CHAPITRE II
Des Substances simples pondérables.
37. Ces substances, au nombre de quarante-sept, sont divisées en métalliques et en non métalliques.
PEEMIBÆE PARTIE.
Substances simples non métalliques.
i° Oxigè.ne ; 6° Soufre;
2° Hydrogène; 70 Iode;
5° Bore; 8° Chlore;
4° Carbone; 9° Azote.
5° Phosphore;
Substances simples métalliques.
io° le Silicium; 29° le Columbium;
ii° le Zirconium; 3o° l’Antimoine;
12° l’Aluminium; 3i° l’Urane ;
i3° l’Yttrium ; 62° le Cérium;
l4° le Glucinium ; 53* le Cobalt,;
i5° le Magnésium ; 34° le Titane;
i6° le Calcium ; 35“ le Bismuth ;
17° le Strontium; 50 le Cuivre ;
e91» fB^Té5 Barium; ur'f leTdiurëj '
19° le Sodium; 58° le Plomb ;
2o° le Potassium ; 59° le Mercure ;
2i° le Manganèse ; • 4°° le Isickel ;
- 22° Je Zinc ; : : : l’Osmium ; ’
23? le Fer; 42° l’Argent;’ - ■>
24° il’Étain.; 43° TO.r;
■45°>lôâr§PMÇ* l 44° Je Platine;
26° le Molybdène ; 45* le Palladium ;
27° le Chrome ; hf>° le Rhodium;
28" le Tungstène; 47° -l’iridium.
Avant de faire l’histoire de ces substances , nous allons exposer les principes de la uomenclatüre ehiniiique actuelle.
Delà Nomenclature.
38. Les noms de la plupart de ces substances simples sont insignificatifs , et l’on est tellement habitué à les employer,
DE IA NOMESGLATïRE.
qu’il serait inconvenant de leur en substituer d’autres qui exprimassent quelques-unes de leurs propriétés.: Nous dirons même plus : il est de la plus haute importance , si Tou veut avoir une bonne nomenclature , de fa,h«,dispm'.a|tre , un certain nombre de noms significatifs généralement adoptés-, qui , comme nous le ferons voir ., sont plus propres à induire en erreur qu’à donner au langage chimique toute la précision qu’il devrait avoir. Il non est pas eb même des composés auxquels ils donnent : naissance^ Ces composés sont trop nombreux pour que là mémoire la plus heureuse puisse se rappeler les dénominations arbitraires^ insignifiantes et absurdes par lesquelles Je§ anciens : ehi? mistes les désignaient. Tout esprit juste sentira la- néeee-r site dç leur donner .des noms qui exprimmAt, autant .que possible , la nature des élémens qui entre» t-4ftps leur comr position, ainsi que les proportions dans ie^queU^ocesIélé? mens spnt combinés. . !
> On est convenu d’appeler oxides les comppsés formés par l’exig.ène et par une substance simplÇiîi^i'Jftc rougissent point l’infusum de tournesol et qui- sputen généralinsipides^ pu du moins qqi n’ont pas unevsayepr . aigre. On a .appelé oxides les composés d’oxigène d’une , de dénx ou;de trois substances simples qui rougissent l’infusum. dé. tournesol et qui ont une saveur aigre. . ;
Oxides. Çotume l’oxigène ■penp.$fc:€ osébiner én diffé-, rentes . proportions avec la même; substance;, s-iniple , on à désigné les produits, sous les noms dp prdtoxid^ -> -de deu-. toxide ou de tritoxide, suivant que Jf’tïPgèner.y entre jen une , . en deux ou en trois propprfipns:; et xm à. appelé ■peroxide celui .qui était le plus âaiftsi le premier
oxide de plomb, ( massicot ) est .le protôxide -, le second (minium) est le deutoxide , et le.troisième ( oxide puce) est le tiitoxide ou ïe peroxide. Si la Substance simple ne peut former avecl’oxigènequ’un seul.oxide , on la désigne
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alors sous lé simple nom d’oxide. Lorsque l’oxide est combiné avec l’eau , on donne au composé le nom d 'hydrate.
