‹ Élémens de chimie médicale (volume 2)Chapitre 74 sur 80 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

De V Analyse des Eaux minérales.

On donne le norn éCeau minérale à celle qui renferme un assez grand nombre de matières pour avoir de la saveur , et pour exercer une action marquée sur l’économie animale. Autrefois on divisait les eaux minérales en eaux thermales ou chaudes, et en froides. Cette division n’étant d’aucune utilité pour l’étude, a été abandonnée, et on lui en a substitué une autre fondée sur la nature des substances qui entrent dans la composition des eaux et qui y prédominent. On distingue aujourd’hui des eaux gazeuses J, sulfureuses , ferrugineuses et salines. Cette distribution peut être utile sous le rapport dés propriétés médicales des eaüx minérales , mais elle est d’un faible secours en chimie : en effet , lorsqu’on a déterminé que. l’eau appartient à- la section des ferruginçuses , par exemple , on n’en est pas moins obligé , si on .veut en faire une analyse exacte, d’y rechercher d’autres sels, dps gaz, ete, qu’elle peut contenir.

Substances que Von a rencontrées dans les eaux minérales (i). Acide hydro-sülfurique , hydro-sulfates de soude

(i) Les substances écrites en caractères italiques sont celles qoe l’on renc;;Dtre le plus abondamment.

PE l’analyse des EATIX minérales. 539 et de chaux sulfurés ,• acide carhonique , carbonates de chaux , de magnésie et de fer dissous à la faveur de l’acide carbonique ; carbonate de soude ; carbonates de potasse et d’ammoniaque 5 suif ates de soude , de chaux, de magnésie , à' sAximme^ de potasse, d’ammoniaque, de fer et de cuivre; alun; hydro- chlorates de soude , de chaux , de magnésie ^ de potasse, d’ammoniaque, d’alumine, et, suivant Bergman, de baryte , et même de manganèse , d’après Withering ; nitrates de potasse , de chaux et de magnésie ; acide borique , sous -borate de chaux; soude; silice ; acide sulfureux ; matières végétales et animales ; oxigène et azote.

Ces substances ne peuvent pas se rencontrer toutes dans la meme eau minérale : en effet , plusieurs d’entre elles se décomposent mutuellement, comme nous l’avons fait voir dans le tableau du tome premier, page 4775 il est rare qu’une eau en contienne au-delà de huit ou d.ix.

L’analyse dont nous allons nous occuper étant assez compliquée , nous croyons devoir examiner tout ce qui y est relatif dans trois sections distinctes : i® moyens de déterminer la nature des principes des eaux minérales 2° procédés à l’aide desquels on peut les séparer ou, en déterminer les quantités ; 3° applications des préceptes établis à l’analyse des principales eaux.

§ Des Moyens -propres à faire connaître la nature des principes contenus dans les eaux minérales.

1087. On en remplit une fiole et un tube recourbé qui se rend sous des cloches pleines de mercure , et on chauffe jusqu’à l’ébullition pour en dégager les gaz (^'voy. § 76) ; au bout d’un quart d’heure , on laisse refroidir l’appareil : supposons que l’on ait obtenu des gaz , on en détermine 1? nature , comme nous l’avons dit en parlant de l’analyse des fluides aériformes ; si l’eau minérale contenait du sous-

54o QUATRIÈME PARTIE.

