CHAPITRE X
Analyse des Matières animales.
L’analyse des matières animales , comme celle des substances végétales , peut être considérée sous deux points de vue : i® tantôt on cbercbe à connaître la nature et le nombre des principes immédiats des matières animales ; 2® tantôt on détermine les quantités d’ azote , d’oxigène , d’hydrogène et de carbone qui entrent dans la composition de ces principes.
§ Des Procédés à Vaide desrjuels on peut déterminer le nombre et la nature des principes immédiats pii constituent les parties des animaux.
Ces procédés sont fondés sur les propriétés dont jouissent les principes immédiats des animaux. Il en est qui sont sc-r lubies dans l’eau ou dans l’alcool à toutes les températures; ouelques-uns ne se dissolvent que dans l’un ou dans l’autrç de ces liquides , et à une températm-e déterminée. L’acérr tate de plomb en précipite quelques-uns, tandis qu’il n’agit point sur d’autres ; et ceux-ci peuvent quelquefois être précipités par le sous-acétate du même métal. Enfin , l’acide nitrique, les alcalis faibles, ime légère chaleur sont autant 'de moyens dont on peut encore se servir dans quelques cas particuliers pour séparer ces divers principes. On peut dire d’une manière générale que tous les réactifs qui ne les altèrent pas , et qui peuvent précipiter les uns sans agir de même sur les autres , peuvent être employés avec succès. Nous allons faire des applications de ces données aux principales analyses particulières.
Analyse du sang. On abandonne le sang à lui-même afin d’obtenir le caillot et le sérum. Caillot. Gn le traite par l’eau froide jusqu’à ce que le liquide soit incolore : le résidu est la fibrine. L’eau de lavage contient beaucoup
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d’albumine et le principe colorant. On ne connaît aucun moyen propre à la séparation exacte de ces deux substances ; on peut faire cbaufifer le liquide pour coaguler à-la-fois l’albumine et le principe ' colorant , et peser le coagulum-, la majeure partie du poids obtenu devra être attribuée à l’albumine , puisque le principe colorant n’entre que pour une très-petite quantité dans le sang. Semm. Il est formé d’eau, d’albumine et .de plusieurs sels. On détermine la quantité d’eau en le faisant bouillir et évaporer jusqu’à siccité dans des vaisseaux fermés 5 l’albumine se coagule; ou traite successivement la masse par l’eau et par l’alcool afin de dissoudre les sels ; enfin , on pèse l’albumine , et si l’on veut faire l’analyse des matières salines qu’elle retienjt , on la calcine jusqu’à ce qu’elle soit entièrement réduite en cendres , et on fait l’analyse de celles-ci , comme nous l’avons dit en parlant des sels.
Analyse de la. synovie. On la traite par un acide faible pour en précipiter la partie filandreuse , puis on agit sur ce liquide comme sur le sérum du sang. ( Margüerdn. ) ' ’
Salive. {Voyez ^ ^01.) ‘ '
Bile de bœuf. On détermine la proportion d’eau contenue dans la bile de boeuf en lafaisant évaporer jusqu’à siccitédans des vaisseaux fermés. On connaît la nature et les proportions des sels en incinérant la ruasse obtenue. On sépare laüzatière jaune en versant sur une nouvelle quantité de bile étendue d’eau un peu d’acide nitrique; il se fait sur-le-champ un précipité de cette matière contenant un peu de résine; on le traite par l’alcool, qui dissout- celle-ci et n’agit point sur l’autre. On filtre la liqueur privée de matière jaune, et on la traite par V acétate de plomb préparé en faisant bouillir 8 parties d’acétate du commerce avec une partie de litharge; l’oxide de plomb s’unit à la résine et se précipite ; on lave le dépôt et on le traite par l’acide nitrique faible et froid ; il se produit du nitrate de plomb soluble , et- la résine est
DE l’analyse des MATIÈRES . ANIMALES. 56 ï
inîse à nu 5 la liqueur d’où la résine a été précipitée ren^ Ferme encore le picromel^ on y verse du sous-acétate dé plomb qui y faitnaîtxe im précipité blanc floconneux d’oxide de plomb et de picromel^ on le met sur un filtre et oh le (âit dissoudre dans du vinaigre distillé ; on fait arüver à travers la dissolution un courant de gaz acide, bydro^sulfuriqtie , qui précipite le plomb à l’état de sulfuRe noir ; où filtre la dissolution , et on la fait évaporer pour en chasser les acides acétique et hydro-sulfurique ; le picrontel reste pur.
