‹ Élémens de chimie médicaleChapitre 93 sur 110 · DES OXIDES MÉTALLIQUES · texte numérisé non relu

DES OXIDES MÉTALLIQUES

Des Oxides non métalliques.

Éau. Nous avons déjà indiqué ( pag. io4 ) comment on doit s’y prendre pour obtenir de l’eau dans les laboratoires ; il s’agit maintenant défaire connaître les moyens de préparer l’eau distillée parfaitement pure. On place l’eau dans la eucurbite d’un alambic et on la chauffe; elle ne tarde pas à se réduire en vapeurs ; on rejette environ les 7^ qui distillent d’abord, et qui contiennent le plus souvent du souscarbonate d’ammoniaque volatil , provenant de la décomposition des substances animales qui étaient renfermées dans l’eau; on recueille celle qui se vaporise après; mais on suspend l’opération lorsqu’il ne reste plus dans la cucurbite qu’environ les du liquide employé ; en effet , ce liquide concentré par l’évaporation , renferme des sels qui peuvent réagir les uns sur les autres , et donner quelquefois naissance à des produits volatils ; il peut d’ailleurs contenir des matières animales, qui se décomposeraient si l’on continuait à chauffer , et donneraient des matières volatiles qui altéreraient l’eau distillée pure.

Gaz oxide de carbone. i°. On remplit presque une cornue de grès d’un mélange de parties égales de carbonate de baryte et de limaille de fer parfaitement desséchés; on adapte au col de. la cornue un tube recourbé propre à recueillir le gaz ; on lute et on chauffe graduellement la cornue jusqu’au rouge, cerise ; à cette température , le gaz oxide de carbone ne tarde pas à se dégager ; on néglige de recueillir les premières portions , qui sont mêlées d’air ; à la fin de l’opération on trouve dans la cornue un composé de fer oxidé et de protoxide de barium; l’acide carbonique a donc été décomposé par la limaille de fer rouge , et transformé en oxigène et en gaz oxide de carbone très -pur. 20. On chauffe ensemble , dans un appareil analogue au précédent, parties égales d’oxide de zinc et de charbon

parfaitement calciné, et l’on obtient du gaz oxide de carbone, du zinc métallique , qui se sublime et se condense dans le col de la cornue , et un peu d’acide carbonique. : ce dernier gaz est absorbé par l’eau , et l’oxide de carbone passe sous les cloches ; mais il Contient un peu de gaz hydrogène carboné , provenant de l’hydrogène que renferme le charbon ordinaire ; du reste , la théorie de l’opération est fort simple : l’oxide de zinc ne peut être décomposé par le charbon qu’à une chaleur rouge , parce que ses élémens tiennent fortement entre eux : le charbon, à cette température , s’empare de l’oxigène, et passe principalement à l’état d’oxide de carbone ; il ne peut pas se former beaucoup d’acide , car nous savons que cet acide est décomposé par le charbon rouge , et transformé en gaz oxide de carbone. 92.) 3°. Si l’on fait passer peu à peu du gaz

acide carboniquedesséché sur du charbon rouge parfaitement calciné , et contenu dans un tube de fer traversant un fourneau à réverbère, ce gàz sera décomposé, cédera une portion de son oxigène au charbon, le fera passer, et passera lui-même à l’état de gaz oxide de carbone ; mais l’opération ne peut avoir un plein succès qu’autant que le gaz acide carbonique passe à plusieurs reprises sur le charbon. {Voy. pl. 10, fig. 59, l’appareil inventé par M. Barruel) \ A est le flacon- où l’on dégage lé gaz acide carbonique ; C le cylindre presque rempli de fragments de chlorure de calcium avide d’humidité; F un fourneau à réverbère dans lequel sont placés trois canons de fusil , x x x" contenant le charbon, et communiquant entre eux par des tubes de verre d d ; m le tube qui porte le gaz acide carbonique dans le premier canon x'; enfin, tt le tube recourbé par lequel £ort le gaz oxide de carbone produit.

Oxide de phosphore rouge. On l’obtient en enflammant du phosphore dans de l’air en excès ; il se forme . outre

Facide phosphorique , qui se volatilise sous la forme de vapeurs blanches concrètes , de l’oxide rouge, qui reste dans la petite capsule où l’on a fait l’opération ; on le iave pour le priver de l’acide phosphorique qu’il pourrait contenir.

Gaz protoxide d’azote. On chauffe graduellement du nitrate d’ammoniaque dans une petite cornue de verre à laquelle on adapte un tube recourbé , et l’on obtient de l’eau et du gaz protoxide d’azote. ( Voyez § 3oo , art. Nitrate d’ammoniaque ).

Gaz deutoxide d’azote ( gaz nitreux ). ( Voy. planche 10, fig. 60. ) On verse par une des tubulures d’un flacon bitubuîé A , contenant de la tournure de cuivre , de l’acide nitrique étendu de son volume d’eau , et l’on obtient surle-champ du gaz nitreux qui se dégage par le tube recourbé r, et va se rendre sous des cloches pleines d’eau. Il faut négliger de recueillir les premières portions , qui sont mêlées d’air et de gaz acide nitreux rouge ; il reste dans le flacon du deuto-nitrate de cuivre bleu ; d’où il suit qu’une portion de l’acide nitrique a été décomposée en oxigène et en gaz nitreux ou deutoxide d’azote. ( V oyez pag. 41 2* )

Des Acides formés par F oxigène et par un corps simple non métallique «

Acide borique. On fait dissoudre du sous-borate de soude pulvérisé ( borax ) dans 3 parties d’eau bouillante ; on décompose la dissolution en y versant peu à peu un excès d’acide sulfurique concentré, et l’on voit paraître des cristaux d’acide borique qui se déposent, ne trouvant pas assez d’eau pour se dissoudre : on laisse refroidir le mélange et on filtre la liqueur , qui contient du sulfate acide de soude; alors on égoutte l’acide borique; on le lave avec un peut d’eau froide; on le fait sécher sur du

494 PREMIERE partie;

papier Joseph dans une étuve, et on le chauffe en le projetant par parties dans un creuset de Hesse que l’on a fait rougir ; par ce moyen on le débarrasse de l’acide sulfurique avec lequel il était combiné ( voyez § 107 ) ; lorsqu’il est fondu on le coule , et on peut , si on veut l’avoir trèspur ^ le dissoudre dans l’eâu bouillante et le faire cristalliser de nouveau. En substituant l’acide hydro-chlorique à l’acide sulfurique, on obtient de suite de l’acide borique qu’il suffit de bien laver pour l’avoir pur. Il est inutile de dire que les eaux mères de ces diverses opérations fournissent un peu d’acide borique lorqu’on les fait évaporer.

Gaz acide carbonique. On verse de l’acide hydrochlorique liquide étendu de deux ou trois fois son poids d’eau , sur du marbre concassé (carbonate de chaux). L’appareil est le même que pour le gaz nitreux ; le gaz acide carbonique se dégage aussitôt , et l’on obtient dans le flacon de l’hydro- chlorate de chaux très - soluble ; d’où il suit que le carbonate est décomposé. On peut encore se procurer ce gaz en substituant au marbre de la craie en bouillie (carbonate de chaux ) , et à l’aeide hydro-chlorique de l’acide sulfurique délayé dans 10 à 12 fois son poids d’eau; il se forme dans ce cas du sulfate de chaux qui , étant peu soluble, se dépose, recouvre le carbonate, et empêche le gaz de se produire; en sorte qu’il est préférable de suivre le premier procédé, surtout lorsqu’on ne vise pas à faire l’opération avec beaucoup d’économie.

