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DES MÉTAUX DE LA QUATRIEME CLASSE

Des Métaux de la quatrième classe.

Arsenic. Pendant le grillage des mines de cobalt arsenical, une grande partie de l’arsenic passe à l’état d’oxide blanc; une autre portion se sublime à l’état métallique près de la cheminée; on recueille cette dernière portion et on la sublime de nouveau dans des cornues de fonte.

Chrome. On chauffe l’oxide de chrome dans un creuset brasqué, comme nous l’avons dit en parlant du manganèse.

Molybdène , tungstène , columbium. On s’y prend de la même manière, excepté que l’on emploie les acides formés par ces métaux.

Antimoine, On fond dans des creusets le sulfure d’antimoine concassé , pour le séparer de sa gangue; on le fait refroidir et il ne tarde pas à cristalliser. On le grille dans un fourneau à réverbère, en l’agitant de temps en temps; il absorbe l’oxigène de l’air et se transforme en oxide d’antimoine sulfuré terne , d’un gris blanchâtre, et en gaz acide sulfureux ; on chauffe cet oxide préalablement mêlé avec la moitié de son poids de nitrate de potasse , et avec les trois /quarts de tartre ( sur-tartrate de potasse ) , et il en résulte de l’antimoine métallique que l’on trouve au fond des creusets , et qui se prend en culot par le refroidissement, un composé de sulfure ou de sulfate de potasse et d’oxide d’antimoine qui surnage le métal; enfin plusieurs produits volatils. Théorie. L’acide tartarique du tartre se décompose par le feu comme toutes les substances végétales ; l’hydrogène et le carbone qui entrent dans sa composition se combinent avec l’oxigène de l’oxide et mettent le métal à nu , tandis que la potasse s’unit au soufre et à une portion d’oxide non décomposée: il est évident que l’acide nitrique du nitrate se décompose également pour oxider l’antimoine et le soufre.

Urane, cérium , cobalt et titane. On chauffe leurs

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oxides dans un creuset brasqué, comme nous l’avons dit pour le manganèse.

Bismuth. Si le bismuth que l’on trouve à l’état natif ne contient pas de cobalt on se borne à le fondre; il ne tarde pas à se rassembler au fond des creusets et à se séparer de la gangue; dans le cas où celle-ci serait très-abondante, il faudrait mêler la mine avec un fondant terreux et alcalin. Si le bismuth natif contient du cobalt, on le chauffe dans des tuyaux de fer que l’on incline légèrement dans un fourneau; le bismuth fond et vient se condenser dans un récipient de fer; mais il contient presque toujours de l’ar-* senic; on le tient en fusion pendant quelque temps pour volatiliser toutes les portions de ce métal.

Cuivre, i °. Exploitation du sulfure. On le grille , comme nous l’avons dit en parlant de la préparation du soufre ( pag. 487 ) , et l’on obtient un mélange d’oxides de cuivre et de fer , et de sulfure non décomposé. On le chauffe fortement avec du charbon qui s’empare de l’oxigène, en sorte que le produit, auquel on donne le nom de motte , est formé, de cuivre , de fer et de soufre. On le grille jusqu’à douze fois de suite , pour le débarrasser du soufre ; les oxides qui résultent du grillage sont fondus avec duxharbon , de la silice ou du quartz ; cette dernière substance facilite la fusion de l’oxide de fer, et empêche sa désoxidation ; en sorte que l’on obtient, iQ du cuivre noir, qui renferme 0,90 de cuivre , un peu de soufre et un peu de fer ; 20 des scories formées de silice et d’oxide de fer ; 3° une nouvelle matte que l’on grille de nouveau. On affine le cuivre noir en le faisant fondre dans un fourneau dont le sol est recouvert d’une brasque de charbon et d’argile; le soufre et le fer se combinent avec Poxigène de l’air , que l’on dirige sur la masse au moyen de soufflets , et le eut vie se trouve affiné au bout de deux heures ; on le fait couler dans des bassins chauds-; on l’arrose avec un peu d’eau, et on le

des métaux de la quatrième classe. 5a i retire sous la forme de plaques qui constituent le cuivre rosette. <

Si la mine ne contient pas beaucoup de sulfure , on la traite par l’eau après l’avoir grillée; par ce moyen, on dissout les sulfates de fer et de cuivre formés pendant le grillage ; on met cette dissolution sur de la vieille ferraille, qui précipite tout le cuivre du sulfate {yoy. pag. 4i6): on ' désigne alors ce métal sous le nom de cuivré de cémentation.

