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DU BISMUTH ET DE SES COMPOSÉS

Il paraît que ce métal était connu des anciens , mais qu’on le considérait comme une variété de l’étain, du plomb ou de l’antimoine. Ses propriétés ne furent reconnues que vers le milieu du dix -huitième siècle. Le bismuth existe sous trois états différens dans la nature : on le trouve natif, en sulfure et en oxide. Pour l’extraire, on lave la mine, que l’on mêle ensuite avec un quart de flux noir; on l’introduit dans un creuset brasqué, et on l’expose à une chaleur modérée; on obtient un bouton métallique par ce procédé. Par la voie humide, on dissout la mine dans l’acide nitrique, et on en précipite l’oxide par l’addition d’une suffisante quantité d’eau. Le bismuth est blanchâtre et d’une texture lamelleuse. Sa pesanteur spécifique est 9.82. Il est inodore et insipide. On le divise par un coup de marteau sec; il est très -dur; il ne possède aucune ductilité et très-peu d’élasticité; il est si fusible qu’il fond à 254*44 centigr. ; il cristallise par le refroidissement; à vase clos, il se sublime, et cristallise en lames brillantes , au couvercle du creuset. Le bismuth se ternit à l’air, et se couvre d’une poudre jaune grisâtre. Chauffé avec le contact de l’air, on produit une pellicule irisée à la surface , et il se convertit en un oxide brun qui tourne à l’orangé jaune. Soumis à une chaleur rouge , le métal brûle avec une flamme bleue et se sublime en vapeurs jaunes, qui, étant condensées, se nomment fleurs de bismuth . L’oxide de ce métal est insoluble dans l’eau ; il fond à une forte chaleur, et brunit; il contient 10 d’oxigène sur 100 de métal. Le bismuth s’unit à peine avec le phosphore , mais bien avec le soufre , qui forme un sulfure bleuâtre , cristallisant en aiguilles tétraèdres.

Sulfate de bismuth. — Au moyen de la chaleur, l’acide sulfurique convertit le bismuth en une poudre blanche; le lavage enlève presque tout l’acide combiné dans cette poudre

Quand on évapore la solution , on obtient des petits cristaux qui ne sont pas insolubles dans l’eau , mais qui se décomposent par la précipitation de l’oxide.

Nitrate de bismuth. — L’acide nitrique concentré a une action violente sur ce métal. Il se produit uue forte effervescence. Le bismuth se convertit en oxide blanc , qui se dissout en étendant un peu l’acide; la solution produit des cristaux en forme de prismes tétraèdres. L’eau précipite l’oxide blanc de ce sel , qu’on nommait autrefois Blanc de fard.

Chlorure de bismuth. — L’acide hydrochlorique fumant convertit le bismuth en poudre, à la longue. Lorsqu’on fait chauffer ensemble du bismuth et du sublimé corrosif, et qu’on tient le mélange en fusion pendant deux heures, à une température sous le mercure bouillant , le chlorure de bismuth gagne la surface, et le mercure, le fond. Ce chlorure est granulé et gris; il est composé de 66 de métal et de 34 de chlore.

Les autres composés salins du bismuth ne sont pas assez importans pour exiger un détail particulier.

Le bismuth est appliqué à beaucoup d’usages; son oxide est employé à former les émaux jaunes dans les manufactures de porcelaine, où on le mêle avec d’autres oxides pour obtenir différens tons. On l’applique à pareil usage dans les verreries.

SECTION XVI

DU manganèse et de ses composés.

