‹ Élémens de chimie médicaleChapitre 79 sur 110 · BES OXIDES BE MERCURE · texte numérisé non relu

BES OXIDES BE MERCURE

tiens ont employé comme .vermifuge l’eau dans laquelle le mercure avait bouilli. Enfin ce métal , dans un grand état de division, fait la base de l’onguent gris , del’onguent napolitain, si souvent employés en frictions. Nous pensons que le mercure métallique très-divisé par le calorique, par de l’eau , par des sucs animaux , des graisses , etc. , est absorbé, et doit être regardé comme un poison. ( Voyez ma Toxicologie , 1. 1 , i re édit. )

Des Oxides de mercure*

On ne Connaît que deux oxides de mercure.

53 1. Protoxide. Il est le produit de l’art , et il n’existe que dans les sels de mercure au minimum ; on ne peut pas l’obtenir isolé, car lorsqu’on cherche à le séparer du proto-nitrate par la potasse , on obtient un précipité d’un noir jaunâtre que l’on a décrit jusqu’à présent sous le nom de protoxide , et qui est formé, d’après le travail récent de M. Guibourt , de deutoxide et de mercure métallique très-divisé: en effet, ce précipité noir jaunâtre, comprimé entre deux corps durs , présente de petits globules mercuriels visibles à l’œil; il se transforme en mercure et en deutoxide lorsqu’on le chauffe jusqu’au rouge obscur; traité par l’acide hydro-ehlorique , il donne du deutohydro-chlorate de mercure et du proto-chlorure (ealomélas). Ou voit donc qu’au moment où l’on cherche à séparer par la potasse le protoxide du proto-nitrate, ce protoxide se décomposé; l’oxigène d’une portion se porte sur une autre partie de protoxide, et il en résulte du deutoxide et du mercure métallique très-divisé , noirâtre.

53a. Deutoxide de mercure ( précipité rouge, précipité per se). On ne le trouve pas dans la nature; il est jaune serin lorsqu’il contient de l’eau, et rouge dans le cas contraire ; chauffé dans des vaisseaux fermés il se transforme au-dessus du rouge brun en gaz oxigène et en mercure ; il est i. 28

434 PREMIÈRE PARÏÎÈ.

également décomposé par la lumière; trituré avec du mercure il fournit une poudre brune que l’on a ci-u être du protoxide , et qui n’est autre chose qu’un mélange de deutoxide et de mercure très-divisé; il se dissout dans l’eau ët lui communique une forte saveur métallique , la propriété de verdir le sirop de violette et de brunir par l’addition de l’acide hydro-sulfurique. L’ammoniaque décompose également cette dissolution aqueuse et produit un précipité formé dedeutoxide et d ammoniaque, décomposable par la chaleur. Le deutoxide de mercure est décomposé , à l’aide d’une douce chaleur, par la plupart des corps avides d’oxigène. Il est formé de 100 parties de métal et de S parties d’oxigène, tandis que le précédent ne renfermeque 4 parties d’oxigène. Il est employé en médecine comme escarrotique j surtout dans les maladies vénériennes ; à l’état pulvérulent il sert à tuer les poux et les morpions; mêlé avec de la graisse , il constitue un onguent dont on fait quelquefois usage dans les maladies syphilitiques. En généra] , l’application extérieure de cet - oxidë peut être suivie de symptômes funestes , et on ne doit le prescrire qu’à la dose de quelques grains.

Des Sels formés par le protoxide de mercure.

Les sels formés par cet oxide sont décomposés et précicipités en noir par les alcalis, tels que la potasse, la soude r l’ammoniaque, etc.; le dépôt, comme nous venons de le voir, est un mélange de mercure métallique divisé et de deutoxide ; l’acide chromique et les chromâtes les transforment en chromate de mercure orangé rougeâtre , insoluble dans l’eau; l’acide hydro-ehlorique les fait passer à l’état de proto-chlorure blanc (calomélas) ; d’où il suit que l’hydrogène de l’acide se combine avec l’oxigène du protoxide pour former de l’eau, tandis que lé mercure mis à nu s’unît au chlore. Ces caractères suffisent

dès Sels de mercure. /$35

pour distinguer ces sels de ceux qui sont formés par le deutoxide.

