‹ Élémens de chimie médicaleChapitre 16 sur 110 · DU CALORIQUE · texte numérisé non relu

DU CALORIQUE

pour le calorique et leur faculté conductrice : on ignore si , dans ce cas, il y a rayonnement.

Il n’en est pas de même de Y équilibre à distance . Imaginons deux corps inégalement chauffés , A et B ; tous les deux émettent des rayons calorifiques. A. dont la température est plus élevée , absorbe le peu de rayons lancés par B ; mais il en émet un très-grand nombre que B absorbe ; en sorte qu’au bout d’un certain temps , la température de B se trouve égale à celle de A ; alors les quantités émises et les quantités absorbées par le même corps sont égales , et Y équilibre est établi. Il est évident qu’un pareil rayonnement s’établirait dans un appartement où il y aurait 3o , 5o corps inégalement chauffés , et que ces corps finiraient par être à la même température , dans lequel cas le rayonnement continuerait encore. •

Des principales Hypothèses sur la cause de la chaleur.

28. Aristote et les Péripatéticiens définissaient la chaleur ( calorique ) une qualité ou un accident qui réunit ou rassemble des matières homogènes , et qui dissocie ou sépare des matières hétérogènes. Suivant les Epicuriens , la chaleur (calorique) n’est que la substance volatile du feu, émanée des corps ignés par un écoulement continuel et réduite en atomes. Démocrite , Boerhaave , Homberg , lemery , Gravesande pensaient que le feu est une matière créée dès l’origine du monde , inaltérable dans sa nature, uniformément répandue dans toutes les parties de l’espace , et formée d’une multitude de petits ballons comprimés qui cherchent à s’étendre de toutes parts. D’autres physiciens, à la tête desquels on doit placer Bacon , Macquer , Rumford et Scherer nient l’existence du calorique ; ils pensent que la chaleur n’est autre chose qu’une modification des corps, une de leur manière d’être, un simple mouvement excité dans leurs parties constituantes par une impulsion

quelconque que Rumford attribue ù un éther particulier. Voici ce qui se passe suivant eux lorsqu’un corps chaud A est en présence d’un corps froid B. Les vibrations plus rapides des molécules de A transmises par l’éther qui , suivant Rumford , se trouve dans l’atmosphère , aux molécules du corps B i accélèrent leurs vibrations ; et , par un effet contraire , les vibrations^plus lentes des molécules du corps R, auxquelles l’éther sert aussi de véhicule , ralentissent pelles des molécules du corps A. Les températures sont égales lorsque les vibrations de part et d’autre sont devenues isochrones. Cette hypothèse a aujourd’hui un asses grand nombre de partisans. Les physiciens qui ne l’adoptent pas ont cherché à déterminer la matérialité du calorique au moyen de la balance; mais il faut avouer qu’on n’est jamais parvenu à le peser. Tout ce que Boyle a écrit dans son article de Ponderabilitate flammœ est loin de pouvoir établir le poids de cet agent; il en est de même des expériences faites dans ces derniers temps avec l’eau et l’huile de vitriol ( acide sulfurique). Schéele et Bergman ne se bornent pas à regarder le calorique comme un fluide particulier ; ils le croient composé de phlogistique et d’oxigène. Deluc pense qu’il est formé de lumière et d’une base particulière ; mais ces opinions nous paraissent un peu trop hasardées.

Applications des faits précédemment établis à plusieurs phénomènes connus.

29. Lorsqu’on veut préserver de l’action du froid les fleurs et les fruits , on les recouvre d’un corps mauvais conducteur du calorique , tel que la paille ; il en est de même de la neige ou de la glace que l’on renferme dans des souterrains et qui doivent être à l’abri de l’action du calorique extérieur. La laine que nous mettons sur la peau est éga-

DU - calorique. 45

lementun mauvais conducteur et s’oppose à l’émission du calorique dans les parties recouvertes.

