DE L’AIR ATMOSPHÉRIQUE
Cet air est un composé d’oxigène et d’azote; si on fait un mélange de 4 parties d’azote et d’une d’oxigène, le produit sera semblable à l’air atmosphérique pour ses diverses propriétés. Les proportions de ces deux gaz dans l’atmosphère sont de 79 de gaz azote et de 21 d’oxigène en volume; ou de 74 d’azote et de 26 d’oxigène en poids. Ces proportions sont uniformes et constantes dans toutes les parties du monde, dans les climats les plus chauds et les plus froids; et dans les endroits où il s’en consume une grande partie par la combustion et la respiration , et où on pourrait craindre que la pureté n’en soit diminuée. Cette uniformité dans les parties constituantes de l’atmosphère est une preuve décisive qu’il faut le considérer comme un composé chimique. Le poids d’un litre d’air atmosphérique est de 1.299 grammes; il est 816 plus léger que son volume d’eau à la température de i5.56 centigr. et lorsque le baromètre est à 0.76 centim.
Ce n’est qu’en raison de l’oxigène qu’il contient, que l’air favorise la combustion et la respiration.
Exp. — Si on introduit du phosphore enflammé sous une cloche remplie d’air , la combustion sera moins brillante que dans le gaz oxigène, et cessera entièrement, lorsque le
quart de l’air atmosphérique sera consumé ; ce que l’on pourra estimer à la quantité d’eau qui sera montée dans la cloche.
SECTION II
DU DEUTOXIDE d’aZOTE.
Préparation Si on met du nitrate d’ammoniaque dans
une cornue et qu’on applique une chaleur de 1710 à ü65.55 centigr. , le sel se fond , et il laisse dégager une grande quantité de fumée blanche qu’on reçoit dans des vases au-dessus de l’eau; après quelque temps de repos , le gaz devient transparent; il ressemble à l’air ordinaire, quant à des propriétés physiques. Un litre de ce gaz pèse près de 1 .3495 grammes et ses parties constituantes sont 63 d’azote et 37 d’oxigènes.
La saveur de ce gaz est douce et l’odeur en est agréable; l’eau en absorbe plus de la moitié de son poids, et acquiert un goût agréable ; mais le gaz s’en dégage , sans décomposition , par l’ébullition.
Quelques corps combustibles y brûlent avec autant d’éclat que dans le gaz oxigène , mais ils doivent être en ignition avant de les y introduire. Une bougie allumée présente d’abord une flamme blanche et brillante, qui diminue graduellement. La combustion du phosphore présente les mêmes effets que dans l’oxigène.
De ses effets sur la respiration. — Lorsqu’on respire ce gaz, ses effets sont à-peu-près analogues à ceux des liqueurs énivrantes sur le système nerveux ; on éprouve des sensations de plaisir; un doux frémissement se fait sentir dans tout le corps; ce qui lui fit donner le nom de gaz du paradis. Cependant , quoiqu’on puisse le respirer pendant trois ou quatre minutes, il est incapable de servir au maintien de la vie.
SECTION III
DU PROTOXIDE d’aZOTE OU GAZ NITREUX.
Préparation. — Si on introduit de la tournure de cuivre
dans une cornue et qu’on y ajoute de l’acide nitrique faible, il se produit une action très-vive et \m dégagement considérable de gaz, que l’on peut recueillir ; c’est le gaz nitreux. Dans cette expérience , l’acide nitrique , composé de gaz nitreux et d’oxigène , est en partie décomposé ; une partie de l’oxigène se combine avec le métal, et forme un oxide; l’autre partie s’unit avec cet oxide, et forme un sel neutre, tandis que le gaz nitreux , se combinant avec le calorique qui est dégagé pendant ces changemens , se développe sous la forme d’un fluide élastique. Ce gaz fut connu du docteur Haies , mais les propriétés en furent examinées par le docteur Fristley.
Propriétés. — Le protoxide d’azote est élastique, sans couleur, sans goût et ne produit aucun changement sur les couleurs bleues végétales : un litre de protoxide d’azote pèse i .9752 grammes; ses parties constituantes sont de 56 d’oxigène et de 44 d’azote; il n’est .point propre à la respiration.
Quelques corps combustibles brûlent dans ce gaz ; d’autres y sont éteints. Le phosphore y brûle presque aussi bien que dans le gaz oxigène, dans les mêmes circonstances; et le pyrophore de Hombert , qui s’enflamme à l’air, y devient rouge à l’instant et brûle vivement. Dans ces expériences , l’oxigène du gaz nitreux se combine avec le combustible, et Fazote s’en sépare; l’eau absorbe de 1/10 a 1/20 de son volume à la température ordinaire ; mais lorsqu’elle est en ébullition , ou bien à l’état de glace , le gaz s’en sépare sans altération.
Exp. I. — Si on ajoute de l’air atmosphérique à diverses reprises , à une quantité de gaz nitreux contenu dans une cloche au-dessus de l’eau, il apparaît une couleur rouge au moment du contactée volume est diminué, aveè dégagement de chaleur.
Exp. II. — Si on substitue du gaz oxigène à l’air atmosphérique, une diminution de volume suivra chaque addition; et si on a soin de n’en pas introduire une trop grande quan tité, on parviendra à faire monter l’eau jusqu’à remplir la cloche.
Dans ces expériences , le gaz nitreux se combine avec une autre partie d’oxigène , et se convertit en acide nitreux , qui laisse dégager de la chaleur par sa condensation en liquide.
Les composés de l’oxigène et du gaz azote prouvent les effets des combinaisons chimiques , par la différence des produits qu’on peut obtenir par leurs parties constituantes, ioo parties d’air sont composées de 26 en poids d’oxigène, et produisent avec l’azote un composé non seulement salutaire, mais absolument nécessaire à la vie animale ; lorsqu’on en augmente la proportion à 37 parties, le composé qui forme l’oxide nitreux, peut être respiré pendant quelque tems sans produire d’effets nuisibles; mais quand on en augmente la proportion de 56 à 70 d’oxigène, comme dans le gaz nitreux et l’acide nitreux, le composé acquiert des propriétés si nuisibles , jusqu’à produire une suffocation instantanée.
SECTION IV
DU GAZ AZOTE, AVEC LE CHLORE ET l’iODE.
Aucune combinaison directe ne s’opère entre le chlore et l’azote; mais si on expose une solution de nitrate ou de nmriate d’ammoniaque à l’action de chlore, à la température de 2j.11 centigr. , le gaz est absorbé, et il se forme un liquide d’une consistance oléagineuse de la gravité spécifique de 1.6. Ce composé est susceptible d’explosion , et par Faction du phosphore, des huiles et d’autres combustibles, il est nécessaire de prendre certaines précautions pour se préserver de leur violence. Sa décomposition produit un volume d’azote et quatre volumes de chlore.
Si on verse une solution d’ammoniaque sur une petite quantité d’iode , il y a combinaison , et l’on peut obtenir deux produits: le premier est un acide; l’autre, une poudre brune qui fait explosion au toucher.
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