‹ Élémens de chimie médicaleChapitre 59 sur 110 · BES SELS DE SOUDE · texte numérisé non relu

BES SELS DE SOUDE

solubles dans l’eau 5 ils fusent rapidement sur les charbons allumés , produisent une lumière jaunâtre , et se fondent en globules. Chauffé dans une cornue , ce sel fournit beaucoup de gaz oxigène mêlé d’un peu de chlore , et se transforme en chlorure de sodium sensiblement alcalin. (Vauquelin.)

277. Nitrate de soude. Il est constamment le produit de l’art 5 on l’obtient cristallisé en prismes rhomboïdaux incolores , d’une saveur fraîche, piquante et amère, légèrement déliqueseens , solubles dans 3 parties d’eau à i5° , tandis que l’eau bouillante en dissout à-peu-près son poids; il est moins fusible que le nitrate de potasse. Il est sans usages.

278 . Nitrite de soude. Il est peu connu; on sait qu’il est soluble dans l’eau , et qu’on ne le rencontre pas dans la nature. Il n’est pas employé.

279. Hydro-chlorate de soude (muriate de soude, sel de cuisine , sel gemme , sel commun , sèl gris). On le rencontré abondamment dans les eaux de la mer ^ de certains lacs et d’un très-grand nombre de sources ; on en trouve des masses en Pologne , en Hongrie , en Russie , en Espagne , en Angleterre, èn Allemagne, etc. ; dans ces cas, il est presque toujours coloré en jaune , en rouge , en brun , en violet , etc. Il cristallise en cubes qui , suivant M. Gay- Lussac, sontformésdechlore et de sodium. {Voy. pag. 204.) Il a une saveur fraîche , salée ; il est inaltérable à l’air lorsqu’il est pur ; chauffé , il déerépite , fond un peu audessus de la chaleur rouge , et se transforme en chlorure. ( Voy. pag. 2o5. ) Une partie d’eau à i5° en dissout 2 parties et demie ; il n’est guère plus soluble dans l’eau bouillante. On l’emploie pour saler les viandes et les mets , pour préparer la soude artificielle , l’acide hydro-ehlorique, le chlore, le sel ammoniac ; on s’en sert aussi comme engrais , comme vernis pour certaines poteries, etc. On l'administre en médecine comme fondant ^ à la dose d’ua

s84 PREMIÈRE PARTIE.

gros ou d’un gros et demi dans une pinte d’eau 5 il a été utile dans les engorgemens du foie, delà rate, du mésentère, et dans une foule d’affections scrophuleuses , dans les maladies cutanées, etc. Nous l’avons vu quelquefois réussir, sous la forme de lavemens , dans les douleurs rhumatismales des lombes.

280. Hydriodate de soude. Il est constamment le produit de l’art 5 on l’obtient cristallisé en prismes rhomboïdaux , aplatis , striés et assez volumineux. Il est très-déliquescent. Cent parties d’eau à i4° en dissolvent i^3 5 chauffé dans un creuset, il fond, devient un peu alcalin, et se transforme en iodure de sodium suivant M. Gay-Lussae. Il est sans usages.

281. Hydro-sulfate de soude. Il cristallise moins facilement que l’hydro-sulfate de potasse ; du reste son histoire est la même.

282. Hydro-phtorate de soude ( fluate ). Ce sel est ua produit de l’art ; il est sous la forme de petits cristaux trèsdurs , inaltérables à l’air , peu sapides , plus solubles dans l’eau chaude que dans l’eau froide; il décrépite lorsqu’on le chauffe , et fond au-dessous de la chaleur rouge ; ainsi fondu , il est transformé en phtorure de potassium. H est sans usages.

On trouve dans le Groenland un produit que l’on a appelé fluate d'alumine et de soude , qui est sous la forme de masses translucides , d’un blanc laiteux et d’une cassure lamelleuse ; il est insoluble dans l’eau , mais ce liquide le rend transparent ; il est très- fusible et n’a point d’usages. Ce corps paraît être formé de phtore , d’aluminium, et de sodium.