Eau acido-carbonique. Comme l’eâu , à la température et à la pression ordinaires de l’atmosphère, ne peut dissoudre que son volume de gaz acide carbonique , et que déjà , dans cet état , elle peut être considérée comme un puissant diurétique , il importe de dire comment on doit la préparer. On fera arriver le gaz sous un flac.on rempli d’eau filtrée , au lieu d’employer une cloche ; lorsque la moitié de l’eau du flacon sera chassée, on le bouchera, on agitera le liquide qu’il

DÉS ACIDES SÎÉT ALLIQ ÎH3 Si %g5

contient , et on le gardera dans un endroit frais , en le tenant parfaitement bouché. Si l’on veut faire absorber à l’eau cinq ou six fois son volume de gaz acide carbonique , on doit comprimer celui -ci fortement au moyen d’un piston que l’on met en jeu dans un corps de pompe, qui communique avec l’eau que l’on veut saturer.

Acide phosphorique. i°. On chauffe du phosphate d’ammoniaque dans un creuset de platine ; à la chaleur rouge l’ammoniaque ' se volatilise, et l’acide reste sous forme d’un liquide qui finirait par se volatiliser si on continuait à le chauffer. 20. On transforme le phosphore en acide phosphorique au moyen de l’acide nitrique étendu de son volume d’eau; pour cela, on introduit dans une cornue de verre à laquelle on adapte un récipient bitubulé , une partie de phosphore coupé en petits fragmens, et 6 parties d’acide ; l’une de ces tubulures est fermée avec un bouchon percé d’un trou dans lequel passe un tube de verre droit qui donne issue au gaz; l’autre reçoit le col de la cornue ; on met quelques charbons rouges sous la cornue, et l’on ne tarde pas à observer que l’acide nitrique est décomposé ; son oxigène se porte sur le phosphore et il se dégage du gaz deutoxide d’azote ou du gàz azote ; on ajoute des charbons incandescens si l’opération se ralentit ; on en retire, au contraire, si elle marche avec trop de rapidité. Aussitôt que le phosphore a disparu et que la liqueur a acquis la consistance sirupeuse , on la verse dans un creuset de platine et on la chauffe jusqu’au rouge brun pour en dégager tout l'acide nitrique. L’opération ne saurait être continuée dans la cornue sans que celle-ci soit attaquée par l’acide phosphorique. Si l’acide nitrique employé ne suffisait pas pour faire passer tout le phosphore à l’état d’acide-* on verserait dans la cornue le liquide condensé dans lé récipient , qui contient beaucoup d’âcidé nitrique , et on recommencerait l’opération.

4g6 PREMIERE PARTIE,

Acide phosphoreux. On prend du proto - chlorure de phosphore {uoy. pag. 5io) ; on le met dans l’eau, et l’on obtient de l’acide hydro-ehlorique et de l’acidë phosphoreux; d’où il suit que l’eau est décomposée ; l’oxigène se porte sur le phosphore et l’hydrogène s’unit au chlore : on fait évaporer le mélange ; tout l’acide hydro - chlorique se dégage, et l'acide phosphoreux reste pur.

Acide hypo -phosphoreux. On met dans de l’eau du phosphure de barytepulvérisé , et l’on obtient du phosphate de baryte insoluble , de l’hypo-phosphite soluble et du gaz hydrogène phosphoré ; il est évident que l’eau est également décomposée ; l’oxigène forme avec le phosphore deux acides, tandis que l’hydrogène se dégage à l’état de gaz hydrogène phosphoré; on filtre la liqueur, qui ne contient que l’hypc-phosphite de baryte, et on y verse de l’acide , sulfurique ;/la baryte en est précipitée à l’état de sulfate, et l’acide hypo-phosphôreux reste en dissolution : on le concentre par l’évaporation.

Acide phosphatique. On prend un certain nombre de petits tubes de verre tirés à la lampe par une dé leurs extrémités; on introduit dans chacun d’eux un petit cylindre de phosphore ; on les place à côté les uns des autres dans un entonnoir dont le bec se rend dans un flacon vide supporté par une assiette contenant de l’eau : on recouvre tout l’appareil d’une grande cloche qui plonge dans l’eau de l’ assiette , et qui est percée supérieurement et latéralement de deux trous ; et on remarque au bout d’un certain temps que le flacon renferme une plus ou moins grande quantité d’acide phosphatique liquide. ( Voyez §71? pour la théorie).

Acide suif urique (pi. 10, fig. 61). Pour le préparer dans les laboratoires on prend un grand ballon B rempli d’air, et fermé par un bouchon percé de trois trous qui donnent passage à deux tubes recourbés et à un tube droit ; celui-ci sert h

DÈS ÀCÎDÈS sois MÉTALLIQUES. 4^7

établir à volonté la communication de l’appareil avec l’air; les deux autres communiquent avec deux fioles F ', F , de Tune desquelles il se dégage du gaz nitreux ( deutoxide d’azote), tandis que l’autre fournit du gaz acide sulfureux. Aussitôt que ces deux gaz humides arrivent dans le ballon et se trouvent en contact avec l’air, celui-ci cédé son oxigène au gaz nitreux et le fait passer à l’état de gaz acide nitreux orangé: l’intérieur de l’appareil est donc coloré ; bientôt après les parois du ballon se recouvrent d’une multitude de cristaux blancs qui paraissent formés d’acide sulfurique concentré ne contenant qu’un peu d’eàu , et d’acide nitreux sec ou anhydre : à cette époque l’intérieur du ballon n’est plus jaune orangé ; il est incolore. Théories Le gaz acide sulfureux décompose une partie du gaz acide nitreux formé, s’empare de la quantité d’oxigène nécessaire pour passer à l’état d’acide sulfurique, et se combine avec l’humidité et avec l’acide nitreux non décomposé. En versant un peu d’eàu sur ces cristaux ils sont décomposés; ce liquide se combine avec l’acide sulfurique, et l’acide nitreux anhydre fournit du gaz nitreux : aussi l’intérieur du ballon devient -il de nouveau j aune orangé ( voyez ■Acide nitreux anhydre , § 118)5 en sorte que dans ce moment on peut continuer l’opération puisqu’il y a de nouveau dans le ballon de l’air j de l’eau, du gaz acide sulfureux et du gaz nitreux.

