Ce métal est inconnu
Oxide de zirconium ( zircone ). On n’a encore trouvé cet oxide que dans le zircon , pierre de couleur variable, que l’on rencontre dans le sable de quelques rivières , à Ceylan et à Expailly. Il est blanc et insipide ; sa pesanteur spécifique est de 4/L On ignore s’il est fusible à une haute température 5 mais le zircon a été fondu au moyen du chalumeau à gaz de Brooks. Il est sans action sur les autres fluides impondérables , sur les corps simples précédemment étudiés. 11 peut se combiner avec plusieurs acides , lorsqu’il n’a pas été calciné: il n’agit point stfr la silice. Il a été découvert en 1789 par M. Klaproth et n’a point d’usages.
Des Sels de zircone.
167. On ne connaît qu’un très-petitnombredeselsdezirsone : ils sont insolubles ou peu solubles dans Veau , es-
BU ZIRCONIUM.
capté Fhydro-chlorare. Ils sont tous décomposés par la potasse j- la zircone déposée est insoluble dans un excès de potasse. Lesolutum de sous-carbonate d1 ammoniaque, qui les précipite à l’état de sous-carbonate blanc, redissout le précipité lorsqu’il est employé en assez grande quantité. Les -hydro-sulfates de potasse, de soude et d’ammoniaque les décomposent et y font naître un précipité blanc de zircone , tandis que l’acide hydro-sulfurique se dégage. Aucun des sels de zircone n’est employé.
Sous-carbonate de zircone. Il est le produit de l’art; il est insoluble dans l’eau, insipide, inaltérable à Fair et décomposable au feu.
Le phosphate de zircone ne se trouve pas dans la nature ; il est insipide, insoluble dans l’eau et inaltérable à l’air.
Le sulfate de zircone est un produit de l’art ; il est blanc , pulvérulent , insipide, inaltérable à l’air , insoluble dans l’eau , soluble dans l’acide sulfurique et susceptible de donner par l’évaporation des cristaux transparens ; il est décomposable au feu.
Nitrate de zircone. Ce sel est un produit de l’art ; il cristallise en aiguilles, mais très-difficilement; sa sapeur est astringente , styplique; il rougit Y infusion de tournesol; chaufîe , il se transforme en acide nitrique et en zircone ; il est peu soluble dans l’eau, et il s’y dissout d’autant mieux qu’il contient plus d’acide.
Hydro-chlorate de zircone (muriate de zircone') . On ne le trouve pas dans la nature; il cristallise en aiguilles blanches, douées d’une saveur astringente, rougissant Yinfusum de tournesol ; il se décompose au feu en acide hvdro-chlorique et en zircone , en sorte qu’il ne se transforme pas en chlorure ; il est très-soluble dans l’eau.
De V Aluminium.
i68. Ce métal est inconnu. On rencontre dans la nature un produit auquel on a donné le noni de Jluate d'alumine , et que l’on croit être composé dephtore et d’aluminium.
Oxide d’aluminium ( alumine. ) L’alumine paraît se trouver en petite quantité en Saxe , en Silésie , en Angleterre et près de Véronne ; elle entre dans la composition des argiles ; on la trouve aussi combinée avec l’acide sulfurique.
L’alumine pure est blanche , douce au toucher , insipide, mais elle happe à la langue; sa pesanteur spécifique est de 2,00. Exposée à l’action du chalumeau à gaz, elle fond très-rapidement en globules d’un verre transparent tirant sur le jaune. Les autres fluides impondérables, les corps simples précédemment étudiés , et l’air, n’exercent sur l’alumine aucune action ; elle forme pâte avec l’eau et la retient très-fortement. L’ hydrate d’alumine est blanc, pulvérulent, et paraît formé de cent parties d’alumine et de cinquante-quatre parties d’eau. L’ammoniaque caustique dissout l’alumine en quantité sensible ( Berzelius ). Plusieurs acides peuvent se combiner avec elle , surtout lorsqu’elle n’a pas été calcinée. Un mélange d’alumine et de zircone est susceptible d’être fondu. On n’emploie l’alumine à l’étatde pureté que dans les laboratoires 5 les usages de l’argile , au contraire , sont très-nombreux.
Des Sels d’alumine.
16g. On est loin d’avoir étudié tous les sels d’alumine ; leurs dissolutions sont précipitées en blanc par la potasse ; l'alumine déposée se dissout dans un excès de potasse ; elles ont en général une saveur styptique astringente. Le sous-carbonate d’ammoniaque ne redissout pas le précipité qu’il forme dans leurs dissolutions. Les hydro-sulfates solubles §e comportent avec elle comme avec les sels de ziyconA
BE l’ A L TT 31 1 N I TJ 31. 21 7
L’oxalate d’ammoniaque ne les précipite pas (i). Aucun de ces sels , excepté le sulfate , n’est employé.
Borate d’alumine. Il est presque insoluble dans l’eau.
Sous-carbonate d’ alumine. Il est blanc, insoluble dans l’eau, insipide, inaltérable à l’air et décomposable au feu.
Phosphate d’alumine. Il est le produit de l’art , d’une couleur blanche, pulvérulent, insoluble dans l’eau, et donne un verre transparent lorsqu’on le fond au chalumeau.