Des Sels ammoniacaux .

Les sels ammoniacaux étant les seuls qui ne soient pas composés d’un acide et d’un oxide métallique , devraient

DES SELS AMttOKI ÀCÀÏIX. u35

faire une classe à part ; cependant nous les rangeons ici pour ne pas interrompre la série des sels formés par les alcalis, et pour nous conformer à l’usage généralement reçu de faire leur histoire après celle des sels de potasse et de soude.

a83. Les sels ammoniacaux sont en général stables dans l’eau 5 leurs dissolutions ne sont pas précipitées par les souscarbonates de potasse , de soude et d’ammoniaque, ni par les hydro-sulfates , ni par le prùssiate de potasse (hydrocyanate ); comme ceux à base de potassé , ils ‘sont tous précipités en jaune serin par Vhydro-chlorale de platine ( voy. § ) 5 üs se troublent aussi comme eux lorsqu’on les agite

avec une dissolution concentrée de sulfate acide d’alumine et forment de l’alun ; triturés avec de la potasse , de la soude , de la chaux , de la baryte ou de la s trontiané , ils sont décomposés et laissent dégager de V ammoniaque facile à reconnaître à son odeur. Quelques-uns d’entre eux sont trèsvolatils; mais la majeure partie sont décomposés par le feu.

284. Sous-borate d'ammoniaque. Il est constamment le produit de l’art ; il a urne saveur âcre , piquante , urineuse ; il verdit le sirop de violette ; on peut l'obtenir cristallisé ; ses cristaux brunissent à l’air et perdent leur forme ; ils se décomposent à une chaleur rouge et laissent dégager toute l’ammoniaque; ils se dissolvent beaucoup mieux dans l’eau, chaude que dans l’eau froide. Ce sel est sans usages.

285. Sous r carbonate d'ammoniaque ( alcali volatil concret , sel volatil d’Angleterre ). On ne le trouve que dans certaines matières animales pourries ; il se développe quelquefois dans l’urine soumise encore à l’influence de la vie ; nous avons vu chez deux individus atteints d’ictère symptomatique, cette liqueur excrémentitielle , loin d’être acide, contenir du sous-carbonate d’ammoniaque au moment même où elle était rendue. Ce sel est solide et sous la forme de petits cristaux qui imitent en se réunissant

386 ? R Ê 51 ï Ê R Ë PlRTÏË.

les feuilles de fougère ou les barbes d’uue plume ; il a ta# saveur caustique , piquante , urineuse ; scxn odeur est ammoniacale ; il verdit le sirop de violette 5 il est tellement volatil, qu’il se transforme en gaz lorsqu’on l’expose à l’air à la température ordinaire , et à plus forte raison lorsqu’on le chauffe dans une cornue , ou qu’on cherche à le dissoudre dans de l’eau bouillante ; d’où il suit qu’il ne peut être dissous dans ce liquide à la température de l’ébullition. Deux parties d’eau à io°en dissolvent une partie, .et beaucoup plus si elle est à 4p° ; cette solution , évaporée avec ménagement , fournit des cristaux octaédriques ; elle peut absorber du gaz acide carbonique et se transformer en carbonate ; elle dissout à merveille les sous-carbonates de zircone , d’yttria et de glucine , e.t les laisse précipiter lorsqu’on la fait bouillir. On emploie ce sous-sel comme réactif, Son action sur l’économie animale est à-peu-près la même que celle de l’ammoniaque , excepté qu’elle est moins forte. Peyrilhe le regardait à tort comme un puissant anti - syphilitique ; on l’a employé dans ces derniers temps avec succès dans le croup ; tantôt on l’a fait respirer pour provoquer la toux; tantôt on l’a applique au cou comme rubéfiant; tantôt enfin on l’a administré à l'intérieur. M. Réchou, qui s’en est servi souvent dans cette maladie , fait prendre de temps en temps ^et par cuillerées, un sirop préparé avecjine partie dèjce sel et 24 parties de sirop de guimauve; iladministre en même temps une boisson adoucissante ou de l’eau de chiendent pour étancher la soif , et il évite avec raison l’emploi des aeides , qui décomposeraient le sous-carbonate. Indépendamment de l’administration dont nous .venons de parler , M. Réchon applique parles parties latérales et antérieures du cou , un mélange Êiit avec un gros de sous-carbonate d’ammoniaque et deux onces de cérat ; il inet sur ce mélaugé un sachet de cendre chaude, et il le renouvelle toutes les quatre heures; la

