‹ Élémens de chimie médicaleChapitre 107 sur 110 · DES NITRATES · texte numérisé non relu

DES NITRATES

dière 3o parties de nitre brut avec 6 parties d’eau ; lé nitrate de potasse et les sels déliquescens , beaucoup plus solubles que les hydro-chlorates de soude et de potasse , sé dissolvent , tandis que ceux-ci restent presqu’en totalité au fond de la chaudière ; on les enlève ; on ajoute 4 parties d’eau à la dissolution 5 on clarifie la liqueur par la colle, et on la met, lorsqu’elle est encore chaude, dans de grands bassins en cuivre peu profonds; on l’agite pour hâter le refroidissement et la cristallisation ; on obtient par ce moyen une'poudre cristalline formée de nitre et d’une petite quantité des autres sels. Pour achever la purification de ces cristaux , on. les met en contact avec des eaux chargées de nitrate de potasse et avec de l’eau ordinaire , qui dissolvent \ presque la totalité des sels étrangers et n’agissent point sur le nitre ; en sorte qu’il suffit de laisser écouler les solutions pour avoir le nitre du commerce , que l’on fait sécher.

Nitrate de protoxide de manganèse . On peut le préparer avec le métal et l’acide nitrique ,à la température ordinaire ( premier procédé ) ; ou bien en faisant chauffer le deutoxide et l’acide ; enfin il peut être obtenu en traitant Pacide étendu d’eau par un mélange de peroxide et de gomme , de sucre, ou de toute autre substance avide d’oxigène , et capable de ramener le peroxide à l’état de protoxide. Nitrate de zinc. On se le procure avec le métal et l’acide nitrique affaibli. Deuto-nitrate de fer. On traite le deutoxide par l’acide nitrique faible, h. froid. Trilo-nitrate de fer. On l’obtient cristallisé et incolore, en laissant pendant long-temps , dans un flacon bouché , le deutoxide de fer avec l’acide nitrique concentré ( Vauquelin ) ; on le prépare aussi en versant de l’acide nitrique concentré sur du fer ; mais dans ce cas il est jaune , et il y a une grande portion de peroxide formé qui ne se dissout pas dans l’acide.

Nitrate de protoxide d'étain et de protoxide d’anti-

58o PREMIÈRE PARTIE.

moine. On met sur le métal divisé , à l’abri du Oontact de l’air et à la température ordinaire , de l’acide nitrique, dont la pesanteur est de x , 1 1 4 : une portion de l’acide se décompose pour oxider le métal; l’autre portion dissout l’oxide formé.

Nitrate d’ arsenic ,■ de chrome et de cobalt. On dissout les oxides dans l’acide nitrique.

Nitrate de tellure. On traite le métal par l’acide nitrique , et on fait évaporer la dissolution.

Nitrate d’urane. On se le procure avec la mine d’oxide d’urane , qui renferme , outre cet oxide , du ferT du plomb , du cuivre , de la silice , du soufre et du carbonate de ebaux; on la traite à froid par l’acide bydro-cblori que faible pour transformer ce carbonate en bydro-chlorate soluble. On décante la dissolution et on lave lè dépôt ; puis on le fait bouillir avec un grand excès d’acide nitrique étendu de son poids d’eau , qui n’agit point sur la silice et qui attaque à peine le soufre : il y a dégagement dè gaz nitreux , et formation de nitrates d’urane , de fer, de plomb et de cuivre , tous solubles dans l’eau; on filtre et on fait évaporer la liqueur jusqu’à siccité pour décomposer la majeure partie du nitrate de fer; on traite la niasse par l’eau, et on filtre de nouveau : l’oxide de fer reste sur le filtre , tandis que les nitrates d’urane , de plomb , de cuivre , et la petite quantité de nitrate de fer iudécomposée se trouvent dans la dissolution ; on y fait passer un courant de gaz acide bydrosulfurique , qui précipite le plomb et le cuivre à l’état de sulfures : alors il ne reste plus dans la dissolution que du nitrate acide d’urane et un peu de nitrate de fer ; on filtre, et on l’évapore de nouveau jusqu’à siccité pour décomposer complètement le sel ferrugineux ; on traite la masse par l’eau , qui ne dissout que le nitrate d’urane , que l’on peut évaporer et faire cristalliser.

Nitrates de cérium. Ils s’obtiennent en faisant dissou-

UES NIT3.ATES.

dre les oxides dans l’acide nitrique; il en est de même du nitrate de titane , excepté que l’on doit prendre l’oxide hydraté : car s’il était sec et calciné , il ne se dissoudrait pas dans l’acide.

Nitrates de bismuth et de cuivre : métal et acide nitrique étendu (quatrième procédé).

Cendres bleues. On mêle de la chaux pulvérisée avec un excès de dissolution faible de deuto-nitrate de cuivre , afin d’obtenir du nitrate de chaux soluble et du sous-nitrate de cuivre insoluble et d’une couleur verte; on lave le précipité à plusieurs reprises ; on le laisse égoutter sur un linge ; on le triture avec y, 8 ou io centièmes de son poids de chaux , et on le fait sécher : le produit constitue les cendres bleues (Pelletier). Il est évident qu’en ajoutant de la chaux au sous-nitrate , on met à nu l’hydrate de deutoxide de cuivre , et que l’on forme en même temps du nitrate de chaux. On peut aussi préparer cette matière avec du sulfate de cuivre et delà potasse ; mais dans ce cas sa couleur n’est pas très-vive.

Nitrate de plomb. On l’obtientavecdelalitharge et de l’acide nitrique étendu de trois ou quatre fois sonpoids d’eau.