On prépare l’acide sulfurique en grand avec des matières propres à fournir Ces deux derniers gaz, que l’on fait arriver dans une vastè chambre de plomb remplie d’air , et dont le sol légèrement incliné est couvert d’eau : ces matières sont le soufre et le nitrate de potasse. On chauffe ensemble, sur une plaque en fonte, un mélange de 8 parties de soufre et d’une denitre; la majeure partie du soufre se transforme, aux dépens de l’oxigène de l’air, en gaz acide sulfureux; l’autre portion décompose l’acide

4gS PREMIÈRE PARTIE.

nitrique du nitrate , absorbe une partie de son oxigéne , îe change en gaz nitreux ( deutoxide d’azote ) ? et passe à l’état d’acide sulfurique , qui forme du sulfate avec la potasse du nitre. tes deux gaz , nitreux et sulfureux , se rendent dans la chambre et réagissent sur l’air et sur l’eau comme nous l’avons dit. On continue l’opération jusqu’à ce que l’acide marque 4°° à l’aréomètre de Baume 5 alors on le retire de la ehambre au moyen de robinets , et on le fait évaporer dans des chaudières en plomb pour volatiliser la majeure partie de l’eau, de l’acide sulfureux et de l’acide nitrique qu’il renferme, lorsqu’il esf à 55° de l’aréomètre de Baumé , on l’introduit dans des cornues de grès ou de verre lutées y et ou continue à le concentrer par l’action de la chaleur jusqu’à ce qu’il marque 66° à l’aréomètre y dans cet état il est propre aux. diverses opérations du commerce ; mais il renferme un peu de sulfate de potasse et du sulfate de plomb provenant d’une portion d’oxide formé aux dépens du plomb de la chambre et de l’oxigène du gaz acide nitreux. Un ne peut le débarrasser de ces sels qu’en le distillant, puisqu’ils sont fixes-, pour cela on l’introduit dans une cornue de verre , dont le col se rend dans un récipient bitubulé dépourvu de bouchons (car l’acide les charbonnerait) 5 on chauffe graduellement la cornue placée dans un fourneau à réverbère jusqu a ce que l’acide entre en ébullition: à cette époque il se volatilise et vient se condenser dans le récipient. On doit, pour éviter les soubresauts de la liqueur? et les dangers qui accompagnent cette opération, mettre daps la cornue deux ou trois petits fràgmens de verre hérissés de pointes , et maintenir le récipient dans lequel la vapeur se rend , à la température de 6o° à 70°, afin qu’il ny ait pas une si grande différence de température entre lui et la vapeur de l’acide sulfurique.

Gaz acide sulfureux. On met dans une petite fiole à laquelle ou adapte un tube recourbé. 4 parties d’acid®

sulfurique concentré et une partie de mercure ; on fait chauffer le mélange, et aussitôt que l’acide entre en ébullition , on obtient le gaz ^ que l’on doit recueillir après avoir laissé passer les premières portions mêlées d’air dans des cloches remplies de mercure , parce qu’il est très-soluble dans l’eau ; il reste dans la fiole une masse blanche composée d’acide sulfurique et d’oxide de mercure; d’ou il suit qu’une portion d’acide a été décomposée et transformée en oxigène et en gaz acide sulfureux. On peut aussi se procurer l’acide sulfureux en chauffant le soufre avec le contact de l’air *: c’est ainsi qu’on opère dans les hôpitaux lorsqu’on veut faire les fumigations sulfureuses , qui 'nécessairement sont mêlées d’air. On peut obtenir l’acide sulfureux liquide avec le même appareil que celui dont on se sert pour préparer le chlore. (Foyez pl. 9, fig. Ù7.) On met dans le ballon 3 parties d’acide sulfurique concentré et une partie de paille, de sciure de bois , ou de charbon pulvérisé; on élève un peu la température , et l’acide ne tarde pas à charbonner les deux premières substances : or, nous avons vu (§ io4) que le charbon transforme l’acide sulfurique concentré en gaz acide carbonique et en gaz acide sulfureux. Ces deux gaz se dégagent ensemble ; mais l’acide sulfureux, doué d’une plus grande affinité pour l’eau, chasse Tacide carbonique du flacon F dans le matras A , et de celui-ci dans le vase B, etc. L’acide du premier flacon F est impur ; car il contient un peu d’acide sulfurique qui s’ést volatilisé. Si l’on chauffe très-fortement le ballon, une partie de l’acide est entièrement décomposée par le charbon , et il se sublimé du soufre.

Acide iodique. On prépare cet acide en faisant arriver du gaz acide chloreux sec (oxide de chlore) sur de l’iode; celui-ci s’empare de l’oxigène de l’acide chloreux , forme de l’acide iodique , tandis que le chlore et une portion d’iode se combinent et restent unis avec l’acide. On élève un peu la

5oÔ PREMIÈRE PARTIE,

température pour volatiliser le composé de chlore et d’iode ^ et l’acide iodique reste pur. ( Voy. pl. i o , fig. 62 ) : A est le Jballon dans lequel se produit le gaz acide chloreux ; B , partie du tube contenant du chlorure de calcium , placé dans un papier sec et qui sert à dessécher le gaz j B, récipient à long col où se trouve l’iode.

Acide chlorique. On verse sur du chlorate de baryte pulvérulent de Facide sulfurique étendu de cinq ou six fois son poids d’eau , et l’on fait chauffer le mélange; il se forme du sulfate de baryte insoluble, et de l’acide chlorique qui reste en dissolution ; l’on met à part une petite quantité de chlorate de baryte , dont on fait usage pour précipiter l’acide sulfurique , si par hasard il se trouve mêlé avec l’acide chlorique. Il est inutile d’indiquer que l’on doit laver avec de •l’eau distillée le sulfate de baryte produit > afin de dissoudre tout l’acide chlorique qui a été séparé.

Acide chloreux (oxide de chlore ). On met dans une petite fiole à laquelle on adapte un tube recourbé 2 parties de chlorate de potasse solide ( müriate sur-oxigëné ) , et une partie d’acide hydro-chlorique liquide , étendu de 3 à 4 parties d’eau; on chauffe lentement le mélange, et l’on obtient un mélange de gaz acide chloreux et de chlore, que l’on recueille dans des cloches remplies de mercure , et il reste de l’hydro-chlorate de potasse dans la cornue.; il y a aussi formation d’eau ; d’où il suit que l’acide hydro-chlorique décompose le chlorate de potasse et met l’acide chlorique à nu ; cet acide réagit alors sur une portion d’acide hydrochlorique libre , forme de l’eau , du gaz acide chloreux et du chlore. ( Voyez § i3o , Action de T acide chlorique sût ï acide hydro-chlorique. ) On sépare facilement le gaz acide chloreux du chlore , en laissant le mélange sur le mercure ; le chlore se combine avec ce métal , tandis que l’acide reste à l’état de gaz.

