‹ Élémens de chimie médicaleChapitre 102 sur 110 · DES CHLORURES MÉTALLIQUES · texte numérisé non relu

DES CHLORURES MÉTALLIQUES

qui a été exposée page 2o5 , eu parlant de l’action du nitrate d’argent sur les hydro - chlorates. 2°. En faisant chauffer du sel commun avec du sulfate de protoxide de mercure dans le même appareil que celui qui sert à préparer le sublimé corrosif; le proto-chlorure sublimé doit être lavé à grande eau pour le débarrasser du sublimé corrosif qu’il contient presque toujours. 3°. En triturant parties égales de sublimé corrosif légèrement humecté., et de mercure métallique, et en sublimant le mélange dans un matras à fond plat : le chlore , dans cette circonstance , se partage entre le mercure du sublimé et le métal ajouté. De tous ces procédés , le second nous paraît le plus économique. La panacée mercurielle est le proto-chlorure de mercure sublimé cinq ou six fois.

Deuto- chlorure d'étain ( spiritus Libavii ). Ordinairement on met dans une cornue un mélange parfaitement pulvérisé de parties égales de deuto-chlorure de mercure et d’un alliage fait avec 2 parties d’étain et une partie de mercure; on adapte à la cornue une allonge et un récipient, et on chauffe graduellement; le deuto-chlorure cède le chlore à l’étain , et le mercure est mis à nu ; le spiritus Libavii formé se volatilise et vient se condenser dans le récipient. L’expérience ne saurait avoir un plein succès si l’appareil était humide. Nous avons dit ailleurs que M. Proust prescrivait de faire cette préparation en prenant 4 parties de sublimé corrosif et une partie d’étain. ( Voyez pag. 429 )• On peut également obtenir le spiritus Libavii en faisant passer du chlore gazeux desséché à travers de l’étain pulvérisé.

Proto-chlorure d'antimoine ( beurre d’antimoine ). On a préparé jusqu’à présent ce produit en faisant chauffer dans un appareil desséché et semblable au précédent, un mélange intime de parties égales d’antimoine métallique et de deuto-chlorure de mercure. On connaît un autre

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procédé qui paraît devoir mériter la préférence. On prend une partie d’acide nitrique , 4 parties d’acide hydrochlorique et une partie d’antimoine métallique , et l’on obtient un solutum d’hydro-chlorate de protoxide d’antimoine. (Voyez Action de T eau régale sur l’or , pag. 453.) On fait évaporer cette dissolution en vaisseaux clos pour chasser l’excès d’acide; lorsque l’hydro- chlorate est sec et transformé en chlorure ( voyez Hydro - chlorates , pag, ao4 ) , on continue l’action de la chaleur, mais on change de récipient : par ce moyen on volatilise le protochlorure, qui est très-beau, et qui n’a pas besoin d’être sublimé de nouveau , comme cela a lieu lorsqu’on suit le procédé ancien, qui est d’ailleurs beaucoup plus dispendieux. Si la dissolution de l’antimoine dans l’acide a été faite avec lenteur, et qu’au lieu d’obtenir un hydro-chlorate de protoxide on ait un hydro-chlorate de deutoxide, incapable de fournir le proto-chlorure volatil, on doit ajouter à la dissolution concentrée de l’antimoine très-divisé , qui la ramène à l’état d’hydro - chlorate de protoxide * mais cette addition doit se faire avec beaucoup de précaution ; car la température s’élève considérablement et le vase peut être brisé. Si la dissolution de l’antimoine dans l’acide a été faite avec rapidité , parce que l’on a employé une trop grande quantité d’acide nitrique , ou par toute autre cause , et que l’on ait obtenu un mélange de deuto-chlorure et de deutoxide d’antimoine , il faudra ajouter un peu d’acide hydro-chlorique avant d’évaporer la dissolution , et l’agiter pendant quelque temps avec de l’antimoine très - divisé. ( M. Robiquet ).

