Si l’on chauffe le potassium placé dans de l’huile
de naphte, il fond à la température de 58°, tb. c. ; si on le met dans une petite eloebe de verre et qu’on le chauffe jusqu’au rouge, il se volatilise et donne des vapeurs vertes. '
Mis en contact avec le gaz oxigene il s’en empare subitement; même à la température ordinaire; il passe d’abord
B TJ ÏOTASSITJM.
à l’état de protoxide bleuâtre , puis à l’état de deutoxide blanc; enfin il finit par se transformer en tritoxide d’un jaune verdâtre ; cette oxidation s’observe principalement à la surface du métal. Si on élève sa température jusqu’à le faire fondre, l’absorption de l’oxigène est rapide et se fait avec dégagement de calorique et de lumière ; il en résulte du tritoxide de potassium. L’air atmosphérique agit sur lui à chaud, à-peu-près comme le gaz oxigène mais avec moins d’énergie : il le fait passer à l’état de deuto-carbonate à la température ordinaire.
224- Lorsqu’on élève un peu la température du potassium, et qu’on l’agite dans du gaz hydrogène ^ on obtient un hydrure de potassium solide , gris , sans apparence métallique , inflammable à l’air et au contact du gaz oxigène. Cet hydrure est sans usages. Suivant M. Sementini , on doit admettre deux autres ^composés d’hydrogène et de potassium; ils sont gazeux : le premier est le gaz hydrogène per~po~ tassié j il est incolore, plus pesant que le gaz hydrogène, s’enflamme spontanément à l’air, exhale une odeur de lessive , et se transforme en eau et en deutoxide de potassium ; il perd cette propriété au bout d une heure parce qu’il laisse déposer un peu de potassium; l’eau le change, en gaz hydrogène proto - potassié. Ce dernier gaz ne s’enflamme que par l’approche d’une bougie allumée;, mais il fournit les mêmes produits que le précédent ; d’où l’on voit qu’il y a beaucoup d’analogie entre la manière dont ces deux gaz et les gaz hydrogène per et protophosphoré se comportent l’un par rapport à l’autre. ( Voy. §i38.)
225. Le hore et le charbon n’exercent point d’action sur le potassium. Le phosphore , chauffé avec ce métal dans des vaisseaux fermés , donne un phosphure caustique , terne , brun marron, et facile à réduire en poudre. On peut aussi combiner directement le soufre et le potassium au
ü54 PREMIERE PARTIE.
moyen de la chaleur ; celte combinaison se fait avec un grand dégagement de calorique ét de lumière; le sulfure qui en résulte est solide , d’une couleur jaune ou rougeâtre, semblable au foie de soufre fait par la voie sèche; cependant lorsqu’on le met dans l’eau , il ne fournit pas de sulfiie sulfuré de potasse ; il passe seulement à l’état d’hydrosuîfate sulfuré. ( V oy . pag. 209. ) la iode s’unit au potassium avec beaucoup de chaleur et avec dégagement de lumière ; l’iodure qui en résulte a une apparence nacrée et cristalline; il paraît foirné de 100 de potassium et de 319,06 d’iode.
226. Lorsqu’on agite le potassium dans un flacon plein de chlore gazeux , celui - ci est absorbé et solidifié , d’où il résulte qu’il y a dégagement de calorique et de lumière. 11 se forme du chlorure de potassium. Ce chlorure, appelé jusque dans ces derniers temps muriati g d$ potasse, est solide, blanc, fusible, soluble dans trois parties d’eau froide et dans deux parties d’eau bouillante ; ainsi dissous il est à l’état d’hydro- chlorate. L’azote est sans action sur le potassium , en sorte que l’on peut très-bien conserver ce métal si oxidable dans cé gaz; cependant il existe une combinaison d’azote , d’ammoniaque et de potassium que l’on prépare par des moyens particuliers.
Si l’on introduit un peu d’eau dans une éprouvette pleine de mercure , renversée sur la cuve de ce métal , et qu’on y fasse entrer un petit fragment de potassium , la décomposition de l’eau aura lieu dans l’instant même où le métal sera en contact avec elle ; le gaz hydrogène sera mis à nu , et le potassium , en s’emparant de l’oxigène , passera à l’état de deutoxide susceptible de verdir le sirop de violette. Si au lieu de faire réagir ces deux corps sans le contact de l’air, on jette quelques fragmens de potassium dans une terrine pleine d’eau, le métal tourne, s’agite en tous sens, court à la surface du liquide, le décompose et fait une