Acide nitrique. On le prépare dans les laboratoires ea

DES ACIDES 505 MÉTALLIQUES. Soi

mettant dans une cornue 16 parties de nitrate de potasse du commerce, ét io parties d’acide sulfurique concentré 5 on adapte à la cornue une allonge, et à celle-ci un récipient bitubulé , dont une des tubulures sert à donner passage à un tube de sûreté recourbé propre à recueillir les gaz 5 on lute toutes les jointures et on chauffe graduellement la cornue disposée à feu nu sur un fourneau muni de son laboratoire. Voici les phénomènes et les produits de cette opération , que l’on peut en quelque sorte diviser en trois époques: i° appa-. rition de vapeurs rougeâtres , formation d’eau, de chlore et de gaz acide nitreux qui se condensent dans le ballon ; 20 décoloration de l’appareil , vapeurs blanches composées d’acide nitrique et d’eau, qui se condensent également dans le ballon ; 3° nouvelle apparition de vapeurs d’un rouge foncé , formation d’acide nitreux et dégagement de gaz oxigène : il reste dans la cornue du sulfate de potasse plus ou moins acide,. Théorie de la première époque. Le nitrate de potasse.du commerce contient une certaine quantité d’hydro-chlorate de soude 5 l’acide sulfurique s’empare à-la-, fois de la potasse et de la soude , par conséquent les acides nitrique et hydro-çhlorique sont mis à nu 5 or , ces acides réagissent l’un sûr l’autre, et se décomposent de manière à former de l’eau ^ du chlore et de l’acide nitreux volatils. ( V oyez Eau régale, § 1 3 1 . ) Dans la deuxième époque , le nitrate de potasse seul est décomposé, puisqu’il n’existe plus d’hydro-chlorate , et l’on n’obtient que de l’acide nitrique. Enfin, dans la troisième époque , l’acide nitrique cède l’eau qu’il contient à l’acide sulfurique ( voyez § 127 ) , et comme il ne peut pas exister seul , il est décomposé en gaz acide ni-r treux et en gaz oxigène. Il résulte de ce qui vient d’être établi que le produit liquide jaunâtre condensé dans le récipient à la fin de l’opération estforméd’acide nitrique, de chlore, d’acide nitreux , d’eau et d’une portion d’acide sulfurique qui s’est volatilisée. Qn le purifie en le chauffant lentement

5oa PREMIÈB.'E partie.

dans un appareil semblable au précédent , pour en séparer le chlore et le gaz acide nitreux ; l’appareil ne tarde pas à se remplir de vapeurs rougeâtres , et l’acide contenu dans la cornue se décolore; alors il est formé d’acide nitrique, d’acide sulfurique et d’un peu de chlore. On suspend l’opéraiion ; on introduit dans la cornue du nitrate de baryte et du nitrate d’argent cristallisés et purs, et on procède de nouveau à la distillation; le chlore et l’acide sulfurique se combinent, le premier avec l’argent, le second avec la baryte, forment des composés fixes et insolubles, tandis que l’acide nitrique pur se volatilise.

On prépare cet acide en grand en chauffant le nitrate de potasse et l’acide sulfurique dans des tuyaux de fonte que l’on fait communiquer, à l’aide d’allonges , avec des fontaines de grès où l’acide est recueilli. On emploie 4^ livres d’acide sulfurique et 9 5 livres de nitre, et l’on obtient du sulfate de potasse qui est à peine acide. Autrefois on le préparait avec le nitre et l’argile.

Acide nitreux liquide anhydre. On introduit dans une cornue de verre lutée du nitrate de plomb parfaitement desséché; le col de la cornue se rend dans un ballon vide bituhulé, dont l’une des tubulures, munie d’un bouchon percé, donne passage à un tube de sûreté recourbé qui va se rendre au fond d’une éprouvette vide , entourée d’un mélange réfrigérant fait avec du sel et de la glace ; on lute les jointures, et on chauffe graduellement la cornue disposée sur un fourneau à réverbère ; on ne tarde pas à observer des vapeurs rougeâtres ; une portion de l’acide nitreux se condense dans le récipient en un liquide jaune ; une autre portion , d’une couleur blanchâtre , se solidifie dans l’éprouvette et il se dégage du gaz oxigène ; enfin il reste dans la cornue du protoxide de plomb jaune. On voit évidemment que l’acide nitrique du nitrate desséché a été décomposé en oxigène et en acide nitreux anhydre. ( Voy. § 1 16 et 487. }

be l’acide h ydho-chlorique. 5o3

Gaz acide nitreux. On ne peut pas se procurer ce gaz sur l’eau parce qu’il y est très-soluble ; on ne peut pas l’obtenir sur le mercure, avec lequel il se combine 5 il faut donc avoir recours à un procédé particulier : nous l’avons décrit (§ 86) : il consiste à mettre du gaz nitreux en contact avec le gaz oxigène dans un ballon vide.

Des Corps composés d’hydrogène ou de phtore et d’une . substance simple.

Gaz acide hydro-chlorique (muriatique). On met dans une fiole à laquelle on adapte un tube recourbé, du sel gris , qui. est principalement formé d'hydro-chlorate de soude 5 on y ajoute un peu d’acide sulfurique concentré, qui s’empare de la soude et met à nu le gaz acide hydro-chlorique que l’on recueille sur le mercure après avoir laissé passer les premières portions qui contiennent de l’air. Pour obtenir cet acide liquide on se sert de l’appareil que nous avons décrit en parlant du chlore (voyez pl. 9 , fig. 57 ) ; on introduit dans le matras D 10 parties de sel gris , et dans les flacons , 8 livres d’eau distillée-, on met un peu d’eau dans le vase F , afin de condenser les matières étrangères 5 on lute toutes les jointures et on verse peu à peu par le tube VE , 7 parties et demie d’acide sulfurique étendu du tiers de son poids d’eau ; le gaz se dégage sur-lechamp , et se dissout dans l’eau des divers flacons : ce n’est qu’au bout de quelques heures, lorsque tout l’acide a été versé , que l’on doit élever la température , et chauffer jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus rien. Si l’opération est conduite comme nous venons de le dire, on obtient iï livres d’acide hydro-chlorique liquide concentré , et l’eau du premier flacon .F ne se colore en jaune que vers la fin ; ce phénomène est dû à la formation d’une huile animale jaune produite par la décomposition du mucus contenu dans le sel de la mer. Si l’on chauffe le mélange dan s le com-

5o4 PREMIÈRE PARTIE.

jnencement, la décomposition du mucus a lieu plus tôt , et l’eau du premier flacon ne tarde pas à se colorer. Enfin, §i l’on a pris, au lieu de sel gris , du sel des salpêtriers, qui contient des nitrates , tandis que le sel gris n’en renferme pas , on obtient, outre l’acide hydro-chloi ique , du chlore et de l’acide nitreux qui colorent également l’acide en jaune. Dans tous les cas, aussitôt qu’il ne se dégage plus de gaz , on doit verser de l’eau bouillante dans le matras />, afin de dissoudre et de retirer le sulfate de soude formé, qui sans cela s’attacherait fortement à ses parois.

Gaz acide hydriodique. On peut préparer ce gaz en mettant de l’iodure de phosphore fait avec 1 6 parties d’iode et une partie de phosphore , dans une petite cornue à laquelle on a adapté un tube recourbé qui va se rendre sous des cloches pleines de rnercure ; on arrose avec un peu d’eau l’iodure, et l’on obtient du gaz acide hydriodique , et du phosphore acidifié qui reste dans la cornue ; d’où il suit que l’eau est décomposée 5 l’hydrogène se porte sur l’iode et l’oxigène sur le phosphore. On peut obtenir l’acide hydrio^ dique liquide en faisant passer du gaz acide hydro-sulfurique dans une éprouvette contenant de l’eau et de l’iode; le soufre se dépose à mesure que l’hydrogène dissout l’iode; on laisse reposer le précipité et on filtre la liqueur; en-? suite on la chauffe pour en chasser l’excès d’acide hydrosulfurique , et on Ja conserve à l’abri du contact de l’air.

