DE LA POUDRE
d’abord également le charbon $ on introduit ensuite le salpêtre et le soufre , et on ajoute une certaine quantité d’eau qui s’oppose à la volatilisation des matières pulvérisées j on remue le tout avec la main , et on procède au battage au moyen de pilons que l’on met en mouvement par un cou» rant d’eau. M. Proust pense quet le charbon de qhenevotte doit être préféré aux autres espèces , parce qu’il est moins cher, et qu’il se mêle- plus facilement avec le nitre et le soufre. 2°. Grenage. Lorsque la poudre a subi l’opération que l’on appelle rechange , qu’elle a été battue pendant quatorze heures environ (suivant M. Proust, deux heures de battage suffisent) , et qu’elle est sqps la forme d’une pâte humide , on la grène ; on la fait sécher pendant un jour ou deux, et on la fait passer successivement dans deux tainis de peau, dont le premier est appelé guillaume et le second grenoir : celui-ci offre des trous dont le diamètre est égal à celui des grains de poudre que l’on cherche à obtenir 5 enfin , on la fait passer dans un troisième tamis appelé égalisoir, et même dans un quatrième ; ces tamis ne livrent passage qu’au poussier et au fin grain. 4°* Séchage. On étend une couche de poudre d’une certaine épaisseur sim des toiles placées dans une chambre dont la tempéi'ature est à 5o ou 6o° , et dans laquelle on fait arriver de l’air. La poudre de mine n’est soumise à aucune autre opération $ il n’en est pas dé même de celle de chasse et de guerre. 5°. Epoussetage. On fait passer la poudre ainsi desséchée à travers un tamis de crin très -fin pour la débarrasser du poussier qui s’est formé pendant la dessiccation. Ici se bornent les manipulations propres à fournir la poudre de guerre. Il n’en est pas de même de la poudre de chasse. 6°. Lissage. Avant d’être lissée , cette poudre , qui n’a été que grenée , est soumise à une dessiccation superficielle en l’exposant pendant une heure au soleil ; on l’époussète , puis on la place dans des tonnes
qui tournent sur leur axe , et qui sont mises en mouvement par un courant d’eau. Ces tonnes offrent à leur intérieur quatre barres carrées qui servent à augmenter les frottemens du grain.
252. Que se passe-t-il dans la détonnation de la poudre ?... Lorsque sa température est assez élevée, l’acide nitrique du nitrate de potasse est décomposé par le charbon et par le soufre , qui lui enlèvent une plus ou moins grande quantité d’oxigène , le transforment en gaz deutoxide d’azote et en gaz azote , et passent à l’état de gaz acide carbonique , de gaz acide sulfureux , et d’acide sulfurique; les deux premiers de ces acides passent presque en totalité à l’état de gaz ; le dernier se combine au contraire avec la potasse qui résulte de la décomposition du nitrate de potasse; enfin, l’eau de cristallisation du nitre se réduit en vapeur , et une portion du sulfate de potasse formé est transformée en sulfure solide parle charbon. Quelquefois , suivant M. Thénard , il se forme d’autres produits , tels que du gaz hydrogène carboné et sulfuré, du gaz acide nitreux , oxide de carbone , du nitrite et du prussiate de potasse. C’est à la rapidité avec laquelle ces substances solides passent à l’état de gaz , et par conséquent à leur augmentation de volume , qu’il faut attribuer la force avec laquelle la poudre lance le mobile.
253. Lorsqu’on fait une mélange de trois parties de nitrate de potasse , deux parties de sous-carbonate de la même base (potasse du commerce), et une partie de soufre , on obtient une espèce de poudre fulminante , qu’il suffit de faire chauffer pendant quelques minutes dans une cuiller à projection pour faire détonner ; cette explosion, est due principalement au dégagement subit du gaz azote , du gaz oxide d’azote , du gaz acide carbonique et de la vapeur de l’eau , produits dont on concevra la formation en se rappelant la théorie que nous venons de donner.
BË U ËOüDËE. 1^3
à54* Si on fait un mélange de 3 parties de nitrate de potasse , d’une partie de soufre et d’une partie de sciure de bois., on obtient la poudre de fusion , ainsi appelée parce qu’il suffit d’en recouvrir un morceau de cuivre et de la mettre en contact avec un corps enflammé pour que le métal soit fondu dans le même instant. Il y a dans cette expérience dégagement de beaucoup de chaleur , production de flamme et formation de sulfure de cuivre (soufre -j- cuivre) , plus fusible que le métal.
255. Nitrite de potasse. Il est constamment le produit de l’art 5 on le connaît à peine ; il est soluble dans l’eau et sans usages.
256. Hydro-chlorate dépotasse (sel fébrifuge de Sylvius, muriate de potasse ). Il se trouve dans quelques liqueurs animales , dans les cendres de plusieurs végétaux et dans quelques eaux minérales. Il cristallise en prismes à quatre pans, d’une saveur piquante , amèrë, peu altérables à l’air; ils décrépitent au feu, fondent si on les chauffe assez fortement, et se transforment en chlorure de potassium. Trois parties d’eau froide dissolvent une partie de ce sel , tandis qu’il n’en faut pas même deux d’eau bouillante. On l’a employé comme fondant dans la fabrication du verre; il a été regardé pendant long-temps comme apéritif , digestif -, désobstruant ,. etc. ; mais il est presque entièrement abandonné aujourd’hui.
257. Hydriodate de potasse. Ce sel est constamment un produit dé l’art; il est toujours liquide , et lorsqu’on l’évapore , il donne des cristaux qui , étant desséchés , ne sont que de l’iodure de potassium ( Gay-Lussac ). Ces cristaux se fondent aisément et se volatilisent à la température rouge ; ils sont déliquescens ; 100 parties d’eau à 180 en dissolvent i43 parties. Cet hydriodate et cet iodure sont sans usages.