On traite les mines d 'oxide et de carbonate de cuivre par le charbon, et l’on obtient le cuivre métallique.

Tellure. Si la mine ne contient que du tellure, de l’or et du fer, on la sépare de la gangue; on la pulvérise pour la traiter à une douce chaleur par 5 ou 6 parties d’acide nitrique; il se forme du nitrate de tellure et du nitrate de fer solubles ; l’or , la majeure partie de la gangue , et une portion d’oxide de fer restent au fond ; on filtre la liqueur après l’avoir étendue. On verse dans la dissolution un excès de potasse caustique; tout l’oxide de fer est précipité, tandis que celui de tellure , soluble dans un excès de potasse , reste dans la liqueur; on filtre et on verse dans la dissolution assez d’acide hydro-chlorique pour saturer toute la potasse ; il se forme de suite un précipité blanc floconneux de sous-hydro-chlorate de tellure ; on le lave avec parties égales d’eau et d’alcool (l’eau seule dissoudrait l’oxide ) et on le met sur un filtre. Lorsqu’il est sec, on le chauffe graduellement dans une cornue de verre avec de son poids de charbon ; l’oxide perd son oxigène , et le métal mis à nu se sublime en partie , tandis que l’autre portion reste dans la cornue sous la forme d’un culot.

Si la mine de tellure contenait du plomb il se formerait aussi du nitrate de plomb; alors il faudrait traiter ces nitrates par l’acide sulfurique; le plomb serait précipité à l’état de sulfate , tandis qu’il resterait dans la dissolution du

sulfate de tellure et de fer que l’on décomposerait égale- . ruent par la potasse.

Plomb. — Exploitation du sulfure. On triture et on lave ce minéral pour en séparer la gangue, puis on le grille: cette opération peut déjà fournir un peu de plomb si la température est très-élevée. (Voyez Action de V air sur ce sulfure, pag. 402. ) On doit considérer le produit du grillage comme formé d’oxide , de sulfate et d’un peu de sulfure de plomb. On le traite dans le fourneau à manche par delà grenaille de fer ( fer carburé ) et par du charbon de terre ou de bois. Le charbon décompose l’oxide et le sulfate de plomb , tandis que le fer s’empare du soufre du sulfure ; le plomb mis à nu ne tarde pas à couler dans des bassins : on l’appelle plomb d’œuvre ,* il contient le plus souvent du zinc , de l’antimoine et du cuivre -, on le fait chauffer avec le contact de l’air ; le zinc et l’antimoine s’oxident facilement èt font partie des premières portions de minium obtenues. Si l’on continue à chauffer, le cuivre s’oxide également , s’unit au minium déjà formé, et il reste une portion de. plomb métallique pur. Le minium obtenu dans cette opération peut servir dans les fabriques de poteries.

Des Métaux de la cinquième classe.

Nickel. On chauffe le protoxide de nickel dans un creuset, avec un peu de cire; il perd son oxigène et donne Je métal. On peut aussi l’obtenir en le faisant chauffer avec de la poudre de charbon et du borax. Enfin, suivant M. Proust , on peut se procurer ce métal en exposant à une tiès-forte chaleur le protoxide seul.

