‹ Élémens de chimie médicale (volume 2)Chapitre 71 sur 80 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Z/h sel minéral étant donné , déterminer quelle est sa nature.

La résolution de ce problème se compose de la résolution de deux autres ; i® la détermination de l’acide qui entre dans la composition du sel : 2® celle de la base. Nous allons nous occuper d’abord de la détermination de Tacide.

1082, Ouïe sel fait effervescence lorsqu’on le met en contact avec l’acide sulfurique à froid ou à une température ■peu élevée^ ou le contraire a lieu.

QrATKIÈME PARTIE.

Sels faisant effervescence. Sels né faisant pas efferves-

^ cence.

Carbonates. Nitrates.

Sulfites. lodates.

Sulfites sulfurés. Sulfates.

Nitrites. ' Chromâtes.

Chlorates, Borates.

Hydro-cblorates, Molybdates.

Hydro-sulfates. Tungstales.

Fluo-borates(phlorG-borates). Arsepiates.

Fluates ( phtorures ). Arsénites.

Carbo-niuriales (i). Columbates.

Hydriodates. Pbosphites.

Hypo-p hosphi tes.

Phosphates.

A- Supposons que le sel fasse effervescence : s’il ne se dégage point de vapeurs , ce sera un carbonate ; s’il y a dégagement de vapeur ayant l’odeur de soufre enflammé , et qu’il ne se dépose pas de soufre , ce sera un sulfite -, s’il se comporte de la même manière , excepté qu’il laisse précipiter du soufre , ce sera un sulfite sulfuré^ s’il y a dégagement de vapeurs rouges orangées , et que le sel fuse sur les charbons ardens , ce sera un nitrite ; si la vapeur est jaune verdâtre , et que le sel se comporte comme le précédent lorsqu’on le met sur les charbons ardens , ce sera un- chlorate ; s’il laisse dégager des vapeurs blanches enièrement solubles dans l’eau , donnant avec le nitrate d’argent un précipité blanc caillebotté , insoluble dans l’eau, et dans l’acide nitrique , ce sera un hydro-chlorate ; si le gaz qui se dégage a l’odeur d’œufs pourris , ce sera un hydrosulfate, pourvu qu’il n’y ait point de soufrfe précipité ; car , dans ce cas , ce serait un hydro-sulfate suljuré ; si les

(i) Combioaisons des bases avec le chlorure d’oxide de carbone gazeux ( gaz carbo-muriatique ).

ANALYSE DES SELS MINÉRAUX. Sig

vapeurs blanches sont extrêmement épaisses ’et qu’elles noircissent le papier avec lequel on les met en contact , ce sera un phtoro-borate si ces vapeurs se décomposent dans l’eau et donnent un précipité blanc floconneux , ce seraim ftiiate ( phtorure ) ^ si les vapeurs recueillies dans une éprouvette sont décomposées par l’eau sans donner de précipité, mais que le liquide contienne de l’acide hjdro-chlorique et qu il reste du gaz acide carbonique, ce sera un carbcrmufiate ; enfin, s’il y a à-la-fois dégagement de gaz acide sulfureux reconnaissaBte à l’odeur ^e soufre enflammé et de vapeurs violettes d’iode , ce sera un hydriodate : d’ailleurs , le chlore décompose sur-le-champ ces sels et en précipite l’iode.

B. Supposons que le sel ne fasse pas eiFervescence avec l’acide sulfurique concentré : s’il dégage des vapeurs blan-!* ches et qu’il fuse sur les charbons , ce sera un nitrate ; si , par l’addition de l’acide sulfureux , il se précipite de l’iode , reconnaissable à la vapeur violeue que produira le précipité lorsqu’on le fera chaufler , ce sera un iodcUe ; si , en le faisant bouillir avec deux fois son poids de nitrate , de baryte et de l’eau distillée, on obtient un précipité blanc, insoluble dans l’eau et dans l’acide nitrique , susceptible de se transformer en sulfure lorsqu’ après l’avoir séché on le calcine pendant une heure avec son poids du charbon , ce sera un sulfate.