DÉS SELS AMMOIf iACAt/X. %8j

peau se couvre de boutons 5 on éprouve un sentiment de prurit et de cuisson pendant deux ou trois jours ; l’épi-* derme se détache et tombe promptement en desquamation. En général, on ne doit donner à -la -fois que 6, 8 ou 10 grains de sous-carbonate d’ammoniaque à l’intérieur 5 car il agit comme un violent poison lorsqu’il est imprudemment administré.

286. Carbonate d' ammoniaque. II est constamment le produit de l’art 5 il est inodore , suivant 3VL Berthollet ; du reste, son histoire est la même que celle des carbonates de soude et de potasse. Il est sans usages.

287. Phosphate d'ammoniaque. On le trouve dan s l’urinë de l’homme, combiné avec le phosphate de soude , dans certains calculs vésicaux , uni au phosphate de magnésie ; enfin dans les concrétions intestinales des animaux. Il cristallise en prismes à quatre pans, terminés par des pyramides à quatre faces , ou en aiguilles ; :sâ saveur est salée , piquante et urineuse 5 il est inodore; il verdit le sirop de violette ; il est décomposé par le feu en ammoniaque qui se dégage , et en acide phosphorique qui se vitrifie si la température est assez élevée; cependant ce verre retient toujours un peu d’ammoniaque. Il est inaltérable à 1 air ; quatre parties d’eau froide suffisent pour le dissoudre; l’eau bouillante le dissout mieux. On l’emploie en minéralogie comme fondant ; il sert aussi dans la fabrication des pierres précieuses artificielles,

288. Phosphate ammoniaco - magnésien. IL se . trouve dans quelques calculs de la vessie de l’homme , .où il est souvent parfaitement cristallisé. Il est insipide , presque insoluble dans l’eau , inaltérable à 1 air ., et décomposable au feu. Il est sans usages.

289. Phosphate ammoniaco-de-soude ( sel microscomique). Il existe dans l’urine., verdit le sirop de violette, se dissout très-bien dans l’eau , et peut être obtenu cristal*

PÎtE&lÈïtE ÉAKTIÊ.

lise 5 il s’effleurità l’air, perd l’ammoniaque et se transforme en phosphate acidulé de soude. Il est sans usages.

290. Phosphite d’ammoniaque. Il est constamment le produit de l’art, très-soluble dans l’eau et sans usages (Dulong).

291. Hypo-phosphite d! ammoniaque. On ne le trouve jamais dans la nature. Il est excessivement soluble dans beau et dans l’alcool très-rectifîé. Il est sans usages.

292. Sulfate d’ ammoniaque ( sel ammoniacal secret de Glauber). On ne. le trouve qu’en petite quantité , combiné avec le sulfate d’alumine. Il cristallise en petits prismes hexaèdres, terminés par des pyramides a six faces , ou en lames , ou en filamens soyeux, ou en aiguilles , d’une saveur très-amère et très-piquante 5 chauffe, il décrépite légèrement; il éprouve ensuite la fusion aqueuse , perd une portion d ammoniaque , et se transforme en sulfate acide ; à une chaleur voisine du rouge cerise , il se décompose complètement, et ne donne que des produits volatils; il se dégage du gaz azote, de l’eau formée aux dépens d’une portion del’oxigène de l’acide sulfurique, et de l’hydrogène de l’ammoniaque , et des vapeurs blanches de sulfite acide d’ammoniaque. Il est inaltérable à l’air , à moins que celui-ci ne soit très-humide : dans ce cas , il se ramollit un peu ; il se dissout dans deux parties d’eau à i 5° , et beaucoup plus dans celle qui est bouillante. Gn l’emploie, dans le commerce , pour préparer l’alun.

