DE L’OXIDE. Ï2I
rature bien au-dessus de i oo° thermomètre centigrade; il est insoluble dans le carbure de soufre, tandis qüe le phosphore s’y dissout rapidement. ( T'oyez §. * 53. ) Il n’estpoint lumineux lorsqu’on l’expose à l’air dans l’obscurité , et il ne s’enflamme pas au-dessous de la température de l’eau bouillante; chauffé dans une capsule de platine , il absorbe lentement l’oxigène de l’air , produit une . belle flamme jaunâtre ; mais il cesse d’être lumineux aussitôt- qu’on retire la capsule du féu.
Plusieurs chimistes regardent comme un oxide blanc de phosphore la croûte, blanche terne qui recouvre les cylindres de phosphore que l’on a laissés pendant quelque temps dans l’eau età la lumière. L’expérience n’a pas encore prononcé sur la véritable nature de cette matière , considérée par quelques savans comme du phosphore divisé.
4 °. Du Protoxidé d’azote ( oxidule d’azote).
84* Le protoxidé d’azote est un produit de l’art : il est ordinairement à l’état de gaz ; cependant on peut le dissoudre dans l’eàu et l’avoir liquide. Le protoxidé d’azote gazeux est incolore et inodore ; il a une saveur douceâtre ; sa pesanteur, spécifique est de i,52o4- Il est décomposé par le calorique et par le fluide électrique, qui le changent ep. azote et en deutoxide d’azote. Il est sans action sur le gaz oxigène ; cependant lorsqu’on fait passer un mélange dé ces deux gaz à travers un tuyau de porcelaine rouge , on observe que le protoxidé est décomposé par le calorique comme s’il eût été seul ; et alors le deutoxide d’azote résultant s’unit avec l’oxigène pour former de l’acide nitreux. Lorsqu’on fait passer une étincelle électrique à travers un mélange de protoxidé d’azote et de gaz hydrogène contenus dïns un eudiomètre à mercure , Toxigène du protoxidé se combine avec l’hydrogène, forme de l’eau, et l’azote -est mis a nu ; il y a dégagement de calorique et -de lumière.
Le bore s’empare de l’oxigène du protoxide d’azote pourvu que la température soit élevée; il se forme de l’acide borique, et l’azote est mis à nu. On ne connaît point l’action du carbone pur sur ce gaz. Le charbon rouge et éteint dans le mercure l’absorbe, et le décompose en partie en lui enlevant son oxigène ; en sorte qu’on peut retirer de ce charbon du gaz acide carbonique , du gaz azote et du protoxide d’azote non décomposé; la décomposition du gaz sera complète si on le met en contact avec du charbon rouge ; il se formera du gaz acide carbonique et il y atira dégagement de calorique et dè lumière. Le phosphore allumé enlève presque tout l’oxigène au protoxide d’azote , passe à l’état d’acide phosphorique , et il se dégage aussi beaucoup de calorique et de lumière ; tandis que le phosphore fondu et non enflammé n’agit point sur lui. Le soufre , fondu et enflammé par le moyen du gaz oxigène, décompose le protoxide d’azote, se transforme en gaz acide sulfureux et met l’azote à nu; il n’y a pas un plus grand dégagement de calorique et de lumière que lorsque le soufre fondu est eu contactavec l’air. U iode, le chlore et V azote n’exercent aucune action sur ce gaz. L’air atmosphérique agit sur lui comme le gaz oxigène. Cent mesures d’eau bouillie peuvent absorber 77 mesures de ce gaz à la température de 18 degrés.
P. E. Lorsqu’on plonge dans une cloche remplie de gaz protoxide d’azote une bougie qui présente quelques points en ignition, elle se rallume avec éclat ; le gaz est décomposé , et l’azote est mis à nu. Cette propriété, jointe à la faculté qu’il a de se dissoudre.dans l’eau , ne permet pas de le confondre avec aucun autre gaz. Le protoxide d’azote a été découvert par Priestley en 1772, Il est formé de 100 parties d’oxigène et de 175,68 d’azote en poids, ou de 5o parties d’oxigène et de 100 d’azote en volume. Il est sans usages. On a souvent remarqué chez les individus qui l’ont respiré un rire insolite et une gaîté extraordinaire qui