carbonate d’ammoniaque, on obtiendrait également dans la cloche une eau alcaline , ce sous carbonate étant volatil au-dessous de la température de l’eau bouillante. ( § 285). Si l’eau minérale ne s’est pas troublée ^ on la fait bouillir encore pendant vingt à vingt-cinqminutes, etsi elle continue à conserver sa transparence , on est certain quelle ne renferme ni du carbonate de chaux , ni du carbonate de magnésie , ni du carbonate de fer : en effet , ces carbonates ne se trouvent en dissolution dans les eaux minérales qu’à’ la faveur de l’acide carbonique 5 d’où il suit qu’en chassant celui-ci par l’ébullition , ils doivent se précipiter. Supposons , au contraire , que l’eau se trouble par l’ébullition , et que le gaz obtenu soit de l’acide carbonique 5 il est évident que l’un ou l’autre de ces carbonates , ou deux d’entre eux ^ ou tous les trois, font partie de l’eau minérale 5 si le précipité est coloré en jaune brunâtre, on peut présumer qu’il contient du carbonate de fer. Du reste, on faitl’analyse de ce précipité en lé dissolvant dans l’acide hÿdro-chlorique , et en traitant les hydro-chlorates solubles comme il a été dit en parlant des pierres ( E , p. 536 de ce vol.).

Si le liquide qui a bouilli, que nous nommerons i), et dont on a séparé les carbonates insolubles , n’a point l’odeur d’oeufs pourris et ne précipite point en noir l’acétate de plomb, tandis que l’eau minérale qui n’a pas été chauffée jouit de ces deux propriétés , on est certain qu’elle ne renferme point d’hydro-sulfate sulfuré , mais qu’elle contient de V acide hjdro-suljuiique ^ et, dans ce cas, celui-ci aura été dégagé et recueilli dans les cloches.

Si le liquide D ne donne point un précipité bleu par l’hydro-cyanate de potasse et de fer (prussiate) , il ne renferme point de sulfate de fer ; si l’eau minérale que l’on n’a pas fait bouillir donne ce précipité avec ce même réactif, on peut affirmer qu’elle contient du carbonate de fer.

DE l’analyse des EAUXT minérales. 541 et, dans ce cas, celui-ci se sera déposé pendant l’ébullition. Si le liquide D verdit le sirop de violette et fait effervescence sans dégager des vapeurs, lorsqu’on le mêle avec quelques gouttes d’acide sulfurique , on est certain qu’il renferme un carbonate soluble par lui-même , qui pom’ra être le carbonate de potasse, et surtout celui de ^oude. S’il donne par l’Jbiydro-chlorate de baryte un précipité blanc , insoluble dans l’eau et dans un excès d’acide nitrique , il contient un ou plusieurs sulfates. Si le ni- .trate d’argent y fait naître un dépôt cailleboté de chlorure d’argent, insoluble dans l’acide nitrique et soluble dans l’ammoniaque , il renferme un ou plusieurs hjdro-chlorates. Si , après l’avoir décomposé par la potasse , et avoir séparé le précipité, par le filtre , le liquide qui en résulte , évaporé jusqu’à siccité, donne un produit qui fuse sur les charbons ardens , ou en augmente la flamme , il contient un ou plusieurs nitrates,. .

Si le liquide D , traité par un excès d’ammoniaque , et séparé du précipité par le filtre , donne un nouveau précipité par la potasse , il contient un sel magnésien , soluble dans l’eau par lui-même. S’il laisse déposer du cuivre sur une lame de fer, ou qu’il bleuisse par l’ammoniaque, il renferme un sel de cuivre , qui probablement est le sulfate. S’il donne par l’acide oxalique un précipité blanc insoluble dans un excès d’acide oxalique , soluble dans l’acide nitrique pur, et susceptible de fournir de la chaux vive par la calcination , il contient un sel calcaire soluble par lui-mêmè. Si étant évaporé jusqu’à siccité , il se réduit en une masse qui, triturée avec la chaux vive, laisse dégager de l’ammoniaque, il renferme. un ou plusiéurs sels am-r moniacaux autres que le sous-carbonate.

QÜATlllÈME ÏARTIE.

^ II. Des Procèdes à T aide desquels on -peut séparer les principes constituans des eaux minérales , ou en déter^ miner les quantités.

Afin de simplifier l’analyse dont nous allons nous occuper , supposons d’abord que l’on ait reconnu , par les essais préliminairès ^ que l’eau minérale ne contient que des matières fixes et xmè des substances volatiles suivantes ; oxigène J azote, acide carhonique , àcide liydro-sulfwrique , acide sulfureux , et sous-carbonate d’ammoniaque.

