‹ Élémens de chimie médicale (volume 2)Chapitre 75 sur 80 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

De ï Analyse végétale.

On peut se proposer, la résolution des deux problèmes snivans dans l’analyse végétale : i® "déterminer quels sont les principes immédiats qui constituent une partie quelconque d’un végétal 5 2® quelles sont les quantités d’oxigène, d’hydrogène et de carbone qui entrent dans la composition de chacun de ces principes immédiats. Là chimie n’a pas encore fait assez de progrès pour que la résolution du premier problème puisse être réduite à des préceptes généraux , simples et faciles à exécuter.

Nous nous bornerons donc à dire que les méthodes généralement suivies dans ce genre d’analyse ont pour objet les traitemens divers que l’on fait subir aux végétaux , soit par l’eau , soit ^ar l’alcool , par l’éther sulfurique , les acides faibles , les alcalis étendus , etc. ; tel principe immédiat, soluble dans l’eau, ne l’est pas dans l’alcool, tandis qu’un autre se dissout facilement dans ce liquide ; alors le moyen de séparation est naturellement indiqué. Mais si l’analyse qui s’occupe de rechercher et de séparer les principes immédiats des végétaux est encore loin d’avoir atteint le dernier degré de perfection , il n’en est point de même de celle dont l’objet est la détermination des proportions d’hydrogène , de carbone et d’oxigène qui entrent dans la composition de ces principes. Nous devons à MM. Gay-Lussac et Thénard un très-beau travail sur ce point difficile , dont nous allons indiquer les principaux traits , en prenant pour guide le Mémoire qu’ils ont consigné dans leur ouvrage intitulé Recherches physico-chimiques.

ÇUATaiÈMÉ PARTIE.

Méthode pour déterminer la proportion des principes constituons des matières 'végétales.

Cette méthode consiste à chaufFer jusqu’au rouge, dans un appareil particulier, un mélange du principe immédiat et de chlorate de potasse (muriate suroxigéné), et à détermiüer la quantité d’acide carbonique produit et de gaz oxigène mis à nu. II est aisé de voir que, dans cette expérience,!’ oxigène du chlorate de potassé et celui qui fait partie du principe immédiat, transforment l’hydrogène et le carbone de ce principe en eau et en acide carbonique.

Description de V appareil. (^Foyez -pi. 2, fîg. y.) « 11 est formé de trois pièces bien distinctes : l’une , AA' , est un tube de verre fort épais , fermé à la lampe par son extrémité inférieure , ouvert au contraire par son extrémité supérieure , long d’environ 2 décimètres et large de 8 millimètres; il porte latéralement, à 5 centimètres de son ouverture, un très-petit tube aussi de verre, qu’on y a soudé, et qui ressemble à celui qu’on adapterait à une cornue pour recevoir les gaz ; l’autre pièce est une virole ■CC èn cuivre, dans laquelle on fait entrer l’extrémité ouverte du grand tube , et avec lequel on l’unit au moyen d’un mastic qui ne fond qu’à 40** 5 1® dernière pièce est un robinet particulier, DD' , qui fait tout le mérite de l’ap^ pareil ; la clef de ce robinet n’est pas trouée et tourne en^ tous sens, sans donner passage à l’air; on y a seulement pmliqué à la surface, ét vers la partie moyenne, une cavité capable de loger un corps du volume d’un petit poids; mais cette cavité est telle , qu’étant dans sa position supérieure -elle correspond à un petit entonnoir vertical E qui pénètre dans la douille, et dont elle forme en quelque sorte l’extrémité du bec , et que, ramenée dans sa position inférieure J elle communique et fait suite à la tige même diî

DE l’analysé végétale. 555

robinet, qüi est creusé, et qui se visse à la virole. Ainsi , lorsqu'on met une matière quelconque dans l’entonnoir, bientôt la cavité sè trouve remplie de cette matière , et la porte , lorsqu’on tourne la clef ;, dans la tige du robinet , d’où elle tombe dans la virole et de là au fond du tube de verre. On voit (pl. 2, fig. 7 ) ce robinet adapté seulement à la virole 5 la tigé dé ce robinet passe à travers une capsule FF dont l’üsâge sera indiqué pilus bas »^) Recherch. phys.-chim. , t. ii ^ pag. 269. )

Procédé. On broie séparément la substance végétale et le chlorate dé , potasse fondu et parfaitement pur (1)5 lorsqu’ils sont réduits en poudre impalpable, on les dessèche à la température de l’eau bouillante ; on pèse d’abord , dans une petite capsule de verre et à l’aide d’une balance extrêmement sensible, la matière végétale; et, pour avoir son poids d’une manière plus exacte, on détermine préalablement celui de la capsule seule ; on pèse ensuite le chlorate; on mêle aussi intimement que possible ces deux poudres impalpables sùr un porphyre, en les retournant en tous sens à l’aide d’un couteau de fer flexible ^2) ; On les réduit en une pâte ferme à l’aide d’une petite quantité d’eau; on la moule dans un petit cylindre creux de laiton,

(1) En incinérant une portion de celte substance végétale on s’est assuré d’avance , par les quantités de cendres obtenues, des proportions des matières étrangères qui entrent dans sa composition ; celle incinération doit être faite dans un creuset de platine , et de manière à ce que les cendres du fourneau ne se mêlent pas avec celles que fournit la substance végétale.

(2) Les proportions de chlorate et de principe immédiat ne peuvent pas être indiquées d’une manière générale , car elles varient suivant la nature de ce principe; on peut cependant dire que l’on doit employer plus dé chîoraîè qu’il n’ea faut pour que le mélange, calciné dans le petit tube de verre

556 QUATRIÈME partie.

dont le diamètre intérieur est de o®,oo25 5 on ramollirait la pâte dans le cas où elle deviendrait trop ferme, et si ce cylindre s’engorge on le nettoie avec la tige représentée fig. 75 on transforme cette pâte en petites boulettes que l’on arrondit à l’aide des doigts , et on les dessèche à la vapeur de l’eau bouillante.