Nitrate de nickel. On le prépare avec le speiss , alliage que l’on obtient aufonddes creusets, lorsqu’on faitle verre de cobalt dans les fonderies de Zeli en Saxe , et qui est formé , suivant M. Proust , de nickel , de cobalt, d’arsenic, de fer , de très-peu de cuivre, d’une certaine quantité ‘de soufre, et quelquefois debismuth. Après l’avoir réduit en poudre fine, on le fait chauffer dans une capsule de porcelaine avec deux fois et demie son poids d’acide nitrique étendu d’une égale quantité d’eau; il y a dégagement de gaz nitreux , oxidation des métaux, acidification du soufre et de l’arsenic, et formation deplusieurs sels; presque tout le speiss est dissous : ou voit seulement quelques flocons grisâtres se précipiter. On filtre la dissolution , que l’on peut regarder comme com-

£>8â ras M 1ÈRE PARTIE,

posée d’acides nitrique , sulfurique et srsénique , deprotoxides dé nickel et de cobalt, d’oxide d’arsenic, d’un atome de deutoxide de cuivre et de peroxide de fer. ( Tuppuli. ) M. Proust a proposé un moyen beaucoup plus économique pour oxider les diverses substances qui constituent le speiss ; il consiste à le faire chauffer avec le contact de Pair. Les produits oxidés par l’un ou l’autre de ces procédés doivent ensuite être dissous dans l’acide nitrique. On fait évaporer la dissolution jusqu a ce qu’elle soit réduite aux deux tiers de son volume , et l’on voit l’oxide, d’arsenic cristalliser ; on le sépare par décantation , et on continue à faire évaporer la liqueur afin d’en chasser de l’eau et l’excès d’acide. Lorsqu’elle est suffisamment concentrée , on y verse peu à peu du sous-carbonate de soude dissous , qui précipite d’abord tout le fer à l’état de perarséniate blanc jaunâtre et floconneux ; on filtre et on verse le même réactif dans la liqueur pour précipiter l’arséniate de protoxide de cobalt en flocons roses ; on doit ajouter du sous-carbonate jusqu’à cé que le précipité commence à être couleur de pomme ^ comme celle de l’arséniate de nickel , car alors on est certain d’avoir séparé tout le cobalt (i); on filtre la liqueur , et on l’étend d’eau; on y met de l’acide nitrique si elle n’est pas suffisamment acide ; on y fait arriver un courant de gaz acide hydrosulfurique qui précipite d’abord la petite quantité de cuivre à l’état de sulfure , et qui , au bout de plusieurs heures , décompose l’acide arsenique et le transforme en eau et en sulfure d’arsenic jaune, insoluble dans l’eau; on filtre la dissolution , et on la chauffe pour en chasser l’excès d’acide hydro-sulfurique , et faire cristalliser le nitrate de nickel , qui se trouve alors seul dans la dissolution , et à l’état de pureté.

(i) Dans la méthode suivie par M. Proust , on ne fait point évaporer cette dissolution ; on la traite de suite par l’alcali. .

DES KITÎtATÈÎ.

Nitrate de protoxide de mercure. On fait bouillir , pendant demi-heure , de l’acide nitrique étendu de quatre à cinq fois son poids d’eau avec un excès de mercure , et par le refroidissement de la liqueur , on obtient des cristaux de proto-nitrate ; il suffit de les broyer avec de l’eau pour les transformer en sous et en sur-nitrate. Si au lieu d’agir à la chaleur de l’ébullition, on fait l’expérience à froid, le sel contient du nitrite de mercure. Nitrate de deutoxide de mercure. On l’obtient dé la même manière que le précédent, excepté que l’on emploie plus d’acide nitrique et. qu’il est moins affaibli. Lorsque la liqueur ne précipite plus par l’acide hydro-chlorique ou par un hydro-chlorate , on a la certitude quelle ne renferme plus de protoxide , et par conséquent fl ne s’agit plus que de la faire évapore? pour en obtenir des cristauxTaiguillés. Sous-nitrate jaune ( turbith nitreux ) et sur-nitrate. -On les prépare en broyant le deuto-nitrate avec de l’eau chaude.

Nitrate d’argent. On fait chauffer légèrement de l’argent pur en grenailles , avec de l’acide nitrique pur, étendu de son poids d’eau distillée ( quatrième procédé ) ; on évapore la dissolution pour la faire cristalliser. Pierre infernale. On fait fondre le nitrate d’argent à une douce chaleur dans un creuset d'argent; lorsqu’il est fondu, on le coule dans une lingotière de cuivre que l’on enduit d’un peu de suif : le sel, qui était parfaitement blanc, se colore. ( V '. l’histoire 'du nitrate d’argent , pag. 45o. }. Si on ne le chauffe pas assezpoiir le dessécher complètement , il n’est pas aussi caustique qu’il doit être ; si on le chauffe trop, il est décomposé, et au lieu de pierre infernale on obtient de V argent..

Les nitrates d’or, de platine , de palladium et de rhodium , admis seulement par quelques chimistes , se préparent en traitant les oxides de ces métaux par l’acide nitrique.

Des Nitrites»

Le procédé généralement suivi pour la préparation de quelques nitrites , qui consiste à calciner les nitrates jusqu’à un certain point , pour transformer l’acide nitrique en acide nitreux , doit être abandonné , car il est extrêmement difficile de suspendre la calcination juste au moment où ce changement est opéré $ d’ailleurs , on court le risque de faire passer le sel à Fetat de sous-nitrite pour peu que Fon chauffe plus qu’il ne faut. ,

Sous-nitrite de plomb au minimum d’oxide. On l’obtient en faisant bouillir la dissolution de ioo parties de nitrate de plomb avec 62 parties de plomb réduit en lames trèsminces. Le sous-nitrite au maximum eFoxide se prépare de la même manière , excepté que l’on emploie plus de plomb» Le nitrite neutre s’obtient en versant dans une dissolution chaude de sous-nitrite au minimum d’oxide , assez d’aeide sulfurique faible pour en précipiter la moitié de l’oxide à l’état de sulfate , et en filtrant la liqueur.