1088. 1°. On sépare l’oo^^èue el V azote par la chaleur, comme nous l’avons dit § 76, et on en détermine les quantités au moyen dé l’hydrogène dans l’eudiomètre, ou au moyen du phosphore (i). ^

loSf). 2®. On dégage l’acide carbonique en faisant bouillir l’eau dans des vaisseaux fermés pendant cinq à six minutes ; on en apprécie le poids en le recevant dans une éprouvette contenant une dissolution d’ammoniaque et d’hydro-chlorate de chaux ; en effet , à mesuré que le gaz arrive, il se précipite du carbonate de chaux, tandis qu’il se forme de l’hydro-chlorate d’ammoniaque soluble 5 on pèse le carbonate de chaux lavé et desséché , et son poids indique celui de l’acide qu’il renferme. On pourrait se demander si l’acide carbonique obtenu dans cette expérience était combiné ou non , dans l’eau minérale, à un sous-carbonate ', rien ne serait si facile à déterminer ; en effet , dans le cas où cette combinaison aurait ^ lieu , le sous-carbonate se précipiterait par l’ébullition; on en apprécierait le poids, et le gaz acide carbonique-recueilli

(i) Il est inutile de faire remarquer que , dans toutes les expériences dont nous allons parler, on agit sur une quantité d'eau comme.

t)E l’akalÿee des eaux misérales. 6^3 serait égal à celui qui fait partie du sous-sel , puisque les sous-carbonates contienneut Ja moitié de l’acide qui se trouve dans les carbonates saturés.

logo. 3^. L’acide hjdrG-suIjurique doit être également séparé par l’ébullition dans des vaisseaux fermés 5 mais on doit le recevoir dans une dissolution à' acétate de plomb acide dans laquelle il fait naître un précipité noir de sulfure de plomb 5 on connaît la quantité de soufre qùe celui-ci contient , et le soufre étant connu , on apprécie facilement le poids de l’acide hydro-sulfurique dont il fait partie.

1091. 4*^* Quant à 1 acide mlfurèiix, on le sépare delà même manière, et on le reçoit dans de l’eau distillée; pour en déterminer le poids , on le transforrne' en acide sulfurique , au moyen du chlore ^ et on - verse dans la liqueur assez de nitrate de baryte pour faire passer tout l’acide sulfurique à l’état de sulfate insoluble-, on pèse celui-ci, et on connaît la quantité d’acide sulfurique , et par conséquent celle de l’acide sulfureux.

1092. 5°. Le sous-carbonate d’ ammoniaque s' ohûenl en distillant l’eau minérale ; il passe dans le récipient ; on en détermine la quantité en saturant le produit volatilisé par l’acide bydro-chlorique , et en faisant évaporer l’hydrochlorate , dont on apprécie le poids.

1093. Supposons maintenant que l’eau minérale, au lieu de contenir plusiem’s matières fixes et une seule substance 'volatile, en contienne deux ou trois. Premier exemple. Veau renferme deï oxigene , de V azote et de T acide carbonique, On la fait bouillir dans une fiole munie d’mi tube recourbé (la fiole et le tube sont entièrement remplis); les trois gaz se dégagent, et vont se rendre dans une cloche graduée; on absorbe V acide carbonique au moyen de la potasse caustique, et le résidu, formé d’oxdgène et d’azote, est traité dans l’eudiomètre à hydrogène. Deuxième exen:~