Sulfate acide d’alumine. Il est constamment le produit de l’art ; il rougit V infusant de tournesol ; on peut l’obtenir cristallisé en houppes soyeuses , ou en lames flexibles , nacrées et brillantes, douées d’une saveur aigre, styptique, attirant l’humidité de l’air, et se dissolvant dans un poids d’eau moindre que le sien; chauffe, il perd l’excès de son acide , devient neutre, et peut même être décomposé en totalité si la chaleur est très-intense ; uni au sulfate de potasse ou d’ammoniaque, il forme de l’alun ( voyez Sulfate d’ammoniaque ) ; on ne lui connaît pas d’autre usage.
Sous-sulfate d’alumine. Il existe dans les mines de la Tolfa ; il est blanc , insipide et insoluble dans l’eau.
Sulfite d’alumine. Il est incristailisable, insoluble daus l’eau , et fort peu soluble dans l’acide sulfureux ; il est décomposé par le feu.
Nitrate acide d’alumine. On ne le trouve pas dans la nature. On peut l’obtenir cristallisé en lames ductiles et peu consistantes , mais ce n’est qu’avec la plus grande difficulté; il a une saveur aigre, très-astringente; il est déliquescent et excessivement soluble dans l’eau ; chauffé , il se transforme en acide nitrique et en alumine.
(i) L’acide oxalique est un acide végétal dont nous ferons l’histoire plus fard ; il forme avec l’ammoniaque un sel solubls que nous emploierons souvent comme réactif.
Sl8 PREMIÈRE PARTIE.
Hydro - chlorate acide d: alumine. Il est le produit de l’art 5 il a une saveur salée , acide , styptique ; il rougit V infusum de tournesol ; il est incristallisable , et donne par l’évaporation une masse gélatineuse, demi -transparente, attirant fortement l’humidité de l’air , excessivement soluble dans l’eau, et se transformant par l’action du feu en gaz acide hydrc-chlorique et en alumine.
Hydro-phtorate d’alumine ( ftuate ). On ne le trouve pas dans la nature; il a une saveur acide, astringente , et forme avec la silice et la soude des sels doubles.
De T Yttrium.
1 ’jo. Ce métal est inconnu.
Oxide d’yttrium (yttria ou gadolinite ). On n’a rencontré cet oxide qu’à Ytterby en Suède; il entre dans la composition de l’ytterbite et de l’y ttro-tantalite , pierres dont la première est noire , d’une cassure vitreuse éclatante, et l’autre grise etsous iaformede morceaux de la grosseur d’une noisette. L ’ yttria est blanche et insipide; sa pesanteur spécifique est de 4,842 ; on ignore si elle est fusible , mais l’ytterbite fond rapidement et donne un verre noir , luisant comme du jais , d’un éclat très-vif , lorsqu’on la soumet à l’action du chalumeau à gaz de Brooks ; les autres fluides impondérables, les corps simples précédemment étudiés , et l’eau , n’exercent aucune action sur elle : peut-être faut-il en excepter le soufre et le gaz acide hydro-sulfurique. Exposée à l’air elle en absorbe l’acide carbonique. Elle est sans usages, et a été découverte en 1 794 par M. Gadolin.
Des Sels d’yttria.
171. Ces sels, pour la plupart inconnus , ont une saveur sucrée lorsqu’ils sont solubles dans l’eau ; leurs dissolutions se comportent avec la potassgfil avec le sous~ carbonate d’ammoniaque comme celles dé zircone ( Voyez
DIT GL TJCITÏIXJM.
p. 21 5) ; les hydro-sulfates solubles ne les troublent point. Ils n’ont point d’usages et ne se trouvent pas dans la nature.
Le carbonate cC yttria est insipide , insoluble dans l’eau, inaltérable à l’air , et décomposable au feu.
Sulfate d’yttria. On l’obtient cristallisé en petits grains brillans, d'une saveur sucrée , astringente, d’une couleur blanche , solubles dans quarante ou cinquante parties d’eau , plus solubles dans un excès d’acide.
Nitrate acide d’yttria. Sa saveur est douce et astringente 5 il rougit Yinfusum de tournesol , attire l’humidité de l’air et se dissout très-bien dans l’eau ; on ne peut le faire cristalliser qu’avec la plus grande difficulté 5 il est décomposé par le feu ; l’acide sulfurique transforme sa dissolution en sulfate , qui se précipite sous la forme de petits cristaux.
Hydro-chlorate d’yttria. Son histoire est la même que celle du nitrate.
Du Glucinium.
17 2. Ce métal n’a pas encore été obtenu.
Oxide de glucinium ( glucine ). Il ne se trouve que dans trois pierres gemmes , l’émeraude , l’aigue-marine et l’euclase. On a découvert près de Limoges une mine trèsabondante d’aigue-marine. Il est blanc et insipide; sa pesanteur spécifique est de 2,967. Il n’a pas encore été fondu , mais il est probable qu’il le sera au moyen du chalumeau à gaz de Brooks : la fusion de l’émeraude du Pérou a été opérée avec la plus grande rapidité à cette température. Il n’a point d’action sur les autres fluides impondérables , ni sur les corps simples • précédemment étudiés , excepté peut-être sur le soufre. Exposé à l’air , il en attire le gaz acide carbonique ; il se combine avec tous les acides ; l’eau ne le dissout pas-, il a été découvert en 1798 parM. Yauquelrn ; il est sans usages.
