DU CUIVRE
Les miroirs de télescopes sont formés d’une partie d’étain et de 2 parties de cuivre. Les propriétés physiques de ces divers alliages varient un peu suivant les proportions de leurs élémens ; leurs propriétés chimiques seront facilement déduites de celles des métaux qui entrent dans leur composition. Le métal des cloches a été employé , pendant la révolution, pour en extraire le cuivre : nous indiquerons , en parlant de l’analyse , les moyens qui ont été employés pour y parvenir. Cuivre étamé. Nous ne devrions peut-être pas ranger le cuivre étamé parmi les alliages, car il n’est autre chose que du cuivre dont la surface , préalablement décapée ou désoxidée au moyen de l’hydro-chlorate d’ammoniaque (sel ammoniac), de la chaleur et du frottement, est recouverte d’une couche mince d’étain , simplement superposée, et qui a été appliquée au moyen de la fusion. 3°. Alliage de io parties de cuivre et dû une partie d’arsenic. Cet alliage , loin d’être cassant , est légèrement ductile \ il est plus fusible que le cuivre, et paraît être employé à faire des cuillers et des vases. 4°- L 'alliage formé de 25 parties d’antimoine et de y 5 de cuivre est fragile , violet , susceptible d’être poli , et sans usages.
L’action de Y ammoniaque sur le cuivre métallique est remarquable. Que l’on place un peu de tournure de cuivre dans un flacon à l’émeri , que l’on remplit ensuite d’ammoniaque liquide , et que l’on bouche pour éviter le contact de l’air , le liquide qui surnage le cuivre reste incolore et conserve sa transparence ; mais si on débouche le flacon au bout de quelques heures , et qu’on transvase l’ammoniaque , on s’aperçoit qu’elle devient bleue par le contact de l’air, ce qui ne peut avoir lieu sans qu’il y ait du cuivre en dissolution.
Le cuivre est employé pour faire un très-grand nombre d’ustensiles , pour doubler les vaisseaux ; il entre dans la composition de toutes les monnaies , qu’il rend plus dures;
on s’en sert pour faire le laiton , le bronze , la couperose bleue, etc. Il n’est point vénéneux lorsqu’il est pur. Nous ferons l’histoire de l’empoisonnement par les préparations cuivreuses à l’article Acétate de cuivre. (Voyez Chimie végétale , tom. II.)
Des Oxides de cuivre.
4g6. Protoxide. On le trouve en Angleterre, en Sibérie, dans les environs de Cologne -, il est tantôt cristallisé , tantôt en masses ou en poudre ; il est jaune orangé lorsqu’il est humide , et rougeâtre quand il a été fondu -, il peut se combiner avec l’oxigène à l’aide de la chaleur , et se transformer en deutoxide ; il a beaucoup moins de tendance à s’unir avec les acides que le deutoxide ; en effet, il ne se combine guère qu’avec l’acide hydro - chlorique , dans lequel il se dissout à merveille. Il est formé, suivant M. Chenevix, de ioo parties de cuivre et de i2,5 d’oxigène.
497* Deutoxide. Il existe très-souvent dans la nature , combiné avec des acides. Il estd’une couleur bleue lorsqu’il est à l’état dé hydrate; mais si on en sépare l’eau par la dessiccation, il devient d’un brun noirâtre; il n’agit point sur le gaz oxigène; mais il s’empare de l’acide carbonique de l’air , et se transforme en deuto-carbonate de cuivre vert insoluble dans l’eau ( vert-de-gris naturel ) ; il se dissout à merveille dans l’ammoniaque, et donne un liquide d’une couleur bleu de ciel ; il peut être entièrement décomposé par le charbon à une température élevée ; il perd son oxigène, et le métal est mis à nu ; il a la plus grande tendance à s’unir avec les acides. Il est formé , d’après les expériences de M. Proust, de ioo parties de cuivre et de 2.5 parties d’oxigène. Ses propriétés vénéneuses ont été mises hors de doute. On l’a employé autrefois en médecine sous le nom d’ces ustum , pour guérir l’épilepsie , comme émé-