DÉS SELS DE SOUDE
bereiner, le bore. Le borax , employé autrefois en médecine comme fondant dans les engorgemens de la matrice dans la suppression des règles , etc. , n’est plus administré à l’intérieur. Il entre dans la composition des gargarismes détersifs, principalement du line tus ad aphtas , composé d’une once de sirop de mûres et d’un gros de borax. On emploie aussi quelquefois sa dissolution pour toucher les ulcères rongeans, les verrues, les condylomes. On peut s’en servir pour rendre la crème de tartre soluble.
267 . Sous~carbonate de soude. Presque toutes les cendres des plantes qui croissent sur les bords de la mer, et particulièrement le salsoila soda de L., contiennent ce sel ; il entre pour beaucoup dans la composition du natron , produit salin que l’on trouve dans quelques lacs d’Egypte , de Hongrie , etc. ; il constitue presque à lui seul Yurao , matière très-abondante , qui se trouve dans les eaux d’un lac de l’Amérique du sud ( province de Maracaybo ) y on le rencontre effleuri sur les murs de plusieurs souterrains ; enfin , il existe dans quelques eaux minérales. 11 est solide , d’une couleur blanche y sa saveur est âcre , légèrement caustique ; il verdit le sirop de violette y convenablement évaporé , il fournit des cristaux qui sont des prismes rhomboïdaux , ou des pyramides quadrangulaires appliquées base à base et à sommets tronqués. Exposés à l’air , ces cristaux s’effleurissent ; chauffés dans un creuset , ils éprouvent successivement la fusion aqueuse et la fusion ignée sans se décomposer , à moins qu’on ne les mette en contact avec de la vapeur aqueuse. Deux parties d’eau à io° suffisent pour en dissoudre une partie y l’eau bouillante en dissout beaucoup plus : à une température élevée le phosphore le décompose , s’empare de i’oxigène de l’acide carbonique , passe successivement à l’état d’acide phosphorique et de phosphate de soude , et le -charbon est mis à nu. Il est susceptible d’absorber une assez
grande quantité de gaz acide carbonique qui sature la soude et lui fait perdre presque toute sa causticité. On ne l’emploie que dans les laboratoires et en médecine ; mais les diverses soudes d’Alicante, de Carthagène ,'de Malaga, de Narbonne (salicor) , d’ Aigue-mortes ( blanquette), de Normandie ( varec) , et celles que l’on prépare artificiellement, le contiennent en plus ou moins grande quantité, et ont des usages nombreux. On se sert de ces soudes dans la fabrication du savon dur, du verre , pour couler les lessives et pour diverses opérations de teinture. On emploie particulièrement la soude de varec pour préparer Y iode 1 on l’administre en médecine dans les mêmes circonstances que le sous-carbonate de potasse ; mais on le donne ordinairement à l’état solide avec des extraits à la dose de 6, 8, 10 ou i2 grains par jour.
208. Carbonate de soude. Son histoire est la même que celle du carbonate de potasse. ( Voyez pag. 264. ) .
269'. Sous-phosphate de soude ( sel microscomique ou fusible, sel admirable perlé). Ce sel se trouve dans Turine , dans le sérum du sang , et dans quelques autres matières animales. Il cristallise en rhomboïdes oblongs , nu en prismes rhomboïdaux , ou en petites lames brillantes et nacrées 5 il est blanc , doué d’une faible saveur salée, nul-, lement amère 5 il verdit le sirop de violette 5 il s’effleurit rapidement à l’air et se dissout très-bien dans l’eau. Trois parties de ce liquide en dissolventune partie à la température ordinaire ; l’eau bouillante en dissout beaucoup plus. Les acides sulfurique , nitrique et hydro-chlorique s’emparent d’une portion delà soude qu’il renferme, et le transforment en phosphate acide de soude. Chauffé dans un creuset , il éprouve successivement la fusion aqueuse et la fusion ignée, et donne un verre opaque et laiteux. Il est employé dans les laboratoires pour préparer les divers phosphates insolubles , et en médecine , comme purgatif ; on l’administre
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ordinairement à la dose d’une ou de deux onces dans une pinte de bouillon aux herbes : cette boisson purge très-bieu , et n’est point désagréable.