Si l’oxigène, en se combinant avec une ou plusieurs substances simples, forme un seul acide , on le désigne par le nom de cette substance, auquel on ajoute la terminaison ique: ainsi on dit -acide carbonique , acide borique. S’il peut , au contraire , donner naissance à deux acides en se combinant en diverses proportions avec la même substance-, le plus oxigéné est terminé en ique , et celui qui l’est moins en eux: ainsi lorsqu’on dit acide chlorique et acide chlôreux , on indique que les deux acides sont formés par le Chlore et par l’oxigène , mais que le dernier est moins oxigéné que le premier. ‘ :
c JJ hydrogéné jouit , comme l’oxi gène de la propriété de’ se combiner avec un Certain nombre de substances simples , et- de donner naissance à des produits qui , tantôt sept acides , tantôt ne le sont pas. Produits acides. Pour les distinguer des ' précédens ôm'lés la désignés par lemot hydro , auquel on a ajouté le nom de-la substance simple, que l’on a également terminé en ique : c’est ainsi qüe l’on appelle acide hjdré-chlorique T acide qui résulte de la combinaison^ de l’hydrogène avec le cblore. Nous' nous servirons de ces dénominations , parce qu’elles sont généralement reçues; mais nous devons faire sentir qu’elles sont loin d’être exactes. En effet , en analysant lé mot hydro - chlorique , on \e trouve composé de uiïup , qui signifie eau, et de chlorique, qui désigne un acide formé d’oxigène et de chlore ; or, dans l’acide bydro-cblbrîque séc-j, il n’y a ni eau ni acide chlorique. Nous pouvons eu dire autant des acides hydro-sulfurique, hydro-iodique , etc. La plus légère attention suffira pour prouver- que le . vice dé ces dénominations disparaîtrait si , au lieu de conserver à l’hydrogène un nom qui rappelle l’eau , on lui en substituait un autre, quand même il serait insignifiant, et si l’on chan-
DE LA KOMEKCLATURE. 5g
geait la terminaison en ique. Un pareil changement, quoique léger en apparence , fournirait à une multitude de composés des noms rigoureux qui faciliteraient singulièrement l'étude de la chimie. Produits non acides formés par l’hydrogène et une substance simple. Si cès produits sont solides , on les appelle hydrures ; s’ils sont gazeux , ont indique d’abord le nom du gaz hydrogène , puis celui de la substance simple que l’on termine en é: ainsi on dit gaz hydrogène carboné , phosphore , arsénié, etc.
Lorsque deux autres substances simples se combinent entr’ elles , le nom du composé est terminé en ure/Far exemple, on dira chlorure de phosphore , de fer , dè plomb ; sulfure d’iode , d’arsenic de. mercure ; et si lé chlore ou le soufre peuvent se combiner en deux proportions avec ces substances , on désignera les composés par les noms de protochlorure , protosulfure , deutochlorure , deutosulfure , etc., suivant qu’ils renferment plus ou moins de chlore ou de soufre. Cë principe de nomenclature ne s’étend pas cependant aux produits que donnent les métaux en se combinant entre eux : ainsi on ne dit pas argenture d’or , etc. ; on conserve à ces composés le nom général d alliage, que l’on désigne plus particulièrement sous celui à’ amalgame lorsque le mercure en fait partie.
Les sels , produits très-nombreux , composés d’un acide et d’un ou de deux oxides métalliques, sont désignés par des noms qui expriment leur nature. Si l’acide est terminé en ique , on change sa terminaison en ate , et en ite s’il est terminé en eux : ainsi les sels formés par les acides sulfurique et sulfureux porteront le nom de sulfates et de sulfites , noms auxquels on ajoutera celui de l’ oxide., par exemple , sulfate de protoxide, de deutoxide ou de tritoxide de fer, et, pour abrévier, proto-sulfate , deuto-sulf ate, trito-sulfate de fer $ proto-sulfite de plomb , etc, Les sels composés par un des acides formés par l’hydrogène , dont
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3a terminaison est toujours en ique , seront également terminés en ate : par exemple , proto-hydro-chlorate de fer , deuto-hydro-chlorate , etc.
Si les sels sont avec excès 4’ acide , on les appelle sursois : ainsi on dit sur-deuto-sulfate de deütoxide de potassium. On désigne , an contraire , sous le nom de s.ous-sels çe.ux qui sont avec excès d’qxide. Nous ne difons rien de la nomenclature des matjères yégétales et animales , parce quelle m’est pas fondée sur des principes rigoureux.
jGuyton de Moryeau eut la gloire de créer cette belle nomenclature dont l’objet principal > est de donner aux composés des nom? qui mdiqdPnt les éiéineus qui entrent dans„ leqr composition. Lavoisier, Fodrecoyet Bli Bertbollet y firent quelques cbangemens , de concert ., avec l’auteur. Jjong- temps après , M. Thompson proposa les dénôminatipns de protôxjde dev-deutoxide , etc. j enfin , dans çes (forp^ers temple M. Thénard en a fait de nombreuses et belles applications à des : corps inconnus à l’époque où Moryead conçut cette idée heureuse. caq ; i