Une personne qui sort du bain éprouve du froid parce que l’humidité qui est à la surface du corps passe de l’état liquide à l’état de vapeur , passage qui s’opère aux dépens d’une portion du calorique de notre corps : par la même raison , on éprouve une sensation analogue lorsqu’on verse sur la main un liquide facilement vaporisable , tel que l’éther , l’esprit-de-vin , etc. Nous conservons de l’eau fraîche en Espagne au moyen de vases très-poreux nommés alcarazas, dont la surface externe est mouillée ; on place ces vases à l’ombre au milieu d’un courant d’air : l’eau appliquée à cette surface est vaporisée aux dépens du calorique de l’air ambiant , et de ï’eâu contenue dans le vase.

L’art de faire de bonnes, cheminées repose en entier sur ce que nous avons établi : en effet , une cheminée remplira d’autant mieux son but, toutes choses égales d’ailleurs, quelle enverra , dans un temps donné , une plus grande quantité de calorique à la personne qui se chauffe : or , on peut disposer cette cheminée de manière à offrir une plaque métallique parfaitement polie , d’une couleur blanchâtre , inclinée de manière à réfléchir la plus grande quantité de calorique possible ; alors là personne recevra nonseulement les rayons directement lancés par le foyer enflammé , mais encore beaucoup d’autres qui auraient été perdus pour elle , et qui , au moyen de cette disposition très-fàvorable , seront réfléchis de son côté. Les bonnes cheminées doiv ent encore remplir deux conditions ; celle de ne pas fumer , et celle de chauffer aussi également que possible. A. On les empêchera de fumer, i° en activant la combustion du bois au moyen de l’air que l’on fera arriver par deux tuyaux qui viendront aboutir aux parties latérales de la cheminée 5 car le bois ne fume que parce qu’il est

46 PREMIÈRE partie.

imparfaitement brûlé , comme nous le démontrerons pîtis tard ; 2° en diminuant le diamètre du tuyau par lequel s’élève la fumée produite. B. Un autre inconvénient des cheminées mal construites consiste dans la manière dont l’air parvient au foyer qu’il alimente. En effet, à mesure que les rayons de calorique lancés par ce foyer arrivent audevant de la personne qui se chauffe , l’air extérieur froid s’introduit par les portes ou par les fissures, et glace les parties postérieures qu’il touche : on peut obvier à eet inconvénient au moyen des deux tuyaux dont nous avons parlé, et qui sont placés aux parties latérales de la cheminée. Les cheminées bien construites doivent encore offrir plusieurs tuyaux dans lesquels la fumée puisse circuler; ces tuyaux s’échauffent par ce moyen et rayonnent àleur tour , ce qui contribue nécessairement à élever la température de la masse d’air au milieu de laquelle on est plongé.

Sources du Calorique .

3o. Le calorique, comme nous le dirons à l’article /«mière , fait toujours partie des rayons lumineux lancés par le soleil , qui jouissent à un très-haut degré de la faculté de dilater et d’échauffer les corps ; mais , indépendamment du soleil, tous les corps placés dans des circonstances convenables peuvent dégager Une plus ou moins grande, quantité de calorique : ce dégagement a : tantôt lieu par leur compression , tantôt par leur combinaison ; entre eux. ;

Compression. On sait qu’il suffit de frotter tin-corps contre un autre, de le percuter, pour élever sa température, et quelquefois même pour l’enflammer; le rapprochement des molécules , et par conséquent le dégagement du calorique, sont la suite nécessaire de toute compression; si cette assertion avait besoin d’appui , nous pourrions citer un fait généralement connu : l’usage du briquet avec lequel o*t percute le caillou pour allumer l’amadou.

B TJ CALOEXQtÊ. ^7

Combinaison. Dans une multitude de circonstances , les molécules des corps qui se combinent intimement se rapprochent , et dégagent une plus ou moins grande quantité de calorique , et souvent même de la lumière. La combustion du bois et des autres corps inflammables n’est autre chose qu’un phénomène de ce genre , dans lequel deux , trois , ou un plus grand nombre de corps s’unissent entre eux et donnent naissance à divers composés.

Action du Calorique sur V économie animale.