Gaz acide hydro- sulfurique. On fait chauffer lentement, dans une petite fiole, du sulfure d’antimoine pulvérisé , et 4 ou 5 parties d’acide hydro^chiorique liquide du commerce ; on obtient du gaz acide hydro-sulfurique pur que l’on recueille sur l’eau ou sur le mercure, et il reste dans la fiole du proto-h ydrorchlorate d’antimoine. Il est évident que l’eau est décomposée ; l’hydrogène s’unit avec le soufre, tandis que l’oxigène se combine avec l’antimoine pour former un hydre-chlorate. On peut substituer au sulfure

de l’acide hybro-phtorique. S o5

d’antimoine le sulfure de fer, et se servir d’acide hydroçhlorique ou sulfurique affaiblis ; mais l’acide hydrosulfurique que l’on obtient renferme de l’hydrogène et ne saurait être employé pour des expériences de recherches ; il est cependant très-bon pour préparer les hydro-sulfates. Si on voulait obtenir l’acide hydro-sulfurique liquide, on ferait passer le gaz dans l’eaù , en se servant de l’appareil décrit à l’article Chlore , qui est représenté ( pl. 9, fig. 5 7)» En général, lorsqu’on prépare de grandes quantités de ce gaz délétère dans des endroits peu aérés, on doit répandre de temps en temps du chlore, qui jouit de la faculté de le décomposer en s’emparant de son hydrogène.

Acide hydro-phtorique ( fluorique) (pl. 10 , fig. 63). On prend une cornue de plomb composée de deux pièces A, B , entrant à frottement l’une dans l’autre ; on introduit dans la moitié^ une partie de phtorure de calcium (fluate de chaux) blanc , cristallisé, pur, passé au tamis, et on le délaye dans 2 parties d’acide sulfurique concentré; on adapte la moitié supérieure B à la partie inférieure A ; le col de cette cornue se rend dans un récipient en plomb E ^ d’une forme particulière, que l’on entoure de glace et qui se termine par une très -petite ouverture ; on dispose l’appareil sur un fourneau ; on lute les deux pièces de la cornue avec de la terre, et la jointure du col avec du lut gras; on chauffe lentement pour ne pas opérer la fusion du plomb, et l’on obtient dans le récipient de l’acide hydro- phtorique liquide, tandis qu’il reste dans la cornue du sulfate de chaux; d’où il suit que le phtorure de calcium et une portion de l’eau contenue dans l’acide sulfurique ont été décomposés; lephtore s’estuni à l’hydrogène de l’eau pour former de l’acide hvdrophtorique ( fluorique), tandis que le calciums’est combiné avec l’oxigène de ce liquide pour passer à l’état de chaux qui reste dans la cornue combinée avec l’acide sulfurique. On démonte l’appareil pour en retirer l’acide et le conser-

5o 6 PREMIÈRE PARTIE,

ver dans des flacons d’argent dont le bouclion est extrêmement poli. Il faut éviter, i° l’emploi de vases de verre, dont la silice serait dissoute par l’acide-, 2° celui des bouchons qui bouchent mal, car flacide se dégagerait sous la forme de vapeurs ; 3° enfin le contact de ces vapeurs , qui sont excessivement caustiques.

Gaz acide phtoro-borique. On introduit dans une petite fiole de verre , et mieux de plomb , munie d’un tube recourbé , 2 parties de phtorure de calcium pur en poudre , et une partie d’acide borique vitrifié et pulvérisé-, on les mêle intimement avec 1 2 parties d’acide sulfurique concentré , et on chauffe -, quelques minutes après le gaz se dégage et va se rendre sous des cloches remplies de mercure ; on ne le recueille que lorsqu’il répand dans l’air des vapeurs excessivement épaisses , et il n’est pur que lorsqu’il est entièrement absorbé par l’ean. Théorie , L’acide borique est décomposé -, le bore s’unit au pbtore et produit le gaz dont nous parlons , tandis que l’oxigène se porte sur le calcium et forme de la chaux qui reste combinée avec l’acide sulfurique.

Gaz acide phtoro-siUcique (fiuorique silicé ). On place dans un appareil analogue au précédent un mélange de 3 parties de phtorure de calcium et d’une partie de sable réduits . en poudre fine 5 on y ajoute l’acide sulfurique concentré nécessaire pour faire une bouillie épaisse , et on soumet la . fiole à une douce chaleur 5 le gaz se dégage aussitôt , et va se rendre dans des cloches préalablement disposées sur la cuve à mercure 5 il reste dans la fiole du sulfate de chaux. Théorie. Le phtorure de calcium et l’oxide de silicium sont décomposés; le phtore s’unit au silicium pour former le gaz dont nous parlons, tandis que le calcium se combine avec l’oxigène de la silice et passe à l’état de chaux qui reste dans la fiole avec l’acide sulfurique.

Gaz hydrogène psr-carhoné. On chauffe dans une

de l’htdkogèse cabboké. £07

petite fiole de verre à laquelle on a adapté un tube recourbé, un mélange fait avec 2 parties d’acide sulfurique concentré et une partie d’alcool ( esprit-de-vin ), et l’on obtient bientôt après une grande quantité de ce gaz que l’on recueille sur l’eau , après avoir laissé passer les premières portions mêlées d’air : ce gaz doit être lavé pour le priver d’une certaine quantité d’acide sulfureux et d’acide carbonique qu’il renferme. Nous expliquerons en détail la théorie de cette opération à l’article Ether ; il nous suffira de dire ici que l’alcool est formé d’oxigène, d’hydrogène et de carbone -, que l’acide sulfurique , à raison de son affinité pour l’eau, détermine la formation de ce liquide aux dépens de l’hydrogène et de l’oxigène del’esprit-de-vin , tandis qu’une portion d’hydrogène de l’alcool dissout du carbone et forme le gaz dont nous parlons. ( Voyez Préparation de V Ether , Chimie végétale. )

Gaz hydrogéné proto-carboné. On fait passer de la vapeur d’eau à travers du charbon rouge; il y à décomposition de la vapeur et formation de gaz acide carbonique et d’hydrogène proto-carboné; on absorbe le premier par la potasse et le second reste pur. ( Goj'ez l’appareil , pl. 1 1, fig. 64). C, petite cornue contenant de l’eau; T T , tube de porcelaine luté extérieurement > traversant un fourneau à réverbère et dans lequel on a mis du charbon pulvérisé ; X, tube de sûreté, conducteur des gaz hydrogène protocarboné et acide carbonique ; J F, flacon contenant une dissolution de potasse caustique pour absorber le gaz acide carbonique ; O , tube recourbé qui donne passage au gaz hydrogène proto-carboné. On ne fait bouillir l’eau de la cornue que lorsque le tube de porcelaine est incandescent.

Gaz hydrogène per-phosphoré. On introduit dans une petite fiole munie d’un tube recourbé , une bouillie faite avec 12 parties de chaux vive éteinte par l’eau, une partie de phosphore coupé en petits fragmens , et un peu d’eau ;

5o8 PREMIÈRE PARTIE.

on chauffe graduellement ce mélange et l’on ne tarde pas à obtenir du gaz hydrogène per-phosphoré que l’on recueille sur le mercure lorsqu’il s’enflamme spontanément et que l’air de l’appareil s’est dégagé; il reste dans la fiole du phosphate de chaux avec excès de chaux ; d’où il suit que l’eau a été décomposée ; l’oxigène a acidifié une portion du phosphore , tandis que l’hydrogène , en s’emparant de l’autre portion , a donné naissance au gaz dont nous parlons. On peutâussi l’obtenir en mettant dans la fiole a ou 3 gros d’une dissolution concentrée de potasse, et i5 à ao grains de phosphore : dans tous les cas , le gaz qui se dégage vers la fin de l’opération ne s’enflamme plus spontanément: c’est du gaz hydrogéné proto->phosphoré , que l’on peut aussi obtenir , en quelques heures de temps , en mettant le gaz hydrogène per-phosphoré en contact avec de l’eau ordinaire. ( Voy, pag. 169. ) M. Th. Thompson prescrit , pour avoir le gaz hydrogène per-phosphoré pur , de mettre sur une partie de phosphure de chaux en morceaux, un mélange de 2 parties d’acide hydro-chlorique ët de 6 parties d’eau privée d’air par l’ébullition , d’opérer dans une cornue tubulée et d’éviter le contact de l’air.

