‹ Élémens de chimie médicaleChapitre 67 sur 110 · Chromate d’ammoniaque. Il est à peine connu · texte numérisé non relu

Chromate d’ammoniaque. Il est à peine connu

4o4- Chromate de -zinc. Il est rouge orangé , et insoluble

dansl’eau. .

ipo. Chromate de fer. On-trcmve abondamment,, dans fe-

»u tt»Gsï ene. 3 6S

departement du Var , un produit connu sous le nom de cliromate de fer , que plusieurs chimistes regardent comme formé principalement d’oxide de chrome et d’oxide de fer. Quoi qu’il en soit , il fond aisément au moyen du chalumeau à gaz , et donne un globule noir , sans éclat métallique, et fortement magnétique.

Du Tungstène ( scheelium schéelin ).

On ne trouve le tungstène que dans deux minerais connus sous les noms de tungstate de chaux et de tungstate dè fer : ce dernier est plus commun que le premier. Le tungstène est solide , d’un blanc grisâtre comme le fer , très-brillant, très-dur, inattaquable parla lime, et fragile ; sa pesanteur spécifique est, suivant M. d'Ëlhuyart, de 17,6.

Il ne paraît pas avoir été fondu , même à la température de 170° du pyromètre de Wedgwood,* on peut pourtant, lorsqu’il a été ainsi chauffé, l’obtenir par le refroidissement en petits cristaux d’une forme indéterminée ( Vauquelin). . Il n’agit sur le gaz oxigène et sur l’air qu’à une tempéra-: ture élevée : alors il brunit et s’oxide. . h' hydrogène, le, bore et le carbone ne paraissent exercer aucune action sur lui. On peut, par des moyens particuliers, le combiner avec le phosphore. Chauffé et mis en contact avec le chlore gazeux , le tungstène rougit, absorbe et solidifie le gaz , et passe à l’état de chlorure. U eau est sans action sur lui ; il en est de même des oxides de carbone et d’azote. On ne sait pas comment les acides se comportent avec ce métal y dont la rareté a empêché d’étudier les propriétés. Il est sans usages.

De V Oxide de tungstène.

Quelques chimistes ont admis un oxide de tungstène bleu , sur lequel on n’a pas encore fait beaucoup d’expériences.

Des Sels formés par V oxide de tungstène .

Aucun de ces sels n’a été décrit , et l’on conçoit qu’il est impossible de les admettre tant que l’existence de l’oxide ne sera pas mise hors de doute.

De V Acide tungstique ( oxide jaune de tungstène ).

Cet acide , que plusieurs chimistes regardent comme un simple oxide , ne se trouve dans la nature que combiné avec la chaux ou avec l’oxide de fer. Il est solide , jaune, sans odeur , sans saveur, et plus pesant que l’eau ; il ne rougit pas Yinfusum de tournesol ; le ealorique , le gaz oxigène et l’air ne lui font éprouver aucune altération. Mis en contact avec de l’acide hydro-chlorique et de l’hydro-chlorate de protoxide d’étain dissous dans l’eau, il devient d’un trèsbeau bleu ,* on croit qu’il perd , dans ce cas , une portion d’oxigène qui se combine avec le protoxide d’étain. Il est insoluble dans l’eau; il s’unit aux dissolutions de potasse de soude, d’ammoniaque, et forme des sels solubles. Il n’a point d’usages.

Des Tungstates.

Les tungstates sont tous le produit de l’art, excepté ceux de chaux et de fer : aucun n’est employé. Ceux des deux premières classes sont incolores ; les autres sont diversement colorés. Ils sont pour la plupart indécomposables par le feu; il n’y a guère que ceux dont les oxides se réduisent par la chaleur qui se décomposent. Presque tous sont insolubles dans l’eau ; ceux qui se dissolvent dans ce liquide sont précipités à froid par les acides sulfurique , nitrique , hydrochlorique , etc. ; le précipité est blanc et composé de beaucoup d’acide tungstique , d’une portion de l’oxide du tungstate et d’un peu de l’acide précipitant. Si au lieu d’agir

DÉS ÏüSGSTATES.

à froid on fait chauffer le mélange, Gn n’obtient que de l’acide tungstique jaune.

40 6. Tungstate d'alumine. Il est pulvérulent et insoluble dans l’eau.

407. Tungstate de magnésie. Il cristallise en paillettes brillantes , solubles dans l’eau, inaltérables à l’air et douées d’une saveur métallique 5 les acides versés dans la dissolution de ce sel y font naître un précipité blanc qui est un sel double.

408. Tungstate de chaux. Ce sel se trouve en Suède , en Saxe, en Bohême 5 il est presque toujours cristallisé en octaèdres translucides, d’un blanc jaunâtre, très-durs 5 sa pesanteur spécifique est de 6,066.

4°9- Tungstate de baryte. Il est pulvérulent et insoluble dans l’eau.

4xo. Tungstate de -potasse. Ce sel aune saveur styptique , métallique et caustique ; il cristallise difficilement , attire l’humidité de l’air, et se dissout très-bien dans l’eau. Il fond à une température peu élevée.

4n. Tungstate de soude. Ce sel cristallise en lames hexaèdres allongées , solubles dans 2 parties d’eau bouillante ou dans 4 parties d’eau froide , douées d’une saveur acre et caustique.

4 12. Tungstate d’ ammoniaque. Il cristallise en petites écailles semblablesà celles de l’acideborique,ouen aiguilles prismatiques tétraèdres , douées d’une saveur styptique , inaltérables à l’air, solubles dans l’eau , décomposables par le feu en ammoniaque qui se dégage , et ën acide tungstique jaune qui reste dans le creuset.

4r3. Tungstate de zinc. Il est blanc et insoluble dans l’eau.

4i4. Tungstate de fer ( wolfram ). On le trouve dans le département de la Haute-Vienne, dans les mines d’étain de la Bohême , de la Saxe , de Poldice en Cornouailles 5 il con-

368 pr EMIÈRE PARTIE

tient toujours de l’oxide de manganèse et un peu de silicéî ïï est noir , lamelleux et opaque 5 il peut être fondu , au moyen du chalumeau à gaz, en un culot métallique dont la surface offre un très-bel éclat. On l’emploie pour préparer l’acide tungsti que.

Du Columbium ( tantale ).

Le columbium est excessivement rare ; 611 ne le trouve qu’à l’état d’acide, combiné tantôt avec les oxides de fer et de manganèse , tantôt avec î’yttria.

Il est très-difficile à obtenir , et par conséquent il a été fort peu étudié 5 il paraît être noir, pulvérulent , terne étinfüsihlè au feu de nos meilleures forges. On ignoré quelle est son action sur l’air , sur le gaz oxigèné , et sur les corps simples non métalliques ; il n’agit point sur l’eaü. L’action des acides sur ce métal est également inconnue.

Des Oxides de columbium.

M. Hatchett, auteur de la découverte de ce métal , pensé que la poudre noire que nous avons dit être le columbium n’est qu’un oxide de ce métal, auquel il accorde la propriété de pouvoir absorber diverses quantités d’oxigène , et de former un second oxide blanc., et l’acide columbique. L’expérience peut seule prononcer à cet égard.

Des Sels de columbium *

Les sels qui Ont été décrits dans quelques ouvragés aous les noms de nitrate de mutiatè, de sulfate et de phosphate âè 'cùlÙTriSiüm y nôvis paraissent devoir être soumis à de nouvelles recherches ^ car il est excessivement probable que ce sont des combinaisons des acides nitriques ou sulfurique , etc. ; ârec l’acide columbîqüe.

ÜC COLUMBÏÙîil.

De t Acide Columbique .

