‹ Élémens de chimie pratiqueChapitre 95 sur 164 · DE U’ÉLECTRICITÉ · texte numérisé non relu

DE U’ÉLECTRICITÉ

Les découvertes de Franklin ont entièrement établi l’identité des électricités artificielle et atmosphérique. Depuis cette époque , on a employé le principe électrique pour rendre raison des changemens de l’atmosphère ; et il paraît en effet que peu de changemens s’opèrent , sans dégagement d’électricité. IL est bien démontré que, dans certaines conditions , l’atmosphère contient plus d’électricité que dans d’autres ; et cette condition , qui est la plus favorable à la production de l’électricité artificielle, est aussi la plus favorable au dégagement de l’électricité naturelle. On peut s’en convaincre par une expérience qui ne se trouve point encore consignée dans aucun ouvrage; dans certains tems, tels qu’un jour sec et couvert de l’été, ou un jour serein de l’hiver, la poussière, par le simple frottement des pieds, prend une belle forme arborescente , représentée à-peu-près par les figures 5 et fi de la planche 3. Ces apparences sont observées seulement dans certaines circonstances prescrites ci-dessus , et dans les lieux où l’air est faiblement agité , comme au coin des rues.

Des éclairs. — Il existe une forte analogie entre les éclairs et l’électricité artificielle; l’apparence anguleuse des éclairs, les effets des objets effilés , les changemens produits sur les substances métalliques, ses effets en changeant les pôles du magnétisme et son mode d’opérer dans la destruction de la vie aniinale , montrent une analogie remarquable, qui prouve encore davantage la découverte, que quelques nuages ont une électricité négative et d’autre une électricité positive. L’éclair, ou le dégagement le plus abondant de l’électricité de l’atmosphère, a lieu dans la zone torride, où l’influence solaire

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est la plus grande, et contribue peut-être à effectuer les changemens qui produisent ce dégagement; vers les pôles, ce dégagement est presque nul.

De la foudre. — Le bruit qui accompagne souvent les éclairs, provient d’une expansion ou condensation instantanée des fluides élastiques : le bruit continu est attribué à la réverbération du son dans les nuages de hauteurs différentes et à la transmission irrégulière de l’air agité entr’eux. On peut estimer la distance du lieu de l’explosion , en observant l’intensité diminuée du son , ou en mesurant l’intervalle entre l’éclair et le bruit.

Aurore boréale. — On a supposé que les effets de ce phénomène sont dus à l’électricité ; qu’une grande quantité de gaz hydrogène se produit par la décomposition de l’eau, dans les régions équatoriales de l’atmosphère , et que cet air inflammable, s’élevant à de grandes hauteurs, se dirige en courant vers les Pôles, et s’enflamme par l’électricité. Quoi qu’il en soit de ces opinions , il est certain qu’on n’a pas jusqu’à ce jour, donné une théorie qui fut généralement adoptée par la raison , et les calculs probables des effets de la lumière.

Météores ignés. — D’autres apparences ont été observées dans l’atmosphère, qu’on a également attribuées à l’électricité ; parmi celles-ci on remarque les étoiles filantes , qui paraissent pendant les nuits claires, et les feux follets, qu’on voit souvent dans les vieux cimetières, produits sans doute par la décomposition de matières animales et végétales; probablement de la matière cérébrale, qui contient une grande quantité de phosphore. Les météores de feu, qu’on voit de tems en tems dans l’atmosphère, se remarquent par leur grande élévation et la rapidité de leur course , qui est probablement due à l’électricité. De pareils météores ont été vus dans toute l’Europe, particulièrement celui de 1783, dont la hauteur au-dessus de la surface de la terre était estimée à plus de 9 5 myriamètres; sa vélocité étonnante était de plus de 1060 myriamètres par minute.

Des pierres météoriques. — La chute des pierres de l’at-

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mosphère a été observée dans les t€yns anciens et modernes et dans toutes les parties du monde. Cette chute est ordinairement accompagnée ou suivie de météores ignés , et ne se produit qu’après leur explosion. Quelle que soit l’origine de ces productions remarquables , la similitude de leurs caractères et de leur composition mène à conclure qu elles proviennent d’une même source. Elles sont composées de silice , de magnésie, de fer en partie natif et en partie oxidé, de quelques atomes de nikel, de chrome et de cobalt. On a donné diverses opinions sur l’origine de ces pierres météoriques; les uns croient qu’elles proviennent des volcans de la terre ou bien de la lune, d’autres ont pensé que ce pouvaient être des débris d’astéroïdes du système solaire : ce qui laisse encore cette partie sans explication satisfaisante.

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