Gaz ammoniac. On introduit dans une /petite fiole munie d’un tube recourbé, parties égales de chaux vive et d’hydro-chlorate d’ammoniaque ( sel ammoniac ) réduits en poudre séparément , et mêlés ; le gaz se dégage de suite, et on le recueille sous des cloches remplies de mercure , après avoir laissé passer les premières portions mêlées d’air. On doit , pour hâter le dégagement de l’ammoniaque , élever un peu la température du mélange ; il reste dans la fiole de l’hydro - chlorate de chaux , ou du chlorure de calcium si l’on a fortement chauffé ; d’où il suit que la chaux s’empare de l’acide hydro-chlorique. Le gaz ammoniac obtenu n’est pur qu’autant qu’il est entièrement dissous par l’eau. On peut préparer l’ammoniaque liquide avec

l’appareil décrit à l’article Chlore ( voyez pl. 9, fig. 5j ), pourvu que l’ou substitue au matras D uneL cornue de grès disposée sur la grille d’un fourneau à réverbère contenant le mélange départies égales de sel ammoniac et de chaux: et que de cette cornue parte un tube de sûreté large qui plonge dans la petite quantité d’eau du flacon F. On chauffe graduellement la cornue jusqu’au rouge; le gaz se dégage et se dissout dans l’eau distillée dés flacons F, A, B, etc. ; l’ammoniaque obtenue dans le premier vase F est colorée par une matière huileuse qui se trouve dans le sel ammoniac employé, et ne doit pas être mêlée avec celle des autres flacons.

Des Composés de deux corps simples non métalliques dans lesquels ï hydrogène et Voxigene n entrent pas.

Borwre de soufre. On fait chauffer Un mélange de soufre et de bore dans des vaisseaux fermés ; le soufre ne tarde pas à fondre et à se combiner avec le bore.

Carbure de soufre ( liquide de Lampadiüs). On prend un tube de porcelaine dans lequel on introduit des fragmens de charbon fortement calcinés ; on le dispose dans un fourneau à réverbère F ( voyez pl. 11 , fig. 65 ) , de manière à ce qu’il soit un peu incliné , et qu’on puisse l’entourer de charbons. À l’extrémité A de ce tube , munie d’un bouchon percé, on adapte une cornue de verre C contenant du soufre ; à l’autre extrémité se trouve une allonge L , -qui se rend dans un récipient tubulé R , contenant de l’eau et entouré de glace ; de la tubulure de ce récipient part un tube recourbé S qui va plonger jusqu’au fond d’un petit flacon bitubulé M> qui renferme de l’eau jusqu’à la moitié de sa hauteur et qui est également entouré de glace ; l’autre tubulure de ce flacon donne issue à un tube recourbé X, destiné à porter les gaz sous des cloches pleines d’eau ou de mercure et renversées sur une cuve. On chauffe le tube

5lO PREMIÈRE PARTIE,

de porcelaine jusqü’à ce qu’il soit rouge , puis on met du feu sous la cornue C •, le soufre se volatilise, traverse le tuyau de porcelaine, se combine en partie avec le charbon, et donne un liquide qui se condense au fond de l’eau du récipient J?, et de celle qui se trouve dans le flacon M: ce liquide est du carbure de soufre ; l’allonge se trouve contenir une matière brunâtre solide , qui n’est que du soufre légèrement carburé. Enfin on obtient dans la clocbe destinée à recueillir les gaz , du gaz hydrogène oxi-earboné , du gaz acide hydro-sulfurique , et une portion de carbure de soufre en vapeur. On concevra faeilemeilt la formation de ces gaz en se rappelant que le charbon le mieux calciné contient de l’hydrogène , qu’il en est de même du soufre , d’après les expériences de Davy et de Berthollet fils : quant à l’oxigène , M. Thénard pense qu’il provient ' de l’eau fournie par les bouchons des vases. L’opération étant terminée, on démonte l’appareil , et on verse dans un entonnoir, dont on bouche le bec avec le doigt, le liquide contenu dans le récipient R et dans le flacon M; bientôt on aperçoit deux couches , l’une inférieure, plus pesante, formée par le carbure de soufre, l’autre par l’eau; on lève le doigt afin délaisser écouler, dans un vase, la majeure partie du carbure de soufre, qui doit nécessairement sortir le premier : ce carbure est jaunâtre , contient un excès de soufre et doit être purifié : pour cela , on le distille dans une cornue de verre qui se rend dans un récipient luhuîé en partie plein d’eau; on chauffe la cornue, et il ne tarde pas à se volatiliser et à se condenser dans le fond du récipient» Carbure d’azote. (Voyez Cyanogène , tom. n. } Phosphure de carbone. (Voyez §5o.)

Phosphore de soufre. (Voyez pag. 83, § 54- ) Phosphure d’iode. (Voyez pag. 85 , § 56.)

Chlorure de phosphore au minimum de chlore. Onplace au fond d’une éprouvette à pied , munie d’un bou-

1>E S CHLORURES Hoïî métalliques. 5ïi clion percé de deux trous , une certaine quantité de phosphore desséché avec du papier Joseph ( voyez pl. 12 , fig. 66)5 par l’un des trous passe un tube T , qui plonge dans le phosphore , et qui est destiné à porter le chlore gazeux qui se dégage d’une fiole posée sur un fourneau F: l’autre trou donne passage à un second tube recourbé R f qui va se rendre dans un vase V Contenant du mercure : ce tube, dont le but est de donner issue au chlore non absorbé par le phosphore , ne doit pénétrer que jusqu’au tiers de l’éprouvette •, on conçoit facilement qu’il doit empêcher aussi l’accès de Pair dans ce vase puisqu’il plonge dans le mercure. A mesure que le chlore se combine avec le phosphore , il se forme du chlorure de phosphore liquide-

Chlorure de soufre. On l’obtient par le même procédé que le précédent , excepté qu’au lieu de phosphore on met du soufre divisé et pur dans l’éprouvette.

Chlorure d’iode. On place de l’iode dans une petite cloche courbe contenant du chlore gazeux : on chauffe , et la combinaison ne tarde pas à avoir lieu.

