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DE L’EAU. II

être le résultat de l'administration d’un bain froid trop prolongé. Si ce bain est de peu de durée, il jouit en général d’une vertu tonique et fortifiante y si son action se prolonge davantage , il détermine une sédation plus ou moins forte du système nerveux et le ralentissement de la circulation. On l’a employé avec succès , i° pour prévenir ou pour détruire les épanchemens séreux dans la fièvre cérébrale -, %° dans les typhus 5 3° Samoïlowits s’est servi de la glace en friction dans la peste de Moscou -, 4° dans certaines douleurs de tête, opiniâtres et sans inflammation -, 5° dans plusieurs maladies nerveuses , telles que la manie, rhypochondrie, l’hystérie 5 6° dans quelques cas de débilité; générale 5 70 enfin dans certains spasmes , et dans quelques maladies convulsives qui sont l’écueil des praticiens. Le corps peut être mis en contact avec l’eau froide par des moyens différens que le médecin varie suivant les circonstances : ces moyens sont l’immersion , l’affusion , les douches et des serviettes contenant de la glace , que l’on applique plus particulièrement sur la tête , sous la forme de bandeau.

Bains iièdes de 3o° à 36° thermomètre centigrade. Parmi Jes effets produits par les bains tièdes , les plus remarquables sont le Ralentissement de la circulation et de la respiration , la plus grande activité de l’absorption cutanée, de la perspiration et de la sécrétion de l’urine. On emploie les bains tièdës locaux ou généraux dans les j-hlegmasies des reins , de la vessie , du péritoine y de la plèvre et des poumons y 20 dans les phlegmasîes chroniques dé la peau, telles que les dartres,- la gale, ëtc.y 3° pour faciliter l’éruption de la petite-vérole y 4° comme un des meilleurs anti-spasmodiques dans une infinité de maladies nerveuses ; 5° dans les douleurs des voies urinaires occasionnées par des calculs de vessie , la gonorrhée , etc. , etc.

Il8 PREMIÈRE PARTIE.

Bains chauds au-dessus de 36° thermomètre centigrade. Les effets produits par cette espèce de bain ont le plus grand rapport avec ceux que détermine le calorique lorsqu’il est appliqué sur toute la surface du corps ( voyez pag. 47 ) ; ce bain est en effet un irritant très-actif et un puissant sudorifique -, il peut déterminer la mort $ 1° par apoplexie , 20 par les troublés du cœur , 3° par brûlure. Le. bain chaud général n’est guère employé eu médecine 5 on en fait usage cependant pour favoriser certaines éruptions à la peau et dans quelques engorgemens chroniques. Il n’en est pas de- même du bain chaud partiel , connu sous le nom de pédïluve ou bain de pied , dont les succès autorisent chaque jour davantage l’emploi. Les pédiluves simples , ou ceux qui sont rendus plus irritans par l’addition de la moutarde , d’une certaine quantité de sel commun ou d’acide hycho-chlorique (muriatique) sont recommandés x 0 dans tous les cas où il faut rappeler aux extrémités inférieures la goutte , qui s’est déplacée et portée sur quelqu’un des organes essentiels 5 20 lorsqu’il faut opérer une dérivation , comme dans certains maux de tête , de gorge , dans quelques cas dè suppression des règles, qui ne dépend pas d’un engorgement sanguin de la matrice , etc.

Bains de vapeurs. Ces bains peuvent être rangés parmi les médicamens sudorifiques les plus énergiques : aussi les emploie-t-on avec succès pour augmènter la transpiration cutanée ; ils sont utiles dans les maladies cutanées chroniques , dans certains cas d’endurcissement de la peau, dans les scrophules indolens , dans quelques errgourdissemens des membres, dans certains rhumatismes chro» niques , etc.

BU GAZ OXIDE. uÿ

2°. Du Gaz oxide de carboné.