Chlorures de plomb et d’argent. On les obtient en versant un hydro -chlorate dissous dans, une dissolution saline de plomb ou d’argent, et en lavant le précipité.

Des Sels.

On connaît plusieurs procédés à l’aide desquels on peut obtenir les sels. i°. On met les oxides en contact avec les acides après les avoir réduits en poudre fine , ou mieux encore lorsqu’ils sont récemment préparés et gélatineux : la combinaison a lieu tantôt avec dégagement de calorique, tantôt sans aucun phénomène sensible*, dans certains cas, on ne peut l’opérer qu’en élevant un peu la température; mais le plus souvent elle se fait très-bien à froid : on peut se procurer tous les sels par ce procédé. a0. On peut les obtenir presque tous en substituant aux oxides leurs carbonates: dans ce cas il y a effervescence. 3°. Presque tous les sels insolubles peuvent être préparés par la voie des doubles décompositions : ainsi le sulfate de baryte insoluble peut être obtenu au moyen du sulfate de potasse et de l’hydro-chlorate de baryte, sels qui se décomposent mutuellement parce qu’ils peuvent donner naissance à un sel soluble, et à un sel. insoluble. ( Voyez § x6o). Il suffit, pour réussir dans la préparation de ces sels, de prendre une dissolution saline dont l’acide soit le même que celui du sel insoluble que l’on veut avoir, et la verser dans une autre dissolution saline dont l’oxide soit aussi le même que celui du sel insoluble que l’on cherche à obtenir, pourvu toutefois que les deux dissolutions puissent donner naissance à un sel soluble et à un sel insoluble. Ainsi, dans l’exemple que nous avons choisi pour avoir le sulfate de baryte insoluble, on prend deux dissolutions, dont l’une renferme l’acide sulfurique et l’autre la baryte. Si l’on voulait préparer du phosphate de chaux insoluble, on prendrait une dissolution de phosphate dé potasse ou de soude et une autre d’hydro-chlorate de chaux, etc. En général , il faut que les dissolutions salines soient dans un état. convenable de saturation. Le sel insoluble doit être

lavé à grande eau. 4°* Plusieurs sels peuvent être obtenus eft faisant agir les métaux avec les acides concentrés : il y a décomposition d’une partie de l’acide, oxidation du métal, et combinaison de l’oxide avec l’acide non décomposé : exemple , acide sulfurique concentré et mercure. Il y a des cas où il faut élever la température , d’autres , au contraire , où le sel se forme à froid. 5°. On peut préparer un assez grand nombre de sels en mettant les métaux en contact avec des acides affaiblis : l’eau est décomposée, le métal oxidé se combine avec l’acide et il se dégage du gaz hydrogène. 6°. Les sous-sels insolubles s’obtiennent en versant dans la dissolution du sel une certaine quantité de potasse, de soude ou d’ammoniaque, qui ne saturent qu’une partie de l’acide et en précipitent le sous-sel ; on le lave à grande eau. Il y a encore quelques autres procédés dont nous omettons de parler , parce qu’ils sont particuliers à certaines espèces de sels. Les sels doubles s’obtiennent, i° en mêlant les sels simples qui les composent : ainsi le sulfate amtnoniaco-magnésien se produit lorsqu’on mêle du sulfate d’ammoniaque au sulfate de magnésie; a° en ajoutant à l’un des sels simples qui entrent dans la composition du sel double, la base qui lui manque : ainsi le même sel double peut être obtenu en versant de l’ammoniaque dans une dissolution de sulfate de magnésie.

Borates.

Borate de silice. On fait fondre dans un creuset de la silice pulvérisée et de l’acide borique vitrifié.

Tous les autres borates, excepté ceux de soude, de potasse et d’ammoniaque , étant peu solubles dans l’eau, s’obtiennent par le troisième procédé : on verse une dissolution de borate de soude ( le plus commun des borates solubles ) dans la dissolution saline dont on veut séparer l’oxide 5 il se produit un borate insoluble. Si l’on employait

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le sous -borate de soude du commerce ( borax) , le précipité serait mêlé de beaucoup d’oxide qui aurait été séparé par la soude libre.

