DU COBALT ET DE SES COMPOSÉS
Brandt, chimiste suédois, fut le premier qui retira le cobalt de ses mines, vers 1732; cependant, on l’avait employé à la coloration du verre, vers le milieu du 16e siècle. Le cobalt se trouve allié avec l’arsenic, quelquefois combiné avec le soufre à l’état d’oxide noir, ou formant un composé avec l’acide arsenique qu’on nomme fleurs de cobalt. Pour extraire le métal pur de ses mines, après avoir fait griller celles-ci , on les mêle avec trois fois leur poids de flux noir et un peu de sel ordinaire , et on les expose dans un creuset brasqué, à un feu de forge. Quand la fusion est complète, il est nécessaire d’agiter, afin de rassembler en une masse, les globules détachés. Si la mine contient du bismuth , il se produit deux boutons métalliques sous la scorie vitrée, dont celui de bismuth occupe le fond, comme le plus pesant. Le cobalt est gris rougeâtre, granulé, très-cassant et facilement réduit en poudre. Sa pesanteur spécifique est de 7-85 à 8.5. C’est un des métaux les plus infusibles , car il ne commence à fondre qu’au i3o° de Wedgewood; il rougit avant la fusion et cristallise par un refroidissement gradué ; enfin il est magnétique comme le fer. Le cobalt n’est point altéré par son expo sition à l’air; mais quant on le tient au rouge, à l’air ouvert, il se convertit en une poudre qui acquiert les différentes couleurs bleues, et enfin passe au bleu noirâtre avec une chaleur plus violente; l’oxide ainsi formé, coule en un verre bleu noirâtre. Il paraît se combiner avec l’oxigène en deux proportions pour former deux oxides. La solution de nitrate de cobalt , précipitée par la potasse , produit un oxide bleu qui devient noir à l’air. Cette poudre noire, exposée à une forte chaleur, devient bleue. L’oxide bleu qui est composé de 27
d’oxigène sur ioo de métal, se dissout dans les acides sans effervescence ; l’oxide noir qu’on obtient en exposant l’oxide bleu à l’air, contient près de 37 parties d’oxigène sur 100 de cobalt, et se dissout avë~ effervescence dans l’acide hydrochlorique (muriatique).
On forme un phosphure de cobalt, qui est plus fusible que le métal ; en faisant fondre le métal avec du soufre en combinaison avec la potasse, on obtient un sulfure jaunâtre, qui n’est décomposable que par les acides.
Sulfate cle cobalt. — L’acide sulfurique à ioo° de température dissout le cobalt ; on obtient une masse rougeâtre soluble dans l’eau et produisant des prismes rhomboïdaux décomposables par la chaleur.
Nitrate de cobalt. — L’acide nitrique dissout le cobalt avec l’assistance d’une légère chaleur, et la solution rouge produit des petits cristaux prismatiques de même couleur qui sont déliquescens , et décomposés en un oxide rouge par les charbons ardens. Les alkalis décomposent ce nitrate , et l’oxide qu’on obtient par ce moyen , est employé à la fabrication de l’émail et pour colorer la porcelaine. Les alkalis forment des sels triples avec les sulfate et nitrate de cobalt.
Hydrochlorate de cobalt. — L’acide hydrochlorique dissout le cobalt avec l’aide de la chaleur; la solution concentrée d’hydrochlorate de cobalt est d’une belle couleur verte , qui change en rouge par l’addition de l’eau; on en obtient des petits cristaux déliquescens à l’air. La solution de ces cristaux, qui doit être faite jusqu’à ce que le liquide soit presque incolore , forme une des meilleures encres sympathiques. Les caractères qu’on en trace sur le papier sont invisibles à froid, et deviennent d’une belle couleur verte en les exposant à la chaleur, changemens que l’on peut répéter plusieurs fois de suite. On pense que ces changemens sont dus à l’absorption et la dissipation de l’humidité de l’atmosphère , ou à une séparation partielle d’oxigène par la chaleur , et à sa réabsorp tion dans le froid. Le cobalt se combine avec quelques autres acides. On forme un acétate, en dissolvant l’oxide dans l’acide
acétique : la solution est bleue à chaud et rouge à froid; ce qui en fait une espèce d’encre sympathique.
Quelques terres se combinent avec l’oxide de cobalt. La silice et un alkali fixe forment avec cet oxide un beau verre bleu, dont l’intensité dépend de la quantité d’oxide employé (i). A l’état métallique, on emploie très-peu le cobalt, mais on fait usage de zaffre dans les procédés de lemailleur. Les oxides sont utiles dans les fabriques de porcelaine. On fait fondre le zaffre avec la silice et l’alkali; on obtient un verre bleu nommé Smalt. Ce verre réduit en poudre, se lave à grande eau, et on enlève l’azur par décantations successives.
SECTION XIX