Cet acide ne se trouve jamais pur dans la nature ; il y existe, comme nous l’avons dit, combiné avec quelques oxides. Il est blanc, pulvérulent, sans saveur, sans odeur , beaucoup plus pesant que Peau ; il rougit faiblement l’mfusum de tournesol. Le calorique, le gaz ôxigène et l’air ne lui font éprouver aucune altération. Il se dissout dans les acides hydro-chlofique et sulfurique à l’aide de la chaleur ; la première de ces, dissolutions précipite des flocons blancs par l’addition de l’acide phosphorique , et la seconde se prend en totalité en une gelée blanche , opaque , consistante , et insoluble dans l’eau lorsqu’on là traite par le même acide. Il se dissout en partie dans la potassé et dans la soude , et ne parait pas se combiner avec l’ammoniaque.

Des ColumbateSi

Ces sels sont très - peu connus ; nous ne parlerons que du columbate de potassé. Il cristallise en écailles luisantes semblables à l’acide borique , inaltérables à l’air, douées d’une saveur. âcre, désagréable, peu solubles dans l’eaù. Ce solution laisse précipiter l’acide columbique séus îa forme d’une poudre. blanche lorsqu’on le met en contact avec un acide puissant, tel que l’acide nitrique.

Métaux non susceptibles de devenir" acides en së combinant avec toxigènë.

Ces métaux sont : f antimoine , le tellure , l’urane , le cérium , le cobalt , le titane * le bismuth , le cuivre et lè plomb.

De t Antimoine ( régule d’antimoine ).

L’antimoine se trouve , i° à l’état natif au Hartz,, près de Grenoble , et à Sablberg en Suède ; 20 combiné avec l’oxigèae j 1. 24

3° uni au soufre; 4° enfin, combiné à-la- fois ave cl’ oxigène et avec le soufre.

4i5, L’antimoine est un métal solide, d’une couleur blanche bleuâtre , brillante , semblable à celle de l’argent ou de l’étain , qui ne se ternit que très-peu à l’air : sa texture est iamelleuse ; sa dureté assez grande ; il est très-cassant et facile à pulvériser ; frotté entre les doigts , il leur communique une odeur sensible ; sa pesanteur spécifique est de 6,702 t.

Chauffé dans des vaisseaux fermés , il entre en fusion un peu au-dessous de la chaleur rouge, et si on le laisse refroidir lentement , il forme un culot dont la surface offre une cristallisation que l’on a comparée aux fèuilles de fougère; il n’est point volatil, du moins d’une manière sensible. A. la température ordinaire , il n agit point sur le gaz oxigène ni sur Vair atmosphérique parfaitement secs ; il paraît , au contraire , absorber une très - petite quantité d’oxigène si ces gaz sont humides ; mais si on élève la température, il passe à l’état de deutoxide blanc, connu autrefois sous, le nom àe fleuis d'antimoine , et il y a dégagement de calorique et de lumière, comme, ou peut s’en assurer en faisant fondre 8 à 10, grammes de ce métal dans un creuset, et le versant d’une certaine hauteur sur une table ou sur le carreau; il se divise alors en une multitude de petits globules rouges enflammés , qui se transforment en oxide, que l’on voit se volatiliser dans l’air sous la forme d’une fumée blanche.

L’hydrogène , le bore et le earbonen’exereent point d’action sur l’antimoine. Le phosphore peut, à l’aide de la chaleur, se combiner directement avec ce métal, et donner un pbospbure blanc, brillant, cassant., susceptible de se transformer en acide phosphorique et en oxide d’antimoine lorsqu’on le chauffe à l’air ou avec le gaz oxigène. Le soufre jouit aussi de la propriété de s’unir avec l’anti-

ÜÉ L’AHÜMÔiSE. 3 ji

Snomë, à l’aidé die la chaleur , et déformer un sulfure dont i’histoire nous paraît assez importante pour lui consacrer un article. L’antimoine se combiné avec l’ iodé, et présente les mêmes phénomènes que l’étain. ( Fojez pag. B33. )

Lorsqu’on projette de la poudre dé ce métal dans du chlore gazeux , celui-ci est absorbé et solidifié 5 il se produit dû chlorure d’antimoine $ bëiifrë d’antimoine ( mùriate d’antimoinè ) qui paraît sous la forme de fumées blanches , ét il y a dégagement dé calorique et de lumière. Ce chlorure èst composé de i5o parties d’antimoine et de' 100 de chloré (John Dàvy). Il est ordinairement sous la forme d’une tiiassé épaisse, graisseuse, in coloré , mais qüi jaunit à l’air; il estdemi-transparen t , d’ une caps ticité extrême , susceptible de cristalliser èft prismes tétraèdres lorsqu’on le fait fondre ét qu’on le laisse refroidir lentement, fusible au-dessous dé ioo° thermomètre centigrade , volatil et attirant l’iiuniidité de l’air ; il së décompose lorsqu’on le met en contact avec dë l’eau , ét fournit de l’oxide d’antimoine et de l’acide bydro-cbloriquë , qui se combinent pour former un sous-bydro-chlorate insoluble dans l’eau ( poudra d’Algaroth ) ; cette poudre se déposé sous la forme dé petites paillettes brillantes , et peut être dissoute dans l’acide bydro. chloriqüe. Lè beurré d’antimoine' est employé en médecine comme caustique ; on s’en sert contré là morsure dés animaux venimeux. La poudre d’Algaroili était en usage autrefois ; on l’administrait comme émétique , et on la connaissait sous les noms, de mercure de vie y mercure dé mort ; etc. ; elle est généralement abandonnée aujourd’hui.

h'azàië est sans action Sur l’antimoine. Il en est de ïnêrne de Veau et du gaz oxide de carbone ; on ne sait pas? si les gaz protoxide et deutoxide d’azote sont décomposés par ce métal.

Les acides borique, carbonique et phosphoriqué ne sont pas attaqués par l'antimoine. L’acide sulfurique concentré'

^7a ' PREMIÈRE PARTIE»

n’agit point sur lui à la température ordinaire ; mais il est en partie décomposé à l’aide de la chaleur, cède une portion de son oxigène au métal , et se transforme en gaz acide sulfureux et en soufre : le protoxide formé se combine avec l’acide non décomposé, et donne naissance à du sulfate d’antimoine. On ne connaît pas l’action de l’antimoine sur les acides iodiqueetchlorique. L’acide nitrique concentré est promptement décomposé par lui 5 il se dégage du gaz nitreux , et il se forme du deutoxide d’antimoine blanc et du nitrate d’ammoniaque , phénomènes semblables à ceux que produisent l’étain et le fer, et dont la théorie a été exposée en détail ( pag. 3ai ). L’acide nitrique affaiblit l’oxide au premier degré et le dissout.

L’acide hjdro - chlorique liquide n’exerce d’abord aucune action sur l’antimoine , mais , au bout d’un certain temps , il le dissout , et l’on peut, en évaporant la liqueur, en obtenir des cristaux aiguillés d’hydro- chlorate d’antimoine : il est évident que, dans cette expérience, l’eau est décomposée pour oxider le métal. On ignore quelle est son action sur l’acide hjdriodiquey il n’en exerce aucune sur l’acide hydro-phtorique. Suivant Schéele , l’acide arsenique oxide l’antimoine, se combine avec lui, et donne naissance à une poudre blanche insoluble.

Parmi les métaux précédemment étudiés , il n’y a que le potassium et le sodium qui forment avec l’antimoine des alliages ayant quelques propriétés particulières ; il y a pendant leur formation dégagement de calorique et de lumière.

Lorsqu’on projette dans un creuset chauffe jusqu’au rouge parties égales d’antimoine et de nitrate de potasse pulvérisés, on obtient V antimoine diaphorétiquè non lavé, qui est composé de deutoxide d’antimoine et de potasse: dans cette expérience, l’acide nitrique est décomposé, son oxigène se porte sur l’antimoine , et l’oxide formé s’unit à la potasse ; il

»E L ASTIMOISE.

y a dégagement de beaucoup de calorique et de lumière. Lorsqu’on traite le produit par l’eau, celle-ci dissout l’excès de potasse et un peu de deutoxide d’antimoine , et le résidu constitue Y antimoine diaphorétique lavé, composé de 20 parties de potasse et de 80 parties de deutoxide d’antimoine. Si on verse dans la dissolution aqueuse dé potasse et de deutoxide d’antimoine (eau de lavage}de l’acide nitrique, celuici s’emparede la potasse, et le deutoxide d’antimoine blatte se précipite : on connaissait autrefois ce précipité sous le nom de matière perlée de K erkringius. On a employé en médecine l’antimoine diaphorétique lavé et non lavé p eorttme fondans et apéritifs dans les maladies: cutanées : ce dernier est plus actif que l’autre ; on le prescrit à la dose de 24 ou 36 grains dans une potion de 5 à 6 onces , que l’on fait prendre par cuillerée ; il constitue la poudre de la Chevaleraies. Ces préparations sont fort peu usitées aujourd’hui. L’antimoine diaphorétique non lavé entre dans la composition des tablettes antimoniales de Daquin , de- la poudre cornachine , du remède de Rotrou, etc.