Des Sels de glucine.
173. Les sels de glucine solubles ont une saveur sucrée ; leurs dissolutions sont précipitées par la potasse, et par le sous-carbonate d’ammoniaque ; le précipité de glucine ©u de sous-carbonate de glucine seredissout dans un excès de l’un ou de l’autre de ces réactifs. Ils ne sont pas troublés par les hydro-sulfates solubles. Aucun de ces sels n’est employé ; ils sont tous le produit de l’art.
Le sous - carbonate de glucine est insipide , insoluble dans l’eau , inaltérable à l’air et décomposable au feu.
Phosphate de glucine. Il est également insipide , inaltérable à l’air et insoluble dans l’eau ; il se dissout dans un excès d’acide phosphorique. Il fond au chalumeau et donne un globule vitreux qui conserve sa transparence même après le refroidissement.
Sulfate de glucine. Il est cristallisé en aiguilles douées d’une saveur sucrée astringente ; il attire légèrement l’humidité de l’air et se dissout très-bien dans l’eau. Exposé au feu , il fond dans son eau de cristallisation , se boursouffle , se dessèche et finit par se décomposer ; sa dissolution est précipitée en blanc jaunâtre par Yinfusum de noix de galle (1).
Nitrate acide de glucine. \l a la même saveur que le sulfate; il rougit Yinfusum de tournesol; évaporé, il donne une masse pâteuse , incristallisable , qui attire fortement l’humidité de l’air, est très-soluble dans l’eau , et qui se décompose au feu ; sa dissolution est précipitée en jaune grisâtre par la noix de galle.
Hydro-chlorate acide de glucine. On peut l’obtenir cristallisé; sa saveur est sucrée ; il rougit Yinfusum de tourne-
(1) L ’infusum de noix de galle est principalement formé par deux matières végétales connues sous les nomsd ’ acide galliquc et de tannin ; il suffit pour l’obtenir de verser de l’eau bouillante sur la noix de galle concassée.
B TT MAGNÉ SIUM. 221
sol , se dissout très-bien dans l’eau , et se transforme par l’action du feu en acide bydro-chlorique et en glucine.
' Du Magnésium.
Ce métal n’est pas encore connu. M. Davy a cependant annoncé l’avoir obtenu en décomposant le sulfate de magné» sie au moyen de la pile voltaïque et du mercure.
1 74- Oxide de magnésium ( magnésie ). On ne le trouve jamais pur dans la nature ; il y est toujours combiné avec-un acide à l’état de sel , ou avec d’autres oxides. Il est blanc , doux au toucher, insipide et verdit le sirop de violette ; sa pesanteur spécifique et de 2,3. Soumis à l’action d’une température élevée à l’aide du chalumeau de Brooks , cet oxide fond avec flamme et donne un verre poreux, si léger, qu’il est emporté par le gaz. Les autres fluides impondérables , l’oxigène, l’hydrogène, le bore, le carbone, le phosphore et l’azote ne lui font éprouver aucune altération. Le soufre peut se combiner avec lui et donner naissance à un oxide sulfuré. Mis en contact avec Y iode et de l’eau, il se forme de l’iodate de magnésie peu soluble qui se précipite , et de l’hydriodate de magnésie soluble ; d’où il faut conclure que l’eau a été décomposée , et que l’iode s’est transformé en acide iodique et en acide hydriodique. Si l’on fait passer du chlore gazeux à travers de la magnésie chauffée jusqu’au rouge, il se produit du chlorurede magnésium et il se dégage du gaz oxigène. Exposé à l’air il en absorbe l’acide carbonique. Cent parties de cet oxide peuvent absorber quaraDte-quatre parties d’eau et donner naissance à un hydrate blanc pulvérulent , insoluble dans l’eau. Il se dissout très-bien dans les acides. Ce n’est qu’avec la plus grande difficulté qu’on parvient à fondre dans nos fourneaux un mélange de magnésie et de silice. U alumine n’a aucune action sur la magnésie.
La magnésie n’est employée qu’en médecine. On s’en
sert, i° comme contre-poison des acides: un assez grand nombre d’observations et plusieurs expériences faites sur les animaux prouvent que la magnésie est le meilleur antidote des acides ; en effet , elle se combine avec eux , les neutralise, et par conséquent les empêche d’agir comme caustiques 5 on peut , dans ces sortes de cas , la donner, à la dose de plusieurs gros , délayée dans de l’eau 5 20 pour combattre les calculs vésicaux d’acide urique , et même pour en prévenir la formation ; les succès obtenus dans ces derniers temps par MM. Home et Bran de 11e laissent aucun doute sur l’avantage que l’on peut retirer de ce médicament dans ces sortes d’affections ; la dose est de 1 5 à 20 grains deux fois par jour ; 3° pour neutraliser les acides qui se développent souvent dans les premières voies , surtout chez les femmes enceintes et les jeunes enfans : la dose , dans ce cas, est depuis 6 jusqu’à 3o grains 5 4° comme purgatif chez les individus qui sont à l’usage du lait, ou qui ont éprouvé de yiolens accès de goutte ou de rhumatisme : on l’administre dans ce cas jusqu’à la dose d’une demi-once. En général, les médecins ne doivent prescrire que la magnésie calcinée, parfaitement débarrassée d’acide carbonique.