Nitrite d’ammoniaque. On traite le nitrite de plomb soluble par le sulfate d’ammoniaque , et l’on obtient du nitrite d’ammoniaque soluble, et du sulfate de plomb insoluble 5; on filtre.

Nitrite de cuivre. On substitue le sulfate de cuivre au sulfate d’ammoniaque , et il se forme du nitrite de cuivre soluble et du sulfate de plomb insoluble. On peut préparer , par ce moyen , tous les nitrites dont les bases forment avec l’acide sulfurique des sels solubles ; en effet , il pourra résulter du mélange des deux dissolutions un nitrite soluble et du sulfate de plomb insoluble» (Voy. § 160. J (Chevreul et Berzeüus. )

DES HY-miO-CHL OB.ATES.

Des Hydro-chlorates .

Les hydro-chlorates de zircone , d’ alumine , d’yttria , de glucine , de magnésie , de potasse et de chaux , se préparent par le premier ou par le deuxième procédé , en traitant l’oxide ou le carbonate de ces bases par l’acide hydro- : chlorique -, on obtient aussi l’hydro-chlorate de chaux en faisant dissoudre dans l’eau le chlorure de calcium , qui reste dans la cornue lorsqu’on prépare l’ammoniaque. (Voy. Préparation de T ammoniaque , pag. 5o8. ).Ceux de baryte etde sliontiane s’obtiennent comme les nitrates de ces mêmes bases , excepté qu’il faut employer pour décomposer les sulfures de ces bases de l’acide hydro-chlorique au lieu d’acide nitrique.

Hydro-chlorate de soude (sel commun). On se procure ce sel , i 0 en l’arrachant du sol lorsqu’il est en masses, et en le dissolvant dans l’eau pour le faire cristalliser s’il est impur 5 2° en traitant convenablement . les eaux salées. A. Dans les pays chauds, onfaitarriver lés eaux de la mer (i) dans des marais salans , sorte de bassins très-larges , trèspeu profonds , favorisant par conséquent l’évaporation , tapissés d’argile , et communiquant entre eux ; à mesure que l’eau s’évapore , on en ajoute de nouvelle. Lorsque le sel est cristallisé , on le retire, et on le laisse égoutter pour le débarrasser , autant que possible , des sels déliquescens , et le dessécher. L’évaporation dure ordinairement depuis le mois d’avril jusqu’au mois de septembre , et la dessiccation n’est complète qu’au bout de plusieurs mois. Le sel obtenu par ce procédé est diversement coloré, parce qu’il est

(i) L’eau de la mer est composée, d’après MM. Yogel et Bouillon-Lagrange, d’hydro-chîorates de soude et de magnésie, de sulfates de chaux et de magnésie, de carbonates de chaux et de magnésie dissous dans i’acide carbonique.

586 PREMIÈRE PÀRTIE.

intimement mêlé avec l’argiie qui tapisse le fond des bas* sins. Dans le département de la Manclie , on profite des hautes marées des nouvelles et des pleines lunes pour baigner une certaine quantité de sable que l’on a préalablement disposée sur les bords de la mer. Lorsque l’eau se retire , le sable se dessèche , et se trouve recouvert d’une plus ou moins grande quantité de sel $ on l’enlève et on le fait dissoudre dans de l’eau delà mer, qui par ce moyen se trouve plus chargée ; on la fait évaporer dans des bassins de plomb placés surieféu, etl’on obtient du selblanc, B . Dans les pays froids, on tire parti de la propriété qu’a l’eau salée de ne Se congeler que bien au-dessous de zéro 5 en effet, l’eau de la mer peut être considérée comme un mélange d’eau douce et d’eau fortement salée 5 celle-ci ne se congèle pas à zéro , tandis que l’autre se solidifie à cette température : donc on peut, enlasoumettantàun froid de i° ou de 20— o°, en geler une grande portion , et avoir de l’eau liquide fortement salée, qu’il suffira de chauffer pour en obtenir le sel cristallisée C. Dans les climats tempérés , on élève, à l’aide de pompes, les eaux qui ne sont pas très-chargées de sels, et o.n les verse sur des fagots pour que le liquide se divise , présente plus de surface , et s’évapore en partie \ alors on le fait chauffer pour en obtenir des cristaux. D. Si les eaux contiennent i4 ou i5 centièmes de sels , on les fait évaporer dans des chaudières de fer ; il se dépose du sulfate de chaux que l’on enlève , et le sel cristallise.

Aucun de ces procédés ne fournit de l’hydro-chlorate de soude pur-, il contient toujours des sels déliquescens du sulfate de chaux , de magnésie, etc., comme on peut s’en convaincre en versant dans sa dissolution un souscarbonate alcalin soluble qui en précipite du sous-carbonate de chaux , de magnésie , et quelquefois aussi du souscarbonate de fer : il faut , pour le purifier , le faire cristalliser de nouveau en évaporant la dissolution : alors, on obtient

DES HTDEO - CHLORATES. 58^

une multitude de petits cubes qui se réunissent de manière à former des pyramides quadrangulaires creuses.