544 QTJATB,IÈMB PARTIE.

pïe. L’eau renferme de V acide carbonique et de ï acide sulfureux. On sature l’acide sulfureux avec un peu d’acétate de chaux, de manière à former du sulfite de chaux insoluble ; alors on agit sur l’eau comme si elle ne contenait que de l’acide carbonique. ( Voy. § 1089.) Pour déterminer la quantité d’acide sulfureux , on prend une nouvelle portion d’eau et on la chaulFe dans des vaisseaux fermés ; les acides sulfureux et carbonique se dégagent , et se dissolvent dans une certaine quantité d’eau distillée , disposée préalablement dans le récipient 5 on agit ensuite sur ce liquide comme si l’acide sulfureux y existait seul. ( Voy. § 1091.) Troisième exemple. L’eau contient de V acide hjdro - sulfurique et de V acide carbonique. On la chauffe dans des vaisseaux fermés pour , en dégager les deux gaz , que l’on fait passer à travers une éprouvette contenant une dissolution d’acétate acide de plomb , qui arrête et décompose l’acide hydro-suif urique, txaàSs, qu’elle n’exerce aucune action sur l’acide carbonique 5 celui-ci sort de l’éprouvette, et vase rendre dans un flacon dans lequel on a misdel’ammoniaque et de l’hydro-chlorate de chaux. {Voyez § 1089 et 1090.)

Après avoir indiqué les procédés à l’aide desquels on peut apprécier les quantités des matières 'volatiles contenues dans les eaux minérales , nous allons exposer ceux que l’on doit suivre pour parvenir à connaître les proportions des matières On saura combien il y a à’ hydro-sulfate sul¬

furé en versant dans l’eau minérale qui a bouilli pendant une demi-heure, de l’acide acétique, et en faisant arriver le gaz acide hydro-sulfurique qui se dégage dans une éprouvette contenant de l’acétate acide de plomb ; il se forme un précipité noir de sulfure de plomb , dont on connaît les proportions de soufre et de plomb 5 il y a en outre une portion de soufre de l’hydro-sulfate sulfuré qui se dépose dans la cornue.

DE i’ ANALYSE DES EAÜX MIMÉKALES.

Les autres principes contenus dans l’eau, que nous supposons débarrassée datons les principes volatils et exempte dliydrO'Sulfate, seront séparés , et leur quantité déterminée par le procédé suivanL On la fera évaporer jusqu’à siccité' dans une bassine de cuivre étamée,* on détachera parfaitement la masse , et on la fera bouillir avec de Veau distillée à plusietus reprises , jusqu’à ce que le liquide n’ait plus d’action sur elle ; on obtiendra un résidu R. Le soIùt tum sera évaporé', et lorsqu’il sera parfaitement desséché , on le traitera à une douce chaleur par de l’alcool concentré à ojjS 1 7 de densité ^ qui pourra dissoudre quelques matières : supposons qu’il en dissolve, et appelons A la dissolution j le résidu , insoluble dans l’alcool à o,8 1 7, sera traité par l’alcool moyennement concentré à 0,872 de densité, qui disr soudra encore quelques sels : nous nommerons F cette seconde dissolution alcoolique 5 enfin il y aura un résidu salin E insoluble dans l’alcool et soluble dans l’eau; d’où il suit que , par ce moyen , on parviendra à partager les matières contenues dans l’eau minérale qui a bouilli, en quatre portions; savoir : iî, formée des stibstances qui sont insolubles dans l’eau ; A, composée de celles qui sont solubles dans l’eau et dans l’alcool concentré ; F, qui renfermera celles qui peuvent se dissoudre dans l’eau et dans l’alcool moyennement concentré ; enfin qui contiendra celles qui sont solubles dans l’eau et insolubles dans l’alcool.

1094. R ne pomTa eontenir tout , au plus que les carbonates de chaux, de magnésie et de fer , du sulfate de chaux et de la silice. Supposons qu’il ern soit ainsi : par l’acide bydro-chlorique faible , on transformera les trois carbonates en hydro-chlorates solubles (i); on filtrera , et après

(i) Nous avons indiqué, en parlant de l’analyse des pierres comment il faut déterminer les principes constituans de ces trois sels.

§46 QrATRIÈME PARTIE,

avoir lavé légèrement le résidu de sulfate de chaux et de silice , on le fera bouillir avec du sous-carbonate de pofcisse et de l’eau distillée ; par ce moyen , on transformera le sulfate en carbonate de chaux insoluble 5 on lavera parfaitement le résidu , et on le traitera par l’acide hydrochlorique faible , qui trànsfoimera le carbonate en hydrochlorate de chaux soluble , et qui n’agira point sur la süice.

