DE L’ARSENIC ET DE SES COMPOSÉS
Les anciens employaient le sulfure d’arsenic en peinture, mais ses différentes propriétés n’ont été reconnues que vers le milieu du dix-septième siècle. On le trouve natif, en masses brunes, peu brillantes et sans apparence métallique, excepté dans ses cassures. Il est souvent allié à d’autres métaux, comme le fer, dans les pyrites arsenicales, ou mispickel, souvent avec le soufre dans l’orpiment qui est jaune, et le réalgar , rouge ; rarement à l’état d’oxide blanc. On en décèle
(i) Pour obtenir Le bleu de cobalt, on traite, à l’aide de la chaleur, la raine de cobalt de Tunaberg grillée, par un excès d’acide nitrique faible; on fait évaporer la dissolution presque jusqu’à siccité; on fait chauffer le résidu avec de l’eau ; on filtre la liqueur pour en séparer l’arseniate de fer qui se dépose; alors on y verse une dissolution de sous-phosphate de soude, et l’on obtient un précipité violet de sousphosphate de cobalt. Ce précipité étant lavé , rassemblé sur un filtre et encore en gelée, on en prend i partie, que l’on mêle avec 8 parties d’alumine en gelée , et on fait sécher la masse jusqu’à ce qu’elle devienne cassante. Ensuite on la calcine dans un creuset de Hesse recouvert. La belle couleur bleue qu’on obtient doit être conservée dans un flacon bouché. ( Note du Traducteur . )
appliquée aux arts et aux manufactures. 287 la présence dans ses combinaisons , en projetant un atome des matières suspectes sur des charbons rouges. Il s’élève des fumées blanches dont l’odeur alliacée est une indication suffisante. Pour extraire le métal de son oxide, on mêle celui-ci avec 3 fois son poids de flux noir , et on l’expose à un feu rouge, dans un creuset; le métal se sublime dans le creuset superposé au premier et y cristallise. L’arsenic est en forme de lames bleuâtres, très-brillantes. Sa pesanteur spécifique est de 5.7. Il est très-cassant et facile à réduire en poudre; il n’a ni goût ni odeur à froid , mais , à chaud , il a une odeur fétide d’ail. Il se ternit bientôt à l’air, devient jaunâtre, puis noir, perd sa dureté et devient friable. Chauffé au contact de l’air, il se sublime en une masse âcre et soluble; c’est l’oxide blanc d’arsenic des boutiques, et l’acide arsenieux des chimistes; il rougit le tournesol. Son âcreté et sa causticité en font un des poisons les plus virulens ; il est composé de 52 d’oxigène sur 100 de métal; mais cet acide se combine avec une autre portion d’oxigène , et forme l’acide arsenique , qu’on prépare en dissolvant le premier dans l’acide nitrique et en évaporant la solution à siccité; cet acide est composé de 53 d’oxigène et de 100 de métal.
L’arsenic se combine facilement avec le phosphore, en distillant parties égales de phosphore et d’arsenic à une chaleur modérée. Ce phosphure est brun et brillant; il brûle sur les charbons incandescens , avec une odeur mêlée d’ail et de phosphore ; on peut le conserver sous l’eau. En faisant bouillir, dans l’eau, du phosphore et de l’arsenic, on obtient le même produit; le phosphore, en fondant, se combine avec l’arsenic.
Le sulfure s’obtient en sublimant ou en fondant les mêmes élémens; le composé est jaune ou rouge. Si l’oxide blanc d’arsenic est dissous dans l’acide hydrochlorique , et qu’on y fasse passer un courant de gaz hydrogène sulfuré , il se précipite en poudre jaune appelée Orpiment. Le même composé peut être préparé en sublimant de l’arsenic et du soufre à une température moyenne. On pense que l’orpiment
9,88 • Kl, F. MENS DK CHIMIE PRATIQUE
contient moins de soufre que le réalgar; cependant on croit que la diversité de leurs couleurs doit être attribuée à un mélange mécanique d’une certaine partie des acides arsenieux ou arsenique, avec le soufre.
Sulfate d’arsenic. — L’acide sulfurique à une température de ioo centigr. produit sur l’arsenic un dégagement de gaz acide sulfureux avec effervescence : le métal s’oxide et se précipite en poudre blanche; par l’évaporation de la solution, l’oxide se précipite encore , et l’acide pur y reste.
L’acide nitrique est rapidement décomposé par l’arsenic; le métal s’oxide, et, par l’addition d’une autre partie d’acide, se convertit en acide carbonique sans produire de nitrate d’arsenic.
Hydrochlorate d’arsenic. — On prépare ce sel en faisant un mélange de 6 parties de sublimé corrosif ( dento-chlorure de mercure), et une partie d’arsenic en poudre; on introduit ce mélange dans une cornue et on sublime à une chaleur modérée. Le produit est un liquide transparent de consistance oléagineuse appelé Beurre d’arsenic. Il est très-volatil, et décomposable par une addition d’eau, qui en précipite l’oxide blanc. Cet oxide est très-employé dans les arts, et on l’allie à d’autres métaux pour leur donner de nouvelles propriétés, qui les rendent fusibles et propres à être convertis en instrumens.
SECTION XX