Hydro-chlorate d’ ammoniaque. On mêle le sulfate d’ammoniaque avec l’hydro-chlorate de soude (voyez Préparation de ce sulfate , pag. 564 ) 5 il en résulte du sulfate de soude et de f hydro-chlorate d’ammoniaque. On fait évaporer ce mélange pour obtenir cristallisée la majeure partie du sulfate de soude. On décante l’eau mère, qui ■ contient tout l’hydro-chlorate d’ammoniaque et une portion de sulfate de soude; on la réduit à siccité par l’évaporation; on met la niasse dans des ballons à long col, disposés dans des fourneaux de manière à ce que la partie supérieure du col soit hors du fourneau et en contact avec l’air froid ; on chauffé graduellement pendant trois jours ; on casse après les ballons pour en retirer l’hydrochlorate d’ammoniaque que l’on trouve sublimé à leur partie supérieure. Il est important, vers le troisième jour, de plonger de temps en temps une tige de fer dans le col de ces vases pour empêcher que le sel volatilisé ne les obstrue. En Egypte on fait brûler la fiente des chameaux desséchée au soleil , et on chauffe , dans un appareil analogue à celui que nous venons de décrire, la suie qui provient de cette opération, et qui contient de l’hydro-chlorate d’ammoniaque.

Hydro-chlorate de protoxide de manganèse. On fait chauffer le deutoxide ou le peroxide de manganèse avec de l’acide hydro-chlorique ; il se dégage du chlore , et le sel reste en dissolution ( voyez § 3i5) : on peut également l’obtenir avec le métal et l’acide faible. Hydro-chlorates de zinc et de protoxide de fer. On les prépare avec le métal et l’acide hydro-chlorique étendu d’eau (quatrième' procédé). Hydro-chlorate de deutoxide et de peroxide de fer. On fait dissoudre ces oxides dans lacide ( premier procédé ). Fleurs martiales ( Voyez § 356 ). Hydro •»

chlorate de protoxide cietaïn. On, l’obtient en faisant chauffer le métal très-divisé avec l’acide hydro-chlorique liquide et concentré ; il est convenable d’agir dans une cornue à laquelle on adapte un récipient pour ne pas perdre l’acide hydro-chlorique qui se volatilise -, l’eau est décoriiposée pour oxider le métal, et il se dégage du gaz hydrogène; l’hydro - chlorate formé cristallise par le refroidissement: on doit le cousener à l’abri du contact de l’air. Deuto-hydro-chlorate d’étain. On peut l’obtenir en . mettant le per-chlorure d’étain dans l’eau, ou en faisant passer du chlore gazeux à travers une dissolution du précédent, ou bien en traitant l’étain par l’eau régale.

. Hydro-chlorate d’arsenic. On fait bouillir l’oxide avec l’acide (premier procédé) ; ou bien on laisse pendant longtemps l’arsenic métallique très-divisé dans un flacon contenant de l’acide hydro - chlorique ; le métal finit par s’oxider aux dépens de l’eau et se dissout. Hydro-chlorates de chrome et de molybdène. On les prépare en faisant chauffer l’acide chromique ou molybdique avec l’acide hydro-chlorique ( 'voyez page 363 ) , ou bien en dissolvant les oxides de chrome ou de molybdène, dans l’acide hydro* chlorique ; mais on réussit difficilement par ce dernier procédé. Les hydro- chlorates de cobalt , à’urane , àedeutoxide de cuivre , de nickel et de tellure , s’obtiennent par le premier ou par le deuxième procédé, en dissolvant les oxides ou les carbonates dans l’acide hydro-chlorique.

Hydro-chlorate de protoxide de cérium. On fait bouillir la cérite pulvérisée avec un grand excès d’acide hydro-chlorique; le cérium, le fer et la chaux qüi font partie delà mine se dissolvent , et la silice reste au fond du vase ; on filtre et on évapore la liqueur pour en chasser l’excès d’acide, puis on l’étend d’eau et on la filtre de nouveau (i). On y

(i ) En effet , il peut arriver qu’une portion de silice se trouve

DES HYDRO- CHLORATES. 589

ajoute de l’ammoniaque qui ne précipite que les oxides de cérium et de fer; on verse sur ce précipité lavé et encore humide, une dissolution d’acide oxalique que l’on fait bouillir; il se forme de l’oxalate de fer soluble et de l’oxalate de protoxide de cérium d’un blanc rosé , insoluble dans l’eau ; on lave ce précipité et on le calcine lorsqu’il est sec , pour détruire l’acide oxalique , en sorte que l’on obtient du deutoxide de cérium (le protoxide de cérium passe à l’état de deutoxide par la calcination); on traite cet oxide par l’acide hydro-chlorique qui, comme nous l’avons dit , le transforme en hydro-chlorate de protoxide. ( Voyez § 44 1 • ) ( Laugier.)

Hydro - chlorate de titane. On fait fondre dans un creuset une partie et demie de potasse caustique avec une partie de mine de St.-Yrieux , pulvérisée , lavée et débarrassée des matières terreuses ; on obtient une masse d’un brun noirâtre, très-dure, <jue l’on traite par l’eau (i). Ce liquide dissout l’excès de potasse, une certaine quantité d’oxide de titane , la silice , l’alumine et l’oxide de manganèse qui le colore en vert ; il reste une masse rougeâtre, composée, comme l’a prouvé le premier M. Vauquelin, de potasse, de la majeure partie de l’oxide de titane et d’oxide de fer : on la fait dissoudre dans l’acide hydro-chlorique concentré, qui acquiert une couleur jaune verdâtre, et qui n’est jamais transparent; on verse dans le mélange de ces trois hydro-chlorates de l’acide oxalique ou del’oxalate d’ammoniaque, et on obtient sur-le-champ un très-beau précipité blanc grumeleux d’oxalate de titane pur (M. Laugier) ; on le lave pour le dessécher et le cal-

dans la dissolution , et se dépose à mesure que la liqueur s’e'vapore.

. (1) Cette mine contient de l’oxide de titane, de l’oxide d® fer , de l’oxide de manganèse, de la^iliee et de l'alumine.