Supposons que le sel ne soit ni un nitrate , ni un iodate, ni un sulfate , et qu’il soit soluble dans Veau, il importe , pour reconnaître avec facilité l’acide qui le compose, de le combiner a^ec tapotasse ou avecla soude j si toutefois il nn pas ces alcalis pour base. On commencera par verser dans sa dissolution dn sous-carbonate de potasse; s’il ne précipite pas , on sera certain qu’il estàbase de potasse , de soude ou d’ammoniaque; s’il précipite, on aura la certitude du contraire ; (knsce cas on y ajoutera assez de sous-carbonate de

potasse potu’ le transformer en sel de potasse soluble. Supposons maînlenant que le seb qui n’est ni un nitrate, ni tin iodate, ni un sulfate, soit insoluble dans Veau, on le transformera enieZ de 5on<Ze soluble , en le faisant bouillir, pendant une heure,, avec 8 ou lo parties d’eau distillée et 3 parties de sous-carbonate de soude pur ; en effet, quelque soit le sel insoluble sur lequel on agisse, on le décomposera en totalité ou en partie , en vertu de la loi des doubles dé-, compositions , exposée § i6o, et que nous allons rappeler. Lie sel inconnu est formé de :

Acide «4. base.

On le fait bouillir avec Soude -4- acide carbonique,

II se forme,. ....... Sel de soude Carbonate insoluble.

soluble. — .-..-r

Lorsque , par ce moyen, on est parvenu à avoir dans la dissolution (que nous supposons être concentrée) l’acide que l’on cherche à déterminer , et qui fait partie du sel , on le reconnaitra par les moyens suivans ;

Le chromate est coloré ; il précipite les sels de plomb én jatme serin , et en rouge violacé le nitrate d’argent. Le borate laisse précipiter, par l’acide nitrique ou hydro» chlorique , des cristaux lamelleux d’acide borique. Lé mcn Ijbdate laisse précipiter de l’acide molybdique blanc pulvérulent par l’addition de l’acide sulfurique 5 une lame d’étain plongée dans le mélange né tarde pas à devenir bleue. Le tungstate est précipité en blanc par l’acide hydro« chlorique , sous la forme de sel double , et lorsqu’on fait bouillir le précipité dans l’eau , l’acide tungstîque est mis à nu, et offre une belle couleur jaune, L’arsemnite précipite les sels de cuivre en blanc bleuâtre , le nitrate d’argent en rouge brique, et les sels de cobalt en rose. JJarsénite pré* cipite en vert les sels de cuivre j en jaune clair le nitrate d’ar«

ANALYSE DES SELS MINÉEAtrX. Sar

gent , en jaune pur les hydro-sulfates mêlés avec un peu d’açide nitrique. Le columhate laisse précipiter l’acide columbique sous la forme d’une poudre blanche , lorsqu’on le mêle avec l’acide sulfurique. Le phosphite et hypo-phosphite, évaporés jusqu’à siccité et calcinés, se décomposent, et donnent du gaz hydrogène perphosphoré qui s’enflamme spontanément. Le phosphate ne jouit pas de cette propriété ; mais lorsqu’on le décompose par l’hydro- chlorate de chaux, on obtient du phosphate de chaux insoluble , qui , étant lavé et traité par l’acide sulfurique , donne du phosphate acide de chaux , dont on peut retirer du phosphore par le charbon, ( Voyez pag. 4^4 du tome )

io83. Après avoir déterminé la nature de l’acide qui fait partie du sel , on s’occupera de rechercher quelle est sa base. Supposons d’abord que le sel soit soluble dans l’eau et sans excès d’acide (i). A. On versera dans sa dissolution de V hydro-sulfate de potasse pur-, s’il précipite par ce réactif, il appartiendra aux quatre dernières classes, ou bien il sera à base d’alumine ou de zircone. Supposons qu’il ne précipite pas pavVhydro-sulfate , il appartiendra à la série suivante ;

Sels de potasse.

— de soude, d’ammoniaque, de chaux, de baryte, de stron liane.

— de rhodium.

(i) Nous supposerons aussi que le sel n’a pour base ni l’oxide de tungstène , ni l’oxide d’osmium , ni le protoxide d’iridium , ni la silice , parce que les sels solubles formés par qes métaux sont excessivement rares j la plupart même sont inconnus ; d’ailleurs, comme ils ne sont qu’au nombre de quatre, on

Sels de magnésie.

— de glucine,

— d’yttria.

