‹ Élémens de chimie médicaleChapitre 14 sur 110 · DES TAPEURS · texte numérisé non relu

DES TAPEURS

sidérable que celui qu’elle offrait à l’état liquide ; l’on concevra donc sans peine qu’il faut une quantité prodigieuse de calorique pour opérer une pareille dilatation. Voici un fait qui prouve évidemment que la vapeur formée absorbe beaucoup de calorique : que l’on mêle ensemble 2 livres d’eau à ioo° et 16 livres de limaille de fer à i5o°, la température du mélange sera de ioo°, et il se formera un très-grande quantité de vapeur : or , les 1 6 livres de limaille ont perdu beaucoup de calorique , puisque , de i5o°, elles ont baissé à ioo° , et l’on voit qu’il ne peut y avoir que la vapeur qui ait absorbé ce calorique.

2°. L’ébullition des liquides a lieu d’autant plus facilement que la pression à laquelle ils sont soumis est moindre : ainsi l’eau ne bout qu’à la température de ioo° lorsqu’elle supporte tout le poids de l’atmosphère; dans le vide, elle peut bouillir à 4°° ■> et même au-dessous ; et l’on sait parfaitement qu’elle exige beaucoup moins de ioo° pour bouillir lorsqu’on fait l’expérience sur la cime d’une montagne , où la pression de l’atmosphère est moindre qu’à la surface de la terre. Un effet inverse a lieu si on soumet le liquide à une pression très -forte. Que l’on introduise de l’eau dans un cylindre de fer ou de laiton, dont le couvercle est assujetti par une forte vis ,1e liquide pourra supporter une chaleur rouge sans entrer en ébullition ; mais si on supprime la pression , tout-à-coup il se réduit en vapeurs. Ce cylindre porte le nom de marmite de Papin.

3°. La nature des vases influe aussi sur le degré de chaleur nécessaire pour faire bouillir les liquides, comme l’a prouvé Achard. M. Gay-Lussac a remarqué que l’eau , qui n’exige que xoo° pour entrer en ébullition dans un vase métallique, ne bout qu’à ioi°,3 dans un vase de verre, à moins qu’on ne mette dans celui-ci des métaux pulvérisés.

4°. Enfin l’ébullition des liquides est presque cons* tamment retardée par les substances salines , sucrées ou autres qu’ils tiennent en dissolution.

Maintenant que nous connaissons les principales propriétés du calorique rayonnant, les degrés de dilatation qu’il détermine lorsqu’il pénètre les corps, et les instrumens propres à mesurer les températures , nous devons étudier les phénomènes que présentent ces mêmes corps lorsqu’on veut les échauffer : or, ces phénomènes varient suivant qu’ils sont plongés dans le foyer d’où émane le calorique, ou qu’ils en sont à une certaine distance.

§ Ier. Effets du Calorique sur les corps qui sont immédiatement en contact avec le foyer d’ où il émane.

19. Ori sait que des corps de différente nature , mis pendant un temps donné dans un fourneau rempli de charbons ardens , s’échauffent d’une manière différente : ainsi , que l’on recouvre de charbons ardens une des extrémités de. deux cylindres égaux, l’un de fer, l’autre de résine ; au bout de deux minutes le premier paraîtra trèschaud dans tous lès points de sa surface , tandis que l’autre le sera à peine. En général, les corps s’ échaufferont d’ autant plus vite qu’ils seront meilleurs conducteurs du calorique , et que leur capacité pour cet agent sera moindre .

De la Faculté conductrice des corps pour le calorique.

Il existe des corps, qui laissent passer facilement le calorique , d’autres qui ne le propagent qu’avec la plus grande difficulté : les premiers portent le nom de conducteurs j les autres sont appelés mauvais conducteurs. Nous allons examiner cette faculté dans les corps solides , liquides et gazeux.

20. Faculté conductrice des corps solides. La plupart des métaux sont d’excellens conducteurs du calorique. D’après

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