‹ Élémens de chimie médicaleChapitre 53 sur 110 · DES SELS DE POTASSE · texte numérisé non relu

DES SELS DE POTASSE

perd une portion d’acide sulfurique et repasse à l’état de sulfate neutre; il est soluble dans deux parties d’eau froide. Il est sans usages.

ilÿj . Sulfite de potasse ( sel sulfureux de Stàhï). On ne le trouve pas dans la nature ; il est sous la forme de petites aiguillés ou lames rhomboïdales transparentes , blanches , d’une saveur vive , piquante et comme sulfureuse ; il s’effleurit à l’air et se transforme rapidement en sulfate , surtout s’il a été préalablement dissous dans Peau; il n’exige que son poids de ce liquide , à la température ordinaire , pour se dissoudre. Exposé au feu il décrépite et perd une portion d’acide sulfureux. Il a été employé pour blanchir la soie et la laine , dont il détruit la couleur jaune ; il a l’avantage de ne pas répandre de mauvaise odeur et de ne pas attaquer ces substances. On ne-s’en sert plus en médecine.

248. Iodate de potasse. On ne le trouve pas dans la nature. Il n’a été obtenu qu’en petits cristaux grenus qui se groupent à-peu-près sotis la forme de cubes. Il fuse sur les charbons comme le nitre ; chauffé un peu fortement il se décompose, donne du gaz oxigène , et se transforme en iodure de potassium. Il est inaltérable à l’air. Cent parties d’eau à t4° en dissolvent 7,43. Lorsqu’il est mélangé avec du soufre , il détonne, mais faiblement, par la percussion. La potasse le transforme en sous-iodate cristaliisable. ( Gay-Lussac.) Il est -sans usages.

249. Chlorate de potasse ( muriate suroxigéné de potasse ). Ce sel est constamment le produit de l’art ; il est sous la forme de lames rhomboïdales , fragiles , brillantes , d’une belle couleur blanche; sa saveur est fraîche, piquante et un peu acerbe. Soumis à l’action du feu, dans une cornue de verre à laquelle on adapte Un tube recourbé pour recueillir les gaz , il entre en fusion, bout, laisse dégager une très-grande quantité de gaz oxigène, et il ne reste dans la cornue que du chlorure de potassium^

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d’où il suit que l’oxigène obtenu provient â -la-fois de l’acide chlorique et de la potasse ; i oo parties de ce sel fournissent 38,88 de ce gaz. Il est inaltérable à l’air , à moins que celui-ci ne soit très-humide : dans ce cas, il s’humecte un peu et jaunit. Mis sur les charbons rouges , il en active la flamme en leur cédant de l’oxigène. Dix-huit parties d’eau à i5° dissolvent une partie de- ce sel , tandis qu’il n’en faut que deux et demie d’eau bouillante. On l’emploie, i° pour obtenir le gaz oxigène ; 20 les briquets oxigénés , qui ne sont que des allumettes soufrées; avec une pâte préparée avec parties égales de ce sel et de soufre et une dissolution de gomme : il suffit de plonger l’extrémité de ces allumettes dans de l’acide sulfurique concentré pour qu’elles prennent feu,; 3° pour faire une poudre fulminante dont on fait usage , comme amorcé, dans les armes à feu auxquelles on a ajouté de nouvelles platines : cette poudre se compose de 100 parties de chlorate de potasse, de 55 de nitre (nitrate de potasse) , de 33 de soufre, de 17 debois de bourdaine râpé et passé au tamis de soie, et de 17 dé lÿcopode. Il serait dangereux de substituer le chlorate dé potassé au nitre pour préparer la poudre ordinaire, parce que le moindre choc ou lé moindre frottement en déterminerait l’inflammation avec une vive explosion. 4° Enfin, pour obtenir le gaz acide chloreux. Gnl’a proposé comme anti-syphilitique; mais il est aujourd’hui généralement abandonné.

s5o. Nitrate dépotasse ( nitre , salpêtre ). On trouve ce sel dans la nature : quoique peu abondant, il est disséminé çà et là , ce qui fait qu’on le rencontre souvent ; il existe dans différentes parties de l’Espagne , de l’Amérique , et principalement de l’Inde , à la surface des murs humides et dans les lieux bas , obscurs et exposés aux émanations des animaux, tels que le sol des écuries , les bergeries, etc. Suivant l’abbé Fortis , il sè trouve dans la pierre calcaire

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des grottes del Pulo de Molfeta. Il entre dans la composition de plusieurs plantes appelées nitreuses : telles sont la bourrache , la buglose , la ciguë ^ la pariétaire , etc.