Ces opérations préliminaires étant faites , on graisse la clef du robinet; on pratiqué un trou au milieu d’une briqueZ, dans lequel on enfonce le tube jusqu’au tube latéralZZ'; on assujettit le tout; on soutient le tube BB\ qui se rend dans la cuve à mercure, par une brique pour qu’il ne s’échauffe pas ; on met quelques charbons rouges sur la grille de fer G ^ sur laquelle repose l’extrémité inférieure du tube AA' ", on introduit de la glace dans la petite capsule de laiton Z’Z', afin d’empêcher la graisse du robinet de fondi’e ; on élève jusqu’au rouge obscur , à l’aide d’une lampe à/esprit-de-vin HH ^ la température inférieure du tube AA' ^ et on fait tomber au moyen du robinet, et successivement, une vingtaine des boulettes dont nous avons parlé , qui s’enflamment aussitôt qu’elles sont en contact avec la partie du tube rougie; l’air de l’appareil est chassé et remplacé par les gaz provenant de la décomposition de la boulette : c’est à dater de ce moment que les résultats de l’expérience doivent être soigneu- SMuent notés. On continue à faire tomber des boulettes dont on s’attache à connaître parfaitement le poids ; on recueille avec le plus grand soin et dans un flacon jaugé, les gaz qui se dégagent ; lorsque celui-ci est plein, on recommence l’opération en faisant arriver le gaz dans un autre flacon , et si les flacons sont de même capacité , ils ne sont

dont nous avons parlé 5 laisse au résidu blanc; alors on est certain que tonte la matière végétale sera décomposée par le sél.

DE l’isalyse végétale. 55j

entièrement remplis de gaz que lorsqu’on a décomposé un même poids de boulettes 5 on a le plus grand égard à la tenipérature-et à lapression atmosphériques. On procède ensuite à l’analye du gaz, qui, si on agit sur une matière végétale non azotée, doit être formé d’acide carbonique etd’oxigène; on absorbe l’acide carbonique par la potasse et par l’eau , et on détermine les proportions d’oxigène, au moyen de l’hydrogène , dans l’eudiomètre de Volta , perfectionné par M. Gay- Lussac. ( payez -pag.

I®. On connaît le poids de la matière végétale analysée ; 2® on connaît la quantité d’oxigène foui’nie par le chlorate de potasse pour transformer la matière végétale en eau et en acide carbonique : en effet , on sait , par une analyse faite avant de commencer l’opération , combien ce chlorate contient d’oxigène 5 on a d’ailleurs le poids de l’oxigène qui est superflu et qui se dégage à l’état de gaz 5 3® on con-' naît la quantité d’acide carbonique produite , et par conséquent celle de carbone de la matière végétale 5 on sait combien il a fallu d’oxigène pour donner naissance à cet acide carbonique ; il est donc aisé de calculer combien il s’est formé d’eau.

Supposons que l’on ait décomposé parties de matière végétale , que le chlorate de potasse employé contienne 80 parties d’oxigène, et qu’après l’opération on en trouve dans le flacon 20 parties ; il est évident qu’il y a en 60 parties d’oxigène employées. Supposons que l’on ait obtenu 82 parties et* de gaz acide carbonique, on dira : puisque dans ces 82 parties et j de gaz il y a 60 parties d’oxigène et 22 parties et | de carbone, les 4° parties de matière végétale analysée contiennent 22 parties et j de carbone, ; mais comme tout l’oxigène du chlorate qui a été employé a servi à transformer le carbone en acide carbonique , il est évident que l’eau , qui est aussi un des produits de l’expérience , n’a pu se former qu’aux dépens de

,558 QUATRIÈME FARTIE.

Toxigène et de l’hydrogène dq^ la substance végétale : donc

les 4o parties de cette matière sont formées ,

1° de carbone. . . . 22,5 .

Oxîgène et hydrogène dans tes proporiions, nécessaires pour former l'eéu . . . 17,5.

MélJiode de M. Berzelius.

M. Berzelius , qui est parventi à combiner presque toutes les matières végétales avec l’oxide de plomh , en fait l’analyse par une méthode qui diffère de la précédente. Il fait un mélange d’une partie de matière végétale unie à l’oxide de plomb , de 5 ou 6 parties de chlorate de potasse pur, et de 5o à 60 parties de chlorure de sodium, ( sel marin récemment fondu) ; il chauffe ce mélange dans un appareil particulier , à une température propre à le décomposer complètement et graduellement , et il obtient de Veau-} du gaz acide carbonique , du gaz oxigene ^ du cldoxave d^ potassium^ du SQiis-chîorure de plomh, et du sous-caThcnate de soude. Les gaz sont recueillis dans dqs cloches disr posées sur la cuve à mercure 5 l’eau est condensée dans le récipient ou dans un tube contenant du chlorure dè caL. cium ( muriate de chaux fondu) 5 les deux chlorures et le sous-carbonate de soudé , qui sont fixes , restent dans le tuyau dans lequel on chaufife le mélange. M. Berzelius ne s'attache qu’à déterminer la quantité d’eau et d’acide car-r bonique produits 5 il connaît le poids de Veau en pesant, avant et après Inexpérience , le ballon elle tube contenant le chlorure de calcium ; le poids de l’acide carbonique est apprécié , i® en traitant le gaz par la potasse caustique pure -, 2® en déterminant combien il y en a dans le souscarbonate de soude.

BE l’aITALYSE des MATIÈRES ANIMALES. 55g

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