293. Sulfate ammoniaco-de soude. Il cristallise régulièrement , n’éprouve aucune altération à l’air, et décrépite légèrement lorsqu’on l’expose au feu ; sa saveur est un peu piquante et amère. (Link. )

294. Sulfate ammoniaco-de-potasse. Suivant Link , on peut obtenir ce sel en saturant le sur-sulfate de potasse par l’ammoniaque. Il est en lames brillantes , d’une saveur amère , inaltérable à l’air.

S5ËS SELS AMMONIACAUX; 289

2g5. Sulfate ammoniaco-magnésien. H est constamment le produit de l’art; il cristallise ordinairement en octaèdres d’une saveur âcre et amère; il estinalterable à l’air , soluble dans l’eau , mais moins que chacun des sels dont il est composé ; il éprouve, lorsqu’on le chauffe, la fusion aqueuse, et se décompose ensuite. Il est sans usages.

2 96. De T Alun. La composition de l’alun varie: tantôt ce sel est un sulfate acide d’alumine et dépotasse, tantôt un suif ate acide d'alumine et d'ammoniaque , tantôt enfin et le plus souvent un suif ate acide d'alumine, de potasse et d'ammoniaque : dans ce dernier cas , il constitue véritablement un sel triple : celte diversité dans sa composition nous engage à lui conserver le nom dû alun. On ne le rencontre guère tout formé qu’en dissolution dans certaines eaux minérales et aux environs des volcans, principalement à la Solfatara ; mais on trouve très-abondamment du sous-sulfate d'alumine et de potasse ; il constitue des collines entières à la Tolfa, près de Civita-Vecchia et à Piombino.

L’alun cristallise en octaèdres réguliers , transparens , incolores, et légèrement efflorescens ; quelquefois aussi on l’obtient eneubes : il porte alors le nom d 'alun cubique. Ce phénomène parait dépendre de ce qu’on a mis un excès de potasse dans le liquide qui a cristallisé. L’alun octaédrique a une saveur douceâtre et très - astringente ; il rougit Yinfusum de tournesol. Chauffé , il fond trèsfacilement dans son eau de cristallisation et donne une niasse connue autrefois sous le nom (Y alun de roche. Si la température est plu? élevée, il se boursouffle , perd son eau et devient opaque : il constitue alors Y alun calciné ou brûlé , que l’on emploie quelquefois comme corrosif, et qui , étant plus fortement chauffé , se décompose et donne du gaz oxigène , du gaz acide sulfureux , de l’alumine et du sulfate de potasse si l’alun est à base de potasse; au cou- 1. *9

2^0 ÎJÏKIÈHÏ PARTIE.

traire , il ne laisse que de l’alumine s’il esta base d’ ammoniaque, phénomène dont on se rendra facilement compte en se rappelant que le sulfate d’ammoniaque est entièrement transformé par la chaleur en produits volatils. (Voyez Sulfate d’ammoniaque ). L’alun se dissout dansr quatorze ou quinze fois son poids d’eau à i’5°, tandis qu’il n’exige pas même son poids d’eau bouillante ; s’il est à l’état d’alun calciné, il résiste Ion g- temps à l’action de l’eau. Chauffé jusqu’au rouge avec du charbon très-divisé, l’alun à base de potasse se décompose et se transforme en une matière connue depuis long-temps sous le nom de pyrophore de Homberg , qui paraît formée de sulfure de potasse , d’alumine et de charbon; d’où il suit que l’acide sulfurique a été décomposé par le charbon ( voyez Sulfates , page 200 ) : l’alun à base d’ammoniaque ne fournit pas ce produit , comme Schéele l’a prouvé. Le pyrophore est solide, d’un brun jaunâtre ou noirâtre ^suivant qu’il a été plus ou moins chauffé ; sa saveur est analogue à celle des œufs pourris. Il est inaltérable à l’air sec j mais il prend feu à là température ordinaire lorsqu’il est en contact avec Tait humide : dans ce cas le sulfure de potasse s’empare de la vapeur aqueuse, la solidifie et s’échauffe; alors le charbon et le soufre absorbentl’oxigène de l’air avec dégagement de calorique et de lumière et se transforment en gaz acide carbonîquè , en gaz acide sulfureux et en acide sulfurique; ce dernier se combine même avec une portion d’alumine et de potasse pour former de nouveau de l’alun. Traité par Veau, le pyrophore est décomposé; le sulfure de potasse seul est dissous et transformé en hydro-sulfate sulfuré de potasse (voyez § a3o ) , tandis que le charbon et l’alumine restent à l’état pulvérulent. H est également décomposé par tous les acides y la vapeur nitreuse ( gaz acide nitreux ) lui cède facilement de l’oxigène et l’enflamme comme l’air. Le pyrophore n’èst guère employé