Urine. On la chauffe dans des vaisseaux fermés , à la température de 4o à 5o° , afin de recueillir l’eau et de décomposer le moins d’urée possible 5 lorsqu’elle est réduite en consistance d’extrait , on sépare la liqueur dü dépôt salin qui s’est formé et qui est très-abondant 5 on la traite par l’acide nitrique pour transformer l’urée en nitrate acide d’urée, dont on extrait l’urée par le carbonate de potasse et l’alcool. ( Voy. § io5o. ) On traite les sels par l’eau distillée bouillante qui les dissout tous , excepté l’urate d’ammoniaque, le phosphate ammoniaco-magnésien et le phosphate de chaux (i) ; on lave ce dépôt et on le fait bouillir avec de la potasse pure et caustique , qui décompose les deux premiers sels , en sorte que l’on obtient de l’urate et du phosphate d’ammoniaque solubles , de la magnésie et du phosphate de chaux insolubles. On verse dans la dissolution de l’acide hydro-chlorîque qui précipite l’acide urique, dont on peut déterminer la quantité ; on filtre, et ©n verse dans la liqueur filtrée de l’hydro-chlorate de chaux
(i) Qaelques-ans des sels obtenus en évaporant Turine sont le résultat de la décomposition qu’elle éprouve pendant l’évaporation 'y il serait sans dou te utile d’avoir un procédé propre à séparer les matériaux de l’urine sans la décomposer ; mais nous n’en connaissons point, et celui que nous conseillons nous paraît mériter la préférence sur les autres, n.
SSa. QrATTulÈME PARTIE.
qui précipite Pacide phosphorique à Pelât de phospHaîe de chaux; le poids de celui-ci indique celui de Pacide phosphorique. Quant au précipité composé de magnésie et de phosphate de chaux , on le fait dissoudre dans Pacide nitrique, et on le traite par Poxalate d’ammoniaque , qui ne précipite que la chaux à Pétat d’oxalate : la magnésie peut être précipitée de la dissolution par la potasse.
Les sels de Purine , solubles dans Peau , sont évaporés jusqu’à siccité , et le résidu est traité successivement par l’alcool concenijré et par l’alcool faible , comme nous Pa- •vons dit en parlant des eaux minérales.
Si on veut déterminer la nature des acides libres qui se trouvent dans l’urine , on doit agir sur uoe nouvelle portion de liquide , immédiatement après son expulsion de la vessie.
I ogy. Calculs urinaires. ( Voyez pag. 869 de ce vol. )
1098. De la Matière cérébrale. On dessèche une portion de cerveau , pour connaître la quantité d’eau qu’il renferme. On fait bouillir , à plusieurs reprises , une autre portion de cet organe avec de l’alcool à 36®, 'qui dissout les deux matières grasses ,.1’osmazome et quelques sels; on filtre la liqueur bouillante , et, par le refroidissement, on voit la matière grasse blanche se déposer ; on évapore la liqueur jusqu’à consistance de bouillie ; on traite le résidu par l’alcool froid, qui dissout Vosmàzome, et qui n’agit point sur la matière grasse rouge. La portion non soluble dans l’alcool contient l’albumine, le soufre, ét plusiems -sels que l’on peut obtenir par l’incinération.
Des Os. On connaît la quantité de matière animale qtt’ils renferment , en réduisant en cendre 100 grains d’os , et en pesant le résidu. On peut apprécier le poids du carbonate de chaux en traitant les os calcinés par Pacide acétique , et en versant dans l’acétate de chaux obtenu de l’ammoniaque, pour précipiter le peu de phosphate de chaux
i)È l’AKAIYSE des MATIÊKES ASIAiALES. 563 (jü’il pourrait contenir , filtrant la dissolution et la décom*posant par le sous-carbonate de potasse; par ce moyen oû obtient un précipité de carbonate dé cbaux dont la quantité est égale à celle qui fait partie des os.
On sé^&ve lé phosphate de diaux en faisant dissoudre dans racidenitriquefaible les os calcinés et déjà traités par l’acide acétique; la dissolution, filtrée et mêlée avec un excès d’àm* moniaque j, donne un précipité gélatineux de phosphate de chaux, de phosphate anunoniaco-magùésien et d’alumine ; on le fait bouillir avec de la potasse pure et caus-^ tique, qüi décompose le phosphate soluble ^ et dissout l’alumine, en sorte que le résidu est formé par la magnésfe et par le phosphate de chaux ; on le dissout, dans un excès d’acide nitrique ^ et on le traite par l’ammoniaque j qui ne précipite que le phosphate de chaux / vu que le sel ammoniaco-magnésien reste en dissolution.
Voici comment Fdurcroy et M. Vauqnelin procèdent à la séparation de la magnésie , de la silice , de l’alumine ^ de l’oxide de fer et de l’oxide de manganèse des os-
« I®. On décompose les os calcinés et mis en potidre >> par une quantité égale d’acide sulfurique concentré.
5) qP. On délaye le premier mélange dans 12 paities » d’eau distillée ; on jette le tout sur une toile ; on laisse » égoutter le sulfate de chaux , et on le pressé forte- 5) ment.
» 3°. On passe la liqueur au papier , et on la préci- » pite par l’ammoniaque ; on la filtre une seconde fois; » on lave le précipité, et on met la liqueur à part.
» 4°' Oti traite le précipité, encore humide j par l’a^ î) eide sulfurique , dont on a soin de mettre un léger » excès ; on filtre de nouveau ; on lave le précipité 5 on » réimit la liqueur avec la première ( n° 3 ) 5 enfin on » recommence cette opération jusqu’à ce que le précipité s formé par l’ammoniaque se dissolve entièrement dans