533. PToto-suljate de met cure. H est blanc , pulvérulent, presque insipide, soluble dans 5oo parties d’eau froide et dans 287 parties d’eau bouillante ; indécomposable par ce liquide $ susceptible de fournir , par une évaporation convenable, de petits cristaux prismatiques 5 il est inaltérable à l’air 5 il noircit par son exposition à la lumière. Il peut se combiner avec de l’acide sulfurique et former du protosulfate très-acide ; si on lui enlève au contraire un peu d’acide au moyen d’un alcali, il passe à l’état de sous-protosulfate.

534. Proto-nitrate de mercure . Il cristallise en prismes blancs , doués d’une saveur âcre , styptique j rougissant Yinfusum de tournesol ; il est décomposé par l’eau et transformé en proto-nitrate très-acide , soluble , incolore , appelé enu /werameZZe , remède du capucin, remède du duc d'Antin ; et en sous-proto-nitrate insoluble, d’un jaune verdâtre. Le proto- nitrate de mercure entre dans la composition du sirop de Belet , dont on prend une cuillerée étendue dans une boisson mucilagineuse. Ce sirop a été utile dans les maladies de la peau , les écrouelles , les érysipèles , les dartres anciennes •, mais il faut l’employer avec précaution , surtout chez les individus faibles. Le remède du capucin est caustique , et peut être appliqué avec succès sur les chancres, les verrues syphilitiques et les ulcères sanieüx.

535. Proto-chlorate de mercure. Il est sous la forme d’une poudre jaune verdâtre, peu soluble dans l’eau bouillante, peu sapide , décomposable par les alcalis , qui le précipitent en noir ; projeté dans une cuiller de platine légèrement chauffée, il détonne , produit une flamme rouge . et se transforme en gaz oxigène , en deuto-chlorure de mercure (sublimé corrosif) qui se volatilise sous la forme de fu-

mées blanches , et en deutoxide rouge de mercure (Vauquelin). Ces résultats s’expliquent parfaitement , d’après les expériences de M. Guibourt : l’acide chlorique se décompose , son oxigène se dégage , le chlore se porte sur le protoxide , qui doit être considéré comme composé de mercure et de deutoxide , transforme le métal en deutochlorure , et met le deutoxide à nu.

Des Sels formés par le deutoxide de mercure.

Ces sels sont tous décomposés par la potasse ou la soude, qui s’emparent de l’acide , et mettent à nu l’oxide jaune serin si on les a employées en suffisante quantité. L’ammoniaque les transforme en un sel double blanc ^ qui se précipite et qui se dissout dans un excès d’ammoniaque. Le prussiate de potasse y occasionne également un trouble blanc ; les hydro-sulfates solubles ou l’acide hydro-sulfurique les décomposent et les précipitent én noir ; le sulfure de mercure précipité donne à l’analyse les mêmes proportions de soufre et de mercure que le cinnabre.

536. Deuto-sulfate acide de. mercure. Il est sous la forme d’une masse blanche , attirant légèrement l’humidité de l’air , rougissant Yinfusum de tournesol , et susceptible d’être décomposée par l’eau en deuto-su Ifate très- acide , soluble , incolore , et en sous-deuto-sulfate jaune insoluble , ou turbitk minéral. Ce turbith est décomposé par le calorique , et fournit du gaz oxigène, du gaz acide sulfureux, et du mercure volatils ; il est également décomposé et dissous par l’acide nitrique, qui le transforme en deutonitrate incolore ; enfin , la potasse caustique lui enlève l’acide par la simple agitation , et il se forme du sulfate de potasse soluble et du deutoxide de mercure jaune serin; il ne se dissout que dans 2000 parties d’eau froide. Boerhaave et Lobb ont fait l’éloge du turbith minéral comme étant propre à prévenir la petite-vérole ; d’autres médecins l’ont

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