1095. A. Les matières solubles dans l’alcool concentré sont la soude, les nitrates de chaux, de magnésie , les hydro-chloSfates de chaux et de magnésie. On les fera dissoudre dans l’eau : si le liquide ne rétablit point la couleur du tournesol rougi par un acide , il ne contient point de soude libre : supposons ce cas , qui est le plus commun :

On divisera le liquidé en deux portions égales ; dans l’une, on versera une assez grande quantité de nitrate d’argent pour précipiter tout l’acide hydro-ehlorîque et former du chlorure d’argent; on pèsera celui-ci après l’avoir lavé et desséché : son poids fera connaître celui de l’acide hydrochlorique qui est combiné avec la chaux et avec la magnésie. On versera dans l’autre portion de dissolution saline assez de sous-carbonate de potasse pur pour précipiter la chaux et la magnésie à l’état de sous-carbonates; on lavera le précipité,,, on le fera sécher, et , par l’aeide sulfurique , on déterminera la quantité de chaux et de magnésie qu’il renferme , en sorte que, par ce moyen , on connaîtra combien il y a d’aeide bydro-chlorique , de chaux et de magnésie dans les ^ydro - chlorates et les nitrates de chaux et de magnésie dont on cherche à apprécier les proportions. Supposons que l’on ait agi sur 100 grains d’un pareil tnâange, et que l’on ait trouvé , par les expériences que nous venons de rapporter , que la quantité de chaux , de magnésie et d’acide hydro-chloriqne qu’il contient s’élève à 80 grains ^ il est évident qu’il renfermera 20 grains d’acide nitrique. Il

BE L’ATfALYSE DES EAUX MINÉEALES. 5^7

sera , d’ailleurs , aisé de vérifier si la chaux er la magnésie se trouvent dans le rapport convenable poui' la satmation des acides hydro- chlorique et nitri<jue dont les quantités sont connues.

La liqueur alcoolique F contient les hydro - chlorates de soude et d’ammoniaque; on l’évaporera jusqu’à siccité, et on calcinera le produit ; l’hydro-chloraie d’ammoniaque sera volatilisé, tandis que celui de soude restera ; par conséquent la différence entre le poids, avant et après la calcination, donnera la quantité d’hydro-chiorate volatilisé.

ioq6. F. Les matières solubles dans l’eau et insolubles dans l’alcool faible ou concentré sont très - nombreuses comme on peut s’en assurer en consultant ce que nous avons établi au commencement décé chapitre; néanmoins nous allons nous borner , dans l’examen actuel , à celles que l’on rencontre le plus communément , et qui sont les sulfates de soude et de magnésie, et le carbonate de soude. Il est impossible qu’il y ait à-la-fois du carbonate de soude et du sulfate de magnésie ; car ces deux sels sé décomposent réciproquement ; il ne peut donc y avoir que du sulfate de soudç et du sulfate de magnésie , ou du sulfate de soude et du carbonate de soude. Supposons ce dernier cas : on traite le résidu salin par l’acide acétique pour transformer le carbonate en acétate ; on évapore jusqu’à siccité , et on fait bouillir la masse avec de l’alcool ; le. sulfate de soude y est insoluble, tandis que l’acétate s’y dissout; d’ailleurs, on peut recueillir l’acide carbonique en décomposant lecarbonate par .l’acide acétique dans des vaisseaux fermés, et en recevant le gaz acide carbonique dans mie éprouvette contenant de l’ammoniaque et de l’hydro-cblorate de chaux. Supposons maintenant qu’il s’agisse de déterminer les proportions. d’un mélange de sulfate de magnésie et de sulfate de soude ; on le fait dissoudre dans l’eau , et on en précipite la magnésie , en faisant bouillir la d'-ssolution avec

54B QUATRIÈîtE partie.

du sous-carbonate d’ammoniaque; on a sur le filtre le carbonate de magnésie , qu’il suffit de laver , de sécber et calciner , pour en avoir la magnésie 5 la liqueur filtrée renferme du sulfate de soude et du sulfa'te d’ammoniaque ; on la fait évaporer et on fait rougir la masse dans un creuset jusqu’à ce que tout le sulfate d’anunoniaque soit décomposé et volatilisé ; alors il ne reste plus que le sulfete de soude.

