DÉCOMPOSITION DES SUBSTANCES ANIMALES
Il existe une différence notable entre les décompositions spontanées des corps animaux et végétaux. Le nombre plus grand des principes des matières animales produit des attractions plus nombreuses et plus compliquées. Un des caractères les plus distinctifs dans la décomposition des matières animales est la rapidité de la putréfaction. On ne remarque pas, comme dans les végétaux, les changemens qui sont imperceptibles.
Différentes circonstances sont aussi nécessaires pour accélérer l’action des principes constituans et les faire passer à la putréfaction. L’humidité et une chaleur modérée en sont les principales; car les matières animales 11’éprouvent aucun changement dans une sécheresse parfaite, tandis que l’humidité fait passer les parties molles des animaux, et même les os, en putréfaction complète , que la chaleur accélère alors. A la température de quelques degrés sous zéro , on n’observe aucune putréfaction; mais elle devient perceptible à mesure
qu’on l’élève jusqu’à un certain degré, au-delà duquel la putréfaction s’arrête comme par le froid. Dans des circonstances favorables, les matières se ramollissent, la couleur tourne au brun ou au vert , une odeur délétère s’exhale ; les fluides jaunissent et toute la masse augmente de volume, dont la cause est le développement des fluides élastiques ; elle devient uniforme, le volume diminue, et, vers la fin, il s’en dégage une odeur particulière; il ne reste plus alors qu’une masse fétide et terreuse. La durée de la putréfaction est plus ou moins longue; les gaz dégagés sont l’hydrogène carburé, l’hydrogène sulfuré et l’hydrogène phosphuré ; plus , de l’eau à l’état de vapeurs ; les autres produits sont , du savon connu sous le nom de gras de cadavre , composé de graisse et d’ammoniaque, de l’acide nitrique combiné à une terre ou un alkali, et une terre onctueuse qui reste après la séparation des autres parties.
L’art de préserver de la putréfaction les substances animales, que l’on conserve comme alimens, est devenu d’une grande importance dans l’économie domestique. On y parvient en les préservant entièrement de l’humidité , ou en les tenant à la température de zéro et au-dessous. On a tour-à-tour fait usage d’acide, d’alcool, de sucre et de quelques sels, qui remplissent l’intention jusqu’à certain point. Les substances aromatiques et résineuses , les huiles volatiles , le camphre et les poudres sèches des plantes astringentes, sont également employées.
SECTION III