Des Sels de magnésie.
1 7 5. Les sels de magnésie sont entièrement décomposés par la potasse (hydrate dedeutoxidede potassium) et parles souscarbonates de potasse et de soude 5 la magnésie , ouïe sousçarbonate de magnésie , précipités , ne se dissolvent pas dans un excès du réactif décomposant. Les dissolutions de magnésie nesontpas précipitées à froid par le carbonate saturé de potasse ni par le sous-carbonate d’ammoniaque , parce que ces carbonates renferment assez d’acide carbonique pour tenir la magnésie en dissolution 5 mais si on chauffe le mélange , l’excès d’acide carbonique se dégage , et le sous- carbonate de magnésie blanc se précipite. Xi ammoniaque ne décom-
DU MAGNÉSIUM. 2g3
pose Jamais complètement ces dissolutions ; elle n’en précipite qu’une portion de magnésie ; l’autre portion reste dans la liqueur et forme avec l’ammoniaque un sel double soluble. Les hydro-sulfates neprécipitent pas les dissolutions de magnésie. Il en est de même de Yoxalate d’ ammoniaque.
Borate de magnésie. On le trouve près de Lunebourg . Il est en petits cristaux cubiques dont les arêtes et quatre angles solides opposés sont remplacés par des facettes. Ils sont tantôt transparens , tantôt opaques : dans ce cas ils contiennent delà cbaux -, ils sont très-durs, insipides, insolubles dans l’eau et inaltérables à l’air ; chauffés au chalumeau , ils se boursoufflent et donnent un émail jaunâtre, hérissé de petites pointes qui sautent par l’action du feu. Si on élève convenablement la température de ces cristaux , ils deviennent électriques dans huit points : quatre sont électrisés vitreusement , les quatre autres résineusement. Le borate de magnésie est sans usages.
Sous-carbonate de magnésie. On rencontre ce sel à l’état solide en Moravie ; il paraît aussi entrer dans la composition de quelques pierres que les minéralogistes appellent magnésites , On le trouve dans le commerce sous la foiÿne de pains légers, d’un blanc de neige, et doux au toucher; chauffé , il perd l’acide carbonique , et le résidu porte le nom de magnésie calcinée ; il est insipide, inaltérable à l’air et insoluble dans l’eau; mais il peut se dissoudre dans un excès de gaz acide carbonique , et former le carbonate de magnésie saturé.. Il sert à préparer la magnésie. M. Edmund Davy a annoncé dans ces derniers temps que le carbonate de magnésie bien mêlé avec les farines nouvelles, dans la proportion de 20 à 4° grains par livre de farine , leur cornmimique la propriété de faire un meilleur pain : on ignoré comment il agit dans cette circonstance.
Carbonate de magnésie. Il existe dans certaines eaux. Il est sous la forme de cristaux prismatiques très-transparent;
2'>4 PREMIÈRE PARÏÎE.
il s’effleurit à l’air ; chauffe , il décrépite et perd l’acide carbonique; il est peu soluble dans l’eau , et se précipite à mesure que l’on chauffe la dissolution , parce que l’acide carbonique se volatilise. Il est sans usages.
Phosphate de magnésie. On trouve ce sel dans quelques graines céréales. Il cristallise en prismes hexaèdres irréguliers terminés par des extrémités obliques, ou en aiguilles très-fines qui , par leur entrelacement , ressemblent à des étoiles; il est efflorescent , insipide, très-peu soluble dans l’eau; chauffe, il donne un verre qui conserve sa transparence , même après qu’il a été refroidi. Il est sans usages.
Phosphite de magnésie. Il est peu soluble dans l’eati, ne se trouve pas dans la nature , et n’a point d’usages.
Sulfate de magnésie ( sêl d’Epsom , sel d’Egra', de Sedlitz, sel cathartique amer , vitriol de magnésie). On le trouve en dissolution dans les eaux de la mer , de plusieurs fontaines salées , et dans les eaux mères de l’alun ; on le rencontre aussi quelquefois effleuri dans certains terrains schisteux. Il cristallise en prismes à quatre pans , terminés par des pyramides à quatre faces , ou par un sommet dièdre ; quelquefois aussi il est sous la forme de masses composées d’une multitude de petites aiguilles ; sa saveur est amère , désagréable et nauséabonde. Exposé à l’air sec , il s’effleurit si la température est élevée. L’eau à i5® dissout son poids de sulfate de magnésie; deux parties d’eau bouillante en dissolvent trois parties ; chauffé* il éprouve successivement la fusion aqueuse et la fusion ignée. Traité par le charbon à une chaleur rouge, il se décompose et se transforme en sulfure qui passe à l’état d’hydro-sulfate sulfuré soluble, lorsqu’on le met dans l’eau, (Voyez Action du soufre sur les oxides de la deuxième classe , pag .227.) On l’emploie pour préparer la magnésie et le carbonate de magnésie. Il est souvent administré comme purgatif, à la dose de 4 5 6*8 gros dissous dans deux ou
B TJ MAGNÉSIUM. 225
trois verres de liquide; il fait partie d’une multitude d’eaux minérales naturelles et artificielles * dont on fait un très-grand usage pour exciter modérément les évacuations alvines.