3i-. Le calorique doit être rangé parmi les substances excitantes ; il peut être employé à l’intérieur ou à fl extérieur : dans le premier cas , on l’introduit à l’aide de certains corps liquides ou solides , tels que les boissons et les alimens. Nous devons seulement nous occuper ici de son emploi extérieur.

Effets du calorique appliqué extérieurement. S’il agit sur toute la surface du corps, par exemple , lorsque l’individu est placé dans une étuve sèche à y5° thermomètre centigrade , on éprouve un sentiment de cuisson dans plusieurs parties, mais principalement aux mamelons , aux paupières et aux narines ; la peau se tuméfie et rougit légèrement ; la chaleur cutanée augmente ; le pouls s’accéléra; il survient une anxiété générale ; la respiration est plus ou moins gênée; la surface de la peamse couvre de sueur ; la chaleur générale devient plus intense; on éprouve de la soif; la face est gonflée; les yeux sont saillans ; la céphalalgie, des étourdissemens et même la syncope , viennent quelquefois se joindre à ces symptômes. Si le calorique agit seulement sur une partie , on observe la rubéfaction , la vésication et même l’escharification.

On applique tantôt le calorique sans lumière, tantôt il est combiné avec la lumière. Application du calorique non lumineux. i°. À l’aide de briques chaudes , de pla-

qnes métalliques et de linges secs. Poüteau , Fabrice de Hildenet quelques autres praticiens ont employé ce moyeu avec succès dans certains rhumatismes chroniques, dans des en gorgemens froids des articula lions , et dans certains cas de colique flatulente. 2°. A l’aide du sable et d’autres substances pulvérulentes. Le bain de sable général est en usage dans les départemens maritimes de la France on s’en sert dans certains cas d’œdème ,d?anasarque , de paralysie , de rhumatisme chronique , etc. 3°. A l’aide de l’eau liquide ou en vapeur, ce qui constitue les bains ( V. art. Eau'). 4°. A l’aide de l’air, par exemple , dans les étuves sèches : ce moyen est peu usité parce qu’on lui préfère les étuves humides :il paraît cependant exciter davantage la tonicité et l’action des vaisseaux çapîllairesde l’organe cutané, sans agir autant sur l’excrétion qui s y opère. Application du calorique lumineux. i°. A l’aide des rayons du soleil. Ces rayons peuvent tomber directement sur les parties J ou bien on peut les concentrer au moyen d’une lentille : dans ce cas , il faut agir avec prudence , car l’activité des rayons solaires concentrés est assez forte pour déterminer l’eschare. Faure et M. Lapeyre rapportent des exemples de vieux ulcères guéris par l’insolation y et M. Lecomte assure avoir employé avec succès les rayons solaires concentrés dans un ulcère cancéreux à la lèvre. On fait parti cul ièremen t usage de l’insolation dans les, affection s lentes •du système lymphatique , dans les maladies scrophuleuses , Fanasarque elles, suppressions atoniques. 2°. A l’aide d’un .charbon aident que l’on approche et que l’on éloigne alternativement de la partie que l’on veut exciter. Onl’em- -ploie particulièrement dans les engelures et dans certaines névralgies de la face. Faure a guéri , par ce moyen , plusieurs anciens. ulcères ;, un engorgement glanduleux du sein , une dartre fort ancienne , purement locale. Enfin , on peut s’en servir dans les contusions 3 les eccbÿ-