î»ës sfcis ÀMMosiicAtJXi agi

dëptiis que l’on a introduit l'ilsage. des briquets phosphoriques et des allumettes oxigénées. Si on fait bouillirune dissolution d’alun avec de Y alumine pure , il se précipite une poudre blanche, insipide , insoluble dans l’eau , inaltérable à l’air et incristallisable, qui est connue sous le nom à' alun saturé de sa terre. L’alun a de nombreux usages : on s’en sert souvent comme mordant dans la teinture - il rend le suif plus dur, propriété qui le fait rechercher par les chandeliers \ il est employé pour passer les peaux et les pré= server des vers, etc. Il doit être regardé comme un excellent astringent dont on peut tirer parti dans les hémorrhagies abondantes, continues et passives , principalement dans celles de l’utérüs ; dans lés écoulemens atoniqües muqueux et séreux*, on l’administre à l’intérieur depuis un jusqu’à 8 grains par jour, associé à quelque extrait astringent où dans une potion , et on augmente la dose jusqu’à un demi-gros , un gros -, etc. ; les pilules teintes anti-hémorrhagiques d’Helvétius Sont composées d’alun et de sang-dragon. On emploie quelquefois l’alun eii injection ; il entre dans la composition de certains gargarismes toniques propres à raffermir les gencives et à faire cesser les angines catarrhales et atoniqües ; il fait aussi partie de quelques collyres.

297. Sulfite d? ammoniaque. On ne trouve pas ceseldans la nature ; il cristallise en prismes hexaèdres terminés par des pyramides hexaèdres^ ou en tables carrées avec des bords taillés en biseaux , d’tine saveur fraîche , piquante et comme sulfureuse , s’humectant à l’air et se transformant rapide^ ment en sulfate d’ammoniaque beaucoup moins déliquescent que le sulfite ; il est soluble dans son poids d’eau à 1 20 ; et beaucoup plus à la température de ioo° ; chauffé dans des vaisseaux fermés , il donné de l’eau, -de l’ammoniaque, et passe à l’état de sulfite acide volatil; la magnésie le transforme^ la température ordinaire , en sulfite dmmoniacomagnésien. Ces deux sels sont sans usages.

292 ÏKËSÏIÈR.Ë PARTIE.

298. lodate d’ ammoniaque. Il n’existe pas dans la nature \ on l’obtient sous la forme de petits cristaux grenus. Chauffé sur uné plaque de fer , ou mis sur les charbons ardens , il détonne avec sifflement et donne une faible lumière violette et des vapeurs d’iode. Il est sans usages. ( Gay-Lussac. )