Usages de ï antimoine. Il sert à préparer l’alliage des caractères d’imprimerie , et plusieurs préparations antimoniales. Les médecins n’emploient j amais l’antimoine pur. Il constituait autrefois les pilules perpétuelles, le vomitif perpétuel, espèce de petites balles que l’on rendait telles qu’on.les avait prises. On construisait aussi avec l’antimoine des tasses dans lesquelles on mettait du vin blanc, dont l’acide ne tardait pas à dissoudre le métal oxidé par l’air: ce liquide était alors émétique et purgatif mais d’une manière variable , suivant la quantité d’acide contenu dans le vin. L’antimoine métallique sert à la préparation du decoctum antivenereum laxans delà pharmacopée de Paris; mais , dans cette décoction , il se trouve oxidé et dissous par la potasse.

ÏKEMÏÈRE ÎAETÏE.

Des Oxides d’antimoine.

Suivant M. Proust , pn ne connaît que deuxoxides d’ans timoine.

4i6. Le protoxide d’antimoine existe dans la nature; il entre dans la composition de la poudre d’Àlgaroth , dusulfate d’antimoine, du tartrate antimonié de potasse (tartre émé* tique ) , du kermès , du verre des foies , des safrans et des rubines d’antimoine. Il est d’un blanc grisâtre 5 il est fusible à une chaleur rouge obscure , et prend par le refroidissement l’aspect d’une masse jaunâtre , opaque, nacrée, pesante, fragile et rayonnée; il est volatil • il est décomposé par le soufre et par le carbone; traité par l’acide nitrique, il le décompose et passe à l’état de deutoxide: il a plus d’affinité pour les acides que le deutoxide. Il est formé, suivant M. Proust , de 100 parties de métal et de 22 parties d’oxigène.

4x 7. Deutoxide d’antimoine. Get oxide se trouve à Tornavaca en Galice , au canton de la Croix, dans le royaume de Valence , où il est combiné avec de l’oxide rouge de fer , du cinabre et du carbonate de cuivre. Il constitue les fleurs d’antimoine > il entre dans la composition de l’antimoine diaphonique, etc., et dans la liqueur qui résulte de l’action de l’eau régale sur l’antimoine. H est blanc , infusible au même degré de chaleur qui fond le précédent , sans action sur le gaz oxigène et sur l’air ; il est décomposé par le charbon et par le soufre , et il a peu de tendance à se combiner avec les acides. Il est formé, suivant M. Proust, de 100 parties de métal et de 3o parties d’oxigène. On a employé en médecine les fleurs d’antimoine comme émétique, mais on ne s’en sert guère aujourd’hui.

M. Berzelius admet quatre oxides d’antimoine: le premier résulte de l’action de la pile voltaïque sur l’eau et sur l’an-

DES OXIDES d’ ASTIMOIHE. 3^5

timoine , ou de l’action de l’air humide sur ce métal 5 le second correspond à celui que nous avons appelé protoxide ; les fleurs d’antimoine constituent le troisième , que M. Berzelius appelle acide antimonieux ; enfin le quatrième , appelé par ce chimiste acide antimonique, résulte de l’action de l’acide nitrique sur l’antimoine.

Des Sels formés par le protoxide et antimoine.

Les sels solubles formés par le protoxide d’antimoine sont précipités en blanc par l’eau, à moins qu’ils ne soient à double base : le précipité est un sous-sel. Les hydro-sulfates solubles et l’acide hydro-sulfurique y font naître un précipité jaune orangé , plus ou moins foncé, suivant la quantité de réactif employé : ce précipité est du sous-hydrosulfate d’antimoine. L’infusion de noix de galle les trouble sur-le-champ et y occasionne un dépôt d’un blanc jaunâtre, composé de protoxide d’antimoine et de matière végétale. La potasse et la soude en séparent l’oxide blanc , et le redissolvent lorsqu’elles sont employées en excès. Le fer et le zinc , doués, d’une plus grande affinité pour l’oxigène et pour l’acide que l’antimoine , en précipitent le métal sous la forme d’une poudre noire.

4 18. Phosphate acide d'antimoine. Il est soluble dans l’eau, incristallisable •, évaporé, il fournit une masse d’un vert noirâtre , vitrifiable à une haute température. La poudre de James , d’après M, Pearson , est un phosphate double de chaux et à' antimoine; cependant M. Pully n’adopte pas cette opinion , et regarde celte poudre comme formée , 1 0 de phosphate de chaux ; 20 de sulfate de potasse ; 3° de pousse tenant du protoxide d’antimoine en dissolution i 4° enfin , de deutoxide d’antimoine. On sait qu’elle est puissamment émétique.

4i9* Sulfate acide d'antimoine. Il est sous la forme d’une-

masse blanche, molle, qui , étant traitée par l’eau, se transforme en sous-sulfate blanc, insoluble, pulvérulent , et en sur-sulfate soluble.

420. Sulfite d’antimoine. Il est pulvérulent , peu soluble dans l’eau, doué d’une saveur âcre et astringente; chauffé il se fond, se volatilise et se décompose.

421. Nitrate d’ antimoine. Il est peu connu; on sait qu’il est soluble dans l’eau ; e esolutiim , exposé à l’air , se trouble et laisse déposer du deutoxide ; lorsqu’on le traite par une grande quantité d’eau, on en précipite l’oxide blanc; cet oxide , desséché dans une capsule , s’enflamme comme de l’amadou si on continue à le chauffer ( Berzelius ).

- 4-aÿ Hydro-chlorate d’antimoine. Ge sel peut cristalliser en aiguilles blanches , mais le plus souvent on l’obtient à l’état liquide ; il est acide , incolore , et doué d’une saveur caustique; l’eau le décompose et le précipite en blanc; le précipité est un sous-hydro-chlorate d’antimoine (pbudre d’Aîgarotk ) , et il reste dans là liqueur du sur-hydro-chlorate. Lorsqu’on le chauffe , il se dessèche, se décomposé et ■ âe transforme en chlorure à! antimoine (heurte d’antimoine).

4 23. Sous-hydro-sulfate d’antimoine (kermès minéral ). Le kermès est solide , d’un rouge brun, d’autant plus foncé , toutes choses égales d’ailleurs , qu’il a été mieux préservé du contact de la lumière : il est léger et velouté.

Chauffé dans des vaisseaux fermés , ilsé décompose et se transforme en eau , en gaz acide sulfureux et en oxide d’antimoine sulfuré ; en effet, l’hydrogène , et une partie du soufre de l’acide hydro-sulfurique , se combinent dans cette expérience avec une portion dé l’pxigène de l’oxide d’antimoine pour former de l’eau et de l’acide sulfureux (Robiquet). P. E , Mêlé avec son volume de charbon et chauffé jusqu’au rouge dans un creuset, le kermès se décompose également, et donne de Y antimoine métallique , de l’eau, du gaz acide carbonique et du gaz acide sulfureux.

30 E S OXIDES DAK.IBÎOISE,

Exposé à l’air , il se décolore et se décompose ; Foxigène de Fatmosphère s’unit avec l’hydrogène pour former de Feau ; d’où il suit que le soufre doit se trouver prédominant. Il est insoluble dans Feau , mais' il peut se dissoudre dans quelques hydro - sulfates sulfurés ; ceux de potasse et de soude le dissolvent bien à chaud et très-peu à froid ; ceux de baryte , de strontiane et de chaux le dissolvent à toutes les températures.