moses , etc. 3°. À l’aide du fer rouge blanc , ou du cautère objectif: ce moyen est d’autant moins douloureux que le fer est plus chaud 5 il a été employé avec succès par Hippocrate dans les caries humides des ôs spongieux , dans les tophus osseux , et pour arrêter le sang après l’excision des hémorrhoïdes. Faure en a retiré des avantages dans certains cas de tumeurs cancéreuses , et d’autres qui étaient molles , fongueuses et indolentes. Petit rapporte des observations d’exostoses vénériennes qui n’ont cédé qu’au fer rouge. On l’emploie pour arrêter l’hémorrhagie des artères sous-linguales, celle qui provient des petits vaisseaux qui avoisinent les os cassés et déplacés. 11 a été quelquefois utile dans l’épilepsie , en convertissant en eschare le siège de Y aura epïleplica. On s’en sert fréquemment pour cautériser les plaies venimeuses , les anthrax , les charbons et les bubons pestilentiels. Fabrice de Hildeu et plusieurs autres praticiens en ont retiré des avantages dans la gangrène humide , etc. , etc. 4°* A l’aide du moxa. Indépendamment des diverses maladies où le cautère transcurrent est utile , le moxa est encore avantageux dans certaines céphalalgies chroniques , dans certains cas de surdité et de mutité .accidentelles ; mais principalement dans les sciatiques invétérées, dans la gibbosité vertébrale , vulgairement connue sous le nom de maladie de Pott ; dans les névralgies , les tumeurs blanches des articulations , etc. ÉU général , le moxa doit être appliqué sur les endroits les plus voisins dû siège de la maladie.

Du Froid.

32. D’après l’hypothèse que nous avons adoptée ,1e froid est une sensation produite parla soustraction du calorique de nos organes. Plusieurs physiciens ont pensé qu’il était le résultat de l’action d’un fluide particulier qu’ils ont appelé frigorifique.

Voici l’expérience sur laquelle ils ont cherché à appuyer cette opinion. ( Voyez pl. 5 , fig. 43. ) Si au lieu d’un corps chaud on place de la neige au foyer F, © thermomètre à air disposé à l’autre foyer f descendra et la neige fondra : il existe donc , disent ces physiciens, un fluide frigorifique dont les rayons émanent de la neige , se réfléchissent sur le miroir A , sont réfléchis de nouveau sur le miroir B et ensuite sur f Mais nous pouvons nous dispenser d’admettre ce fluide pour expliquer le phénomène. En effet , le thermomètre et la neige lancent des rayons calorifiques , qu’ils s’envoient mutuellement ; le premier de ces corps en émet beaucoup plus qu’il n’en absorbe , parce que sa température est plus, élevée , donc il doit baisser : du reste , la majeure partie des rayons émis par le thermomètre n’arrive à la neige qu’après avoir été réfléchis par les miroirs.

De la Lumière.

33. i°. La lumière tend toujours à se mouvoir en ligne droite sous la forme de rayons et avec une vitesse prodigieuse , puisqu’elle parcourt plus de quatre millions de lieues par minute. 2°. Les rayons lumineux traversent certains corps que l’on nomme milieux : ceux qui tombent obliquement d’un milieu rare dans un milieu dense , par exemple , de l’air dans le verre , changent de direction, et se rapprochent de la perpendiculaire élevée au point d’immersion : le contraire a lieu s’ils passent d’un milieu dense dans un milieu rare. Cette déviation de la lumière est connue sous le nom de réfraction , et c’est sur elle que sont basées les théories des lentilles , des miroirs ardens, des microscopes , des lunettes , des télescopes , etc. Soit A B le rayon lumineux qui tombe sur une lame de verre C D ( Voyez fig. 47 ) 5 ce rayon , loin de suivre la direction B se réfractera en traversant la lame, et se rappro-

DE LÀ LUMIÈRE. Sz

ehera de la perpendiculaire P R. Les milieux De se bornent pas à dévier le rayon lumineux , ils le décomposent en sept rayons différens , comme on peut s’en assurer en le faisant tomber sur l’angle réfringent d’un prisme. Ce rayon ira toujours projeter sur un écran le spectre solaire composé des sept rayons süivans , rouge , orangé , jaune , vert , bleu , indigo , violet. Il y a des corps qui font éprouver à la lumière une double réfraction. 3°. Les rayons lumineux sont réfléchis par la surface de tous les corps , et, dans ce cas, l’angle d’incidence est égal à l’angle de réflexion. Nous aurons occasion d’appliquer ces données par la suite.