Ou le traitera par V ammoniaque ; s’il ne précipite pas , il appartiendra à la premièré colonne; s’il précipite , il fera partie de la deuxième. Examinons d’abord ceux qui ne précipitent pas. On versera- dans la dissolution du souscarbonate de potasse : trois seulement précipiteront :

Sels qui ne préc.ipitent pas. Sels qui précipitent.

Sels de potasse. Sels de chaux.

— de soude. — de baryte.

— d’ammoniaque. — de strontianCi /

■ — de rhodium.

On reconnaîtra, facilement ceux qui ne précipitent pas î en effet , les sels ammoniacaux, triturés avec de la chaux vive, laissent dégager du gaz ammoniac , doué d’une odeur caractéristique; en outre, ils ne précipitent pas par la potasse, tandis que cet alcali précipite des sels àe rhodium -un oxide jaune. Les sels de soude ne sont point troublés par l’hydro-cblorate de platine; ceux de potasse au contraire donnent , avec ce réactif , un précipité jaune serin.

, Les sels qui ont précipité par le sous-carbonate de potasse se trouvent transformés en carbonates de chaux , de baryte et de strontiane insolubles; on ramassera les précipités sur un filtre , et on les calcinera dans un creuset avec du charbon; par ce moyen on les décomposera et on aura les bases , que l’on reconnaîtra par les moyens inqués page 5 1 5 de ce volume.

Supposons maintenant que le sel ait été précipité par l'ammoniaque , sa base sera ou de la magnésie , ou de la glueine, on de l’yttria ; on versera sur le précipité un excès' dépotasse ÿ s’il est redissous , ce sera de la glueine; s’il ne l’est pas , ce sera de la magnésie ou de l’yttria ; on distin-

pourra aisément les reconnaître à l’aide des caractères que nous avetis établis én faisant leur histoire.

ANALYSE DES SELS MINÉRAUX. SaS

guera facilement ces deux oxides l’un dé l’autre en prenant une nouvelle quantité de sel , et en y versant un excès d’ammoniaque ; l’ytti-ia sera précipitée en entier , tandis que la magnésie ne le sera qu’en partie ; en sorte que la liqueur contiendra un sel ammoniaco - magnésien qui , étant filtré et mis en contact avec de la potasse , laissera précipiter le reste de magnésie.

Après avoir examiné les sels qui ne précipitent pas par VJ^dro-sulfate de potasse, nous devons chercher à reconnaître ceux qui précipitent par ce réactif. On versera de la potasse pure dans la dissolution pour en précipite» l’oxide : celui-ci sera coloré ou incolore :

P récipîtés incolores {i).

Sels de zircone.

— , d’alumine.

— de protoxide de manganèse, r — de zinc.

— de protoxide de fer ( si on agit dans des vaisseauxfermés.)

r— d’étain.

— d’arsenic.

— d’antimoine. \

— de teliure.

— de protoxide de cérium. '

. — de titane.

— de bismuth.

— de plomb.

Supposons que l’oxide précipité soit incolore 5 on l’exposera à l’air pendant quelque temps ; s’il bleuit subite-

(i) Nous supposons les sels parfaitement purs, et nous rangeons parmi les précipités incolores ceux qui sont blancs , on tout au plus d’un blanc légèrement jaunâtre.

Précipités colorés.

Sels de deuto et de tritoxide de fer.

— de molybdène.

— de chrome.

— de deutoxide d’urane.

— de cobalt.

— de cuivre.

— d’argent.

— de platine.

— d’or.

— de palladium.

32'f QTTATaiÈME PARTIE;

