‹ Élémens de chimie médicaleChapitre 106 sur 110 · DES NITRATES · texte numérisé non relu

DES NITRATES

vertu des doubles décompositions , un précipité blanc de phosphate de baryte et de chlorure d’argent : il suffit de filtrer et d’évaporer la dissolution pour avoir le chlorate de baryte pur. On a la certitude d’avoir employé assez de phosphate d’argent lorsque la liqueUr ne précipite plus par le nitrate d’argent : en effet , cet essai prouve qu’elle ne contient plus d’hydro-chlorate. ( Chenevix et Vauquelïn. ) On suit Je même procédé pour séparer le chlorate de strontiane de l’hydro-chlorate.

Des Nitrates.

On obtient les nitrates de zircone , h1 alumine , de glucine, d'yttria , de magnésie , de chaux , de soude et d’ ammoniaque par le premier et par le deuxième procédé , en traitant ces bases divisées , ou leurs carbonates , par l’acide nitrique étendu d’eau.

Nitrate de baryte. On fait chauffer pendant deux heures , dans un fourneau à réverbère , un creuset contenant 6 parties de sulfate de baryte et une partie de charbon parfaitement mêlés et passés au tamis , et l’on obtient un mélange de sulfure de baryte et de dbarbon ( voyez diction du charbon sur les sulfates , pag. 200 ) ; ou le pulvérise , on le met dans l’eau , et l’on obtient de l’hydrosulfate sulfuré de baryte soluble , et du sulfite sulfuré de baryte insoluble ( voyez Action des sulfures alcalins sur Veau , pag. 227 ); on traite la liqueur par de l’acide nitrique , qui décompose l’hydro-sulfate sulfuré avec effervescence , dégage le gaz acide hydro - sulfurique , précipite du soufre , et forme du nitrate de baryte , que l’on peut obtenir par le filtre, après l’avoir fait chauffer, pour le rendre plus. soluble dans Peau. Il est important, avant de mêler le sulfate de baryte avec le charbon , de le faire bouillir pendant quelque temps avèc de l’acide hydro -chlorique affaibli . pour le débarrasser du fer et de quelques autres

Sÿ6 PREMIÈRE PARTIE.

matières qu’il pourrait contenir. On procède de même pour obtenir le nitrate de strontiane.

Nitrate de potasse. Les opérations que l’on pratique pour extraire le nitre varient suivant la nature du terrain qui le fournit : si le sel s’y trouve en très-grande quantité , on traite la terre par l’eau , et on fait évaporer la dissolution saline pour obtenir des cristaux de nitre : ce procédé est mis en usage dans l’Inde. Si , comme il arrive plus ordinairement , le terrain renferme peu de nitrate de potasse et beaucoup de nitrate de chaux et de magnésie, on transforme ces deux sels en nitrate de potasse, afin de s’en procurer une plus grande quantité.

On donne le nom de plâtras à des substances pierreuses provenant de la démolition des vieux bâtimens, et-douéës d’une saveur fraîche , âcre et piquante : c’est dans ces plâtras que l’on trouve les nitrates de potasse , de chaux et de magnésie dont nous venons de parler ; ils renferment en outre de l’hydro-chlorate de chaux, de magnésie et de soude; les plus riches en nitrates sont ceux que l’on trouve à la partie inférieure des bâtimens : ils n’en contiennent guère que cinq pour cent de leur poids. Les analyses qui 'en ont été faites prouvent que les sels qu’ils renferment sont dans le rapport suivant :

Nitrate de potasse. . . . ia

"Nitrate de chaux et de magnésie. . . 70

Hydro-chlorate de chaux et de magnésie . 5

Hydro-chlorate de soude . . 1 5

Lixiviation. On dispose , à côté les uns des . autres et sur trois rangs , 36 tonneaux percés , près de leur partie inférieure et latérale , d’un trou d’un demi-pouce de diamètre, que l’on peut fermer à volonté au moyen d’un robinet ca d’une cheville: on introduit dans chacun de ces ton-