299. Chlorate d? ammoniaque (muriate sur-oxigéné d’am moniaqüe). Il est constamment le produit de l’art, et cristallise en aiguilles fines douées d’une saveur extrêmement piquante ; il paraît être volatil. Chauffé , il se décompose et donne du chlore , du gaz azote et fort peu de gaz oxigène ; il se forme enmême temps de l’eau et de l’acide hydro-chlorique qui s’unit a une portion d’ammoniaque non décomposée. Ces résultats sont faciles à expliquer, en admettant que l’acide chlorique , composé d’ oxigène et de chlore , èst entièrement décomposé, et que l’ammoniaque , formée d’hydrogène et d’azote, nel’est qu’en partie. Il fulmine sur un corps chaud et produit une flamme rouge.il est sans usages. ( Vauquelin. )

300. Nitrate d’ ammoniaque (nitrum flammans). On ne le trouve pas dans la nature; il cristallise en aiguilles prismatiques ou en longs prismes à six pans , flexibles , satinés et cannelés, terminés le plus souvent par des pyramides à six faces , doués d’une saveur fraîche , âcre, piquante j urineuse , légèrement déliquescens et solubles dans deux parties d’eau à i5° : ce liquide , à la température de ioo° } peut en dissoudre deux fois son poids. Si on le chauffe dans une cornue de verre munie d’un tube recourbé , propre à recueillir les gaz, il fond dans son eau de cristallisation, perd une portion d’ammoniaque, et se transforme en eau et en gaz protoxide d’azote. Théorie . Nous pouvons représenter les élémens de eé sel par :

Oxigène -J- oxigène + azote j=s ( acide nitrique Hydrogène -f- azote ( ammoniaque )L

Gaz protoxide d’azote.

Eau.

MES -SUS iMMff,KIi'GiüX. 2 gS

La majeure partie de l’oxigène de l’acide nitrique s’empare de l’hydrogène de l’ammoniaque , forme de l’eau ; tandis que les deux quantités d’azote appartenant à l’acide et à l’ammoniaque s’unissent aYee l’autre portion d’oxigène de l’acide nitrique , et donnent naissance à du gaz protoxide d’azote, qui paraît pourtant contenir un peu d’azote , de deutoxide d’azote et de gaz acide nitreux. Si le nitrate d’ammoniaque est projeté dans un creuset rouge , il s’enflamme , se décompose , et donne de l’eau , du gaz azote et du gaz deutoxide d’àzote ( gaz nitreux ). On s’emploie ce , sel qu’à la préparation du protoxide d’azote.

3o i . Nitrate ammoniaco-magnésien. B est constamment le produit de l’art. 5 il estmoins déliquescent et moins soluble que les sels qui lé composent, B est sans usages.

3o ï... Nitrite d'ammoniaque. II est peu connu , soluble dans l’eau , sans usages, et n’existe pas dans la nature. ■

3o3. Hydro-chlorate d’ammoniaque ( sel ammoniac ). On le rencontre dans l’urine de l’homme , dans la fiente des chameaux et de quelques autres animaux , aux environs des volcans , dans quelques montagnes de la Tartarie et du Thihet; enfin, dans quelques lacs. Il est solide blanc , doué d’une saveur âcre , piquante, urineuse } il est un peu, élastique , ductile et inaltérable à l’air. B se dissout dans un peu moins de 3 parties d’eau à 1 5° ; l’eau bouillante en dissout beaucoup plus. En évaporant cette dissolution on obtient des prismes aiguillés , groupés comme les barbes d’une plume. Exposé à l’action du calorique ,il fond et se sublime sous la forme de rhomboïdes si l’opération se fait lentement*, dans le cas contraire, il se condense en une masse plus ou moins épaisse. Si après l’avoir pulvérisé on le mêle avec une partie èt: demie de carbonate de chaux réduit en poudre, èt qu’on introduise le mélange dans une cornue de grès lutée , à laquelle on a adapté un long récipient en verre ou en terre , et qui est placée dans

hgi- PREMIERE PARTIE.

un fourneau à réverbère, on remarque, en chauffant la comue , que les deux sels se décomposent t l’acide carbonique forme avec l’ammoniaque du sous - carbonate volatil qui se dégage sous la forme de vapeurs blanches , et dont on facilite la condensation dans le ballon en entourant celui-ci de linges mouillés : la chaux s’unit avec l’acide hydro-chlorique , passe à l’état d’hydro-chlorate , qui , à cette température, se décompose et se change en chlorure de calcium fixe ( muriate de chaux fondu ). Le sous-carbonate obtenu sera d’autant plus blanc que le sel ammoniac employé sera moins coloré. Un kilogramme de ce sel peut fournir ^ à boo grammes de sous-carbonate d’ammoniaque.