§ III. De V Analyse des principales Eaux minérales.

Eau Æ Aix-la-Chapelle. 1000 grammes contiennent ;

Acide hydro-sulfurique . . . 28,54 P* (*)•

Acide carbonique. . . . 18, o5

Carbonate de chaux. . . . . . 0,1 3o4 g^-

— de magnésie . o,o44o

— de soude . . . . 0,5444

-- Hydro-chlorate de soude . 2,3697 ^

Sulfate de soude . . 0,2637

- Silice. . . . — .... 0,0705

On la chauffe dans des vaisseaux fermés , de manière à dégager les gaz, et à les faire passer successivement à travers de l’acétate acide de plomb et à travers un mélange d’ammoniaque et d’hydro-chlorate de chaux 5 à l’aide de la première dissolution , on détermine la quantité d’acide hydro-sulfurique, et à l’aide de la seconde celle d’acide carbonique. On évapore la liqueur jusqu’à siccité, et on fait bouillir le produit avec de l’eau distillée , qui ne dissout que le carbonate , l’hydro-chlorate et le sulfate de soude ; on fait évaporer la dissolution jusqu’à siccité, et on la traite par l’alcool à 0,872 de densité, qui ne dissout que Xhydro-chloTate de soude', le sulfate et le carbonate de soude sont ensuite traités

(i) Nous désignons le pouce cube par p. c. , le gramme par ^r. , et le grain par

DE l’analyse des EADX MINÉRALES. 549

par l’acide acétique; il se forme de l’acétate de soude soluble dans l’alcool J tandis que le sulfate ne l’est pas. Quant au résidu insoluble dans l’eau ^ formé de carbonate de magnésie, de carbonate de chaux. et de. silice , on le met en contact avec de l’acide hydro-chlorique faible , qui n’attaque point la silice , et transforme les deux carbonates en hydru-cblorates solubles ; on sépare la chaux de la magnésie , comme il a été dit à l’article Analyse des pierres^

Eau de Balaruc. looo grammes ; .

Acide carbonique.. . . 36, p. c.

Carbonate de chaux. . . . 7? §'•

— de magnésie. . . . o,55

Hydro-chlorate dejsoude . 4^)°^

— de chaux . ; . . . . 5,45

— de magnésie . 8,25

Sulfate de chaux . . . . .

Quelques «tomes de fer.

On la fait chauffer dans des vaisseaux fermés pour en séparer l’acide carbonique; on l’évapore jusqu’à siccité; on traite le produit par deux ou trois fois son poids d’eau distillée bouillante, qui ne dissout que les hydro-chlorate* de chaux et de magnésie; on évapore de nouveau le solutum jusqu’à siccité; on le traite par l’alcool très-concentré , qui laisse l’hydro-chlorate de soude et dissout ceux de chaux et de magnésie ; on sépare la chaux de la magnésie par les moyens déjà indiqués. Quant au résidu , composé de carbonates de chaux et de magnésie et de sulfate de chaux , on le traite par l’acide hydro-chlorique faible , qui transforme les carbonates en hydro-chlorates solubles , et laisse le sulfate de chaux.

Eau dEnghien. loo livres :

Acide carbonique .

Acide hydro-sulfarique.

SOO QtJAïRïEME PARTIE.

Carbonate de chaux . . . . . . . .

— de magnésie . . .

Hydro-chlorate de soude . .

. — de magnésie .

Sulfate de chaux .

Sulfate de magnésie. . . . . .

. Matière extractive et silice , un atome.

