CHAPITRE VIL
DE LHYDROGÈNE.
Son nom dérive du grec et indique qu’il est une des parties constituantes de l’eau. Ses propriétés combustibles sont mentionnées dans les écrits des anciens chimistes, et en 17 66, Cavendisli en examina particulièrement les propriétés.
Préparation. Qu’on mette de la tournure de fer ou de zinc dans un matras de verre, et qu’on y ajoute de l’acide sulfurique affaibli par 5 à 6 fois son volume d’eau ; il se produira une action violente avec un dégagement considérable d’un fluide élastique que l’on peut recueillir sur l’eau; c’est le gaz hydrogène , autrefois appelé gaz inflammable.
Pendant cette expérience, il se produit diverses actions d’affinité chimique ; l’acide se combine avec le métal , et forme un sel neutre; mais comme il faut que le métal soit préalablement à l’état d’oxide, il absorbe l’oxigène de l’eau, tandis que l’hydrogène de celle-ci, se combinant avec le calorique , se sépare pendant ces changemens , et se dégage à l’état de fluide élastique.
Propriétés . — L’hydrogène’possède les propriétés physiques de l’air ordinaire , mais il est le plus léger de tous les gaz , car un litre à la température et à la pression moyennes , ne pèse que 0.0951 grammes. Il éteint les corps en combustion, et il est par conséquent impropre à la respiration; il n’a point de goût, mais son odeur est particulière et désagréable; il n’est que faiblement absorbé par l’eau.
Exp. I. — Qu’on remplisse une éprouvette de gaz hydrogène, et qu’on applique une bougie allumée à l’entrée, le gaz prendra feu avec une légère explosion à l’endroit où il est en contact avec l’air atmosphérique, et il continuera
de brûler avec flamme et par couches jusqu’à ce qu’il soit entièrement consumé.
Exp. II. — Si on introduit subitement la même bougie , le gaz brûlera à la surface, mais s’éteindra à l’intérieur, ce qui prouve qu’il est incapable de supporter la combustion. On obtient le même résultat, en renversant un vase rempli de ce gaz, au-dessus d’une bougie.
Exp. III. — Si on remplit deux éprouvettes de ce gaz, qu’on renverse l’une des deux , on trouvera par la bougie, que tout le gaz sera échappé de la première , mais non de celle renversée , en raison de sa légèreté spécifique. C’est cette légèreté qui le rend d’un usage ordinaire dans les expériences aérostatique. De la manière dont on se le procure ordinairement, il est à-peu-près 7 à 8 fois plus léger que son volume d’air; mais lorsqu’il est pur, sa légèreté dépasse 12 à i3 fois ce volume.
SECTION I