3o4* Si l’on fait arriver du chlore gazeux dans une solution de sel ammoniac préparée avec une partie de sel et 20 parties d’eau, de chlore est d’abord absorbé ; quelque temps après la dissolution se trouble ; il sé dégagé Une multitude de petites bulles de gaz et il se forme dés gouttes d’un liquide oléagineux d’une couleur fauve , d’une odeur piquante, insupportable, dont la pesanteur spécifique est de i,653. Ce liquide a été découvert par M. Dulong^ilest composé àe chlore et d’ azote ; il est très-volatil et détonné avec la plus grande violence et avec dégagement de calorique et de lumière, lorqu’on l’expose à la tempéra turede 3o° , ou qu’on le met en contact avec du phosphore. Théorie de sa formation. Une portion de l’ammoniaque du sel employé est décomposée par le chlore qui s’empare dé son hydrogène ; l’azote mis-ànu s’unit à une certaine quantité de chlore et produit ce liquide détonnant. On nè pourrait pas l’obtenir si on se bornait à saturer de chlore une solution de sel ammoniac contenue dans une éprouvette , parce que ce sel le décompose. On doit disposer l’appareil de manière à ce que le chlorure soit séparé de la solution à mesure qu’il se forme. ( Voyez Préparations . )

3o5. Si l’on introduit dans une cornue de verre parfaite-

DES .SELS A M 31 0 ïf ï À C A TJ X. SC)5

ment sèche un mélange fait avec une partie de sel ammoniac, une partie de chaux vive et demi-partie de soufre ; si on place cette cornue dans un fourneau à réverbère, et que l’on fasse communiquer son col avec une allonge et un récipient bitubulé également desséchés ; si l’une des tubulures du récipient reçoit un tube très-éleve qui ne permette pas à l’air extérieur d’entrer dans l’appareil , on remarquera , lorsque la chaleur aura été graduellement portée jusqu’au rouge , quil se produit un liquide jaune volatil qui vient se condenser dans le récipient , que l’on refroidit au moyen de linges mouillés. Ce liquide, agité pendant septà huit minutes, avec du soufre en poudre , dissout ce corps , s’épaissit ,, acquiert une couleur plus foncée , et constitue V hydro-sulfate sulfuré d'ammoniaque ( liqueur fumante de Boyle ) ; il reste dans la cornue , d’après M. Vauquelin , du chlorure de calcium (muriate de chaux) , du sulfure de chaux , et du sulfate ou du sulfite de chaux. Théorie. Avant d’exposer ce qui se passe dans cette opération compliquée , nous devons, faire remarquer , i° quqp l’hydro-chlorate d’ammoniaque dont on se sert ne con-< tient pas un atome d’eau .5 20 que l’ammoniaque de cethydroçhlorate n’est pas décomposée , puisqu’il ne se dégage pas une bulle d’azote ; 3° qu’il est impossible de faire la. liqueur de Boyle en substituant à l’hydro-cblorate d’am- \ moniaque un sel ammoniacal qui ne contienne pas d’acide hydro-chlorique : tel serait , par exemple , le sulfate d’am-« moniaque (Vauquelin). Ces considérations nous forcent d’admettre que l'acide hydro-sulfurique qui se trouve composer en partie la liqueur de Boyle , ne peut avoir été formé qu’aux dépens de l’hydrogène , de l’acide hydroehlorique , du sel ammoniac , qui s’est décomposé. Voici maintenant comment on peut concevoir les phénomènes .de cette opération *. la chaux décompose l’hydro-chlorate d'ammoniaque, met l’ammoniaque à nu et se transforma

en hydro-chlorate de chaux, que nous pouvons représenter par :

(Hydrogène -f- chlore) -f- ( calcium -f-oxigène). Soufre . soufre.