DES NITRATES. B'j']

neaux un sceau de plâtras en petits fragmens , que l’on a soin de maintenir , à l’aide .d’une douve , à une certaine distance du trou , qui serait obstrué sans cette précaution ; on met par-dessus un boisseau de cendres (i) , et on achève de les remplir avec de la poudre de plâtras passée à travers une claie. On verse de l’eau dans les tonneaux de là première bande eu du premier rang ; on la laisse pendant quelques heures , puis on la fait écouler en ouvrant le robinet : cette eau contient une certaine quantité de sels çn dissolution , et porte le nom d’eau de cuite ; on la met à part. Il est évident que le plâtras n’est pas complètement épuisé par cette première lixiviation : on le traite de la même manière par une nouvelle quantité d’eau , qui dissout encore des sels , mais en-moindre quantité; on laisse écouler le liquide, et on remet de l’eau sur le résidu pour l’épuiser complètement. Ces deux dernières eaux de lavage ? moins chargées que Veau de cuite , sont ensuite versées successivement sur la seconde bande de tonneaux , où elles se saturent; on agit sur cette bande comme sur la première, et l’on en fait autant sur la troisième ; en sorte qu’au bout d’un certain temps , le plâtras contenu dans les divers tonneaux se trouve privé des sels solubles , et l’on a obtenu une trèsgrande quantité d’eau de cuite : cette eau marque plus de 5° à l’aréomètre de Baumé.

Evaporation. On fait évaporer les eaux de cuite dans une chaudière de cuivre jusqu’à ce qu’elles marquent 20° à l’aréomètre de Baume; pendant l’évaporation , il se forme des écumes que l’on sépare , et un dépôt boueux qui se rainasse dans un chaudron placé au fond delà chaudière, et que i’on peut enlever de temps en temps au moyen d’une corde.

(1) Nous avons déjà dit que les cendres contenaient du souscarbonate, dn sulfate et de i’iiydro-chiorate de potasse solubles.

SyS PREMIÈRE PARTIE.

Décomposition. On verse dans la liqueur évaporé e du sulfate de potasse , qui transforme le nitrate et l’hydrochlorate de chaux en nitrate et en hydro-chlorate de potasse solubles , et en sulfate de chaux presqu’insoluble : on y ajoute un excès de dissolution concentrée de potasse du commerce , qui précipite la magnésie du nitrate et de l’hÿdro-chlorate , ainsi que les dernières portions de chaux, si la totalité des sels calcaires n’a pas été décomposée par le sulfate de potasse 5 en sorte que la dissolution renferme alors:

- i°le nitrate de potasse qui se trouvait dans le plâtras , et celui qui provient de la décomposition du nitrate de chaux et de magnésie 5 2°l’hy dro-chlorate de potasse formé aux dépens de Thydro-chlorate de chaux etdemagnésie ; 3°rhydro-chlorate de soude faisant partie du plâtras ; 4° un Peu de sulfate de chaux 5 5° une petite quantité de sels de chaux et de magnésie non décomposés. On met cette dissolution toute chaude dans des cuviers appelés réservoirs , et on la tire à clair au moyen de robinets adaptés aux cuviers ; on lave le dépôt, et on réunit les eaux de lavage à la dissolution que l’on reçoit dans une chaudière ; on procède de nouveau à l’évaporation : la petite quantité de sulfate de chaux et une assez grande quantité de l’hydro-chlorate de soude se déposent 5 on les enlève avec des éeumoirs, et on les laisse égoutter dans des paniers d’osier placés au-dessus de la chaudière. , Lorsque la liqueur marque 42° à l’aréomètre , on la met dans des vases de cuivre, où elle cristallise par le refroidissement 5 on décante l’eau mère , on lave le sel avec de l’eau de cuite , on -le fait égoutter , et on le livre dans le commerce sous le nom de salpêtre brut } nitre de première cuite : il est formé d’environ y 5 parties de nitrate de potasse et de u5 parties d’un mélange de beaucoup d’hydro-chlorate de soude , d’une petite quantité d’hydro-chlorate de potasse ? 4et de sels de chaux et de magnésie déliquescens.

. Raffinage du salpêtre. Ou fait bouillir dans une chau-

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