JEau de Sedlitz. 5 livres :

Acide carbonique. . .

Carbonate de chaux. . . .

— de magnésie . . .

Sulfate de soude. . . . . . . . . . .

— de chaux . . . .

— de magnésie . . .

Matière résineuse .

Eau de Seltz. 2 pintes | :

Acide carbonique . . .

Carbonate de chaux .

— de magnésie . . . .

— de soude. . . . .

Hydro-chlorate de soude . . . . . • ,

Eau de Spa. 100 litres :

Acide carbonique . . . . .

Carbonate de chaux . .

— de magnésie .

’ — ^ de soude. . . . . . .

— • de fer . . . . . .

Hydro-chlorate de soude . . . . .

Eaux de Plombières. Une pinte :

Carbonate de chaux . . . .

— de soude .

Hydro-chlorate de soude .

Sulfate dè soude . .

[4lO,0

60 p.Ci

' DE l’ait ALTSÉ DES EAUX MISÉE AIES. 55 St

Silice . . . . i i m 1 1

Matière animale . ^ . ï ït

Eau de Pyrmont. i.oo livres:

Acide carbonique. . . . . . .* . . i5oo g».

Carbonate de chaux . . . . . . . 348,75

— de magnésie. . ..... ... . ... ........... 35g

— de fer. . . . . . io5,5

Hydro-chlorate de soude . . . . . 122,0

— de magnésie. . . 1 54

Sulfate de sôudè cristallisé. . . . 289

■— de magnésie Cristallisé ................. . 547

Principes résineux . . * . g

Eau de Passy. Une pinte :

Acide carbonique. . ... ...... .......... . ... 0,20 g».

Carbonate de fer. . . . ^ » 0,80

Hydro-chlorate de sonde. . ... ........... . .... 6,60

Sulfate de chaux . .

— de magnésie . . i .. . 32,6

Alun.... . . 7,5

Sulfate de fer . . . . . . ... . 17 A

Bitume, nu atome*

Eau du Mont-dOr. 26 pintes :

T^cide ^carbonique. . i5o g».

Carbonate^ de chaux . 116

— • de magnésie . . . . . . . . , 58

— de fer . . . . . . . . it

Hydro-chlorate de soude . i45

Sulfate de soude . 67

Alumine . 62

Eau de Bagneres de Luchxm. .

Cette eau renferme des quantités indéterminées d’acide hydro-sulfurique, de carbonate , d’hydro-chlorate et de sulfate de soude , un peu de silice et de la matière extractive.

552 quatrième partie.'

Eaux de Bonnes, source dite \bl Vieille. 20 litres , température de 26° :

Acide carbonique , environ . . 90 p. c.

Acide hydro-sulfurique; . . 4^0

'Hydro-chlorate de magnésie . o gros i g g®.

— de soude . . 0 27

Sulfate de magnésie. . . . i 6

Sulfate de chaux . . . . i Sj

Carbonate de chaux . . o 4* »

Soufre . . o 4

Silice . . . o 4 à

Eaux de Barèges^ source dite Royale. 20 litres, température de 26® :

. Mêmes produits gazeux que la précédentê.

Hydro-chlorate de magnésie desséché ....... o gros 10 g®.

— .de soude. . . . o ii

Sulfate de magnésie. . . o 11

Sulfate de chaux ... . . . . . . . . o 4^

Carbonate de chaux . o 18

Soufre . o 5

Silice . o 4

Peu de matière végéto-animale.

Eaux de CauteTets , source de 1r Rüillère. 20, litres j

température de 38® : .

Acide carbonique . . . 80 p. c.

Acide hydro-sulfurique . . . . 160

Hydro-chlorate de magnésie. . . o gros 8 g®.

— de soude. . . o 8

Sulfate de magnésie . . . . . o 18

— de chaux . 0 34

. Carbonate de chaux . o lof

Silice. ....; . o 4

Soufre . o 4i

DE l’ASALYSE -VÉGÉTiLS; 553

Page 1