‹ Élémens de chimie médicaleChapitre 13 sur 110 · DES VAPEURS · texte numérisé non relu

DES VAPEURS

E. La vapeur contient une très-grande quantité de calorique. MM. Clément et Désormes on fait voir qu’un kilogramme de vapeur d’eau à ioo°, mis en contact avec 5kil., 66 d’eau à o°, élève la température des 6 kil. , 66 résultans à ioo° , pourvu qu’il n’y ait point de perte.

F. La vapeur peut aussi passer à l’état liquide par la compression. Supposons qu’un espace rempli de vapeur soit diminué de moitié , la moitié de la vapeur se condensera : si l’espace est réduit au tiers, les deux tiers de la vapeur seront condensés ; enfin, si la compression a lieu dans le vide, et qu’elle soit assez forte , la condensation sera totale.

G. Il n’en est pas de même lorsque la vapeur est mêlée à l’air; quelque grande que soit alors la force comprimante, la vapeur n’est jamais condensée en entier.

De la Formation des vapeurs dans le vide.

16. Si l’on place un liquide dans un espace vide, par exemple, sous le récipient de la machine pneumatique (i) , il se forme aussitôt une certaine quantité de vapeur , quelle que soit la température de ce liquide. La quantité de vapeur produite sera d’autant plus grande, i° que l’espace dans lequel elle se forme sera plus considérable , 2° que la température du liquide sera plus élevée. Ainsi de l’eau à io° -J- o fournira, dans un espace E , moitié moins de

(i) On fait le vide au moyen d’une machine que l’on nomme pneumatique , dont on trouve la description dans tous les ouvrages de physique. Il y a beaucoup de rapport entre la manière dont on vide l’air d’une cloche au moyen de cette machiné , et la manière dont on vide l’eau d’un vase au moyen d’une seringue : lorsqu’on tire à soi le piston d’une seringue , le corps cle pompe se remplit d’eau j dans la machine pneumatique , lorsqu’on fait mouvoir le piston , le corps de pompe se remplit d’air, qui s’échappe dans l’atmosphère par dés ouvertures munies de soupapes.

vapeur que dans un espace double 2 E , pourvu que la température soit la même. D’un autre côté , de l’eau à 12° fournira plus de vapeur que celle qui n’est qu’à io°, si toutefois l’espace dans lequel elle se forme ne varie pas. Nous devons encore ajouter que la quantité de vapeur formée augmente dans un plus grand rapport que la température : ainsi il s’en formera davantage de io° à 20° qu’il ne s’en produit deo°à io°.

La nature des liquides influe aussi sur la quantité de vapeur formée: l’acide sulfurique, l’éther et l’eau, par exemple , placés dans un espace de même grandeur et à la même température , fourniront des quantités inégales de vapeur. On a cru pendant un certain temps qu’il s’en formait d’autant plus , ou que la vapeur était d’autant plus dense , que le liquide entrait plus difficilement en ébullition 5 mais cette loi , qui est vraie pour un grand nombre de liquides , se trouve en défaut lorsqu’on l’applique au carbure de soufre , liquide moins volatil que l’éther , et cependant dont la vapeur est plus légère.:

Comment se fait-il que de l’eau à io° , placée dans le vide, donne de la vapeur qui, comme nous l’avons dit , renferme une si grande quantité de calorique P quel est le corps qui fournit ce calorique ? L’eau elle-même. Supposons, pour concevoir ce phénomène , que l’on emploie ,100 grains d’eau à io°, et qu’il y en ait 20 grains de vaporisés , les 80 autres ont fourni le calorique nécessaire pour former la vapeur , en sorte qu’au bout d’un certain temps leur température se trouvera à 6° ou à 4° 5 et même à un degré inférieur?