Mercure. — Exploitation du sulfure ( cinnabre ). i°. On introduit la mine triée , broyée et mêlée avec de la chaux éteinte , dans des cornues de fonte auxquelles on adapte des récipiens contenant une certaine quantité d’eau; on chauffe; le mercure se volatilise, vient se condenser dans

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les récipiens , et il reste dans la comue du sulfure de chaux ; d’où il suit que le cinnabre a été décomposé. Ce procédé est pratiqué dans le département du Mont-Tonnerre. 20. A Almaden et à Idria , on chauffe la mine triée , broyée et pétrie ayec de l’argile; le soufre s’empare de l’oxigène de l’air, passe à l’état d’acide sulfureux; le mercure mis à nu se volatilise et va se condenser , en traversant une série d’aludels , dans un bâtiment qui tient lieu de récipient.

Osmium. Nous en parlerons en faisant l’extractionr du platine.

Des Métaux de la sixième classe.

Argent. — Exploitation des mines d’ Europe. Si la mine est riche, on la débarrasse de sa gangue par des lavages , et on la fait fondre avec un poids égal au sien de plomb. Cet alliage est ensuite soumis à la coupellation : pour cela , en l’introduit dans une coupelle oblongue ( capsule. composée d’os calcinés jusqu’au blanc, broyés, tamisés et lavés) , que l’on fait chauffer dans un fourneau particulier, et sur laquelle on ne tarde pas à diriger le vent d’un ou de deux soufflets; l’alliage fond, le plomb s’oxide, passe à l’état de litharge qui s’écoule ^ et l’argent, plus pesant, se ramasse en -un culot au fond de la coupelle.

Il arrive quelquefois que le plomb d’œuvre obtenu , comme nous l’avons dit ( pag. 522 ) , contient assez d’argent pour que l’on doive chercher à l’obtenir; alors il faut le soumettre à la coupellation, pour le transformer en lithàrge et en argent pur. Si le cuivre à rosette, dont nous avons décrit l’extraction , contenait assez d’argent pour pouvoir être exploité avec succès , comme cela arrive quelquefois ^ on le ferait fondre avec trois fois son poids de plomb; on laisserait refroidir l’alliage et on le chaufferait doucement ; la majeure partie du plomb entrerait en fusion et entraînerait presque tout l’argent ; on séparerait ces deux me-

taux par la coupellation , tandis que l’on continuerait à chauffer le cuivre pour en extraire tout le plomb.

La mine argentifère de Freyberg , qui renferme trèspeu de sulfure d’argent uni à une très-grande quantité de sulfures de cuivre et de fer, doit être soumise à d’autres opérations; on la grille, après l’avoir mêlée avec le dixième de son poids de sel marin; il se dégage du gaz acide sulfureux, et Pon obtient une masse composée de chlorure de fer , de sulfate de soude, de sulfate de fer et de cuivre solubles , et de chlorure d’argent , d’oxide de fer, et d’oxide de cuivre insolubles ; on la réduit en poudre fine, et on l’agite pendant 16 à 18 heures dans des tonneaux, avec 5o parties de mercure , 3o parties d’eau, et 6 parties de fer; les sels solubles se dissolvent ; le chlorure d’argent est décomposé par le fer , et l’argent s’amalgame avec le mercure ; on presse fortement l’amalgame pour en séparer l’excès de mercure , et on le soumet à la distillation ; le mercure se volatilise et l’argent reste. Si la mine renferme très -peu d’argent et beaucoup de gangue , on la mêle avec de la pyrite et on la fait fondre ; celle-ci entraîne l’argent et les autres métaux ; alors on la grille à plusieurs reprises p'our en séparer le soufre ; on fait fondre de nouveau le produit avec de la mine., puis avec du plomb, et l’on obtient du plomb argentifère , dont on sépare l’argent par la coupellation.

Exploitation des mines du Mexique et du Pérou. Ces mines sont le plus souvent formées d’argent natif, de chlorure d’argent , d’oxide d’argent, d’argent antimonial, de pyrites de cuivre et de fer , de silex, etc. On les réduit en poudre , et on les mêle avec deux centièmes et demi de sel marin ; on abandonne le mélange à lui-même , et au bout de quelques jours on y ajoute de la chaux : on ne sait pas trop ce qui se passe dans cette opération ; on incorpore îe mélange avec du mercure, qui -s'amalgame avec l’argent

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et se précipite ; eu traite par l’eau pour dissoudre toutes les matières solubles , et on distille l’amalgame pour en avoir l’argent : ce n’est guère qu’au bout de plusieurs mois que cette opération est terminée.