Sulfite de magnésie. Il est le produit de l’art ; il cristallise en tétraèdres ; il a une saveur terreuse et sulfureuse ; il s’effleurit légèrement à l’air et ne se transforme en sulfate que très-lentement. Vingt parties d’eau froide dissolvent une partie de ce sel ; il est décomposé par le feu , et n’a point d’usages.
Chlorate de magnésie. On ne le trouve pas dans la nature ; il est amer , déliquescent , très-soluble dans l’eau, difficile à cristalliser, et sans usages.
Nitrate de magnésie. Il n’existe jamais pur dans la nature ; il entre dans la composition des eaux mérès du salpêtre ; il cristallise en prismes rhomboïdaux à quatre faces, terminés par des pointes obliques et tronquées, ou en aiguilles très- fines , groupées en faisceaux.il a une saveur très-amère et piquante ; il attire l’bumidité de l’air , et se dissout à froid dans la moitié de son poids d’eau. Chauffé , il donne du gaz oxigène , du deutoxide d’azote, de l’acide nitrique et de la magnésie. Il est sans usages.
Hydro-chlorate de magnésie. Ce’ sel ne se trouve jamais pur dans la nature ; il existe mêlé à d’autres dans certaines eaux salées, dans les matériaux salpêtrés, etc.; il a une saveur amère, désagréable; il attire l’humidité de l’air, se dissout très-bien dans l’eau , et ne cristallise qu’avec la plus grande difficulté : chauffe , il se décompose , perd l’acide hydro-chlorique , et l’on obtient de la magnésie. Il est sans usages.
Hydriodate de magnésie. Il estle produit de l’art, cristallise difficilement et attire l’humidité de l’air : chauffe jusqu’au rouge sans le contact de l’air , la magnésie abandonne l’acide , comme cela a lieu avec l’hydro-cblorate. Il est sans usages, i, i5
2i6 PREMIÈRE PARTIE.
Hydro-sulfate de magnésie. On sait qu’il existe , qu’il est soluble dans l’eau et sans, usages.
Hydro-phtorate de magnésie ( fluate). Il est le produit de l’art, et cristallise , suivant Bergman , en prismes hexaèdres . terminés par une pyramide composée de trois rhombes. Il est soluble dans un excès d’acide hydro-phtorique et sans usages.
Des Métaux de la deuxième classe.
Ces métaux sont au nombre de cinq : le calcium , le strontium , le barium , le sodium et le potassium. Ils offrent des propriétés communes que nous avons exposées en énumérant les caractères des six classes. ( Voyez pag. 1B0. )
Des Oxides de la deuxième classe .
1 76. Ces oxides sont au nombre de dix 5 savoir : l’oxide de calcium , celui de strontium , deux de barium , trois de potassium et trois de sodium. Ils sont tous solides , doués d’une saveur âcre , plus ou moins caustique. Cinq d’entre eux se dissolvent dans l’eau sans éprouver ni faire éprouver à ce liquide la moindre décomposition : tels sont les oxides de calcium et de strontium , le protoxide de barium et les deutoxides de potassium et de sodium. Onles appelait autrefois alcalis , groupe auquel on aj outait encore l’ammoniaque. Deux de ces oxides ne peuvent se dissoudre dans l’eau qu’aprèsl’-avoir décomposée et lui avoir enlevé de l’oxigène : tels sont les protoxides de potassium et de sodium , qui passent alors à l’état de deutoxide ; enfin les trois autres, savoir , le deutoxide de barium , et les tritoxides de potassium et de sodium , né se dissolvent dans ce liquide qu’autant qu’ils perdent de l’oxigène et se changent , le premier en protoxide de barium , et les deux autres en deutoxide de potassium et de sodium.
177. Ainsi dissous et transformés en alcalis } ils verdissent
»E5 ALCALIS. 22jr
îe sirop de violette , rougissent la couleur jaune du curcuina , et ramènent au bleu la couleur de Yinfusum de tournesol rougie par les acides. Us bnt la plus grande tendance à s’unir avec les acides, dont ils font disparaître, en tout ou en partie , les caractères ; et on peut dire que les cinq d’entre eux qui constituent les alcalis enlèvent complètement, ou presque complètement les acides à toutes îes-dissolutions salines formées par les oxides métalliques de la première et des quatre dernières classes , et par l’ammoniaque.
Ceux qui constituent les alcalis, et que l’on connaît sous les noms de potasse , de soude , de baryte, de stron liane et de chaux , sont susceptibles de se combiner avec le soufre, et de former des produits que l’on a appelés foies de soufre , parce que leur couleur ressemble assez à celle du foie de certains animaux : on ne peut les obtenir que par la voie sèche en faisant chauffer le soufre et l’alcali.