Le nitrate de potasse purifié est blanc , inodore ; sa saveur, fraîche, piquante, finit par laisser un arrière-goût amer. Il cristallise en prismes à six pans terminés tantôt par des sommets dièdres , tantôt par des pyramides hexaèdres , ou en octaèdres cunéiformes 5 ces cristaux , demitransparens , offrent souvent des, cannelures. Il est inaltérable à l’air. Lorsqu’on le chauffe il entre en fusion bien avant de rougir : on a donné à cette masse fondue et refroidie le nom de cristal minéral et de sel de prunelle. Si la température à laquelle il est soumis est plus élevée, il se transforme d’abord en nitrite, en perdant du gaz oxigène , puis se décompose complètement et donne du gaz oxigène , du gaz azote et de la potasse. Cinq parties d’eau à x5° dissolvent une partie de ce sel , tandis qu’une partie d’eau bouillante peut en dissoudre quatre parties. Il active singulièrement la flamme de divers corps avides d’oxigène , comme nous l’avons dit en parlant des nitrates.

Usages. On se sert du nitre pour obtenir les acides nitrique et sulfurique et plusieurs préparations antimonialés employées en médecine, telles que l’antimoine diaphoréiique , le fondant de Rotrou , etc. 5 pour préparer le flux blanc et le flux noir ( mélange de nitre et de tartre ) ; on l’emploie encore dans l’analyse de quelques mines 5 enfin il sert à faire la poudre. Il est regardé par les médecins, lorsqu’il est étendu de beaucoup d’eau , comme un très-bon rafraîchissant et diurétique. On l’emploie avec succès dans les fièvres ardentes , dans les fièvres intermittentes , principalement dans les vernales , dans certains cas d’ictère , dans la deuxième période des inflammations aiguës et intenses des voies urinaires , dans les commencemens des gonorrhées bénignes , etc. On le fait

S^o PREMIÈRE PARTIE.

prendre ordinairement depuis 6, io , i5, 20 , 3o grains, jusqu’à un gros, dans une pinte de petit-lait, de chicorée, d’oseille, etc. 5 quelquefois aussi, dans les. fièvres aiguës , on donne quatre ou cinq fois par jour un bol composé de deux grains de nitre et de quatre grains de camphre. Le cristal minéral est quelquefois substitué au nitre dans ces sortes de prescriptions. Nous pensons qu’il est très-imprudent d’administrer le nitre à la dose de plusieurs gros à-la-fois dissous dans peu de véhicule; des expériences faites sur les animaux , et plusieurs observations cliniques ont mis hors de doute les propriétés vénéneuses de ce sel ; il produit alors des évacuations par haut et par bas ; il agit puissamment sur le système nerveux en déterminant la paralysie, des convulsions et l’inflammation des tissus du canal digestif. ( Voyez ma Toxicologie générale. )

De la Poudre.

On connaît plusieurs espèces de poudre, celle de guerre, de chasse, de mine, de fusion, etc. ; elles doivent toutes être considérées comme des mélanges de nitre, de soufre et de charbon , dans des proportions diverses : voici ces proportions.

* poudre de guerre. poudre de chasse. poudre de mine.

Salpêtre . . 75,0 78 65

Charbon . . 12,5 12 i5

Soufre . 12,5 10 20

a5i. Après avoir fait choix de nitre pur non déliquescent, de soufre qui a été distillé, et de charbon sec, sonore , léger et récent , comme celui de bourdaine , de peuplier, de tilleul, de marronnier , de sapin, etc. , on en pèse les quantités nécessaires , et on les tamise ; alors on procède aux diverses opérations. i°. Mélange. Il se pratique dans un atelier qui porte le nom de moulin àpilon^ et qui offre plusieurs mortiers dans lesquels on humecte

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