424. Si on met dans un petit flacon à l’émeri une certaine quantité de kermès, et qu’on remplisse le flacon d’acide hydro-chlorique étendu du tiers de son volume d’eau , on remarque que ces deux corps réagissent l’un sur l’autre, qu’une portion de kermès se dissout, que le mélange acquiert une couleur jaunâtre , et qu’il se dégage un peu dé gazacide hydro-sulfurique. Si on bouche le flacon et qu’on le comprime afin d’ empêcher ce dégagement, on obtient un liquide d’un blanc jaunâtre, formé d’hydro- chlorate trèsacide d’antimoine, et d’une petite quantité d’acide hydrosulfurique. 11 est évident que l’acide hydro-chlorique décompose le kermès, s’empare de l’oxide d’antimoine avec lequel il forme un hydro-chlorate acide ; tandis que l’hydrogène et le soufre s’unissent pour donner naissance à du gaz acide hydro-sulfurique qui reste dans la dissolution f cet acide ne précipite pas l’oxide d’antimoine parce qu’il y est en petite quantité, et surtout parce que l’acide hydro-ehlorique combiné avec l’oxide est en grand excès.

Si on décante cette dissolution d’hydro-chlorate d’antimoine et d’acide hydro-sulfurique , et que l’on y verse quelques gouttes d’eau , on obtient un précipité jaune orangé formé de sous-bydro-sülfate d’antimoine : dans ce cas , Feau s’empare de l’excès d’acide hydro-chlorique; l’oxide d’antimoine est par conséquent beaucoup moins retenu, et l’acide hydro-sulfurique le précipite comme à l’ordinaire. Ce fait est remarquable en ce qu’il fournit l’exemple d’une disse-

lution d’hydro-chlorate d’antimoine que l’eau précipite en jaune orangé, au lieu de précipiter en blanc.

Si on filtre cette dissolution d'hydro-chlorate d’antimoine etd’acide hydro-sulfurique et qu’on la fasse bouillir pendant quelques instans , l’acide hydro-sulfurique se dégage , et alors l’hydro- chlorate d’antimoine qui reste précipite en blanc par l’eau, ce qui est parfaitement d’accord avec tout ce que nous venons d’exposer.

Si on faitbouillir le kermès avec une assez grande quantité de dissolution de potasse ou de soude , il se décompose surle-champ , perd sa couleur , et se transforme en protoxide d’antimoine d’un blanc jaunâtre , insoluble , et en hydrosulfate de potasse sulfuré tenant un peu de protoxide d’antimoine en dissolution : aussi, si après avoir filtré cette dissolution on y verse quelques gouttes d’acide nitrique, celui-ci s’unit avec la potasse , et l’on voit paraître un précipité jaune, plus ou moins rougeâtre , formé de protoxide d’antimoine, d’acide hydro-sulfurique et de soufre.

Sous-hydro-sulfate d’antimoine sulfuré ( soufre doré }, Ce produit ne diffère du kermès qu’en ce qu’il contient plus de soufre. Il est solide, jaune orangé , insoluble dans l’eau, et donne, lorsqu’on le calcine avec du charbon , ün culot d’antimoine métallique. En médecine on se sert de ces deux produits pour remplir à-peu-près les mêmes indications ; mais on préfère presque toujours le kermès. On l’emploie, i° comme tonique du système pulmonaire dans la dernière période des inflammations aiguës des poumons , dans toutes les périodes des fluxions de poitrine appelées catarrhales , sans crachement de sang et sans une grande irritation de la poitrine, dans la coqueluche lorsque l’irritation a cessé , dans l’engorgement des glandes du poumon, dans les catarrhes chroniques, dans l’asthme humide , etc. On l’administre à la dose d’un , deux ou trois grains dans du beurre de cacao , dans de l’huile , dans ua

jaune d’œuf ou dans des extraits ; 2° on fait prendre souvent comme émétique 6 à i o grains de kermès dans 3 ou 4 onces de sirop d’ipéeacuanha que l’on donne par cuillerées à bouche, de quart* d’heure en quart-d’heure, jusqu’à ce que le vomissement ait lieu; 3° on l’emploie aussi comme sudorifique et stimulant delà peau, dans les phlegmasies cutanées chroniques , telles que la gale , les dartres , etc. , dans les rhumatismes lents , les sciatiques et gouttes anciennes : dans ces cas , on l’associe au camphre et à l’antimoine diaphonique non lavé. Le soufre doré a été principalement préconisé contre la goutte ; l’une et l’autre de ces préparations paraissent être d’une très-grande utilité dans le traitement de la plique polonaise. Administrées à haute dose elles peuvent donner lieu à tous les symptômes de l’empoisonnement.

4a5. Arséniate à! antimoine. 1 1 est pulvérulent, insoluble dans l’eau; il en est de même du molybdate d’antimoine.

Des Sels formés par le deutoxide d’antimoine.

Ces sels ont été fort peu étudiés ; quelques-uns même n’existent pas ; on peut en obtenir un certain nombre en faisant dissoudre le deutoxide dans les acides: tels sont, par exemple, les deuto-suîfate et hydro-chlorate , qui pré-, cipitent en blanc par l’eau et par les alcalis , et en jaune rougeâtre par les hydro-sulfates.

Du Sulfure d’antimoine.

Ce sulfure se trouve très-abondamment dans la nature; on le rencontre dans les départemens du Gard, du Puy-de- Dôme, dans le Vivarais , en Toscane, en Saxe, en Hongrie, en Bohême , en Suède, en Angleterre, en Espagne , etc. 11 est cristallisé en aiguilles d’un gris bleuâtre, brillantes, inodores et insipides. H paraît formé de 100 parties de

rîlEîilÈRE PARTIE.

métal et de 33,333 de soufre. M. Thompson porte la proportion de soufre à 35,55g.

4^6. Chauffé dans des vaisseaux fermés , il entre promptement en fusion et né, se décompose pas ; mais s’il est en contact avec l’air ou avec le gaz oxigène , il se transforme en gaz acide sulfureux «t en protoxide d’antimoine sulfuré fusible. Ce produit, fondu pendant un certain temps dans un creuset d’argile, constitue le crocus metailorum , le safran des métaux y safran d' antimoine ; il est brun marron, a la cassure vitreuse , et contient de la silice qu’il a enlevée au creuset. Si on continue à le faire fondre et qu’on le coule , il donne par le refroidissement un verre transparent, couleur d’hyacinthe, composé de protoxide et de sulfure d’antimoine , d’alumine, de silice et de fer oxidé (î), d’où l’on doit conclure que la matière du creuset a été attaquée ; ce verre est opaque s’il contient beaucoup de sulfure ; suivant M. T/auquelio, il serait jaune citrin s’il ne renfermait pas de fer. On peut y démontrer l’existence de toutes ces substances au moyen de l’acide hydro - chlorique. Le verre d’antimoine est employé pour faire le tartre stibié , le vin antimonié; il est fortement émétique, et on l’administre rarement seul. On lit dans Hoffmann des observations d’empoisonnemens produits par j.k 8 grains de cette substance' et terminés par la mort.

On peut combiner par la fusion et en plusieurs proportions le protoxide d’antimoine avec le sulfure ; la rubine des anciens est formée de 8 parties du premier et d’une partie

(i) C’est â la silice que le verre d’antimoine doit sa transparence ; en effet , que l’on fasse chauffer dans un creuset de platine du sulfure d’antimoine grillé seul , on n’obtiendra qu’une masse opaque } que l’on mette, au contraire, un mélange du même sulfure et de sable (silice ) dans le même creuset , on ne tardera pas à former du verre transparent.

BU SULFURE D* A 2Ï T I M 6 1 K E. 38ï

8a second; le crocus. , dont nous avons déjà parlé , peut être préparé avec trois parties de protoxide et une de sulfure ; enfin , le foie d’antimoine résulte de l’action d’une partie du dernier sur deux de protoxide.