Sous -borate de soude ( borax ), On trouve dans le* commerce du borax appelé tinckal, qui vient de l’Inde, et qui paraît avoir été extrait du fond de certains lacs: il est coloré en gris jaunâtre par une matière organique ; on le purifie en le faisant fondre dans un creuset : la matière colorante se détruit et le sel se vitrifie ; on le fait dissoudre dans l’eau bouillante et il cristallise par le refroidissement; on évapore les eaux mères pour avoir tout le borax qu’elles renferment.

On peut transformer le sous-borate de soude en borate neutre , en le faisant bouillir avec deux fois son poids, d’acide borique.

Les borates de potasse et d’ammoniaque s’obtiennent par le premier procédé.

Sous- Carbonates .

Tous les sous-carbonates , excepté ceux de potasse, do soude et d’ammoniaque , étant insolubles dans l’eau , se préparent par le troisième procédé, en versant une dissolution de sous-carbonate de potasse ou de soude dans la disso|ution saline qui contient l’oxide que l’on veut combiner avec l’acide carbonique.

Sous-carbonate de potasse. Dans les laboratoires on prépare ce sel au moyen du nitre et du tartre ( voyez pag. 534 ) : alors il est pur. Onl’obtient en grand par un autre procédé; on fait brûler les bois jusqu’à ce qu’ils soient réduits en cendres ; on traite celles-ci par l’eau bouillante, qui dissout le sous-carbonate , le sulfate et l’hydro-chlorate de potasse , une certaine quantité de silice , d’oxide de fer et d’oxide de manganèse ; on évapore la liqueur j usqu’à siccité, et on chauffe -la masse jusqu'au rouge pour détruire quelques matières

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charbonneuses avec lesquelles elle pourrait être mêlée , on donne au produit le nom de potasse du commerce.

Sous-carbonate de soude. On prépare ce sel avec la soude artificielle , qui est formée de soude caustique , de sous-carbonate de soude , de sulfure de chaux avec excès de chaux et de charbon. Après l’avoir réduite en poudre, on la traite par l’eau froide , qui ne dissout que le souscarbonate de soude 5 on décante la liqueur , on l’évapore jusqu’à siccité , et on ia laisse à l’air pendant dix, douze "Ou quinze jours. La soude caustique se combine avec l’acide carbonique , et s’effleurit ; à cette époque on la fait dissoudre dans l’eau, et on évapore la dissolution pour en obtenir des cristaux. Préparation de la soude aitificielle. On introduit dans un four dont la température est au-dessus du rouge cerise , un mélange pulvérulent fait avec 18 parties de sulfate de soude sec , 18 parties de craie ( carbonate de chaux) et xi parties de charbon de bois ; lorsque ce mélange est pâteux , on le pétrit avec un ringard et on le retire du four. Le charbon décompose l’acide sulfurique, lui enlève son oxigène et passe a l’état d’acide carbonique ; la chaux s’empare du soufre provenant delà décomposition de l’acide sulfurique , et la soude s’unit avec une portion d’acide Carbonique. Extraction de la soude des plantes marines. On fait brûler ces plantes , comme nous l’avons dit en parlant de la potasse du commerce , et l’on obtient une masse saline composée de sous-carbonate , de sulfate , d’hydro-chlorate de soude, d’alumine, de silice, d’oxide de fer , de charbon , et quelquefois de sulfate et d’hydro-chlorate de potasse. L e natron s’obtient par l’évaporation spontanée des eaux qui le tiennent en dissolution et qui constituent des lacs.

