CHAPITRE V
De V Analyse des ôxides.
On parvient facilement à déterminer quelle est la nature d’un oxide métallique en le dissolvant dans un acide pour le transfornier en sel , et en examinant la manière dont celui-ci se comporte avec les réactifs, (Voy. Analyse des sels, p. 517 de ce vol,) Il est cependant quelques oxides que l’on peut reconnaître par des moyens plus simples : ainsi l’oa^ide à! osmium a une odeur analogue à celle du chlore j \ oxide se volatilise et répand une odeur alliacée lorsqu’on le chauffe 5 les oxides de chrome et de cohalt fondus avec le borax le colorent, le premier en vert, l’autre en bleu} l’oxide de moîyhdène est bleu , et se transforme en acide
î>E x’ahalyse des oxides. Ôi5
blanc, lorsqu’on le chauffe avec l’acide nitrique ; les oxides Pétain et à' antimoine ne se dissolvent pas dans l’acide nitrique bouillant , et sont solubles dans Tacide hydro-chlorique ; les oxides de manganèse , fondus avec la potasse et le contact de l’air , donnent du caméléon minéral^ etc. On peut également reconnaître avec facilité les oxides qui, mis dans l’eau , se dissolvent et constituent les alcalis.
Des Alcalis. Ces alcalis sont la chaux , la sîrohtiane , la baryte , la potasse , là soude et l’ammoniaque. Si l’alcali a line odeur forte et piquante, ce sers. àeV ammoniaque ÿ s’il est inodore et qu’il ne précipite pas par l’acide carbonique ou par un sous-carbonate soluble , ce sera de la potasse ou de la soude ; la potasse précipite en jaune serin par l’hydro-chlorate de platine ; la soude au contraire , n’est point troublée par ce sel. Si l’alcali précipite par l’acide carbonique ou par un sous-carbonate soluble , ce sera de la chaux, de la bai'yte, ou de la slrontiane. L’eau saturée de chaux ne précipite pas par l’acide sulfurique, tandis que le contraire a lieu pour l’eau saturée de baryte ou de stronliane. jOn pourra distinguer l’un de l’autre ces deux derniers alcalis. par les caractères suivans : i° l’eau de stron^ liane très-étendue ne précipite plus par l’acide sulfurique, tandis que l’eau de har^'te se trouble toujours 5 2® la strontiane forme avec l’acide hydro-chlorique un sel cristallisable en aiguilles , soluble dans l’alcool , dont il colore la flamme en pourpre 5 la haryte , au contraire , donne avec le même aeide, un sel qui cristallise en lames, insoluble, dans l’alcool, et qui n’altère point la couleur de sa flamme.
Des Procédés au moyen desquels on parvient à déterminer
les proportions d’oxigène et de métal qui constituent un
oxide.
Ces procédés varient suivant la nature des oxides. 1°. Si l’oxide est réductible par la chaleur, on L’introduit dans
5i6 QÜÂTilifeM'È tARXIÊ.
une comue de verre à laquelle ou adapte un tute recoiiÆé^ on pèse l’appareil et ou chaufTe graduellement*, il se dégage du gaz oxigène , et le métal reste dans la cornue 5 on pèse celleci de nouveau à la fin de l’expérience , et on note la différence des poids 5 d’une autre part , on calcule le poids de l’oxigène d’après le volume qu’il occupe : il est inutile de faire observer que le poids de ce gaz ne peut être déterminé exactement qu’autant qu’on a égard à la pression et à la température de l’atmosphère. Si l’oxide appartient à la seconde classe on détermine les proportions de ses élémens par la synthèse , en mettant dans de l’eau pure une quantité déterminée du lûétal dont il est formé, et en recueillant tout l’hydrogène qui résulte de la décomposition de l’eau : le volume de gaz hydrogène obtenu indique son poids , et par conséquent on connaît celui de l’oxigène qui s’est fixé sur le métal. 3°. SiFoxide appartient à la troisième classe, on traite une portion du métal qui entre dans sa composition par l’acidesulfuriquefaible (i)5reau est décomposée, etpar l’hydrogène obtenu on peut connaître la quantité d’oxigène combinée avec le métal. On connaîtra la composition de quelques
oxides en faisant chauffer dans des vaisseaux fermés le métal aved’oxigène, et en déterminant de combien son poids est raugmenté, et quelle est la quantité d’oxigène absorbé r’Foxide d’arsenic pourra être analysé par ce moyen. 5®i On peut déterminer les proportions d’oxigène dans plusieurs oxides en transformant une quantité connue de métal en nitrate au moyen de l’acide nitrique ^ et en calcinant celui-ci dans im creuset de platine; il ne reste que l’oxide, dont ü sufiSt d’avoir le poids pour connaître celui de ses élémens ; le zinc, le fer, le bismuth, le cuivre, le plomh, le cobalt, etc. , sont dans ce cas. 6°. Tous les oxides peu-
(ï) Excepté l’étain , car celui-ci doit être traité par l’acide hydro-chlorique.
lîîALYSE DES SELS MINÉRÀVX. 5l^
vent être analysés sans que l’on soit obligé de faire une seule expérience , et seulenaent en ayant égard à la loi qui préside à la composition des sels : prenons pour exemple le protoxide de plomb ; on sait que les sulfates neutres contiennent cinq fois autant d’acide sulfurique qu’il y a d’oxi- ^ène dans l’oxide qu’ils saturent ; par exemple , 200 parties de sulfate de cuivre renferment 100 parties d’acide , 80 de cuivre et 20 d’oxigène^ l’oxigène fait justela cinquième partie de l’acide 5 on sait également que le sulfate de protoxide de plomb est formé de 100 parties d’acide et de 2^9,74 *1® protoxide; il est donc évident que cette quantité de protoxîde doit être composée de 259,74 de plomb et de 20 d’oxigène^ puisque nous avons établi que la quantité d’oxigène doit être le cinquième de celle de l’acide qui entre dans la composition du sel ; il s’agira donc d’établir cette simple proportion : si 269,74 de plomb sont combinés avec 2a d’oxigène , 100 le seront avec 7,7. La détermination de l’oxigène par ce procédé est fondée , comme l’on voit, sur ce que , dans les sels d’un même genre et au même état de saturation, les quantités d’oxigène contenues dans les oxides sont proportionnelles aux quantités d’acide qui les saturent.