L’acide sulfurique concentré transforme le sulfure d’antimoine, à l’aide de la chaleur, en proto-sulfate d’antimoine blanc; une partie de l’acide est décomposée, cède del’oxigène au soufre et à l’antimoine, et se trouve réduite à du gaz acide sulfureux qui se dégage. Il en est de même de l’acide nitrique concentré , exeepté qu’il y a dégagement de gaz nitreux ( deutoxide d’azote). Le sulfure d’antimoine chauffé avec de l’acide hydro-chlorique liquide , dans une petite fiole à laquelle on adapte un tube recourbé propre à recueillir les gaz , décompose l’eau qu’il renferme ; le soufre et l’hydrogène de l’eau forment du gaz acide hjdro-sulfurique qui se dégage, et l’antimoine et l’oxigène de l’eau donnent naissance à du protoxide d’antimoine qui se dissout dans l’acide hydro-chlorique ; c’est même par ce moyen que l’on peut se procurer abondamment et dans un grand degré de pureté, le gaz acide hydro-sulfurique (hydrogène sulfuré).

Si on fait bouillir de l’eau dans laquelle on ait mis du sulfure d’antimoine et de la chaux , ou de la baryte , ou de la strontiane pulvérisés, l’eau est également décomposée , et l’on obtient un liquide formé, i° d’hydro-sulfate sulfuré de la base; 2° de sous-hydro-sulfate d’antimoine ( kermès ).

Théorie. Comme la chaux ne se décompose pas, on peut la représenter par

Chaux

Le sulfure d’antimoine par. . . . Antimoine -j- soufre -}- soufre -J-soufre. L’eau par. ..... Oxigène. -f- hydroge.-J-hydroge.

Protoxide A. hydro- Hydro - sulfate de d’antimoine, sulfurique. chaux sulfuré.

38* î’Ê.ÉKlkàÉ PARTIE.

L’eau en sè décomposant cède son oxigène à l’antîmoîné,le transforme enprotoxide ; l’hydrogène s’unit aux deux portions de soufre au-dessous desquelles nous l’avons placé, formé de l’acide hydro-sulfurique , Une partie de eét acide se combine avec la chaux et le soufre, et donne naissance à de l’hydro-sulfate sulfuré , tandis que l’autre partie se combine avec le protoxide d’antimoine* et produit du kermès qui peut rester en dissolution dans la liqueur.

La potasse et la soude agissent de là même manière sur le sulfure d’antimoine •, mais le kermès qui en résulte ne peut être dissous qu’autant que la liqueur est très-chaude/ par conséquent il se précipite aussitôt qu’elle vient à se refroidir. Nous verrons par la suite que la préparation du kermès repose toute entière sur cette propriété. ( Voyez Préparations. )

Lorsqu’on projette dans un creuset chauffé jusqu’au rouge parties égales de nitrate de potasse et de sulfure d’antimoine pulvérisés, on obtient un produit brun marron connu sous le nom de foie d* antimoine , et qui est composé de sulfate de potasse, de sulfure de potasse et d’oxide d’antimoine 5 d’où il suit que l’oxigène de l’acide nitrique ser porte à-la-fois sur le soufre et sur l’antimoine. Le foie d’antimoine était très-employé autrefois comme vomitif, purgatif et fondant 5 on s’en servait, et on s’en sert encore quelquefois dans îa préparation du vin émétique trouble et non trouble. On obtient \c fondant de Rotrou en employant* an lieu de parties égales , 3 parties de nitrate de potasse et une de sulfure d’antimoine , et en mettant le feu au mélange au moyen d’un charbon rouge. Le produit qui en résulte est du sulfate de potasse + du deutoxide d’antimoine uni à la potasse.

Le sulfure d’antimoine est décomposéà l’aide de la chaleur par l’étain , le plomb , le cuivre et l’argent , qui s’emparent du soufre qui entre dans sa composition. H

Ï>E l’acide ANTIMOXIQUÈ. SBî

employé pour extraire le métal et pour préparer le kermès, le soufre doré , le verre d’antimoine , la rubine , le foie d’antimoine, le fondant de Rotrou , etc.

Des A eide s formés par V antimoine.

M. Berzelius pense que les fleurs d’antimoine et l’oxide qui résulte de Faction de l’acide nitrique sur l’antimoine , constituent deux acides particuliers , qu’il a nommés antimonieux et antimonique. Cette opinion est loin d’être partagée par tous les chimistes ; quelques-uns d’entre eux, non - seulement ne regardent pas ces corps comme des acides, mais ils n’admettent pas de différence entre les fleurs d’antimoine et l’oxide fait par Façade nitrique : telle est la manière de voir de M. Proust. Voici , au surplus , les caractères assignés par M. Berzelius à ces deux corps.

Acide antimonique. Il a une couleur jaune 5 il se réduit , à une chaleur rouge , en oxigène et en acide antimonieux ( fleurs d’antimoine ) ; il rougit Yinfusum de tournesol ; il n’a point la propriété de neutraliser les acides 5 il s’unit à presque toutes les bases salifiabïes et forme des antimoniales ; il est composé de 100 parties de métal et de 3^,3 d’ oxigène. Uantimomate de potasse est soluble dans l’eau 5 le solutum précipite les eaux de chaux, de baryte, de zinc, de fer , de manganèse, de cobalt, de cuivre, de plomb, etc. ; il est précipité par le gaz acide carbonique et par l’acide acétique; le précipité blanc formé par l’acide antimonique contient de l’eau. D’après M. Berzelius , l’antimoine diaphorétique serait un antimoniate dépotasse.

Acide antimonieux (fleurs d’antimoine ). Il est blanc, moins oxigéné que le précédent ; il n’éprouve aucune décomposition de la part du calorique ; il se comporte comme lui avec Yinfusum de tournesol , les acides et les alcalis. L ’antimonite neutre de potasse jouit de propriétés analogues à celles de l’antimoniate.

Première fart it*

Du Tellure.

Le tellure se trouve , i° combiné avec le fer et for es Transylvanie, dans les mines de Müria-Loretto; a° avec l’or et l’argent aussi en Transylvanie 5 3° avec le plomb, l’or , l’argent et le soufre ; 4° enfin avec le plomb , l’or , le soufre et le cuivre.

Le tellure est solide, blanc bleuâtre , très-éclatant, d’un tissu lamelleux, très-fragile , facile à réduire en poudre*, sa pesanteur spécifique est de 6,11 5.

Chauffé dans des vaisseaux fermés , il fond à un degré de chaleur un peu supérieur à celui qui est nécessaire pour liquéfier le plomb ; il se volatilise ensuite, et se condense en gouttelettes. L’air atmosphérique et le gaz oxigène ne paraissent pas agir sur lui à froid; mais si on élève la température, il se forme un oxide volatil d’une odeur analogue à celle du raifort , qui répand des vapeurs blanches 5 il y a en outre dégagement de calorique et de lumière bleue verdâtre.

Le gaz hydrogène peut se combiner directement avec le tellure ; il suffit pour cela de le mettre en contact avec le gaz qui se produit en décomposant l’eau par la pile électrique; il se forme , dans ce cas , un hydrure solide brun ; il existe encore un produit gazeux formé aussi de ces deux élémens et que l’on ne peut pas obtenir directement ; il porte lé nom de gaz hydrogène telluré, et plusieurs chimistes l’appellent acide hydro-tellurique. Il est gazeux , incolore , doué d’une odeur semblable à celle du gaz acide hydro-sulfurique ; on ignore quelle est sa pesanteur spécifique ; il rougit l’ infusum de tournesol. Ilabsorbele gaz oxigène lorsqu’on l’approche d’un corps enflammé ; il y a dégagement de calorique et de lumière bleuâtre , et dépôt d’oxide de tellure. Il se dissout dans l’eau ; le solution, d’un rouge clair , se déeomposeparle

Su TELLURE. 385

contact de l’air, et il en résulte de l’hydrure de tellure qui se dépose sous la forme d’une poudre brune : cet hydrure contient moins d’hydrogène que le gaz , d’où il suit que l’oxigène de l’âir s’est combiné avec une portion d’hydrogène. Il s’unit aux alcalis , et donne des produits qui ont le plus grand rapport avec les sels. Le chlore le décompose et lui enlève son hydrogène. Il précipite plusieurs des dissolutions métalliques formées par les métaux des quatre dernières classes. Il est composé , d’après Mi Berzelius , de ioo parties de tellure et de 1,948 d’hydrogène.

