu’il n’y aura plus d’action , on étendra la liqueur avec de l’eau distillée, on la filtrera , on lavera bien le précipité , et après avoir réuni les eaux de lavage, on décomposera le nitrate de plomb par le sulfate de potasse ; le précipité de sulfate de plomb , lavé , desséché et pesé , donnera la quantité de plomb ( loo de ce sulfate contiennent 68,39 de plomb): d’une autre part, on pèsera le peroxide d’éiain pour déterminer la quantité d’étain <[ui entre dans sa composition ( de ce peroxide renferment 100 d’étain).
D’étain et de cuivre. On l’analyse comme le précédent, excepté que le nitrate de cuivre obtenu est décomposé par la potasse , qui en sépare le deuloxide de, cuivre , que l’od calcine après l’avoir bien lavé : laSMe deutoxide de cuivre sont formés de loo parties de cuivre et de 25 d’oxigène^ ( M. Proust. )
On se rappelle que le métal des cloches est formé de 23 parties éü étain et de ^8 parties de cuivre. Si on veut
(i) Après avoir ainsi établi ees diverses coupes, on examinera les propriétés des dissolutions nitriques ou hydro-chloriques de ces métaux , et on pourra affirmer quelle est leur nature. Oq pourra consulter , à cet égard , les caractères que nous avons placés à la tête de riiistoire des sels métalliques , 1.
DE l’analysé ÎÎE QtJELQUÉS ÂLLilGES. Sît
obtenir le dernier de ces métaux en grand , on y parvient facilement en soumettant l’alliage à l’action de l’air à uae température élevée 5 l’étain étant plus fusible et plus oxidâble que le cuivre , peut en , être facilement séparé. On commence par oxider entièrement une portion de métal de cloche 5 les deux oxides de cuivre et d’étain formés sont mêlés avec le double de leur poids de nouveau métal de cloche et cliâulFés avec le contact de l’air -, par ce moyen on obtient du cuivie sensiblement pur, surnagé par des scories composées d’oxide d’étain , d’oxide de cuivre, et d’une petite quantité de terre qui fait partie du fourneau dans leqiiel on opère. Ces scories sont décomposées , à une température élevée, par de leur poids de charbon , et fournissent, un alliage qui contient environ 60 parties de cuivre et l\o d’étain 5 2® de nouvelles scories renfermant beaucoup plus d’étain que les premières. On calcine l’alliage dont nous venons de parler 5 il se forme beaucoup plus d’oxide d’étain que d’oxide de cuivre , en sorte qu’il se trouve bientôt contenir les mêmes proportions de cuivre et d’étain que le métal des cloches^ alors on le coule et on lui fait subir les mêmes opérations qu’à celui-ci ; en sorte que l’on obtient une nouvelle quantité de cuivre. Les scories obtenues dans les diverses opérations que l’on a été obligé de faire sont de nouveau réduites par le charbon , et forment un alliage d’environ 28 de cuivre et de ^2 d’étain; pn calcine encore cet alliage pour transformer en oxide au moins 24 à 26 parties de l’étain qü’il contient; on enlève cet oxide , et l’alliage qui reste est chauffé de nouveau , de manière à oxidef de l’étain et du cuivre, et à obtenir encore tm composé analogue au métal de cloches , que l’on traite comme nous l’avons dit précédemment pour en avoir le cuivre; on répète ces opérations jusqu’à ce que l’on ait retiré la majeure partie du cuivre contenu dans le; inétal des cloches.
quatrième tÀRÏlE.
On sépare l’étain de Foside d’étain en traitant celui-cî par le charbon dans un fourneau à manche.
Alliage de plomb et d’antimoine. On opère comme pour l’alliage de plomb et d’étain : il faut seulement savoir que le peroxide d’antimoine qui reste est formé de loo parties de métal et de 3o parties d’oxigène. ( M. Proiist. )
De zinc et de cuivre ( laiton). On fait dissoudre l’alliage dans Facide nitrique pur, et on fait bouillir la dissolution des deux nitrates avec de la potasse pure , caustique; le peroxide de cuivre seul est précipité; on le lave et on le pèse après l’avoir desséché ; la dissolution contient alors du nitrate de potasse , de la potasse et de l’oxide de zinc ; on la sature par l’acide hydro-chlorique, et l’on y verse un excès de sous-carbonate dé potasse; Fhydro-chlorate de zinc est décomposé, et l’on obtient un précipité de carbonate de zinc ; on le lave , on le 'sèche et on le calcine ; l’ôxide de zinc résidu fait connaître la quantité de métal qui entre dans sa composition. ( 1 24,47 d’oxide de zinc contiennent 2454? d’oxigène.)