270. Phosphate acide de soude (acide perlé de Bergman, acide ourétique de Morveau). Il est le produit de l’art. On peut l’obtenir en écailles fines , semblables à l’acide borique hydraté 5 il est plus soluble dans l’eau que le précédent et cristallise moins facilement. Il n’a point d’usages.
271. Phosphite de soude. Il est constamment le produit de l’art, très-soluble dans l’eau, et cristallise en rhomboïdes voisins du cube. Il est sans usages (Dulong).
272. Hypo-phosphite de soude. Son histoire est la même que celle de l’hypo-phosphite de potasse , excepté qu’il est moins déliquescent.
273. Sulfate de soude (sel de Glauber, sel admirable, soudevilriolée , alcali minéral vitriolé). On rencontre ce sel dans certaines eaux de source, par exemple , à Dieuze, à Château-Salin , etc. , dans les cendres des plantes marines , enfin combiné avec le sulfate de chaux , en Espagne. Il est sous la forme de prismes à six pans , cannelés , terminés par un sommet dièdre , transparens , excessivement diaphanes , d’une belle couleur blanche , doués d’une saveur amère, fraîche, salée, efflorescens et très-solubles dans l’eau. Trois parties de ce liquide à i5° dissolvent une partie de ce sel , tandis que l’eau bouillante en dissout un peu plus que son poids : d’où il résulte qu’il doit se former des cristaux par le refroidissement de la liqueur. Cependant si la dissolution , ainsi saturée et bouillante , est enfermée dans un tube de verre d’où l’on ait chassé l’air , elle ne cristallise plus , lors même qu’elle est agitée ; mais il suffit d’y faire entrer une bulle d’air ou d’un gaz quelconque pour que la cristallisation ait lieu 5 on ignore quelle peut être la cause de ce phénomène. Chauffé dans un creuset , le sulfate de soude éprouve successivement la fusion
aqueuse et la fusion ignée ; si on le refroidit après l’avoir fondu, il a l’aspect d’un émail. On l’emploie pour préparer la soude artificielle , et , suivant Géhlen , on peut s’en sei* vir avec avantage dans la fabrication du verre. On l’administre en médecine comme purgatif, à la dose d’une once ou d’une once et demie, dans trois verres de bouillon aux herbes ou d’une autre tisane; il est très-usité , comme apéritif et fondant, dans les maladies cutanées , dans les jaunisses de longue durée, etc.
274. Sulfite de soude. Ce sel est un produit de l’art ; on l’obtient cristallisé en prismes transparens à quatre ou à six pans , plus larges les uns que les autres , terminés par un sommet dièdre , d’une saveur fraîche et sulfureuse , efflorescens, se dissolvant dans 4 parties d’eâu à i5° , tandis quel’eau bouillante en dissout'plus que son poids. Chauffe, il éprouve la fusion aqueuse et se décompose. Il est sans usages.
275. lodate de soude. On n’a pas encore trouvé ce sel dans la nature; il cristallise en petits prismes , ordinairement réunis en bouppes ou en petits grains qui paraissent cubiques. Il fuse sur les charbons ardens ; si on le chauffe jusqu’au rouge obscur , il se décompose. Centparties d’eau à 4° | en dissolvent 7,8 ; il est inaltérable à l’air ; la soude le transforme en sous -iodate qui cristallise en petites aiguilles soyeuses, réunies en houppes. Cesous-iodate peut pourtant être obtenu en mettant de l’iode dans une dissolution de soude; alors il est sous la forme de prismes hexaèdres, coupés perpendiculairement à leur axe ( Gay-Lussac ). Il est sans usages.
276. Chlorate de soude ( muriate sur-oxigéné de soude ). Il est constamment le produit de l’art : il ne cristallise que lorsque sa solution a une consistance presque sirupeuse ; les cristaux qu’il fournit sont des lames carrées , d’une saveur fraîche et piquante , non déliquescens et très-