La lumière solaire , comme le calorique , détermine la dilatation et réchauffement des corps , phénomènes qui depuis long-temps ont conduit les physiciens à admettre qu’elle renfermait du calorique. Aujourd’hui on s’accorde à regarder un rayon lumineux solaire comme formé -, i° de plusieurs rayons lumineux ; 2° de rayons calorifiques obscurs susceptibles d’échauffer et de dilater les corps; 3° d’autres rayons capables de produire des effets chimiques , tels que la coloration en violet du chlorure d’argent (muriate).

Les rayons calorifiques obscurs susceptibles d’échauffer et de dilater les corps , ne jouissent pas des mêmes propriétés que ceux qui émanent des corps terrestres non incandescens ; en effet , ils traversent une lame de verre sans se combiner avec elle, sans l’échauffer sensiblement ; tandis que le calorique émané des corps terrestres l’échauffe , comme l’a prouvé depuis long-temps Mariotte- ( Traité des couleurs. ) Expérience. Si l’on dispose un miroir métallique concave à quelque distance d’un poêle allumé dont la porte est ouverte , et que l’on place au foyer de ce miroir un morceau de soufre , celui-ci ne tarde pas à s’enflammer par l’action des rayons calorifiques ré-

fléchis ; mais si Ton met une lame de verré entre le foyer et la porte du poêle, on s’aperçoit que cette lame s’échauffe, et le soufre ne s’enflamme plus 5 il se forme seulement au foyer un point lumineux : la lame de verre opère l’analyse du calorique lumineux , retient le calorique et livre passage à la lumière, qui, réfléchie par le miroir, forme au foyer le point lumineux dépourvu de calorique. Ge calorique obscur ést en outre réfracté par le prisme, comme on peut s’en assurer en plaçant Un thermomètre âü delà de la portion rouge du spectre Solaire , tandis qu’il n’est pas prouvé, que le calorique émané des corps terrestres jouisse de cette propriété.

Quant aux rayons obscurs susceptibles de produire des effets chimiques , on sait qu’ils sont également réfractés par le prisme , qu’ils ne produisent point de chaleur, et qu’ils se trouvent au-delà de la portion violette du spectre solaire.

Du Fluide électrique.

34. La plupart des physiciens admettent , pour expliquer les phénomènes électriques , deux espèces de fluides ; l’un que l’on appelle fluide électrique vitré ; l’autre qui porte le nom de fluide électrique résineux.

ï°. Tous les corps de la nature contiennent à— la-fois du fluide vitré et du fluide résineux. Ces deux fluides sont combinés et se neutralisent tellement , qu’au premier abord on ne se douterait pas de leur existence dans les corps. 20. On connaît plusieurs moyens propres à détruire leur combinaison : alors l’un deux ou tous les deux à-la-fois deviennent sensibles: Ges moyens sont le frottement , la chaleur et le contact. 3°. Quel que soit le mode employé pour les mettre en liberté , ils jouissent toujours des mêmes propriétés, savoir, celle d’attirer d’abord et de repousser ensuite les corps légers. Le fluide

DU FLUIDE ÉLECTEIQUE. 53

vitré attire eDi outre le fluide résineux et en est attiré, tandis que les fluides de même nom se repoussent. 4°- Ces fluides peuvent être transmis par certains corps que l’on appelle conducteurs , par exemple, les métaux, les. animaux, etc. ^ d’autres au contraire ne leur livrent point passage , et portent le nom à'idioéleclriques , ou non conducteurs : tels sont les huiles , les résines , le verre , etc. 5°. Les fluides vitré ou résineux élèvent assez la température de certains corps pour les fondre el les enflammer.