Chauffe avec du chlore gazeux, le tellure passe à l’état de chlorure solide , et il y a dégagement de calorique et de lumière; ce chlorure est incolore, demi - transparent , et paraît formé de 100 parties de tellure et de 90,5 de chlore (H. Davy). On ne connaît pas l’action des autres corps simples sur ce métal. Il n’agit point sur Veau. Les acides sulfurique , nitrique et l’eau régale l’oxidentet le dissolvent. On ignore quelle est l’action des autres acides sur lui. Il n’est pas employé.

De T Oxide de tellure.

427. Il est le produit de l’art, d’une couleur blanche; il fond un peu au-dessous delà chaleur rouge et se volatilise. Il peut se dissoudre dans quelques acides. Il se combine avec la potasse , la soude et l’ammoniaque à l’aide de la chaleur , et donné des produits peu solubles dans l’eau. Il est formé , suivant M. Berzelius, de 100 parties de métal et a4,83 d’oxigèné ; il n’a point d usages.

Des Sels de tellure.

Les dissolutions de tellure sont décomposées et précipitées en blanc par la potasse Ou la soude; l’oxide précipité se redissout dans un excès du réactif précipitant; les hydrosulfates solubles y font naître un précipité noir de sulfure 1. a5

386 PRESilÊRE RARTIÈ.

de tellure ; l’infusion de noix de galle en précipite des flocons jaunes ; l’hydro-cyanate de potasse et de fer ( prussiate ) ne les trouble point. Le zinc , le fer et l’antimoine en séparent du tellure noir pulvérulent.

4a8. Sulfate de tellure. Il est incolore,, soluble dans Beau, et facilement décomposable par le feu.

429. Nitrate detellure.il est incolore, décomposable par 1 eau , qui en précipite du sous-nitrate soluble dans un excès d eau 5 il donne , par l’évaporation, des aiguilles prismatiques , incolores et légères.

430. Hydro-chlorate de tellure. Il est liquide , décomposable par l’eau ; le précipité blanc formé se dissout dans une grande quantité d’eau.

De VJJrane.

L’urane ne se trouve dans la nature que combiné avec l’oxigène; il fait partie de la mine connue sous le nom de pechblende

43 1 . L’urane est un métal solide , d’une couleur grisé foncée , très-brillant, cassant , facile à entamer par le couteau et par la lime; cependant M. Clarke dit avoir retiré du pechblende , au moyen du chalumeau à gaz , un métal semblable à l’acier , tellement dur que la lime la plus acérée y mord à peine; mais il, est probable que ce métal est allié à du plomb , à du fer et à du silicium , dont les oxides entrent dans la composition du pechblende. (Clarke , Ann. de Chimie et de Phys. , t. III. ) Sa pesanteur spécifique est de 8,7.

Ce n’est guère que dans ces derniers temps que l’on a pu fondre Vwrane aü moyen du chalumeau à gaz de Brooks. Suivant M. Clarke, il absorbe, durant sa fusion , l’oxigène de l’air, et passe à l’état d’oxide jaune serin. On a peu fait d’expériences pour constater l’action de l’urane sur les corps simples. H n’agit point sur l’eau , ni sur les acides borique, carbonique , phosphorique ^ il est à peine attaqué par l’acide

DE l’üEÀÏîÈï

sulfurique . tandis qu’il décompose assez bien l’acide nitrique , lui enlève une portion de son oxigène , s’ oxide et se dissout dans la portion d’acide non décomposée. Il n’a presque pas d’action sur l’acide hydro-chlorique. Il est sans usages.

Des Oxides dïurane.

Plusieurs chimistes admettent un protoxide d’urané gris noirâtre qui entre dans la composition du pechblende ; M. Proust élève des doutes sur son existence , parce que suivant lui, il â été impossible, de l’obtenir et de l’analyser * et que, d’ailleurs , il ne forme point de sels avec les acides* Voici quels sont les caractères assignés à ce protoxidé. Il est gris noir , difficilement fusible, et insoluble dans les acides r à moins qu’il n’absorbe de l’oxigène pour passer à l’état de deutoxide. Il est formé ,. suivant M. Bucholz , de îoo parties d’urane et de 5, 17 d’oxigène. Il existe , dit-on , en Saxe et en Bohême*

43a. Deutoxide d’urane. On le troüveen petite quantité à Saint-Symphorien près d’Autun , et à Chanteloübe près Limoges ; en Saxe, en Angleterre , dans le Wurtemberg, en Bohême; sa couleur varie du jaune citron auvertémeraude ; il est en lamés cristallines oü sous la forme de poudre ; il se combine avec plusieurs acides. Il n’a point d’usages ;il est formé , suivant Bucholz , de 80 parties de métal et de 20 parties d’oxigène.

Des Sels formés par le deutoxide Æurane.

Les sels d’urâne ont une saveur astringente , forte sans mélange de saveur métallique. Ils sont tous colorés en jaüne oü en blanc jaunâtre. La potasse caustique précipite l’oxide jaune de ceux qui sont solubles dans l’eau. Les Carbonates de potasse et de soude y font naître un précipité blanc: ces précipités se dissolvent dans un excès de potasse. L’hydro-sulfate de potasse y produit un dépôt brun

jaunâtre, qui est du sulfure d’urane. Le prussiate de potasse y forme un précipité rouge brunâtre , et l’infusion de noix de galle un précipité chocolat. Tous ces sels sont sans usages.

433. Le phosphated’urane esLtrès-peu soluble dans l’eau , et d’une couleur blanche jaunâtre.

434- Sulfate d’urane. il est en petits cristaux prismatiques , ou en tables d’un jaune citron , dont la couleur passe au vert par son exposition au soleil , solubles dans la moitié de leur poids d’eau bouillante , un peu moins solubles dans l’eau froide -, entièrement déeomposables par le feu en oxide et en acide.

43 5. Nitrate d’urane. Il cristallise en lames hexagones ou en larges prismes rectangulaires à quatre pans aplatis, d’un jaune citron ou verdâtres , solubles dans la moitié de leur poids d’eati à i5°, beaucoup plus solubles dans l’eau bouillante , efflorescens dans un air dont la température est à 38°, th.c. , déliquescens , au contraire , dans tin air froid et humide. Ces cristaux, chauffés , fondent dans leur eau de cristallisation , se décomposent et donnent de l’oxide d’urane , du gaz deutoxide d’axote ét du gaz oxigène.

436. Hydro-chlorate d’urane. Il est sous la forme de prismes quadrangulairés, aplatis , d’un vert jaunâtre , déliquescens et très-solubles dans l’eau.

43y. Hydro - phtorate d’urane. Il est cristallisable et inaltérable à l’air.

438. Arséniate d’urane. Il est sous la forme d’une poudra blanche jaunâtre , insoluble dans l’eaü.

Du Cérium.

On n’a jamais trouvé le cérium à l’état natif : il existe en Suède, combiné avec l’oxigène, la silice et l’oxide de fer , ee qui constitue l’oxide siiicifère de cérium , ou la cérite. On rencontre aussi cette mine au Groenland ; mais elle renferme en outre de la chaux et de l’alumine.

©u cérium. 38gt

439. Lecérium est un métal solide, d’une couleur blanche grisâtre , très-fragile , et d’une structure lamelleuse -, on ignore quelle est sa pesanteur spécifique. Il est très-difficile à fondre au feu de nos forges : cependant la cérite se fond et se réduit avec la plus grande facilité à l’aide du chalumeau à gaz (Clarke). Il n’est point volatil à la chaleur rouge que peut éprouver une cornue de porcelaine dans un, fourneau à réverbère (Laugier). L’air atmosphérique et le, gaz oxigène, à une température élevée , le font passer à l’état d’oxide blanc. On a peu fait d’expériences pour constater l’action du cérium sur les corps simples et sur les acides. Il n’agit point sur Y eau. Il est sans usages.