178. Foies de soufre faits par la voie sèche. On n’est pas d’accord sur la composition de ces produits*, plusieurs chimistes les regardent comme formés de soufre et de l’oxide employé , et les désignent sous le nom d’oxides sulfurés ; d’autres pensent qu’ils ne renferment que du soufre et le métal : dans ce cas l’oxide aurait été désoxidé par l’action de la chaleur et du soufre , et on devrait les appeler sulfures de potassium, de sodium, etc. *, d’autres enfin croient qu’ils renferment du soufre et un oxide métallique moins oxidé que celui dont on s’est servi pour les obtenir: par exemple , celui que l’on prépare avec la potasse ( deutoxide de potassium ) serait composé de soufre étdeprotoxide de potassium.
Les foies de soufre alcalins préparés par la Voie sèche sont d’une couleur jaune , plus ou moins rougeâtre et même brune. Us sont indécomposables par la chaleur. Mis en contact avec l’eau, ils la décomposent , se dissolvent plus ou moins facilement, la colorent en jaune rougeâtre , et se transforment en hydro -sulfates sulfurés solubles ( voy. pag . 209),
228 ÏREMIÈRE PARTIE.
et en sulfites sulfurés ou en sulfates de l’oxide , qui sont solubles ou insolubles dans l’eau (i). Il est évident que , dans ce cas , l’acide hydro-sulfurique a été formé aux dépens de l’hydrogène de l’eau 5 mais qu’est devenu l’oxigène de ce liquide? En regardant les foies de soufre comme formés de soufre et de métal, celui-ci absorbe l’oxigèneet passe à l’état d’oxide, qui se combine avec l’acide hydro-sulfurique : dans ce cas , le sulfite sulfuré se produit pendant leur préparation et aux dépens du soufre , de l’oxigène de l’oxide , et d’un peu d’oxide. Si on les considère , au contraire , commecomposés de soufre et de l’oxide employé, l’oxigène de l’eau se porte alors sur le soufre et le transforme en acide sulfureux ou en acide sulfurique , en sorte que, dans cette hypothèse, le sulfite sulfuré , ou le sulfate dont nous avons parlé plus haut, ne se formerait qu’au moment où l’on mettrait le foie de soufre en contact avec l’eau.
179. Lorsqu’on fait bouillir de l’eau , da soufre et un de ces alcalis, on obtient un véritable hydro-sulfate sulfuré, et un sulfite sulfuré soluble ou insoluble.
180. Si l’on fait passer du chlore gazeux parfaitement desséché à travers un tube de porcelaine contenant l’un ou l’autre de ces dix oxides , il se forme une .chlorure métallique et l’oxigène de l’oxide se dégage. Les phénomènes varient si on fait arriver le courant de -gaz dans de l’eau tenant l’oxide en dissolution, ou en suspension à la température ordinaire; il se produit alors un chlorate et unhydrochlorate , ce qui peut s’expliquer aisément en admettant la décomposition de l’eau, dont l’oxigène se porte sur le chlore pour former de l’acide ehlorique, tandis que l’hydrogène donne naissance à de l’acide hydro-chlorique.
(i) On doit cependant excepter le sulfure de chaux , qui est très-peu soluble dans l’eau , et qui se change en hydro-sulfate in. colore , et en une très-petite quantité d$ sulfite sulfuré insoluble*
Dü CALCIUM. 229
18 r. L’action de Y iode sur ces oxides dissous ou suspendus dans l’eau est analogue à celle du chlore 5 il se forme del’iodate peusolubie, et de l’hydriodate très-soluble. Exposés à Y air , ces oxides alcalins en attirent rapidement l’humidité et passent à l’état d’hydrate ; bientôt après ils absorbent le gaz acide carbonique , et se transforment en sous-carbonates. Ils se combinent à merveille avec tous les acides , et forment des sels qui sont solubles ou insolubles dans l’eau. Ils n’ont point d’action sur l’ammoniaque.
Des Sels de la deuxième classe.
182. Les dissolutions des sels de la seconde classe ne sont décomposées ni troublées par l’ammoniaque, ni par les hydro-sulfates solubles , ni par l’hydro-eyanate de potasse et de fer (prussiate de potasse et de fer): ces caractères suffisent pour les distinguer des sels des autres classes.
Du Calcium.
183. Le calcium ne se trouve jamais pur dans la nature 5 on le rencontre à l’état d’oxide combiné avec divers acides, c’est-à-dire, à l’état de sel. Ce métal n’a été obtenu qu’en très-petite quantité , en sorte qu’il a été impossible d’étudier ses propriétés : on sait seulement qu’il est blanc , très-brillant , et qu’il absorbe l’oxigène avec beaucoup de rapidité pour passer à l’état d’oxide. Il paraît n’être susceptible que d’un seul degré d’oxidation. Il forme avec le chlore un chlorure désigné jusqu’à présent sous le nom de muriate de chaux jondu. Ce chlorure, chauffé dans un creuset, entre en fusion, et constitue le phosphore de Homberg : on l’a appelé ainsi parce qu après avoir été fondu et refroidi , il devient lumineux par le frottement , surtout dans l’obscurité 5 dans cet état il est demi-transparent, lamelleux, fixe, et ne conduit point l’élec-
trieité; il se dissout dans le quart de son poids d’eau à i5°, et il n’exige que la moitié de son poids du même liquide à o° ; il attire puissamment l’humidité de l’air, ce qui le rend d’un très-grand usage pour dessécher les gaz : liquéfié par l’un ou par l’autre de ces moyens , il se trouve transformé en hydro-chlorate, d’où il suit qu’il a décomposé l’eau. Ilparaîtformé de iooparties de chlore et de 6 1,29 de calcium. ( Voyez Action deVeau sur les chlorures , pag. 1 83.) Le calcium a été découvert par M. Davy ; il n’a point d’usages.