ÜQO PREMIÈRE PARTIE.

ciner dans un creuset : par l’action de la chaleur l’acide oxalique se décompose , et l’oxide de titane reste sans mélange. Pour le transformer en hydro-chlorate , il faut le faire fondre de no’uveau avec de la potasse pure, car nous avons dit qu’il n’est soluble dans les acides , lorsqu’il a été calciné, qu’à la faveur des alcalis. ( Voy. § [yxï.. )

Hydro-chlorate de bismuth. On traite Je métal par l’eau régale , et on fait évaporer la dissolution. Hydro-chlorate de plomb. On fait dissoudre le chlorure de plomb dans l’eau. Sur-hydro-dûorate de protoxide de cuivre. On triture 120 parties de cuivre très-divisé , séparé du sulfate par une lame de fer, avec îoo parties de deutoxide de cuivre ; on fait chauffer le mélange avec de l’acide hydrochlorique concentré , et l’on obtient un liquide brun qui est l’hydro-chlorate concentré : il est évident qu’une portion de l’oxigène du deutoxide s’est portée sur le cuivre, et que le tout a été transformé en protoxide. Il suffit de verser de l’eau dans cette liqueur pour en précipiter le soushydro-chlorate blanc.

Hydro-chlorate d’or. On met l’or en lames minces dans de l’eau ré'gale ou dans une dissolution de chlore. (V oy: Action du chlore et de Veau régale sur l’or , pag. 453.)

, Des Hydriodates.

On peut préparer tous les hydriodates parle premier procédé^en combinant l’acide avec l’oxide; cependant on obtient ceux de potasse et de soude en mettant l’un ou l’autre de ces alcalis dissous sur de l’iode ; il se forme de l’bydriodate et de l’iodate que l’on sépare par l’alcool (Voy. Préparation de ces iodates , pag. 5^2). Lorsque les hydr iodates se trouvent en dissolution dans ce liquide , on volatilise l’alcool parla distillation elles sels restent purs. Les hydriodates de baryte, de strçntiane et de chaux se préparent aussi en

mettant de l’iode avec ces alcalis; mais comme il se forme un iodate très-insoluble et un hydriodate très-soluble , la séparation est beaucoup plus simple. Toys les hydriodates dont les métaux décomposent l’eau , tefc que ceux de zinc , de fer, etc. , s’obtiennent en versant ce liquide sur un iodure. Tl suffit de mettre l’iode en contact avec un hydriodate pour le transformer en hydriodate ioduré.

Des Hydro-sulfates.

Les hydro-sulfates de potasse, de soude , d? ammoniaque, de chaux , de baryte , de strontiane et de magnésie s’obtiennent par le procédé suivant : on introduit dans le ballon Z) ( voyez pl. 9 , fîg. 5j) du sulfure de fer réduit en poudre fine, et dans les vases F , A, B, S , E , F, &, des dissolutions de potasse, de soude, d’ammoniaque, ou bien de la chaux, de la baryte, de la strontiane ou de la magnésie .délavées dans une assez grande quantité d’eau; on fait communiqtier ensemble ces différens vases au moyen de tubes de sûreté ; l’appareil étant ainsi disposé , on verse dans le ballon , au moyen du tube à trois branches VE , de l’acide sulfurique étendu de cinq ou six fois son poids d’eau; le gaz acide hydro-sulfurique se dégage aussitôt ( voyez - Préparation de ce gaz , pag. 5o/f ) , traverse la potasse, la sature; une autre portion va se rendre dans le flacon contenant la soude, se combine avec elle, et il en est de même- des autres bases renfermées dans les différens vases; il est évident que l’on doit ajouter une nouvelle quantité d’acide sulfurique et de sulfure à mesure que le dégagement du gaz se ralentit. Pendant la saturation de ces alcalis , principalement de la potasse et de la soude , il se précipite une matière gélatineuse, mêlée d’une poudre .noire, qui donne à la liqueur un aspect brunâtre trouble, et qui , à la fin de l’opération , se rassemble au fond du vase et peut être séparée par le filtre ; cette matière est com-

5ÿ1 PREMIÈRE PARTIE.

posée de silice , d’oxide de fer et d’oxide de manganèse , substances qui se trouvent ordinairement dans les alcalis employés, et qui se déposent à mesure que l’acide hydrosulfurique sature Ces alcalis. Quelquefois aussi on découvre dans ce précipité de l’oxide d’argent qui provient de là potasse et de la soude que l’on a fait fondre dans des chaudières d’argent. Lorsque l’opération est terminée , ce qui n’a lieu qu’au bout de plusieurs jours , on filtre les hydrosulfates, et on les agite avec du mercure; ce métal s’empare de leur excès de soufre , et leur fait perdre la couleur jaune qu’ils avaient :1e mercure, dans cette expérience, noircit d’abord, puis se transforme en sulfure rouge (cinnabre).

Les hydro-sulfates de manganèse, de zinc, de fer et d’étain insolubles, s’obtiennent par la voie des doubles décompositions, en versant de Y hydro-sulfate de potasse dans une dissolution saline de l’un ou de l’autre de ces métaux.