Chlorure d’azote. On prend un entonnoir de verre, dont l’extrémité , tirée à la lampe , n’offre qu’une petite ouverture et plonge dans du mercure ; on verse dans l’entonnoir assez de dissolution de sel ammoniac pour en remplir presque toute sa capacité ; et à l’aide d’un tube de verre que l’on fait plonger dans le liquide , et qui descend jusqu’au fond de l’entonnoir, on introduit une dissolution concentrée de sel commun , qui étant plus pesante que la dissolution de sel ammoniac , occupe la partie inférieure de l’entonnoir. L’appareil étant ainsi disposé ,' on fait arriver du chlore au moyen d’ün tube recourbé qui plonge dans la couche supérieure formée par le sel ammoniac , et qui ne touche pas la couche inférieuré de sel commun : à mesure que le chlorure se forme , il se précipite , traverse la couche inférieure de sel commun , et

5l2 ' PREMIERE PARTIE.

tombe au fond de l’entonnoir sur le mercure. ( Dülong. ) ( Voyez § 3 o4- )

Sulfure d'iode. ( Voyez pag. 85 , § 5j. )

Jodure d’azote. (Voyez pag. ijd , § i44* )

Azote phosphore. (Voyez pag. g2 , § 64. )

.Des Métaux de la seconde classe.

Nous avons dit que l’on n’était pas encore parvenu k séparer de leurs oxides les métaux de la première classe , si toutefois l’on excepte le silicium , qui paraît avoir été obtenu au moyen du chalumeau de Brooks 5 et le magnésium , que M. Davy a annoncé avoir retiré du sulfate de magnésie au moyen de la pile (i). Mais il n’en est pas de même de ceux de la seconde classe : tous ont été séparés et isolés.

Calcium , Strontium et Bafium. On prend un sel de chaux, de strontiane ou de baryte 5 on en fait une pâte avec de l’eau ; on lui donne la forme d’une petite capsule dans laquelle on met du mercure métallique; on la place sur une plaque métallique , et on la soumet à l’action d’un courant électrique, de manière à ce que le fil vitré de la pile communique avec la plaque, et le fil résineux avec le mercure; bientôt après l’acide et l’oxigène de l’oxide sont attirés par le fil vitré, tandis que le calcium, le strontium ou le barium le sont par le fil résineux , et se combinent avec le mercure; on distille cet amalgame dans une petite cornue contenant de l’huile de naphte pour empêcher l’oxi dation du métal ; cette huile et le mercure se volatilisent, et le métal que l’on cherche à obtenir reste dans la cornue.

Potassium et Sodium. On les obtient en décomposant

(1) Les expériences du docteur Clarke sur la décomposition de la silice par le chalumeau à gaz , ont été répétées sans succès au laboratoire de l’Institution royale de Londres.

ÎÎÈS MÉTÂUX DE LÀ DEUXIÈME CLASSE. Bit la potasse et la soude. i°. On peut se servir de la pilé comme dans lé cas précédent : pour cela on creusé une cavité dans un fragment d’uil de ces oxides 5 on y met du mercure , et on né tarde pas à les décomposer ; l’oxigène de l’oxide ët de l’eau qu’il renferme se rend au fil vitré, tandis que le fil résineux altire l’hydrogène j qui se dégage à l’etat de gaz , et le métal, qui se combine avec le mercure ; On le sépare de cette combinaison , comme nous venons de le dire en parlant du calcium. En décomposant ainsi la potasse et la soude , on nè peut sé procurer qu’une petite quantité de métal. Il n’en est pas de même lorsqu’on suit lé procédé que nous allons décrire, et qui consister décomposer ces oxides hydratés par le fer à une température très-élevée. 2°. Description de l’appareil ( pl. i2,fig. 67). C O estùn Canon de fusil très-propre et see qui a été recourbé en E et en O, en faisant rougir successivement ces deux portions, et dont la partie E O est recouverte extérieurement d’une couche de lut préparé avec 5 parti es de sable et une partie de terre à potier 5 la portion (JE qui traverse le fourneau à réverbère est remplie de tournure de fer parfaitement décapée; E C est la partie du tube dans laquelle on met des fragmens cfe potasse ou de soude à ï’àlcool ; T est un tube de verre que l’on fait plonger dans une éprouvette conte-, nant du mercure ; A A est un récipient de cuivre communiquant d’une part avec l’extrémité O du canon et de l’autre avec un tube de verre \r. Le fourneau à réverbère doit être grand, etdisposé de manière à recevoir parle cendrier la tuyère d’un bon soufflet; les jointures de l’appareil et du fourneau doivent être parfaitement lutées et le lut desséché: alors On remplit le fourneau de charbon , et on fait rougir le tube en entourant la portion Ê C dü canon de linges froids, pour que la potasse ou la soude n’entrent pas en fusion. Lorsque la portion OE du canon est incan- , descente , on fait fondre une portion de potasse ou de

5î4 ÉREMIÈRE partie. ^ '

soude au moyen de charbons rouges supportes par une grille en fil dé fer PG: on commence toujours par faire fondre la portion la plus voisine du fourneau. A peine ces - oxides sont en- contact avec le fer qu’ils commencent à se décomposer , et comme ils contiennent toujours de l’eau (v. § 229) , il en résulte de l’oxide de fer qui reste dans le canon , dit potassium ou du sodium et du gaz hydrogène pur ou potassié 5 le gaz se dégage par l’extrémité du tube x ; le métal volatilisé va se condenser dans le récipient A A. Si le dégagement du gaz se ralentit , on fait fondre une nouvelle quantité de l’oxide contenu dans la partjeJ? C, et l’opération n’est terminée que lorsqu’il a été entièrement fondu. On laisse refroidir l’appareil 5 on bouche les tubes x et T-, on retire le métal du cylindre A au moyen d’une tige de fer courbe , et on le conserve dans des flacons bouchés à l’émeri.

Si le gaz hydrogène, au lieu de se dégager par le tube x , sort par le tube T , on ëst certain que l’oxide a traversé le fer sans se décomposer , et qu’il obstrue l’extrémité O du canon: dans ce cas , on doit chercher à faire fondre cet oxide 5 et si l’on n’y parvient pas , oh doit suspendre l’opération. S’il ne se dégage point de gaz , l’expérience est manquée ; les luts n’ont pas résisté , le canon a été oxidé et percé. Quatre onces de potasse ou de soude né fournissent qu’une once de métal , et on trouve deux onces de ces oxides dans la partie du canon qui traverse le fourneau. On décompose plus difficilement la soude pure que celle qui contient un ou deux centièmes de potasse 5 mais alors on obtient du sodium un peu potassié. H suffit de mettre cet alliage sous forme de plaques dans de l’huile de naphte , et de renouveler de temps en temps l’air du vase ; le potassium absorbe l’oxigène très-facilement , et le sodium reste pur. On peut j au lieu d’un seul canon de fusil , en placer deux dans le même fourneau. (MM. Gay-Lussac et Thénard.)

Bios MÉTAUX Bfc LA BÈtXiEMË CLASSE. Sll

SmithsonTennant a proposé de remplacer cet appareil par Un autre moins compliqué , à l’aide duquel on obtient le potassium au feu de forge ordinaire. ( Voy. pi. 12, frg.68.) On prend un canon de fusil A , d’un pied ét demi de long , fermé par une de ses extrémités, et dont la partie la plus épaisse a été élargie à l’aide du marteau; on le recouvre extérieurement d’un lut semblable à celui dont nous avons parlé en décrivant l’appareil précédent ; on y introduit le mélange de potasse et de copeaux de fer propre à fournir le potassium, et on le dispose sous un certain degré d’inclinaison dans un fourneau à réverbère F] dans la partie supérieure de ce canon , on insère un autre tube plus étroit T7, de 7 à 8 pouces de long , percé d’un petit trou à sa partie inférieure dans lequel doit se rendre le potassium en vapeur : ce tube ne doit pas être inséré en totalité dans le premier; il doit sortir d’environ un pouce , afin de pouvoir le retirer avec plus de facilité ; on doit adapter à son extrémité supérieure un tube vide V , fixé avec delà cire , fermé avec du liège, et traversé par un tube de verre recourbé R , dans lequel on met un peu de mercure. La partie CD du canon de fusil qui est hors du fourneau doit être enveloppée de toile ou de papier brouillard humectés , afin de faciliter la condensation du métal. Les choses étant ainsi disposées , on chauffe fortement pendant une heure environ , et l’on obtient le potassium dans le tube T.