Sous-carbonate d‘> ammoniaque. ( Voyez § 3o3. )

Carbonates de potasse , de soude et d? ammoniaque. On les prépare en faisait passer du gaz acide carbonique à

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travers Une dissolution concentrée de sous-carbonate. On se sert d’un appareil analogue à celui qui a déjà été décrit. ( Foy. pi. 9 , fig. 07. ) On dégage le gaz dans le ballon qui contient des fragmens de marbre ( carbonate de chaux ) , et dans lequel on verse peu à peu de l’acide hydro-ebïorique affaibli ; l’opération dure plusieurs jours , et elle n’est terminée que lorsqu’il se forme des cristaux dans la dissolution du sous-carbonate. Si l’on veut préparer ces trois sels à-la-fois , on doit mettre la dissolution de souscarbonate d’ammoniaque dans le dernier flacon, parce qu’une portion de ce sel est entraînée par le gaz.

Phosphates.

Le phosphate de silice se prépare comme le borate. Tous les autres phosphates insolubles (et presque tous sont dans ce cas ) s’obtiennent par le troisième procédé, en versant du. phosphate de soude dissous dans une dissolution saline formée par l’oxide que l’on veut combiner avec l’acide phosphorique.

Phosphate acide de chaux. On chauffe les os de boeuf, de mouton , etc. , jusqu’à ce que toute la matière animale qu’ils renferment soit détruite; on obtient des cendres qui sont principalement formées de phosphate de chaux et de carbonate de chaux; on les passe au tamis et on les réduit en une bouillie liquide au moyen de l’eau ; on mêle peu à peu cette bouillie avec un tiers de son poids d’acide sulfurique concentré,' et on agite : l’acide enlève au phosphate une partie de la chaux et décompose tout le earbo’ nate, en sorte qu’il y a dégagement de gaz acide carbonique, et formation de sulfate et de phosphate acide de chaux ; le mélange de ces deux sels est très-consistant , presque solide , et sa température assez élevée à raison de l’action de faeide sulfurique sur l’eau et sur la chaux. On l’abandonne à l’air pendant quelques jours ; il en attire

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l’humidité , et la décomposition devient plus complète ; alors on y verse de l’eau bouillante qui dissout le phosphate acide de chaux et un peu de sulfate de chaux; on décante après avoir laissé reposer, et on traite de nouveau le résidu par de l’eau bouillante , opération que l’on recommence deux ou trois fois ; on filtre les liqueurs à travers une toile serrée , et on les fait évaporer jusqu’en consistance sirupeuse dans une chaudière de plomb ; par ce moyen on en sépare presque tout le sulfate de chaux, qui est très-peu soluble; on décante le liquide sirupeux; on lave le sulfate de chaux afin de dissoudre tout le phosphate acide ; on réunit les eaux de lavage et on les fait évaporer : la masse obtenue est le phosphate acide de chaux qui peut être vitrifié par la chaleur. Si ce phosphate doit servir à la préparation du phosphore, on emploie pour le préparer 4 parties de cendres d’os et 3 parties d’acide sulfurique concentré.

Sous-phosphate de soude. En versant dans une dissolution de phosphate acide de chaux un excès de-solution de sous-carbonate de soude, il y a effervescence, dégagement de gaz acide carbonique , formation de sous-phosphate de soude soluble, et précipitation de sous-phosphate de chaux. On filtre la liqueur pour la faire évaporer et cristalliser. Si les eaux mères sont acides , on les sature par le sous-carbonate de soude ; si elles sont avec excès de soude, on y verse du phosphate acide de chaux, on filtre et on recommence l’évaporation. Les sous-phosphates dépotasse et d'ammoniaque s’obtiennent de la même manière. Les phosphates neutres de ces deux bases peuvent être préparés en saturant l’excès d’alcali par l’acide phosphorique.

Bleu de cobalt découvert par M. Thénard ( composé de phosphate de cobalt et d’alumine ). On grille la mine de cobalt de Tunaberg , de Saxe ou de Hongrie , pour la priver de la majeure partie du soufre et de l’arsenic qu’elle renferme ( voy. Préparation du sulfate de cobalt , p. 069) ; on traite le

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