Sous - hydro - sulfate d'antimoine (kermès). i°. Pour obtenir du très-beau kermès , il faut faire bouillir pendant une demi-heure, dans une chaudière de fer, une partie de sulfure d'antimoine réduit en poudre finë , 22 parties et demie de sous-carbonate de soude cristallisé, et 25o parties d’eau , filtrer la liqueur bouillante, la recevoir dans un entonnoir et dans des vases chauds, couvrir ceuxci et les laisser refroidir. Le kermès est entièrement déposé au bout de 24 heures ; on le met sur un filtre , on le lave avec de l’eau bouillie et refroidie sans le contact de l’air; on le dessèche à la température de 25° et on le conserve à l’abri du contact de l’air et de la lumière ( Cluzel ). On obtient par ce procédé beaucoup moins de kermès que par le suivant: mais il est infiniment plus beau. 20. On fait bouillir, pendant un quart-d’heure environ, 2 parties de sulfure d’antimoine pulvérisé , une partie de potasse caustique ou 4 parties de sous-carbonate de potasse, et 20

DÉS HÏB RO- S TJLÏATÉS. $C)3

à a4 parties d’eau; on filtre la liqueur bouillante , et on finit l’opération cdmme dans le cas précédent. 3°. On fait fondre dans un creuset de terre un; mélange pulvérulent de 2 parties, de sulfure d’antimoine et d’une partie de potasse ou de soudé dit commerce ; on réduit en poudre la masse fondue et on la fait bouillir arec dix ou douze fois son poids d’eau; le kermès se dépose sür-le-champ , et peut être recueilli en suivant les procédés que nous avons mdîquéS précédemment. Théorie. Quel que soit. le mode de préparation mis en usage , l’eau et le sulfure d’antimoine sont décomposés; il se forme de l'hydro-sulfate sulfuré dé potasse ou de soude , et du kermès ; celui-ci ne peut pas être dissous en totalité dans la liqueur refroidie , et se dépose. ( Voyez , pour les détails de cette théorie , pag. 381. )

Des Hydro-sulfates sulfurés.

Hydro - sulfate sulfuré d’antimoine ( soufre doré ). L’eau mère ou la liqueur qui surnage le kermès contient de î’hydro-sulfate sulfuré de pétasse ou de soude , ‘et une certaine quantité de kermès ; après l’avoir filtrée on y verse quelques : gouttes d’acide nitrique , sulfurique ou hÿdrôchlorique qui s’emparent de l’àïeali pour former un sel soluble, et l’on voit paraître- un précipité jaune Orangé composé de kermès, d’acidè hydro-sulfurique et de soufre: c’est le soufre doré, qu’il s’agit simplement de laver et de dessécher.

Hydro-sulfates sulfurés de potasse, de soude, de haryte , de strontiane, de chaux et de magnésie. On les obtient aisément en faisant bouillir ces oxides avec de l’eau et du soufre réduit en poudre ; on les prépare aussi ( excepté celui de chaux ) en mettant dans l’eau les sulfures de ces bases obtenus par la voie sèche {voyez § 178); il se produit, à la Vérité, dans ces opérations, du sulfite sulfuré de baryte, de strontiane, de chaux, dépotasse ou de soude: r. 38

Iq4 feKEHÎÈlife £ A E. T I É .

les trois premiers peuvent être facilement séparés parle filtre parce qu’ils, sont insolubles dans l’eau , tandis que les hydro-sulfates sulfures sont solubles dans ce liquide 5 mais il est plus difficile d’opérer la séparation des sulfites sulfurés de potasse et de soude qui sont solubles dans l’eau 5 en sorte qu’il faut, pour avoir des hydro-sulfates sulfurés de potasse et de soude purs , faire réagir, à une douce chaleur, les hydro -sulfates simples de ces hases sur le soufre trèsdivisé.

Hydre-sulfate sulfuré d'ammoniaque ( liqueur fumante de Boyle ). ( Voyez § 3o5. )

Des Hydro-phtorates influâtes ).

Hydro-phtorate acide de silice. On fait arriver dans de l’eau du gaz acide phtoro-silicique ( fluorique-silice) 5 il se forme un précipité blanc, gélatineux, qui est du soushydro-phtorate de silice ( sons - fluate )', et il reste dans la liqueur le sel dont nous parlons : il est évident qu’on ne peut expliquer ces phénomènes que par la décomposition de l’eau, si on regarde le gaz phtoro-silicique comme composé de phtore et de silicium : en effet , l’hydrogène de l’eau- transforme le phtore en acide hydro-phtorique, tandis que l’oxigène fait passer le silicium à l’état d’oxide. Il est important de mettre au fond de l’eau une certaine quantité de mercure, dans lequel on fait plonger le tube qui conduit lé gaz 5 sans cela l’extrémité de ce tube ne tarde pas à être obstruée par la masse gélatineuse qui se forme.

Les hydre-phtorates de potasse , de soude et d'ammoniaque s’obtiennent par le premier procédé , en combinant l’acide avec ces bases , ou bien en traitant lhydro-phtorate acide de silice par l’un ou l’autre de ces alcalis , qui en précipitent la silice avec un peu d’acide , et restent dans la dissolution à l’état d’hydro-phtorate. L' hydro-phtorate d'or h

DES AB.SÉJSI ATES. 5q5

gent s’obtient par le ..premier procédé, en versant sur l’oxide d’argent de l’acide hydro-phtorique faible.

Les jluales insolubles, regardés aujourd’hui comme des phtorures, se préparent par la voie des doubles décompositions , en mettant un hydro-phtorate soluble avec une dissolution saline contenant le métal que l’on cherche à transformer eii phtorure.

Des Arséhiaies.

Tous les arséniates insolubles dans l’eau se- préparent par le troisième procédé , en versant un arséniate soluble dans une dissolution saline contenant l’oxide métallique que l’on veut transformer en arséniate. On obtient directement ceux de soude et d’ammoniaque en unissant ces bases avec Y a.c\àetiV arséniate acide de potasse peut également être obtenu par ce procédé; mais on le fait ordinairement en calcinant un mélange de parties égales de nitrate de potasse et d’oxide d’arsenic ; l’acide nitrique cède son oxigène à cet oxide , le fait passer à l’état d’acide , qui se combine avec Tâ potasse du nitrate ; on dissout le produit et on l’évapore pour le faire cristalliser. Il suffit d’ajouter de la potasse à ce sel pour le changer en arséniate neutre.