Des Oxides de cérium.

440. Leprotoxide de cérium est un produit de l’art ; il est blanc, très-difficile à fondre, et susceptible de passer à l’état de deutoxide lorsqu’on le chauffe avec le gaz oxigène ou avec l’air atmosphérique. Il n’a point d’usages -, il se dissout dans plusieurs acides ; il est formé, suivant M. Hisinger, de 100 parties de cérium et de 17,41 d’ oxigène.

441 . Deutoxide. Il entredans la composition delà cérite ; sa couleur est brune rougeâtre ; il est très-difficile à fondre», n’exerce aucune action sur le gaz oxigène , et n’a point d’usages. Chauffé avec l’acide hydro-chimique , il passe à l’état de protoxide qui se dissout ; l’ oxigène qu’il a perdu s’unit à l’hydrogène (l’une portion d’acide hydro-chlo-. tique pour former de l’eau, et il se dégage du chlore. M. Hisinger le croit formé de ioo parties de métal et de 26, 11 5 d’ oxigène.

Des Sels de cérium.

Tous les sels de cérium sont le produit de l’art; ceux qui sont solubles ont une saveur sucrée : ils sont tous précipités en blanc par l’hydro-cyanate de potasse ( prussiate }

et par l’oxalate d’ammoniaque; mais le premier précipité se dissout dans les acides nitrique et hydro-chlorique, tandis que le second y est insoluble. L’infusion de noix de galle ne trouble point les dissolutions dè cérium. Les hydro-sulfates solubles les décomposent et en précipitent un sulfure.

Des Sels formés par le protoxide de cérium.

Ces sels sont incolores.

442. Proto-carbonate de cérium. Il est grenu , insoluble dans l’eau pure et dans l’eau acidulée avec l’acide carbonique. Le proto-phosphate de cérium est également insoluble dans l’eau; il ne se dissout pas non plus dans les acides nitrique et hydro-chlorique.

443. Proto-sulfate de cérium. On l’obtient facilement en cristaux ; il est soluble dans l’eau.

444* Proto-nitrate de cérium. Il cristallise difficilement et retient un excès d’acide ; il attire l’humidité de l’air et se dissout très - bien dans l’eau,

44^* Proto-hydro-chlorale de cérium. Il est sous la forme de petits cristaux prismatiques à quatre pans ; ' il rougit Vinfusum de tournesol , attire l’humidité de l’air , et se dissout très-bien dans l’eau.

446. Proto-arséniate de cérium. Il est insoluble dans l’eau, à moins qu’elle ne contienne un excès d’acide. Le molybdate de cérium est insoluble dans l’eau et dans les acides.

Des Sels formés par le deutoxide de cérium.

Ils ont une couleur jaune ou jaune orangée.

447* Deuto-sulfate de cérium. Il est sous la forme de petits octaèdres ou de petites aiguilles d’un jaune citron ou d’un jaune orangé, solubles seulement dans l’eau acidulée; ils se transforment à l’air en une poudre jaune.

448. Deuto-sulfîe de cérium. On peut l’obtenir sous la ferme de cristaux, de couleur améthyste pâle.

DU COBALT, Sgi

449. Deuto-nitrate de cérium. Il est jaune, difficile à cristalliser lorsqu’il est saturé d’oxide, et attire l’humidité de l’air-

450. Deuto-hydro^chlorate de cérium. La chaleur de l’eau bouillante suffit pour le décomposer et le transformer en proto-hydro-chlorate et en chlore , ce que l’on conçoit facilement en admettant la décomposition d’une portion d’acide hydro-chlorique et la formation de l’eau aux dépens de l’hydrogène de l’acide décomposé et d’une partie de l’oxigène de l’oxide.

Du Cobalt ,

Le cobalt se trouve dans la nature , i° combiné avec l’oxigène ; 20 avec le fer , le nickel , l’arsenic et le soufre ; 3° avec l’oxigène et un acide à l’état de sel.

45 1. Le cobalt est solide, d’une couleur blanche argentine, légèrement ductile ; sa texture est granuleuse, serrée 5 sa pesanteur spécifique est de 8,5384* Il est magnétique , mais moins que le fer. Il paraît fondre au même degré de feu que ce métal, c’est-à-dire , à i3o°du pyromètre de Wedgwood ; on. en opère facilement la fusion au moyen du chalumeau de Brooks ( Clarke). Il absorbe le gaz oxigène à une température élevée, et passe à l’état de deutoxide noir; il n’éprouve point d’altération de la part de ce gaz à froid. Il peut se combiner avec le phosphore à l’aide de la chaleur , et donne un phosphure blanc , brillant , fragile , plus fusible que le cobalt , et qui se transforme , par l’action de l’air , en gaz oxigène , en acide phosphoiique et en oxide de cobalt, pourvu que la température soit assez élevée. Ce phosphure est formé de 94 parties de cobalt et de 6 parties de phosphore. La combinaison du chlore avec le cobalt s’opère sans dégagement de lumière , même à la température rouge cerise. Le chlorure , d’un gris de lin , se transforme en hydro-chlorate rose lorsqu’on le fait dissoudre dans l’eau (Voyez Hydro-chlorate'). Ce métal ne fait

398 ÏSEMltRE - PARTIE,

éprouver aucune altération à Veau. Les acides borique , carbonique et phosphorique n’agissent point sur lui ; l’acide sulfurique concentré et bouillant est en partie décomposé par le cobalt ^ qui absorbe une portion de son oxigène •et forme du sulfate; il se dégage du gaz acide sulfureux. -L’acide nitrique est en partie décomposé par le cobalt ; il le transforme en protoxide et le dissout ensuite ; il se dégage du gaz deutoxide d’azote. L’aeide hydro-chlori que liquide attaque difficilement ce métal, à moins qu’il ne soit uni avec un peu d’acide nitrique. Le cobalt peut se combiner avec plusieurs métaux , mais on n’emploie aucun des alliages où il entre. Il est sans usages.

Des Qxides de cobalt.

Protoxide de cobalt. Il est le produit de l’art. Lorsqu’il est récemment séparé d’une dissolution de cobalt, il est bleu; si on le dessèche sans le contact de l’air, il est d’un gris rougeâtre. Nous allons l’examiner sous ces deux états: i° lorsqu’il est bleu et mêlé avec de Veau. Exposé à l’air , il absorbe l’oxigène et devient verdâtre (1) ; si on le met en contact avec une dissolution de chlore , il passe à l’état de deutoxide noir sur-le-champ (voyez Proto-sels de fer , pag. 324) ; si au lieu de l’exposer à l’air on le met avec de l’eau dans des vaisseaux fermés , il passe au violet , se combine avec l’eau , augmente de volume et devient hydrate rose , que l’on peut obtenir sous la forme d’une poudre composée de 79 à 80 parties de protoxide et de 20 à 21 parties d’eau (Proust). 20. Lorsqu’il est gris rougeâtre et sec. Chauffé jusqu’au rouge dans un creuset , il s’embrase tout-à-coup lorsqu’on le met en contact avec l’air , s’éteint, noircit , et se trouve transformé en deutoxide : d’après

(ï) M. Thénard regarde ce produit verdâtre comme un oxide nouveau qui tient le milieu entre les deux que nous admettons.

DES SELS DE COBALT. 3ÿ3

M Clarke , il peut être facilement fondu et décomposé en oxigène et en cobalt au moyen du chalumeau à gaz. Le soufre le décompose à une température élevée , s’empare du métal et forme un sulfure. Il se combine parfaitement avec les acides. Il se dissout dans l’ammoniaque et lui communique une belle couleur rouge. Il est formé , d’après M. Proust, de roo parties de cobalt et de 20 parties d’oxigène. On l’emploie pour teindre en bleu les cristaux , les émaux , la porcelaine , etc. U azur n’est autre chose qu’un verre bleu pulvérisé et composé de silice , de potasse et de protoxide de cobalt.