' De l’ Oxide de calcium.
184. La chaux est un des produits que l’on trouve le plus abondamment dans la nature , quoiqu’on ne la rencontre jamais pure : le plus souvent elle est combinée avec les acides carbonique, sulfurique, phosphorique et nitrique.
La chaux pure , privée d’eau , est une substance d’une couleur blanche grisâtre, et blanche lorsqu’elle contient de l’eau , douée d’une saveur âcre , caustique ; verdissant fortement le sirop de violette, et rougissant la couleur du curcuma. Sa pesanteur spécifique est de 2,3. Si on élève fortement la température au moyen du chalumeau à gaz de Brooks , elle fond et donne des globules vitrifiés qui ont la couleur de la cire jaune ; cette fusion est accompagnée d’une flamme de couleur pourpre,. Soumise à l’action de la pile voltaïque , la chaux se décompose en oxigène et en calcium , surtout à l’aide du mercure, qui s’empare du calcium. Elle est sans action sur les gaz oxigène et hydrogène , sur le bore et sur le charbon. A une température rouge , elle se combine avec le phosphore , et donne un oxide de calcium phosphoré d’un rouge brun (phosphure de chaux) , susceptible de décomposer l’eau et de se transformer en phosphate de chaux insoluble, en hypophosphite de chaux soluble , et en gaz hydrogène perphosphoré, qui se dégage et s’enflamme spontanément lors.-
DE El CHltrX. z3i
qu’il est en contact avec l’air , d’où il suit que le phosphore du phosphure s’empare à-la-fois de l’oxigène et de l’hydrogène de l’eau. Le soufre se combine également avec la chaux que l’on a fait rougir , et donne un produit que l’on a appelé sulfuie de chaux , contenant à-peuprès z5 parties de soufre et y 5 de chaux 5 il a aussi la faculté de décomposer l’eau et de donner un hydro-sulfate de chaux soluble , nullement sulfuré , tandis que celui que l’on obtient en faisant bouillir la chaux et le soufre avec de l’eau est un véritable hydro-sulfate sulfuré , et renferme par conséquent beaucoup plus de soufre. La chaux se combine avec l'iode sans donner du gaz oxigène 5 il en résulte un sous-iodure de chaux qui verdit fortement le sirop de violette. Si l’on fait passer au chlore gazeux parfaitement sec à travers de l’oxide de calcium , dont la température a été élevée dans un tube de porcelaine , on obtient du gaz. oxîgène et du chlorure de calcium ( muriate de chaux sec ). L’azote est sans action sur la chaux. Exposée à Voit , la chaux vive commence par se combiner avec l’humidité, puis elle absorbe le gaz acide carbonique , et se transforme en sous-carbonate mêla d "hydrate ( chaux éteinte).
Si l’on verse sur de la chaux vive quelques gouttes à' eau , celle-ci est rapidement absorbée , sans que la chaux paraisse mouillée 5 le mélange s’échauffe; il s’exhale de la vapeur ; la chaux se fendille, acquiert un plus grand volume , blanchit et se réduit en poudre : on dit alors que la chaux est délitée ou éteinte ; elle est à l’état d’ hydrate. Dans cette expérience la température s’élève jusqu’à 3oo°; c’est à l’aide de cette chaleur qu’une portion d’eau s.e réduit en vapeur au centre même du morceau de chaux , et c’est à l’effort que fait cette vapeur pour se dégager qu’il faut attribuer la division de cet oxide : la température du mélange est plus que suffisante pour déterminer la fusiou
du soufre qui recouvre l’extrémité des allumettes soufrées : aussi quelques-unes de ees allumettes , plongées dans le sein d’un morceau de chaux divisé par l’eau , s’enflamment aussitôt qu’on les met en contact avec^’air , pourvu que le morceau sur lequel on opère soitassez gros. Lorsque la chaux a été réduite en poudre par ce moyen , on peut la faire dissoudre dans 4oo à 45 o parties d’eau à io° ; la dissolution porte le nom d’eau de chaux. On distingue dans les pharmacies l’eau de chaux première , seconde , etc.; ordinairement celle-ci est moins caustique que l’autre, parce qu’elle ne contient pas de potasse , tandis que la première en renferme y pour ioo, suivant M. Deserpiziiles (i); mais il est évident que si la chaux est pure et dissoute en assez grande quantité pour saturer l’eau, ces liqueurs ne doivent pas différer entre elles. L’eau de chaux enfermée dans un récipient de verre et placée à côté d’un vase contenant de l’acide sulfurique concentré , donne de petits cristaux transparens qui sont des hexaèdres réguliers , coupés perpendiculairement à leur axe. On ne pourrait obtenir que très-difficilement l’hydrate de chaux cristallisé , en faisant évaporer la, dissolution à l’aîr , parce que l’eau de chaux en attirerait l’acide carbonique et se transformerait en carbonate ( crème de chaux) insoluble. On peut aussi faire cristalliser parfaitement la chaux hydratée en décomposant un sel calcaire au moyen de la pile électrique (Riffault et Chompré ). »
P, E. L’acide sulfurique concentré ne trouble pas l’eau de chaux , phénomène qui tient à ce que le sulfate de chaux formé est plus soluble que la chaux, et par conséquent trouve assez d’eau pour être tenu en dissolution. Les oxides de carbone s de phosphore et d 'azote sont sans action sur la chaux. B n’en est pas de même des acides ; tous peuvent se
(t) Les de potasse proviennent du bois qui a servi à la préparation de la chaux.