Des Combinaisons de T oxide d'arsenic avec les bases , ou des arsénites .

Les arsénites de potasse, de soude ou d’ammoniaque s’obtiennent directement en faisant chauffer l’oxide d’arsenic pulvérisé avec l’une ou l’autre de ces bases ét de l’eau.

Teinture minérale de Fowler. On fait bouillir dans un matras. 64 grains d’oxide d’arsenic parfaitement pulvérisé., 64 grains de sous - carbonate de potasse du commerce , et 8 onces d’eau distillée. Lorsque la dissolution est complète, on ajoute à i’arsénite formé demi-once d’esprit de

5g6 PREMIÈRE PARTIE.

lavande composé , et une assez grande .quantité d’eau pour qu’il y ait une livre de liquide.

; Les arsénites insolubles se préparent parla voie des double» décompositions : nous ne ferons mention que du vert de Schéele (arsénite de cuivré). On fait dissoudre , à l’aide de la chaleur T 2 .livres de sulfate de cuivre dans 17 pintes d’eau 5 on retire le vase du feu ( ce vase ne doit pas être de fer ) , et on verse dans la dissolution, et par parties, l’arsénite de potasse provenant de l’ébullition de 2 livres de sous-carbonate de potasse , de 6 pintes -d’eau pure et de 11 onces d’oxide d’arsenic 5 on agite le mélange , et l’arsénite de cuivre se précipite .5 après avoir décanté le sulfate de potasse qui le surnage , on le lave avec de l’eau chaude à deux ou trois reprises différentes ; on le met sur une toile et on le fait sécher; on obtient par ce moyen une livre 6 onces et demie de vert de Schéele.

Des Moljbdates.

' On prépare les moljbdates solubles directement , c F acide ' el les bases: ceux qui sont insolubles s’obtiennent par la voie des doubles décompositions.

Des Chromâtes.

Chromate de potasse. On obtient ce sel avec la mine de chrome du département du Yar ., qui est principalement composée d’oxide de chrome, d’oxide de fer, d’alumine et de magnésie. On fait rougir dans un creuset, pendant une demi-heure , un mélange dè parties égales de cette mine et de nitrate de potasse ; l’acide nitrique est décomposé; son oxigènese porte sur les oxides de chrome et de fer, qu’il transforme en acide chromique ét en peroxidedéfer ; il se dégage du gaz nitreux (deutoxide d’azote) ; en sorte que l’on obtient une masse jaime , poreuse , formée de chromate de potasse, de silice, d’alumine, de peroxide de fer et de magnésie ; on casse le creuset pour mieux ea

D JUS .CHROMÂTES.- f>97

retirer la matière , et on la fait bouillir , pendant un quartd’heure.,. dans dix ou douze fois son poids d’eau , qui dissout le cbromate de potasse et une portion de silice et d’alumine ; ces deux substances sont tenues en dissolution à la faveur de l’excès de potasse ; on traite de nouveau le résidu par l’eau pour, fui enlever tout ce qui est soluble ; on filtre et on fait évaporer la liqueur ; la silice et l’alumine se déposent à mesure que la. concentration a . lieu ; on lai sse reposer pour la filtrer .çle nouveau et la faire cristalliser : c’est par le moyen d’une seconde cristallisation que l’on parvient à débarrasser le chronicité de potasse de toute la silice et de l’alumine. On peut obtenir le chromale desoude en substituant le nitrate de soùdè au nitrate de potasse. Le. chromate d’ammoniaque -se prépare en laissant pendant quelque temps, du sous-carbonate d’ammoniaque en contact avec àa.. chromate de plomb ; il se produit du carbonate de plomb insoluble et du chromate d’ammoniaque soluble

Chromâtes de , chaux , et de strontiane. Qn soumet à l’action d’une douce chaleur- de ; l’hydrate de chaux ou de strontiane, de l’eau et du chromate de plomb ; il se forme un chromate soluble et il se précipite de l’oxide de plomb.

Le chromate de baryte s’obtient par la voie des doubles décompositions , en versant dü chromate de potasse dans une dissolution d’hydro-ehlorate de baryte, et lavant le précipité; il en est de même de tous les autres chromâtes insolubles. Le sous-chromate de plomb orangé se prépare avec le sous-ehromate de potasse et l’acétate de plomb : tandis que le chromate neutre s’obtient avec le chromate de potasse.

Des Tungstates.

Les tungstates se préparent comme les arsénites. Nous ne dirons rien des colombates , parce que leur histoire est fort peu connue.

■5g$ rËEStrÉTlE partie.

SUPPLÉMENT

Du Gaz hydrogène potassié.

Süivaht M. Sementini , lé gaz hydrogène potassié sé produit lorsqu’on traite la -potasse par le fer, à une très-haute température , c’ést ^à^dirè , lorsqu’on fait l’extraction du potassium.

Préparation du gaz hydrogène arsénié. ; ■

On soumet à f’âction d’une1 douée chaleur une fiole munie d’un tube recourbé, et contenant une partie d’alliage d’étain et d’arsenic réduit en poudre ’ ( 'voyez pag. 348 j, et 4 ou 5 parties diacide hydro - chlbri que ; le gaz hydrogène arsénié se dégage, et il reste dans la fiole de l’hydrochl. orale d’étain.' Théorie. L’eau de l’acide hydro-chlorique est décomposée, soM-oxigènë oxide l’étaihy tandis que l’hydrogène s’unit -à l’arsenic y et forme le gaz dont nous parions. : "

Préparation du gaz hydrogène télluré ( acide hydrotellurique .).

On l’obtient comme le précédent , excepté que l’on emploie rua alliage de potassium et de tellure.

Préparation de V alumine.