M. Leslie a fait dans ces derniers temps une application fort intéressante de ces données. Expérience. On place sons le récipient de la machine pneumatique deux capsules éloignées l’une de l’autre : la première contient de l’eau , l’autre renferme de l’acide sulfurique concentré , qui a beaucoup

DES TAPETTES.

d’aîfinité pour ce liquide. On fait le vide ; une partie de l’eau s’évapore , occupe l’espace auparavant vide , mais ne tarde pas à être absorbée par l’acide qui s’échauffe ; le récipient se trouve vide de nouveau ; l’évaporation et l’absorption recommencent jusqu’à ce que l’eau de la capsule ait assez cédé de calorique à celle quis’est vaporisée pour passer à l’état solide. Dans cette expérience l’acide sulfurique s’échauffe et s’affaiblit.

M. Confîgliachi , professeur de Pavie , est parvenu depuis à congeler de l’eau dont il avait imbibé une éponge , en faisant le vide et sans ajouter d’acide sulfurique : la température de l’air extérieur était à 1 8° thermomètre centigrade; elle était, sous le récipient, à 3° — o. Il a remarqué que cette congélation était précédée d’un abaissement du thermomètre de quelques degrés au-dessous de zéro ; mais que lorsqu’elle commençait le mercure montait à zéro , point auquel il restait pendant tout l’acte de la congélation.

De la Formation des vapeurs à T air libre.

17. Muschenbroek , Leroy de Montpellier, et plusieurs autres sa van s , avaient imaginé que la vapeur se forme dans l’air en vertu de l’affinité de ce gaz pour l’eau ; dans ce cas, il devrait s’en former davantage dans un espace rempli d’air que dans celui qui est vide ; or , l’ëxpérience proùve le contraire , comme l’a fort bien établi M. Dalton.

Expérience. On prend un ballon à deux tubulures A B (pî.6, fig. 46 ) ; l’une d’elles livré passage à un baromètre E F; à l’autre sont adaptés deux robinets CD , séparés l’un de l’autre par un petit espace. Après avoir fait le vide dans le ballon , on ouvre le robinet C ; on introduit de l’eau dans l’espace compris entre les deux robinets ; on ferme le robinet C et on ouvre le robinet D ; l’eau tombe dans le ballon : or , comme celui-ci est vide , une

3o PREMIERE PARTIE.

portion du liquide se vaporise , presse la surface du mercure E , qui était près qu’au niveau de celui que contenait la branche E , et celui-ci monte : on note avec soin le degré auquel il parvient. On répète la même expérience après avoir rempli le ballon d’air parfaitement sec ou d’un autre gaz qui soit sans action sur l’eau , et l’on voit que l’élévation dumercure dans la brancbe F, déterminée parla vapeur qui s’est formée, est la même que dans le cas où le ballon était vide, .si toutefois on y ajoute celle que produit l’air dont le ballon est rempli.

La quantité des vapeurs formées dans l’air dépend donc également de l’espace, de la température et de la nature du liquide. 11 n’y a d’autre différence entre ce mode de formation et celui qui a lieu dans le vide, si ce n’est, que dans celui-ci la vaporisation est plus prompte; d’ou il suit que là pression de l’air., ou de tout autre gaz , n’exerce aucune action sur la vapeur qu’il peut contenir.

De V Ebullition des liquides.

18. Les liquides soumis l’action du calorique se dilatent , s’échauffent, et lorsque la température est arrivée à un certain degré, qui varie pour chacun d’eux , et suivant les circonstances où ils sont placés , se transforment rapidement en vapeur et s’agitent ; leurs molécules sont soulevées, heurtent les parois des . vases qui les contiennent , et font entendre un bruit plus ou moins remarquable : c’est l’ensemble de ces phénomènes qui constitue V ébullition.

i°. Aussitôt qu’un liquide entre en ébullition , sa température cesse de s’élever , quel que soit le degré de chaleur du fourneau sur lequel le vase est placé 5 tout le calorique alors est employé à transformer l’eau en vapeur \ il se combine avec elle et devient latent. D’après les expériences de M. Gay-Lussac , la vapeur de l’eau, comme nous l’avons dit , occupe un espace 1698 fois plus cou-

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