Or. — Exploitation de l’or mêlé avec du sable ou avec une gangue. Lorsque la mine est réduite en poudre, on la lave sur des planches inclinées : l’or , beaucoup plus pesant, reste , tandis que les parties terreuses sont entraînées; on l’amalgame avec du mercure pour le. séparer d’un peu de sable, et On distille l’amalgame pour en volatiliser le mercure.

Exploitation des sulfures aurifères. i°. On les grille suffisamment pour en séparer le soufre , et on les fait fondre avec du plomb d’œuvre; puis on soumet l’alliage à la coupellation ; cependant , l’or que l’on obtient peut contenir du fer , de l’étain et de l’argent. On en sépare le fer et l’étain en le faisant fondre avec du nitre , qui oxide ces deux métaux sans altérer l’or ni l’argent. Nous dirons tout-à-l’heure comment on le prive de ce dernier métal. 2°. Procédé dé amalgamation. Si le sulfure est riche en or , en le traite directement par le mercure, et on distille l’amalgame ; s’il n’en renferme que. très-peu, on est obligé de îe griller avant de l’amalgamer avec le mercure.

Si l’or obtenu par l’un ou l’autre, de ces procédés contient de l’argent, on doit l’en priver: supposons qu’il en renferme 3 parties sur 4; on -le fait bouillir pendant demi-heure avec un poids égal au sien d’acide nitrique à a5° 5 on décante et on traite le résidu par une égale quantité du même acide; il se forme du nitrate d’argent soluble, tandis que l’or n’est pas attaqué ; mais comme tout l’argent peut ne pas avoir été dissous , on fait encore bouillir l’or avec le double de son poids d’acide sulfurique concentré, qui enlève les dernières portions d’argent; ensuite on précipite l’argent du, nitrate et du sulfate, en le chauffant

5 30 EXEAÏIÈEE paetie,

avec des lames de cuivre , et en ayant la précaution de dé* composer le sulfate acide dans des vases de plomb : le nitrate peut être chauffé dans des vases de bois»

Si l’or ne contient pas les f de son poids d’argent, on est obligé, avant de le traiter par l’acide nitrique, de le fondre avec assez d’argent pour que les proportions de mélange soient dans ce rapport : sans cela l’argent ne serâitpas entièrement dissous.

Osmium , iridium , platine palladium et rhodium . La mine de plàiinë renferme , i° du platine, du rhodium, du palladium , du cuivre , du plomb , du mercure , dû fer , du soufre, de V osmium , de Y iridium, du chrome et du titane. On la traite par cinq ou sis fois son poids d’un mélange fait avec 3 parties d’acidê hydro-chlorique et une partie d’acide nitrique (eau régale) 5 on obtient une dissolution brune jaunâtre , que l’on décante -, on fait bouillir la mine à plusieurs reprises avec une nouvelle quantité d’eau régale , jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’action : dans cette expérience le soufre est acidifié , la majeure partie’ des métaux est oxidée, et plusieurs d’entre eux dissous 5 il reste au fond de la cornue une poudre. La dissolution A renferme /des sels de platine, de rhodium, de palladium , de cuivré, de plomb, de mercure , de fer , d’un peu d’iridium et. d’osmium ; elle contient/en outre de l’acide sulfurique -, le résidu noir pulvérulent B est formé d’iridium , d’osmium, de sable , d’un peu d’alumine , d’oxide de fer , d’oxide de chrome et d’oxide de titane -, ces trois derniers sont unis entre eux , et ne se dissolvent pas dans l’eau régale ; enfin, le liquide C , condensé dans le récipient , renferme , d’après les expériences de M. Laugier, beaucoup d’acide et une certaine quantité (Y osmium.

Examen du résidu B. On le chauffe dans Une cornue avec deux fois son poids dè nitrate de potasse ; lorsque celui-ci est entièrement décomposé , lé résidu se trouve

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