M. Gay-Lussac vient de faire connaître un nouveau procédé pour obtenir l’alumine pure en très-peu de temps; il s’agit simplement de calciner , dans un creuset , de l’alun à base d’ammoniaque préalablement desséché : l’acide sulfurique et l’ammoniaque se dégagent , et l’alumine reste*

5tTÏ>? LÉMEST.

Congélation de Veau dans le vide.

Nous avons dit, pag. 28 du tom. ier, que Mi Leslie était parvenu à opérer la congélation de l’eau dans le vide au moyen de l’acide sulfurique concentré. Les expériences récentes de ce savant prouvent que le basalte porphyi ique en décomposition agit de la même manière que l’acide sulfurique; Lorsque ce corps a été bien desséché , il absorbe la cinquantième partie de son poids d’humidité , sans que son pouvoir absorbant ait été affaibli de moitié , et la vingtcinquième partie avant qu’il soit réduit au quart 5 il n’est saturé que lorsqu’il a absorbé près du cinquième de son poids d’eau. Suivant , M. Leslie, le basalte dont nous parlons , et même la terre des jardins bien desséchée et réduite en poudre , peuvent faire congeler plus du sixième de leur poids d’eau , pourvu qu’on les fasse agir par une grande surface. Il est à remarquer que les poudres qui ont déjà servi acquièrent, par la dessiccation , la propriété de congeler une nouvelle quantité de liquide. Ces résultats pourront fournir des applications utiles pour les arts.

Phosphore .

Nous avons annoncé, pag. 78, que l’on pouvait obtenir un phosphure de carbone en distillant du phosphore impur. M. Boudet, après avoir fait un très-grand nom bre d’expériences , pense que toutes les substances qui ont été regardées jusqu’à ce jour comme du phosphure de carbone ne sont peut-être que de l’oxide rouge de phosphore ; il croit néanmoins que la combinaison de ces deux, corps ne parait pas impossible.

Sous-phosphate d’ammoniaque. Ce sel , décrit pour la première fois parM, Planche, cristallise en octaèdres réguliers ; il est inodore-, il a une saveur salée et piquante ; il exige son poids d’eau froide pour se dissoudre 5 le solutum, précipite le sublimé corrosif en blanc 3 le précipité était

6oo PREMIERE PARTIE.

connu autrefois sous le nom de muriate de mercure ammoniacal. Il suffit , pour obtenir le sous-phosphate dont nous parlons , d’ajouter du sous-carbonate d’ammoniaque concret à une sbïulion de phosphate d’ammoniaque neutre.

Phosphate ammoniaco-mercuriel. Si on fait bouillir 8 pariies d’acide phosphorique concentré et une partie de deutoxide de mercure , on obtient un solutum qui , étant ■ étendu d’eau et saturé par le sous-carbonate d’ammoniaque, donne par l’évaporation le sel dont nous parlons et dont voici les propriétés ; il est cristallisé, transparent, légèrement déliquescent dans un air saturé d’humidité -, il a une saveur salée , piquante , et un arrière-goût métallique -, il est décomposé par les alcalis , qui en dégagent l’ammoniaque; il est précipité en brun noirâtre par les hydrosulfates. M. Boudet, â qui nous devons la découverte de ce sel, pense qu’il pourra être employé en médecine avec beaucoup de succès.

Acide hydro-sulfurique ,

Nous avons dit, pag. 161 , que l’on n’a pas encore déterminé l’action des principaux acides sur l’acide hydro-sulfurique. M. Vogel , dans un travail récent, vient d’établir . i° que l’acide sulfurique concentré est décomposé par cet acide à toutes les températures ; il se forme de l’eau, et du gaz acide sulfureux , et il se précipite du soufre ; il n’en est pas de même de l’acide sulfurique affaibli. 2°. L’acide nitrique concentré et pur est également décomposé par l’acide hydro-sulfurique ; il se dégage du gaz nitreux , et il se précipite du soufre; la décomposition n’a pas lieu si l’acide nitrique est étendu de 3 parties d’eau. 3°. Les acides borique , carbonique et phosphorique sont sans action sur l’acide hydro - sulfurique. 4°- L’acide arsénique vitrifié et fondu fournit, par son action sur l’acide hydro-sulfurique , du sulfure rouge et du sulfure jaune d’arsenic.

SUPPLÉMENT

6or

De la Thorine.

La thorine est une nouvelle terre que M. Berzelius yient de découvrir dans le. canton de Finbo, aux environs de Fahlun ; elle fait partie des minéraux connus sous les noms de deuto - fluate neutre de cérium , de Jluate de cérium et à" y ttria , de gadolinite de Korarfvet , etc. Voici quelles sont ses principales propriétés.

Elle est incolore, insipide et insoluble dans l’eau; elle absorbe l’acide carbonique et passe à l’état de carbonate ; elle se dissout dans l’acide sulfurique , et donne , par l’évaporation , des cristaux transparens , inaltérables à l’air , doués d’une saveur très-astringente , et décomposables par l’eau en sur - sulfate acide soluble, et en sous-sulfate pulvérulent insoluble. Les acides nitrique et hydro - chlorique la dissolvent aisément ; et il suffit de faire bouillir les dissolutions pour les décomposer , et en séparer la thorine sous la forme d’une masse volumineuse , gélatineuse et translucide; le sulfate de potasse, ne trouble aucun des sels dont nous parlons, tandis que ceux de zircone, avec lesquels on pourrait peut-être les confondre , sont précipités par ce réactif. Les suceinates , les tartrates.et les benzoates alcalins , précipitent les dissolutions de thorine ; le précipité qu’y font naître les tartrates alcalins est dissous par la potasse , tandis que la thorine seule y est insoluble.

TABLE DES MATIÈRES

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