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chapitre VIL

De T Analyse des Pieires.

Les oxides des deux premières classes peuvent entrer dans la composition des pierres : à la vérité, on n’y trouve, le plus souvent , que de la silice , de V alumine , de la chaux , de la magnésie, et des oxides de fer et de manganèse. Pour les analyser , on transforme ces différens oxides en sels , dont bn détermine ensuite la pâture : c’est ce qui nous engage à placer leur histoire immédiatement après celle des substances salines.

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Il est fort rare que la cohésion des pierres soit assez faible pour qu’on puisse espérer de les dissoudre en totalité ou en partie , en les traitant par les acides ; la plupart sont inattaquables par ces agens, en sorte que l’on est forcé de les soumettre à des opérations préalables propres à détruire leur cohésion, i®. On les broie dans un mortier d’agate ou de silex dont on connaît le poids , et lorsqu’elles sont réduites en poudre excessivement fine , on en pèse 5 à lo grammes; dn retire tout ce qui reste dans le mortier, et on pèsecelüi-ci (i) ; la trituration ne doit se faii'e que par parties d’un demi-gramme tout au plus; si la pierre était très- dure , il serait utile delà faire rougir et de la jeter dans l’eau ; par ce moyen on réussirait à la pulvériser plus facilement. 2®. On chauffe la poudre avec trois fois son poids de potasse caustique pure, dans un creuset de platine ou d’argent, que l’on fait rougir pendant trois quarts d’heure au moins ; on laisse refroidir le mélange , et on le retire du creuset au moyen de l’eau bouillante , que l’on emploie à plusieurs reprises , en ayant soin de recueillir les liqueurs dans une capsule de platine ou de porcelaine , et sans en perdre un atome : dans cet état , ce mélange peut être dissous par l’acide hydro - chlorique , tant la potasse, en s’insinuant entre les molécules pierreuses, les a éloignées les unes des autres , et a diminué leur cohésion. 3®. On verse peu à peu , dans la capsule , de l’acide hjdro-chlorique pur 5 on agite , et on élève la température jusqu’à ce que la

(i) Il y a des pierres tellement dures que le mortier peut être attaqué par elles ; alors il perd une portion de silice , qui se trouve augmenter la quantité de cet oxide qui fait partie de la pierre : cette quantité peut être connue en pesant le mortier avant et après la trituration , et doit être retranchée de celle que fournira la pierre.

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dissolution soit complète ^i) alors on la fait évaporer pour en chasser l’excès d’acide, et pour précipiter la silice ; vers la fin de l’évaporation, quand le mélange est près d’avoir une consistance plus que pâteuse , ôn ménage le feu , et on agite sans cesse pour empêcher la matière d’être projetée. 4°* Oii délaye le produit dans dix ou douze fois son volume d’eau distillée et on le fait bouillir 5 tous les hydro-chlorates sont dissous, tandis que la silice reste 5 on filtre, et on lave parfaitement le précipité siliceux qui est sur le filtre 5 on connaît le poids de la silice en la pesant avec le filtre, que l’on a desséché à la température de l’eau bouillante. Le poids du filtre seul , desséché à cette température, sera connu par une opération préalable , en sorte qu’on n’aura qu’à le retrancher de celui du filtre contenant la silice pour connaître la quantité de cet oxidé. 5°. La liqueur filtrée, réunie aux eaux de lavage , contient les hydro-chlorates dfô oxidea qui entrent dans la composition de la pierre. , et en outre celui de potasse formé par la potasse et par l’acide ajoutés. Nous allons maintenant nous occuper des; procédés que l’on doit suivre pour' déterminer la nature dé ces hydro-chlorates , suivant qu’ils seront plus ou moins nombreux. .

./^. Supposons d’abord qu’ii n’y ait que des hydro-chlorates de chaux et & alumifie^ÿ on y versera un excès d’ammoniaque liquide pure, qui ne précipitera que l’alumine 5; qh la laissera déposer , e;t on la lavera, en.. ayant soin de tenir, le vase bouehé (2) ; on filtrera et on pourra peser le

(f) Il es.l sans doute Inutile de rappeler que la silice devient soluble à la faveur de la potasse. ( frayez §.252. )

.^,•,(2) Si on fait ces lavages à l’air, racidè carbonique de l’atmosphère s’unit à l!ammoniaq.ae , et le sous-çarbonate formé précipite une portion de cb aux, en sorte que i’anaîjse est inexacte.

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Êître après l’avoir desséché à la température de l’eau bouillante ; on versera dans les hydro-chlorates de chaux et d’ammoniaque qui se trouvent dans la liqueur, du sous -carbonate de potasse pur ; toute la chaux sera précipitée à l’état de sous-carbonate 5 on lavera le précipité on le fera dessécher , et on le calcinera pour en avoir la chaux.

B. Hydro-chlorates de chaux , de magnésie et de fer. On rendra la liqueur acide en y versant de l’acide hydro-^ chlorique, et on y ajoutera dé l’anmioniaque , qui ne précipitera que ï oxide de fer', on filtrera la dissolution, et on la traitera par le sous-carhonate de potasse , qui y fera naîtrÇ' un précipité composé de sous-carbonate de chaut et de sous-carbonate de magnésie ; aprèsl’ayoir lavé on le saturera par l’acide sulfurique étendu de son volume d’eau ; les sulfates de chaux et de magnésie seront aisément séparés l’un de l’autre , le dernier étant très-soluble et le premier l’étant à peine; on pourra même, pour être plus sûr qu’il- ne reste point de sulfate de chaux en dissolution, concentrer la liqueur ; on filtrera ; on séparera la magnésie du sulfate par la potasse caustique ; et l’on décomposera le sulfate de chaux en le faisant bouillir avec une dissolution d’oxalate d’ammoniaque ; par ce moyen on obtiendra de i’oxalate de chaux insoluble , qu’il suffira de laver , sécher et calciner pour décomposer, et en avoir là chaux.