ment, ce sera du pfotoxide de fer -, s’il brunit et finit par noircir, ce sera du protojJzJe de mangcmèse. On reconnaîtra celui de zinc , en ce que le sel qui l’a fourni précipite en blanc par l’acide bydro-sulfmûque et par les hydro-sulfates^ Les sels de zircone et Saliimine précipitent en blanc par les hydrosulfates , mais ils ne sont pas troublés par l’acide hydro-sulfurique. Le sel alumineux sera distingué du sel de zircone en ce que le précipité qü’y fera naître la potasse sera redissous par un excès d’alcali , tandis que la zircone est insoluble dans cet agent. Le sel arsenic et le deuto-sel Pétain précipitent en jaune clair par les hydro-sulfates mais l’oxide à' arsenic , mis sur les charbons ardens, répand une odeur alliacée , tandis que le deutoxide di' étain n’oifre point ce caractère. Les sels de plomb , de titane , de bismuth et de tellure précipitent en noir ou en brun foncé par les hydrosulfates ; mais les sels de plomb ont une saveur sucrée , précipitent en jaune serin par le chromate de potasse , et donnent, lorsqu’on les décompose par la potasse, un oxide soluble dans un excès d’alcali. Lès sels de titane purs précipitent en rouge de sang par l’hydro - cyanate de potasse et de fer-(prussiate). Les sels de bismuth sont précipités en blanc par l’eau distillée, et donnent, par la potasse , un oxide insoluble dans un excès d’àlcali, Les sels de tellure ne sont point troublés par l’hydro - cyanate de potasse et de fer. Les sels de protoxide éé étain donnent un précipité couleur de chocolat par les hydro - sulfates. Les sels antimoine fournissent avec ce réactif un précipité orangé, qui devient même rouge par l’addition d’une plus grande qüantité d’hydro-sulfate. Enfin, les sels de cérium sont précipités en blanc par les alcalis , par l’oxalate d’ani-' moniaque et par l’hydro - cyanate de potasse et de fer : ils ne sont point troublés par \injusum de noix de galle (i).

(i) La marche qae noiis venons de tracer ne doit être re-^

ASALTSË DES SELS :^^ISÊÉ.AUX• SaS

Supposons maintenant que l’oxlde précipité soit coloré : s’il est vert ou rouge ^ et que le sel qui l’a fourni précipité en bleu par l’hydro-cyanale de potasse et de fer, ce sera du deutoxide ou du tritoxide de fer-, s’il est jatme ou bleu , qu’il soit dissous par l’ammoniaque , et que la dissolution soit d’un bleu céleste , ce sera du protoxide ou du toxide de cuivre -, si étant bleu il noircit par l’addition du chlore * ou bien qu’il donne des sels roses en le dissolvant dans les acides un peu étendus , ce sera du protoxide de cobalt^ s’il est olive , et que la dissolution. qui l’a fourni donne un précipité blanc cailleboté par l’acide bydro-* cblorique , et un précipité rouge par le chromate de potasse, ce sera de V oxide émargent ; s’il est bleu , et si , étant chauffé avec l’acide nitrique , il se transforme eu acide inolybdique blanc pulvérulent, ce sera deV oxide de molybdène j s’il est d’un vert foncé, et si, traité dans un creuset avec de la potasse solide , il donne im chromate recoUnaissable aux propriétés exposées p. 363 du 1. ce sera de M oxide de chrome-, s’il est d’un jaune pâle , et que la dissolution d’oà il a été séparé précipite en noir parles hydro-sulfates, en rouge de sang par l’hydro-cyanate de potasse et de fer , et en couleur de chocolat par Vinfusum de noix de galle , ce sera de V oxide düuraney si , étant chauffé dans un creuset , il se réduit avec facilité , ce sera de l’oxide d’or, de l’oxide de platine ou de l’oxide de palladium , ce que l’on reconnaîtra facilement par la nature du métal obtenu.

1084. Nous avons supposé jusqu’ici , dans la détermination de la base qui fait partie d’un sel , que celui-ci était

gardée qne comme préparatoire j il faudra , lorsqu’on sera parvenu à reconnaître quelle est l’espèce de sel , constater à elle possède effectivement les diverses propriétés dont nous avons parlé en faisant les histoires particulières. ( J^oy. t. i«r.)

soluble dans l’eau 5 voyons maintenant comment il faut agir si le sel est insoluble dans l’eau, Après l’avoir réduit en poudre fine , on le fait bouillir pendant une heure avec 10 à 12 parties d’eau distillée et 3 ou 4 parties de sous-carbonate de potasse pur; par ce moyen, on le décompose en totalité ou en partie ; son acide se porte sur la potasse et forme un sel soluble, tandis que sa base, que nous cherchons à connaître , se précipite à l’état de carbonate; on lave parfaitement le précipité avec dè l’eau distillée, et on le traite par l’acide nitrique pur, un peu étendu d’eau, et à la température ordinaire; s’il se dissout ( ce qui arrive le plus souvent) , on a un nitrate dans lequel on découvre la base que l’on desire connaître , par les moyens que nous avons indiqués en parlant des sels soIut blés; s’il ne se dissout pas, on en opère la dissolution au moyen de l’acide hydro-chlorique ou de l’eau Tégale : il n’est aucun carbonate qui résiste à ces épreuves.