80. L’oxide de carbone est un produit de l’art : jusqu’à présent il n’a été obtenu qu’à l’état gazeux; il est incolore, transparent , élastique, insipide , sans action sur Vinfusum de tournesol et plus léger que l’air ; sa pesanteur spécifique est de 0,9069 ; il n’est point décomposé par le calorique , la lumière ni \e fluide électrique.

81. Le gaz oxigène n’a d’action sur lui qu’à une température rouge : que l’on fasse passer un courant de fluide électrique à travers un mélange de 100 parties de gaz oxide de carbone et de 5o parties de gaz oxigène en yolume , placé dans l’eudiomètre à mercure , on obtiendra i5o parties de gaz acide carbonique. Lé gaz hydrogène né le décompose point ; on ne connaît point l’action qu’exercent sur lui le bore et le carbone pur. Le charbon ordinaire ne lui fait éprouver aucune altération; cependant une mesure de charbon de buis peut en absorber 9,^2 mesures. Il n’est décomposé ni par le phosphore , ni par le soufre , ni par l’iode.

82. Le chlore gazeux exerce une action remarquable sur le gaz oxide de carbone: on prend un ballon d’une capacité déterminée , on y fait le vide et on y introduit successivement parties égales de ces deux gaz parfaitement secs ; on bouche le ballon et on l’expose au soleil ; io ou 20 minutes après , l’expérience étant terminée , on débouche le ballon dans une cuve à mercure , et l’on remarque que le métal pénètre dans l’intérieur et remplit la moitié de la capacité du ballon : donc , par l’action que les gaz ont exercée l’un sur l’autre , leur volume a été diminué de moitié , et la pesanteur spécifique du produit doit être très-considérable. Ce produit gazeux , découvert par le docteur John Davy , qui l’a appelé phosgène { engendré par la lumière), rougit fortement Vinfusum de tournesol, et paraît porter aujourd’hui le nom de chlorure d’oxide de carbone

Il est incolore et doué d’une odeur suffocante; il irrite la conjonctive et augmente la sécrétion des larmes; il éteint les corps enflammés ; sa pesanteur spécifique est de 3,38g4 ; il n’est point décomposé par les corps simples étudiés précédemment; Pétain , le zinc , etc. , lui enlèvent le chlore à une température élevée , forment des chlorures (muriates secs ) , et le gaz oxide de carbone est mis à nu ; il ne répand point de vapeurs a l’air ; mis en contact avec l’eau, il est décomposé, même à la température ordinaire : en effet, le chlore s’unit à l’hydrogène de l’eau et donne naissance à de l’acidé hydro-chlorîque ( muriatique ) ; tandis que l’oxide de carbone*, saturé par l’oxigène de l’eau, passe à l’état d’acide carbonique. JJ azote n’agit point sur le gaz oxide de carbone.

P. E. Lorsqu’on approche une bougie allumée de l’ouverture d’une cloche remplie de ce gaz et exposée à l’air atmosphérique , il absorbe l’oxigènede celui-ci , produit une flamme bleue et se change en gaz acide carbonique : aussi l’eau de chaux versée dans la cloche après l’évaporation est-elle troublée. Il n est pas sensiblement soluble dans l’eau.

Le gaz oxide de carbone a été découvert par Crüicksanck en Angleterre , et par MM. Clément et Désormes en France; il est formé de 43 parties de carbone et de Syd’oxigèné en poids , ou de ioo de gaz oxide de carbone et de 5o d’oxigène en volume; il est sans usages. Injecté dans les veines il brunit beaucoup plus le sang que le gaz acide carbonique ; il asphyxie les animaux qui le respirent.

3°. De VQxide rouge de pho&pore.

83. Cet oxide de phosphore est constamment un produit de l’art ; il est d’un rouge foncé ; sa pesanteur spécifique est inférieure à celle du phosphore ; il est beaucoup moins fusible que ce corps . car il exige pour sa fusion une tempe-

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