Le fluide électrique joue un très-grand rôle en chimie 5 c’est un des agensles plus puissans que l’on connaisse pour opérer la décomposition des corps : aussi cette science a-t-elle fait des progrès immenses depuis que son application est devenue plus générale. On a principalement employé la pile électrique, instrument précieux, dunslequehle fluide électrique est développé par le contact de deux corps dénature différente. La pile ordinaire.doit être regardée comme une série d’élémens A A ( Voyez fig. 48) , formés chacun d’une plaque circulaire ou carrée de zinc et de cuivre soudés entreeux : ces élémens sont placés de champ et jiorizontaè lement dans une caisse de bois B B B B^ à une certaine distance les uns des autres : ils doivent être séparés iuférieurement et latéralement par des corps non conduc-r leurs et du mastic , de manière à ce que la pile soit isûr lée , et à produire des auges 00, dans lesquelles on met de l’eau acidulée avec de l’eau forte ( acide nitrique);,, qui est un excellent conducteur. Pour concevoir les effets de la pile , voyons d’abord ce qui se passe dans un de ses élémens. Par le contact des deux métaux diflerens , la combinaison de leurs fluides électriques , vitré et résineux , est détruite 5 chacun d’eux devient libre \ le zinc est électrisé vitreusement ; le cuivre l’est résineusementp mais comme la pile se compose d’uu certain nombre d’élémens communiquant entre eux aumoyen de l’eau aei-

dulée , il est aisé d’admettre que la plaque de zinc Z est très-chargée de fluide vitré , tandis que celle de cuivre C l’est fortement de fluide résineux ( voyez les ouvrages de physique pour la manière dont la pile parvient à se charger) : on dit alors que la pile a deux pôles , l’un vitré et l’autre résineux , correspondans aux plaques zinc et cuivre dont nous parlons ; en sorte que si l’on plonge deux conducteurs métalliques T I\ terminés par des lames de laiton , d’un côté dans les auges extrêmes de la pile , ët de l’autre dans une capsule E , un corps placé dans cette capsule sera soumis à l’influence des deux fluides vitré et résineux. Si l’effet que l’on cherche à produire ne pouvait pas être obtenu avec une seule pile , on en réunirait plusieurs au moyen de conducteurs : l’appareil serait alors connu sous le nom de batterie. Dans tous les cas , il faut renouveler de temps en temps l’eau acidulée qui remplit les auges , sans quoi la pile perd de sa force. '

•-L Nous aurons le plus grand soin de faire connaître par la suite l’action que ces fluides exercent sur les différens corps simples ou composés ; mais nous pouvons énoncer d’une manière générale que si, dans un corps AB., les . molécules de A peuvent se constituer dans un état d’électricité vitrée., et celle de B dans un état d’électricité résineuse , if sera possible de les séparer les unes des autres au moyen de la pile, quelle que soit leur affinité réciproque : en effet , le fluide vitré de là pile attirera les molécules résineuses B , tandis que les molécules A seront attirées par le fluide résineux.

35. Le fluide électrique est rangé parmi les excitans. On l’a employé avec succès dans un très-grand nombre de cas : i° dans certaines paralysies ; 20 dans le rhumatisme simple et goutteux 5 3° dans la surdité qui n’est pas de naissance} 4° dans l’amaurose; 5° enfin dans la suppression dès rè-

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gles... Il faut pourtant convenir que ce moyen n’a été suivi d'aucun succès chez plusieurs individus atteints des maladies que nous venons de nommer. Les observations médicales relatives à l’emploi de ce moyen ne sont pas assez nombreuses pour nous permettre de déterminer les cas où il faut s’en servir. Le fluide électrique peut être communiqué au corps , i° au moyen du bain; 2° par les pointes ; 3° par frictions à travers la flanelle ; 4° par décharge au moyen de la machine électrique; 5° par la bouteille de Leyde ; 6° par la pile.

Du Fluide magnétique.

36. On a été obligé, pour expliquer les propriétés extraordinaires de l’aimant, d’admettre dans les. corps magnétiques l’existence de deux fluides, l’un boréal , l’autre austral , dont les propriétés sont analogues à celles des fluides électriques vitré et résineux : ainsi, le fluide boréal repousse le fluide du même nom et en est repoussé; tandis qu’il attire le fluide austral et en est attiré. Parmi les corps simples , le fer , le nickel et le cobalt sont seuls susceptibles d’être attirés par l’aimant, et de le devenir euxmêmes. Nous reviendrons sur cette propriété, qui est entièrement du ressort de la physique, en parlant de ceamétaux.

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