Alliage d’argent et de cuivre. On le fait dissoudre dans l’acide nitrique à l’aide .de la chaleur; on étend d’eau la dissolution des deux nitrates ; on y verse de l’acide hydrochlorique, qui précipite tout l’argent à l’état de chlorure j on filtre, on lave le précipité, et après avoir réuni les eaux de lavage , on sépare le deütoxide de cuivre du nitrate par la potasse ; on sait combien cet oxide contient de métal^ on connaît d’ailleurs la composition du chlorure d’argent ; on a donc-toutes les données nécessaites à la résolution du problème. ( 4o5,5g de chlorure d’argent sont formés de 100 de chlore et de'SoSjSq d’argent.) Nous devons maintenant faire connaître comment on parvient à analyser un pareil alliage par la coupè/ZatiOTZ.
■ Analyse Autk alliage A argent et de cuivre parla coupellation. On introduit dans une coupelle préparée avec
DÉ l’analyse »E QUELQUES ALLIAGES. 5l3
des os calcinés , broyés et lavés , une certaine quantité de plomb métallique (i) 5 on chauffe la coupelle dans un fourneau, etlorsque le plomb est fondu, ony ajoute une partie de l’alliage enveloppé dans du papier; le ploinb favorise îa fusion du cuivre; l’un et l’autre de cés deux métaux passent à l’état d’oxide aux. dépens de l’oxigène de l’air; les oxides formés fondent, se volatilisent en partie sous la forme de fumée; mais la majeure partie est absorbée par la coupelle , qui peut être regardée j jusqu’à un certain point , comme un filtre pouvant donner passage à ces oxides fondus ; au bout d’un certain temps on remarque un phénomène connu sous le nom ^éclair; l’alliage devient brillant, et l’opération est terminée ; l’argent se trouve seul dans l’intérieur de la coupelle , tandis que les oxides de cuivre et de plomb ont été complètement absorbés ou volatilisés ; on laisse refroidir l’appareil ; on pèse le bouton d’argent, et on connaît la quantité qui entre dans la compositiôn de l’alliage ; en retranchant cette quantité du poids de l’alliage soumis à l’expérience, on a celle du cuivre.
Alliage d’or , d’argent et de cuistre. On soumet cet alliage à la coupellation , ainsi que nous venons de le dire pour le précédent ; mais comme la quantité d’argent qu’il renferme est en général très-petite , on en ajoute une certaine portion; lorsque l’opération est terminée, et que les oxides de plomb et de cuivre ont été absorbés par la coupelle, on traite le bouton composé d’or et d’argent par de l’acide nitrique pur, qui dissout ce dernier métal sans tou-
(i) Lorsqu’on agit sur l’ailiage qui constitue les monnaies de France , et dans lequel il j a 9 parties d’argent et une de cuivre , on emploie 7 parties de plomb ; il n’en faut que 4 parties pour l’argent de vaisselle ; il en faut, au contraire , 10 parties pour faire l’essai de la monnaie de billon ; en général , iL en feudra d’autant plus que raliiage contiendra plus de cuivre. lu 33
5l4 QtTATIlIÊaiE PAKXIE.
cher à l’autre. L’additiou d’une certaine quantité d’argent est indispensable ; sans cela , dans, le traitement dont nous parlons , l’acide nitrique ne dissoudrait que la portion qui est à la surface du bouton.
Lorsqu’on ne veut pas déterminer d’une manière rigoureuse les proportions de l’alliage qui Constitue les bijoux d’or, on se con tente de T essai suivant , qui n’est qu’approximatif : on frotte le bijou sur une pierre de touche ( cornéenne lydienne) jusqu’à ce quel’on ait produit une couche d’environ 3 à 3 millimètres de largeur et de 4 millimètres de longueur ; alors on passe sui> cette couchfî un liquide composé de 3$ parties d’eau , 38 d’acide nitrique à i,34o de densité , et 3 d’acide hydro-chloriqueà^, i y3 : si la couche conserve sa couleur jaune et son éclat métalliijde , on conclut que l’or est au titre convenable , c’est4-dir!é à 0,'jbo ; si, au contraire, la. couleur qu’acquiert la trace est d’un rouge brun, -et qu’elle s efface lorsqu’on l’essuie, on juge que le bijou est à un litre inférieur , et qu’il contient d’autant moins d’or que la trace est plus effacée.