Des Moyens propres à faire connaître la quantité d’acide et d’oxide qid entre dans la composition d’un sel.

On connaît plusieurs procédés à l’aide desquels on peut résoudre ce problème :

1®. On prend 100 grains de base pure , on les combine avec un grand excès d’acide , et on calcine le sel qui en résulte pour volatiliser l’excès d’acide ; on pèse le sel obtenu , et on connaît sa composition : en eiffet , supposons que , dans l’expérience dont nous parlons , on ait obtenu 200 grains de sel , celui-ci sera formé des parties égales d’acide et de base : ce procédé est applicable à l’analyse des sulfates de chaux, de baryte , de stroniiane et de magnésie. Dans quelques circonstances , on se contente de verser assez d’acide faible pour neutraliser la base étendue d’beau 5 afin de déterminer les quantités employées : c’est

AHALTSB DES MIHÉRADX. 52^

ainsi qu’on peut faire Tanaljse du sulfate d’ammoniaque. Enfin , si l’acide et la base sont à l’état de gaz , on agit dans des cloches, et l’on lient compte des volumes de gaz employés pour parvenir à la saturation complète 5 ces volumes indiquenf; les poids ; on peut, par ce moyen, faire l’analyse de V hydro-chlorate d' ammoniaque.^

2®. Après avoir desséché le sel , soit en le soumettant à l’action d’une chaleur rouge , soit en le chaufiânt au degré de l’eau bouillante , suivant qu’il est facilement ou difficilement décomposahlepar le feu, on en pèse 100 grains^ on les dissout dans l’eau , et on les décompose par la potasse ou la soude ; tout l’oxide se précipite 5 6n le lave , on le sèche , on le calcine , et on en détermine la quantité : supposons qu’il y en ait 60 grains ,. on conclut que le sel renferme 4° gfains d’acide. Ce procédé , inverse du précédent, est applicable à un très-grand nombre de cas; mais il est insuffisant lorsque l’oxide précipité peut se dissoudre dans la potasse ou dans la soude , ou bien lorsqu’il absorbe facilement l’acide carbonique , et que celui-ci ne peut pas être expulsé parla chaleur.

3°. On peut analyser, plusieurs sels par la voie des doubles décompositions : par exemple, le sulfate de soude pur peut être transformé en sulfate de baryte au moyen de i’hydro-chlorate de cettebase :or, on sait que ico grains de sulfate de baryte contiennent 34 grains environ d’acide sulfurique : donc, en retranchant cette quantité dupoîds du sulfate de soude employé, on a celle de la soude : on suppose touj-ours, dans ces opérations , que le sel que l’on analyse a été pesé après avoir été privé d’eau. Ce procédé est applicable à un très-grand nombre de cas.

4®. Les carbonates peuvent être analysés en en traitant 100 grains par une quantité connue d’acide nitrique dans une fiole dont le poids est également connu : supposons que la fiole pèse 2 onces et l’acide nitrique employé i5o grains.

SaS qüaxrîéme partiè.

et qu à la fin de l’expérience^ au lieu de 2 onces-f-t grains f on ne trouve que 2 onces + 1 3o grains j on conclura que l’acide carbonique dégagé qui fait partie deb 100 grains de carbonate pèse 20 grains.

5®. Il arrive souvent que l’acide d’un sel est volatil oü décomposable par le feu , tandis que l’oxide est fixe ; alors il suffit d’en faire rougir 100 grains dans un cretiset , et de voir combien il a perdu après la calcination : plusieurs carbonates , plusieurs nitrates et nitrites sont dans ce cas.

6®. Il est possible de déterminer la composition d’un sel sans faire une seule expérience , seulement en ayant égard à la loi qui préside à la composition des corps. Supposons, par exemple, que l’on desire connaître les proportions d’acide et d’oxide qui constituent le sulfate de plodib , on dira : 100 parties d’acide sulfurique doivent être com-f binées avec une quantité de protoxide de plomb contenant • 20 parties d’oxigène, puisque, d’une part, nous avons établi, page 482 de ce volume, que dans tous les sulfates neutres la quantité d’acide est cinq fois aussi forte que celle de l’oxigène renfermé dans l’oxide, et que d’ailleurs l’expérièncé prouve que, dans le sulfate de cuivre, 100 parties d’acide saturent une quantité de deutoxide contenant 20 parties d’oxigène. Il s’agit donc simplement de déterminer quelle est la quantité de protoxide de plomb dans laquelle il entre jiiste 20 parties d’oxigène: pour cela, on établira la, proportion suivante : si d’oxigène transforment 100 de plomb en protoxide, combien 20 d’oxigène en transformeront-ils ?