C. Hydro-chlorate de chaux , dl alumine et deghicine. On versera de l’ammoniaque dans la dissolution , qui ine séparera que la glucine et V alumine^ on les lavera et on les dissoudra danj l’acide hydro-chlorique. Le solutum sera traité par un grand excès de sous-carbonate d’ammoniaque liquide , qui ne précipitera que l’alumine , que l’on pourra obtenir sur le filtre , et dont on déteianinera le poids après l’avoir calcinée. La liqueur qui contient le carbonate de glucine sera chauffée jusqu’à l’ébullition ; le carbonate d’ammoniaque se volatilisera , et le carbonate de glucine sera

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précipité ; on le ramassera 5' on le fera sécher et on le calcinera pour en avoir la glucine. Quant à l’hydro-chlorate de diaux, on en séparera la chaux, comme il vient d’être dit (B). -

D. . Hjdro-chlorate de chaux , d’alumine , de glucine et de fer. On les traitera par l’ammouiaque , qui précipitera la glucine , l’alumine et l’oxide de fer. Ce précipité encore à l’état gélatineux, sera traité par un excès de potasse caustique , dissoute dans l’eau distillée ; l’alumine et la. glucine' se dissoudront dans cet alcali à l’aide de l’ébullition , tandis que V oxide de fer restera. On saturera la liqueurpar l’acide nitrique , et on en précipitera l’alumine et la glucine par l’ammoniaque 5 on procédera ensuite à la séparation de ces deux oxides, comme nous l’avons dit (C).

E. Hydro-chlorates ds chaux , de magnésie, de glucine d alumine , d oxide de fer et d’oxide de manganèse. On versera dans cette dissolution une assez grande quantité d’hydro-sulfate d’ammoniaque pour précipiter les oxides de fer et de manganèse ainsi que l’alumine : la dissolution, filtrée et réunie aux.^eaux de lavage du précipité, contiendra les, hydro-chlorates de chaux, de magnésie, de glucine, et de l’hydro-sulfate d’ammoniaque; on y ajoutera un excèsid’acide hydro-clilorique , et on la fera chauffer pour en chasser l’acide hydro-sulfurique ; alors on la traitera par l’ammoniaque, qui ne précipitera que la glucine-, on séparera la chaux de la magnésie, comme il a été dit (B). Quant au précipité occasionné par l’hydro-sulfate d’ammoniaque, et dans lequel se trouvent l’alumine et lés hydrosulfates de fer et de manganèse, on le traitera par la potasse caustique liquide , qui dissoudra seulement l’alumine ; la dissolution , saturée par l’acide hydro-chlorique et traitée par l’ammoniaque, laissera précipiter l’alumine. -Les hydro - sulfates de fer et de manganèse seront dissous dans l’acide hydro - chlorique. On a proposé plusieurs

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procédés pour séparer l’oxide de fer de l’oxide de manganèse; mais, suivant M. Vauquelin , il n’en est aucun qui soit exact : voici celui auquel ce savant accorde la préférence : on sépare les deux oxides de l’acide hydro-cblorique 'au moyen de la potasse ; on les lave et on les fait dissoudre dans l’acide sulfurique ; on évapore les sulfates et on les calcine à ime légère chaleur rouge ; le sulfate de fer se trouve décomposé et transformé en peroxide 3 tandis que le sulfate de manganèse n’est pas décomposé ; on traite par l’eau , qui dissout ce sel et qui n’agit point sm- le peroxide. On est presque toujours forcé de recommencer l’évaporation et la calcination pour décomposer les dernières portions de sulfate de fer qui pourraient rester.

io85. Si après avoir retiré ces différentes matières , on ne trouve pas que leur poids corresponde , à quelques centièmes près, à celui de la pierre analysée, on soupçonnera quelle contient de la potasse ou de la soude ; alors on recommencera l’analyse , et au lieu d’employer un alcali , on fera fondre la pierre avec trois ou quatre fois son poids d’acide borique pur et vitrifié ; on dissoudra le produit dans l’acide hydro-chlorique , et on fera évaporer la dissolution jusqu’à siccité ; on traitera la masse par l’eau , qui dissoudra tous les hydro-chlorates , et laissera la silice et presque la totalité de l’acide borique; la dissolution filtrée sera traitée par le sous-carbonate d’ammoniaque , qui précipitera la chaux , la magnésie , l’alumine , les oxides de fer , de manganèse , etc. , en sorte qu’il ne restera plus dans la liqueur que les hydro-chlorates de potasse ou de soude , et l’hydro-chlorale d’ammoniaque résultant de la combinaison de l’ammoniaque ajoutée a\ee l’acide hydro-chlorique , qui tenait en dissolution les diverses bases que l’on a précipitées ; on évaporera cette liqueur à siccité, et on calcinera la masse pour en chasser l’hydro-chlorate d’ammoniaque ; on aura alors , en suppo-

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sant qu’il y ait de la potasse et de la soude , des hydroçkîorates de ces bases 5 on les transformera en sulfates au moyen de l’acide sulfurique , et on procédera à leur séparation par la ciistallisation.

1086. L’analyse des argiles rentre dans tout ce que nous venons de dire: en effet, elles sont ordinairement formées de silice , d’alumine , de carbonate de chaux , d’oxide de fer et d’eau. ^

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