Les propriétés de ce métal le firent considérer comme distinct, vers le milieu du dix -huitième siècle. Il fut étudié successivement par Scheele, Bergman et Galm. Mais on l’avait employé long-tems dans les verreries, à l’effet de décolorer le verre; on le nommait à cet effet savon des verriers. On trouve toujours ce métal à l’état d’oxide. Ces oxides sont rouge , blanc et noir, et doivent ces couleurs à leur combinaison avec d’autres métaux : le plus commun est l’oxide

noir. On l’obtient à l’état métallique, en introduisant une pâte faite avec de l’eau, dans un creuset brasqué; on renverse un second creuset rempli de charbon, qu’on superpose au premier, et on les soumet à une température de 160 Wedgewood pendant deux heures; on trouve le métal en globules, parmi les scories ou au fond du creuset. Le manganèse est gris , granulé et très-brillant. Sa pesanteur spécifique est de 6.8; il est inodore ; il est à-la-fois un des plus cassans et des moins fusibles des métaux, et égal au fer en dureté. Il se ternit bientôt à l’air, change de couleur en absorbant l’oxigène, et finit par tomber en poussière. On a découvert trois oxides de ce métal, distingués par leurs couleurs, en vert, brun et noir , qu’on pourrait réduire à deux , le vert et le noir. On prépare le premier en plongeant le manganèse quelque terns dans l’eau, le dissolvant ensuite dans les acides, et le précipitant par un alkali. L’oxide vert seul se combine avec les acides , et forme des composés salins ; il est composé de 28 d’oxigène et 100 de métal. L’oxide noir si abondant, contient plus du double d’oxigène; c’est la raison qui le rend utile à se procurer du gaz oxigène pour les expériences.

Le phosphore paraît se combiner avec le manganèse , et le composé est plus fusible que le métal. On forme également un sulfure du métal et un autre de son oxide.

Sulfate de manganèse. — L’acide sulfurique allongé d’eau agit sur le manganèse. L’oxide vert seul se trouve dissous , et sans l’assistance de la chaleur, cet acide n’a aucun effet sur l’oxide noir. Quand on dissout du carbonate de manganèse dans l’acide sulfurique , on obtient des cristaux en aiguilles soyeuses. Ce sel est douceâtre, soluble dans l’eau et insoluble dans l’alcool; on l’appelle le sulfate blanc de manganèse. Quand on distille l’acide sulfurique sur l’oxide noir, et qu’on lave le résidu, on obtient une solution rougeâtre ou violette, qui contient un autre sulfate de manganèse. L’évaporation produit une masse gélatineuse dans laquelle on distingue quelques cristaux. Ce sel , très-soluble dans l’eau , est précipité par les alkalis en forme d’oxide rouge. L’acide sul~

furcux enlève une partie d’oxigène à l’oxide noir, se convertit en acide sulfurique , qui se combine et forme un sulfate de manganèse.

Nitrate de manganèse. — L’acide nitrique dissout le métal avec effervescence et dégagement de gaz nitreux. Il a peu d’action sur l’oxide noir, à moins qu’on n’y ajoute une matière végétale telle que le sucre ou la farine , pour lui enlever une partie de son oxigène. On obtient ainsi une solution incristallisable.

Hydrochlorate de manganèse. — L’acide hydrocblorique concentré dissout le manganèse avec dégagement de gaz hydrogène. Le produit est une substance blanche composée de 54 de chlore et de 46 de manganèse.

La formation de ces sels de manganèse n’est pas encore assez connue, pour la déterminer avec exactitude ; les autres sont de trop peu d’importance. Les alkalis favorisent l’oxidation de ce métal et la décomposition de l’eau , parce qu’ils se combinent facilement avec son oxide. Quand on fait fondre les alkalis fixes avec le manganèse, il se forme une masse verte et soluble dans l’eau. Quand on conserve cette solution à vase clos, il se précipite un oxide jaune de fer, et l’oxide vert devient bleu. La solution alkaline précipite par l’eau , et devient d’abord violette, puis rouge, et enfin blanche. On produit les memes changemens de couleur et le même précipité , par l’addition de quelques gouttes d’acide , ou en exposant la solution à l’air. Ce composé prend le nom de Caméléon minéral, qu’il doit à ces changemens.

SECTION XVII

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