Des Métaux de la deuxième classe.

Manganèse. On traite le peroxide de manganèse par l’acide hydro-chlorique liquide pour le débarrasser du carbonate de fer , etc. {Voy. pag. 481.) Lorsqu’il est lavé et desséché , on en fait une pâte en le mêlant avec du noir de fumée et de l’huile ; on lui donne là forme d’une boule que l’on chauffe dans un creuset brasqüé , fermé par un couverclê ; ce creuset doit être supporté d’une manière solide „

gl6 ÏSEM 1ERE PARTIE.

par la grille d’un fourneau de forge , et soumis pendant un© heure et demie à l’action d’un feu très-violent , alimenté par un bon soufflet ; l’oxigène de l’oxide se porte sur lé charbon , et le métal est mis à nu.

Zinc. On introduit dans : des tuyaux de terre, fermés par une de leurs extrémités , un mélange de charbon et de calamine calcinée ; ces tuyaux traversent un fourneau , et sont légèrement inclinés , de manière que leur extrémité ouverte est plus élevée que l’autre , et communique avec d’autres tuyaux inclinés dans un sens opposé : c’est , en quelque sorte , un appareil distillatoire dans lequel la cornue serait représentée par les premiers tuyaux, et le récipient par les autres. On chauffe fortement ; la calamine , formée d’oxide de zinc , de silice , d’eau , d’un peu d’oxide de 1er, de carbonate de chaux et d’alumine, se décompose -f le zinc provenant de la décomposition de l’oxide par le charbon se sublime, se condense dans les tuyaux extérieurs , d’où on le fait tomber dans un bassin de réception ; on le fait fondre et on le verse dans le commerce* On fait cette exploitation dans le département de l’Ourthe .

Fer. On peut extraire ce métal d’un assez grand nombre de mines. i°. Méthode catalane , ou exploitation du fer spaihique (carbonate) , mêlé de ferhématite oxidé. On place la mine dans un fourneau particulier , que l’on appelle ouvrage, renardière ; on l’entoure de charbon de bois , et on la chauffe fortement en dirigeant sur elle le vent de deux soufflets ; le charbon s’empare de son oxigène, et la réduit à l’état de fer que l’on retire sous la forme de loupes 3 et que l’on forge en barres; pour cela , on la met sur une enclume , et on la frappe avec un marteau énorme appelé martinet , puis on la chauffe pour la battre de nouveau ; l’opération n’est terminée que lorsqu’elle a été chauffée, et battue quatre fois. Cette méthode est, sans contredit^ la plus simple de toutes. Si la mine contient du

MES MÉTAUX I»E LA DEUXIÈME CLASSE. 5iy

soufre ou de l’arsenic , il faut la griller 5 il est même important de la laisser long-temps en contact avec l’air avant de procéder à l’extraction du fer, pour la débarrasser , à ce qu’il parait , d’une certaine quantité de magnésie qui la rend réfractaire, et que le grillage change , d’après Descos-* tils , en sulfate de magnésie.

20. Mines de fer en roche , composées en général d’oxide affectant diverses formes. Si ces mines contiennent, outre l’oxide , du soufre ou de l’arsenic, on doit commencer par les. griller en les chauffant avec du bois ou de la houille dans des fours carrés ; puis on doit les fondre dans les Jiaiits fourneaux remplis de charbon de bois ou de charbon de terre calciné, dans lesquels le feu est alimenté par des soufflets très-forts 5 on en facilite la fusion au moyen d’un fondant argileux qui porte le nom d 'erbue, si la mine est trop calcaire ; mais comme le plus souvent elle est argileuse, on fait usage d’unfondant calcaire appelé castine. Le résultat de l’action djx feu , du charbon et du fondan t est la formation, i° de la fonte (composé de fer et d’un peu de charbon) , qui est en pleine fusion , et qui remplit presque tout le creuset ; 20 du laitier, masse vitrifiée , opaque , formée de chaux, de silice, d’alumine et d’un peu d’oxide de fer, qui étant plus fusible et plus léger que la fonte , la recouvre dans le creuset, et finit par s’écouler ; 3° de quelques produits volatils, parmilesquels ilya beaucoup de gaz oxide de carbone provenant de la combinaison du charbon avec l’oxigène de l’oxide qui constitue la mine ; ainsi dans cette opération , le fer perd son oxigène , s’unit à une certaine quantité de charbon et se transforme en fonte. On retire eelle-ci lorsqu’elle est encore en pleine fusion, en débouchant un trou connu sous le nom de percée , qui se trouve à la partie inférieure et latérale du creuset 5 le liquide est reçu dans un sillon sablonneux où il se refroidit. La fonte solide ainsi obtenue est blanche lorsque la mine exploitée con-.

5l8 PREMIÈRE PARTIE,

tient du manganèse; dans le cas contraire elle est grise. On procède alors à son affinage , opération qui a pour but la séparation du carbone qu’elle renferme; pour cela, on l’entoure de charbon de bois , et on la fond dans le fourneau appelé renardière , où l’air se renouvelle toujours ; l’oxigène transforme le carbone en gaz oxide , et le fer est mis à nu sous la forme de loupes que l’on forge , comme nous l’avons dit en parlant de la méthode à la catalane.

3°. Mines de fer terreuses. Au lieu de griller ces mines, on commence par les débarrasser des terres avec lesquelles elles sont mêlées ; pour cela on les bocarde , et on fait passer un courant d’eau sous les pilons ; puis On les transforme , en funte y comme nous venons de l’exposer en parlant des mines de fer en roche.

Étain. On n’exploite guère que les mines d’oxide ; on commence par les bocarder pour les séparer de la gangue ou des terres avec lesquelles elles sont mêlées ; on y parvient' facilement en faisant couler sur la mine, posée sur une planche légèrement inclinée , de l’eau qui n’entraîne que la gangue, beaucoup plus légère que le minerai : alors on chauffe fortement l’oxide avec du charbon mouillé; l’étain mis à nu tombe sur le sol et de là dans un bassin. Si on ne mouillait pas le charbon, une portion d’oxide serait entraînée par le vent des soufflets. Si la mine contient des sulfures de fer et de cuivre, on la grille pour la transformer en sulfates de fer et de cuivre, et en oxide de fer, de cuivre et d’étain; on traite ces produits par l’eau , qui ne dissout que les sulfates ; on lave les oxides sur des tables légèrement inclinées ; ceux de fer et de cuivre , plus légers que celui d’étain , sont entraînés ; celui-ci reste donc presque pur. S’il contenait encore de l’oxide de fer , on le . séparerait au moyen du barreau aimanté. L’oxide d’étain ainsi obtenu est traité par le charbon, comme nous venons de le dire.

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