Acide hydro- Chlorure de calcium. Acide sulfureux sulfurique. . . — ou sulfurique.

L’acidé hydro-chlorique et une portion de chaux ( oxide de calcium ) sont décomposés ; le soufre qui fait partie du mélange s’empare, d’une part, de l’hydrogène de l’acide pour former de l’acide hydro-sulfurique qui s’unit avec l’ammoniaque; il se combine, d’une autre part, avec l’oxigène de l’oxide de calcium pour donner naissance à l’acide sulfureux ou à dé l’acide sulfurique ; le chlore et le calcium s’unissent et constituent Je chlorure que nous avons dit' former la majeure partie du résidu ; enfin , une autre portion de soufre se porte sur de la chaux non décomposée, et la transforme en sulfure de chaux. Cette théorie bien différente de celle qui a été donnée jusqu’à ‘ce jour , nous paraît être l’expression des faits observés par M. Vauquélin; ( Voyez Hjdro- sulfate sulfuré d'ammoniaque , pour les propriétés de la liqueur de Boyle, )

On emploie le sel ammoniac pour décaper les métaux , dans la teinture, etc.; il sert à préparer l’ammoniaque, lesous-carbonate d’ammoniaque, la liqueur fumante de Boyle , etc. Il doit être regardé comme stimulant , fondant et sudorifique. Associé au quinquina ou à l’extrait de gentiane, à la dosé dé 24 ou de 36 grains , il est soldent employé avec succès pour combattre les fièvres intermittentes , principalement les fièvres quartes; dissous dans des tisanes sudorifiques , il augmente la transpiration cutanée. On s’en sert à l’extérieur , comme résolutif, dans un très-grand nombre d’affections cutanées, dans des rhumatismes chroniques, dans les

DES SELS AMMOSUCAüX. 297

«ngorgemens a toniques des articulations , dans les anciennes gouttes où il n’y à cependant pas dé tophus formés , etc. ; il est généralement abandonné dans les maladies syphilitiques. Il entrait autrefois' dans là composition de la pierre infernale de Fallope , dans l’onguent cathérétique de Barbette , quoique par lui-même il 'n?àit pas de vertu corrosive. M. Smith a prouvé que son application sur le tissu cellulaire des chiens était suivie devomissèmens, des symptômes qui constituent 'l’ivresse , et de la mort; un gros 20 grains de ce sel sur la cuisse d’un petit chien d’un pied de haut, suffirent pour le; faire périr - ati bout de douze heures ; à l’ouverturè du cadavre , on trouva une multitude de petites ulcérations gangreneuses dans la membrane muqueuse de l’estomac. ' / >.

3o6. Ilydro-cliloraté arrtrnoniàco - magnésien. On ne trouve jamais ce sel dans la nature. Il a une saveur amère et urineuse ;il est déliquescent , très-soluble dans l’eau, décomposable au feu , et sans usages.

807. Hydribdate d’ ammoniaque. Il est constamment le produit de l’art; on l’obtient cristallisé en cubes ; il est très-soluble et déliquescent ; chauffé dans des vaisseaux fermés , il se décompose et. se sublime en partie, La portion sublimée est d’un gris blanc. Cette décomposition est beaucoup plus marquée si le sel est en contact avec l’air. Il est sans Usages.

3o8. Hydro-sulfate cC ammoniaque. Ce sel paraît être un produit dé l’art ; celui qui se trouve dans les fosses d’aisance est à Tétat d’hydro-sulfate sulfuré. Il cristallise en aiguilles où en lames cristallines ; il est très-soluble dans l’eau, principaîërnênrlbfsqu’iî contient ùn excès d’ammOniaqùe : il est très-voîâtil ; exposé à l’air, il absorbe l’o xi gène, jaunit , et passe à l’état d’hydro-sulfate sulfuré. On s’en sert comme réactif.

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