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combiner avec la cbaux et donner naissance à des sels calcaires. On ignore quelle est Faction des métaux de la première classe sur cet oxide.
Lorsqu’on fait chauffer dans un èreuset parties égales de chaux et de silice, on obtient , si la température estasses1 élevée , une masse blanche, fondue , demi-transparente sur ses bords, tenant le milieu entre la porcelaine et l’émail, et faisant feu avec le briquet, quoique faiblement (Kirvvan)* Si l’on verse de l’eau de chaux dans une dissolution de potasse silicée ( liqueur de cailloux) , il se forme un précipité composé de silice et de chaux (stuc). On peut également fondre complètement à une température élevée , un mélange de 33 , de a5 , ou de 20 parties de chaux , avec 66 , y 5 , où So parties d’ alumine ( Herman ). Si l’on chauffe fortement dans un creuset de terre un mélange de 3o parties de chaux et de 10 parties de magnésie, on obtient un beau verre jaune verdâtre ; mais le creuset est corrodé de toutes parts. On peut aussi faire fondre un mélange de 3 parties d’ alumine , de 2 parties de magnésie , et d’une ou de 2 parties de chaux: le produit est de la porcelaine.
Suivant M. Berzelius , la chaux est formée de 100 parties de calcium et de 39,86 d’oxigène ; Yhydrate est composé de 100 parties de chaux et de 32, 1 d’eau.
On emploie la chaux pour préparer la potasse, la' soude et l’ammoniaque caustiques , pour chauler le blé et pour boucher les fissures qui se forment quelquefois dans les bassins pleins d’eau. Unie au sable et à de l’eau , elle constitue les mortiers dont on fait usage comme ciment dans la bâtisse , et qui ont la propriété de se durcir en se séchant , et par conséquent d’adhérer fortement aux surfaces des pierres auxquelles ils servent seuls de liaison 5 on se sert encore de la chaux comme engrais et comme réactif. Son action sur l’économie animale mérite de fixer notre attention. Àvaléeen poudre , à la dose d’un ou de deux gros , elle
234 PREMIÈRE RÀRTIE.
détermine l’empoisonnement , à la manière des substances âcres et corrosives ; les animaux ne tardent pas à succomber, et l’on trouve après la mort une vive inflammation des tissus du canal digestif. On employait autrefois la chaux à l’état solide pour cautériser ; mais on l’a abandonnée depuis que l’on fait un si grand usage de la pierre à cautère , de la pierre infernale, etc. L’ eau de chaux est souvent administrée avec succès , suivant Whytt , pour combattre la formation de la gravelle. M. Andry l’a vu réussir dans certaines tympanites; on en a retiré des avantages dans la diarrhée , le hoquet , les éructations , et dans tous les cas où il se développe un acide dans l’estomac ; on en donne 6, 8, 10 onces par jour avec autant de lait ou d’une décoction mucilagineuse. Injectée dans l’anus , dans le vagin ou dans l’urètre , elle a été quelquefois utile pour arrêter les anciennes dysenteries muqueuses, certaines diarrhées, des gonorrhées passives, virulentes , les flueurs blanches , des suppurations de la ves > sie, etc. On l’a employée extérieurement pour laver les ulcères sordides , dont les bords sont mous et infiltrés , et pour résoudre les engorgemens des articulations. M. Giuli dit avoir obtenu le plus grand succès des bains d’eau de chaux dans les rhumatismes aigus et dans la goutte 5 la température de ces bains doit être plus élevée que celle des bains tièdes. On se sert avec avantage d’un mélange d’eau de chaux et d’acétate de plomb ( sel de Saturne ) contre les brûlures. Enfin l’eau de chaux paraît avoir réussi dans la gale , la teigne et dans quelques autres maladies de la peau. Elle entre dans la composition de l’eau phagédénique.
Des Sels calcaires.
i§5. Les dissolutions calcaires sont toutes précipitées par ies sous-carbonates de potasse, de soude ou d’ammoniaque; le précipité obtenu en vertu de la loi dont nous avons parlé § 160 , est du sous-carbonate de chaux blanc qu’il suffit de