DES ACIDES MÉTALLIQUES
Les substances métalliques s’unissent en différentes proportions avec l’oxigène , et les composés sont nommés oxides ; mais quelques-uns des métaux se combinent avec une plus grande proportion d’oxigène, et aquièrent des propriétés acides. Des composés de cette nature s’obtiennent de l’arsenic, du tungstène, du mulylédène, du chrome et du columbium.
1 . Acide arsenique. — L’arsenic se combine avec l’oxigène en deux proportions. L’acide arsenieux, qui est l’arsenic blanc du commerce , est ordinairement blanc , solide et toujours très-vénéneux ; il n’est pas très-soluble dans l’eau froide , mais il l’est beaucoup plus à l’eau bouillante ; il rougit les couleurs bleues végétales. Les composés alkalins se nomment arscnites.
On convertit cet acide en acide arsenique, en le distillant souvent avec de l’acide nitrique; on peut l’obtenir en dissol-
APPLIQUÉE AUX ARTS LT AUX MANUFACTURES. Ily
vant de l’arsenic métallique dans l’acide nitrique, et après avoir évaporé à siccité, dissoudre le résidu dans l’eau, filtrer la dissolution , et l’évaporer de nouveau à siccité.
Propriétés. — L’acide arsenique ainsi obtenu est sous la forme d’une masse solide et blanche , ayant le goût aigre et métallique, rougissant les couleurs bleues; et lorsqu'on l’expose à une forte chaleur, dans un creuset, il le corrode, reste transparent, et se convertit en verre. Cet acide est plus soluble dans l’eau que le précédent. Ses composés avec les alkalis , les terres et les métaux , se nomment arseniates .
2. De l'acide tungstique. — On le trouve dans la nature en deux substances minérales; savoir . dans un composé de chaux* et dans un composé de fer et de manganèse. Si on fait fondre ensemble une partie de tungstate de chaux et quatre parties de carbonate de potasse, la masse sera soluble dans 12 parties d’eau bouillante. On ajoute de l’acide nitrique à cette solution , qui s’unit avec la potasse , et précipite l’acide tungstique. On peut l’obtenir aussi en fondant, dans un creuset, sa combinaison de manganèse et de fer , avec deux fois son poids de carbonate de potasse : on fait bouillir , on filtre et on obtient, par l’addition de l’acide nitrique, un précipité d’acide tungstique, qui, étant lavé et séché, prend la forme d’une poudre jaune , sans goût, insoluble dans l’eau et ne produisant aucun changement sur les couleurs bleues végétales. Les composés salins de cet acide, qui sont solubles, et avec les terres et oxides métalliques qui sont insolubles dans l’eau , se nomment tungstates.
3. De l'acide molybdique. — On le tire d’ordinaire d’une substance qui est un composé de soufre et de molybdène. Si on introduit une partie de cette substance pulvérisée dans une cornue, avec six fois son poids d’acide nitrique, que l’on distille à sec , et qu’on répète deux ou trois fois le même procédé, le soufre et le métal se combineront avec l’oxigène, et deviendront acides. L’acide sulfurique le sépare en chauffant fortement la masse dans un creuset, et la lavant ensuite dans de l’eau pure; l’acide molybdique, ayant un goût acide métal-
lique , reste sous la forme d’une poudre blanche. Il n’est pas très-soluble , même dans l’eau bouillante ; la solution est d’un jaune pâle, sans goût, mais rougissant le papier de tournesol, et se précipitant par les acides sulfurique, nitrique et hydrochloriquc. Ses composés à bases alkalines , terreuses et métalliques , s’appellent molybdates .
4. De l'acide chromique. — Cet acide se trouve , dans la nature, combiné au plomb et au fer; on l’obtient en pulvérisant le chromate de fer, et en soumettant deux de ses parties et une de nitrate de potasse , dans un creuset , à une chaleur rouge pendant plusieurs heures. On dissout la matière ; à la portion insoluble, qui est un composé d’oxide de fer et de chromate de fer non décomposé, on ajoute de l’acide hydrochlorique, qui dissout l’oxide de fer; on soumet à une nouvelle calcination le mélange du chromate de fer et de nitrate de potasse ; on sature la solution de potasse et d’acide chromique, avec de l’acide acétique, et on évapore jusqu’à cristallisation. Le chromate de potasse étant dissous dans l’eau , se précipite par l’hydrochlorate de Barite. Ce précipité de chromate de Barite étant bien lavé, on le dissout dans l’acide nitrique, et la barite en étant précipitée par l’acide sulfurique, on filtre et on évapore la solution à une chaleur modérée. Pour en séparer entièrement l’acide nitrique , il est nécessaire de répéter les cristallisations plusieurs fois. Le résidu sec est l’acide chromique.
Il est d’une couleur rouge foncée, a un goût acide fortement métallique , tombe en déliquescence à l’air , et est soluble dans l’eau, d’où on peut l’obtenir cristallisé, de couleur pourpre. Quand on le chauffe, une partie d’oxigène se sépare, et il se convertit en oxide vert. Mêlé à l’acide hydrochlorique, il acquiert la propriété de dissoudre l’or. Il se combine facilement avec les alkalis , et communique une couleur orangée aux cristaux qu’il forme avec eux (1). Ses composés salins se nomment chromâtes .
(x) C’est cette propriété qui a fait donner le nom de chromium à la
Le métal appelé columbium , découvert par M. Hatchet, forme également un acide, dont on peut trouver un détail publié dans les Trans. Phil. de 1802.
SECTION XIV