On trouvera 259 parties de plomb. Il est donc évident, que dans le sulfate de plomb il y aura 100 d’acide , 20 d’oxîgène et 259 de plomb , ou , ce qui revient ap même, 100 d’acide et 279 de protoxide.

DE l’analyse des SELS MINÉRAUX. ÔSQ

Il résulte de ces faits que lorsqu’on connaît la composition d’un sulfate , celle des oxides métalliques , et le rapport de l’acide sulfurique avec l’oxigéne de ces oxides , on peut déterminer la composition de tous les sulfates , pourvu qu’ils soient au même état de saturation : ce que nous disons des sulfates s’applique à tous les autres genres. '

y®. Plusieurs iodates , la plupart des chlorates et quelques autres sels , peuvent être analysés par le procédé suivant : on calcine loo grains du sel dans des vaisseaux fermés , et l’on obtient du gaz oxigène et un iodure ou un chlorure métallique : supposons qu’il se dégage 20 grains d’oxigène ét qu’il reste 80 grains de chlorure ou d’iodure, l’oxigène obtenu appartient à l’acide et à l’oxide du sel : or, on connaît la composition de l’iodure ou du chlorure , et par conséquent la quantité de métal qu’il renferme. Supposons qu’il faille à ce métal 4 grains d’oxigène pour passer à l’état d’oxide il est certain que 16 grains d’oxigèhe appartiendront à l’iode ou au chlore : on aura donc la composition de l’acide et de la basé.

Tableau représentant la composition des principaux sels.

Borate de baryte - • de soude--

• Acide, 100} base, 136,97 ■ — 100 — 56,68

1 Carbonate de baryte- .de cliaox- - de soude • - -

— dépotasse. .

— de plomb . - - -

— de dentox. de cuivre. —

Acide, 100; base, 345,83

QtJATRIÈME partie.

Suite du Tableau représentant la composition dès principaux sels.

' Phosphate de baryte neutre.. Acide, loo; base, 2î4, 4®

acide. — loo — 107,11

acidulé. ' 100 — i55,5

phosphate de plomb neutre. — 100 — • 3-i^,oa

acide. — 100 — a3o,6o

Sous-phosphate... . — 100 — ^j2,oo

Phosphate d’argent. . — 100 4^7,3$

Phosphate de chaux . . . — loo — 84,53

Sous-phosphate de chaux. • > — loo — io7(0

^ Phosphate de soude desse'che'. — 100 — 8? ‘

f Phosphite de potasse.. ....... Acide-, loojbase, riSjSi

i — de soude- . . . . — 100 ■ — i45,3o

fhosphkes.. . . . ./ “ d'a^Poniaque.

\ — de magnésie • . •

^ — de baryte- . . . .

^ — de chaux (2). - . .

^ Sulfate de baryte- . ...... Aci

I — de ehaux- . .

: — ^dé potasse-- ........ .

— de soude-. . . . .:

— de magnésie * . . . .

— d’alumine .

I — deprotoxide de fer-'* •

I — de zinc. . .

I — de deutoxide de cuivre.

I — de protoxide de plomb.

; base,. 190,47 — 70,175

{1) Lés analyses du phosphate de chaux prises dans le mémoire de M. Berüeïius ne s’accordent pas.avéc celles de Fonrerby et de M. Vauqoelin , qui ont donné 148,90 de chaux'; ni avec celle de Edaproih , dans laquelle ontrouve 227,80 de chaux.

(2) Ces-analyses ont été fai t« par Fonreroy et M. Vauquelin , longtemps avant l’époque oh le Mémoire de M. 'Bul^g sur les acides, do phosphore a paru : or, il résulte du travail de- ce chimiste que les sels» décrits , par les auteurs qui l’ont précédé , sous le nom de phosphîtes , sont ou des phopbates , ou le plus sbnvent un mélange de phosphates et de phosphites. Les véritables pliosphites n’ont pas encore e'té analysés» ,

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