453. Deutoxide de cobalt. On le trouve en Saxe combiné avec d’autres métaux. Il est noir , décomposabïe en oxigène et en cobalt au moyen du chalumeau à gaz. Il ne secombirie avec les acides qu’autant qu’il a perdu une portion de son oxigène. L’acide sulfureux. le dissout sur-le-champ, parcs qu’il lui enlève une portion de son oxigène pour passer à l’état d’acide sulfurique. Il est composé , suivant M. Proust, de 100 parties de métal et de 25 parties d’ oxigène.

Des Sels formés par le protoxide de cobalt.

Presque tons les sels de cobalt sont d’une couleur rose rougeâtre 5 la potasse , la soude et l’ammoniaque les décomposent et en précipitent le protoxide bleu ; ce précipité se dissout dans un excès d’ammoniaque, et donne un -liquide rouge , si le sel de cobalt est pur-, ce liquide est un sel double de cobalt et d’ammoniaque. Les hydro-sulfates solubles y font naître un dépôt noir de sulfure de cobalt soluble dans un excès d’hydro - sulfate , suivant M. Proust. L’hy d ro-cyan a te de potasse ( prussiate) les pré' cipiteen vert d’herbe. Les carbonates, les phosphates, les arséniates et les oxalates solubles y font naître des précipités roses qui sont formés par du carbonate , du phosphate , de i’arséniate ou de l’oxaiate de cobalt.

3$4 rEÏMlÈRE PARTIE.

454. Borate de cobalt. Il est pulvérulent , rougeâtre et insoluble dans l’eau ; chauffé , il se fond et donne un verre bleu foncé.

455. Carbonate de cobalt. Il est sous la forme d’une poudre rose, insoluble dans l’eau ; il se décompose àl’aide delà chaleur et donne le protoxide gris , s’il n’a pas le contact ée Pair 5 dans le cas contraire , il passe à l’état de deutoxide. Traité par la potasse , il fournit l’hydrate de cobalt rose.

456. Phosphate de cobalt. Il est d’une couleur rose , violacée, insoluble dans l’eau et soluble dans l’acide phosphorique : mêléavec 8 parties d’alumine en gelée et chauffé dans un creuset., il donne un produit d’une belle couleur bleue qui peut remplacer l’outremer, et qui a été découvert par M. Thénard. ( Voyez Préparations. )

4^7* Sulfate de cobalt. Il cristallise en aiguilles formées de prismes rhomboïdaux, terminés par des sommets dièdres, d’une couleur cramoisie, qui devient rose quand le selest desséché ; il rougit Vinfusum de tournesol et se dissout dans l’eau. La dissolution de ce sel, mêléeavee celle du suljate d’ ammoniaque, donne un sel double, d’un jaune rougeâtre, que l’on peut faire cristalliser. Elle s’unit aussi au sulfate de potasse pour former un sulfate double de potasse et de cobalt qui cristallise avec la plus grande facilité.

458. Nitratede cobalt. Il cristallise en petits cristaux prismatiques , rougeâtres , déliquescens , solubles dans l’eau. Chauffé, il se décompose; l’acide nitrique cède de l’oxigène au protoxide, et le Lit passera l’état de deutoxide.

459. Hydro-chlorate de cobalt. Il cristallise difficilement, attire l’humidité de l’air et se dissout très-bien dans l’eau. Sa dissolution concentrée est d’une couleur bleue foncée; soumise à l’action d’une température élevée , elle devient grisâtre ; si au lieu de la concentrer on l’étend d’eau , elle passe au rose , quelle que soit sa température , et peurêtre employée comme encre de sympathie ; pours’en servir ou

écrit sur du papier , et lorsque les caractères sont secs et invisibles , on les chauffe ; là dissolution de cobalt se concentre , passe du rose au bleu foncé , et les caractères deviennent visibles : exposés à l’air dans cet état , ils ne tardent pas à disparaître , phénomène qui dépend de ce que le sel bleu , concentré, attire l’humidité de l’air et devient d’un rose clair invisible ; d’où il suit que l’on peut les faire paraître ou disparaître à volonté. Si la dissolution de cobalt contient du lrite-hydro-chlorate de fer , les caractères sont verts.

46°. Arséniate de cobalt. SuivantM.. Proust , l’exisience de ce sel dans la nature est plus que douteuse. Les efflorescences roses que l’on trouve dans presque toutes les mines de cobalt , dans celles de cuivre , d’argent y, et qui ont été désignées sous le nom d’ arséniate de cobalt , sont formées , d’après ce savant , par l’oxide blanc d’arsenic et par leprotoxide de cobalt : aussi peut-on en séparer ces deux oxides en les soumettant à l’action d’une température peu élevée. Quoi qu’il en soit , Y arséniate de cobalt , préparé dans les laboratoires , est d’un rouge rose , insoluble dans l’eàu , et ne change pas de couleur lorsqu’on le chauffe au degré qui suffit pour décomposer les efflorescences roses naturelles.

Du Titane.

46i. Le titane se trouve constamment combiné avec l’oxigène : son oxide est tantôt uni à la chaux et à la silice, tantôt à l’oxide de fer. On ignore quelles sont les propriétés physiques de ce métal , tant il est difficile à obtenir-, suivant M. Laugier, il a une couleur jaune. Il est infusibîe au feu de nos meilleurs forges ; M. Clarke annonce que la mine de titane silicéo-calcaire peut être réduite à l’aide du chalumeau à gaz , et que l’on obtient un culot métallique ; mais il est évident que ce culot n’est pas du titane pur. À une température élevée seulement , le titane peut absorber l’oxigène et passer à l’état d’oxide. Qn

a fort peu étudié l’action des corps simples susceptibles de se combiner avec les métaux , sur le titane. Les acides sulfurique , nitrique et hjdro-chlorique attaquent ce métal à l’aide de la chaleur , l’oxident et se combinent avec l’oxide formé. On ignore quelle est l’action de la plupart des autres acides sur ce métal. Il n’a point d’usages.

De V Oxide de titane .

462. Nous croyons ne pas devoir admettre plus d’un oxide de titane , jusqu’à ce que l’on ait démontré que les deux oxides adoptés par quelques chimistes diffèrent entre eux. Cet oxide se trouve dans plusieurs déparlemens de France, à Horcajuela dans la vieille Castille, en Hongrie, en Bavière , en Cornouailles , etc. 5 on le rencontre toujours dans les terrains primitifs. Sa couleur varie extraordinairement suivant les substances avec lesquelles il est combiné : lorsqu'il a été séparé de ces différentes substances et convenablement préparé dans les laboratoires , il est blanc ettrès- . difficile à fondre. Il est soluble dam les alcalis 5 cette dissolution , évaporée , donne une masse dont on peut séparer complètement l’alcali ( potasse ou soude) par des lavages répétés 5 lorsqu’il a été fortement calciné , il est insoluble dans les acides , à moins qu’on ne l’ait préalablement combiné avec un alcali.

Des Sels de Titane.

Les sels de titane sont en général incolores et peusolubles dans l’eau; leurs dissolutions précipitent en blanc par les sous-carbonates de potasse ou de soude, par l’oxalate d’ammoniaque ; en vert gazon obscur parl’hydro-sulfate de potasse; en brun rougeâtre sanguin par Yinfusum de noix de galle et parleprussiatede potasse : ce dernier réactif les précipite, au contraire, en vert gazon brunâtre s’ils contiennent du fer, et le précipitéchange, par l’addition d’un peu de potasse, en pour*

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pre, puis en bleu, enfin il devient blanc. Suivant M. Klaproth, une lame d’étain plongée dans une dissolusion de titane fait prendre au liquide qui l’entoure une belle couleur rouge; tandis que le zinclui communique une couleur bleue foncée.

463. Carbonate de titane. Il est pulvérulent, blanc, avec une teinte jaunâtre, et insoluble dans l’eau.

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