‹ Élémens de chimie théorique et pratiqueChapitre 25 sur 56 · SECONDE SECTION · texte numérisé non relu

SECONDE SECTION

Des Gaz en général , et de leur nature ;

Moyens de les obtenir .

Qu entend-on par gaz ?

On appelle gaz , des substances qrd , dissoutes dans le calorique, conservent l’état aériforrae à toute température ; ainsi , réduire un corps à l’état de gaz , c’est , comme on l’a déjà dit , le fondre dans le calorique.

De quelle manière dégage-t-on les gaz ?

On recueille les gaz de deux manières , i°» par le concours du feu ; 2°. par celui des acides.

D E CH I MIE

Lorsqu’on dégage les gaz par Faction dufeu , on chauffe la substance qui en contient dans une cornue , à laquelle on adapte un tube recourbé , plongeant dans la cuve hydro-pneumatique. Pour les fluides élastiques , obtenus à l’aide des acides , on emploie des flacons à une ou deux t ubulures , dont F une donne issue au gaz , par le moyen d’un tube recourbé qui le conduit sous des cloches , ou des cylindres remplis d'eau ou de mercure , et posés sur la tablette d’une cuve.

L’eau dans laquelle on reçoit les fluides élastiques doit être froide, quand ils ne sont pas absorbés par ce liquide , et chaude, s’ils sont de nature à se dissoudre en partie dedans; les gaz dissolubles, même dans Feau chaude, se recueillent sur le mercure, parle moyen d’une cuve, qu’on appelle hyclrargiro -pneumatique. (P oyez la description de cette cuve dans le Manuel d’un Cours de Chimie de M. Bouillon-la-Qrange . )

Les gaz , dégagés par le moyen de la cuve à Feau, doivent-ils être considérés comme purs et sans mélange?

Les gaz obtenus sous Feau retiennent presque toujours de ce liquide en plus ou moins grande quantité. Pour les priver de toute humidité, on les traite avec de la chaux nouvellement

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calcinée , de la potasse fondue et encore chaude , ou , mieux , avec le muriate de chaux : on enlève l’acide qu’ils contiennent quelquefois , en les agitant avec un peu d’eau froide.

Quels sont les caractères des gaz ?

En général, les gaz sont incolores, invisibles , compressibles , dilatables , pesans , élastiques , et plus ou moins odorans j quelquesuns sont alcalins ; d’autres , au contraire , ont une saveur acide ; susceptibles d’un grand nombre de modifications , il y en a qui restent constamment sous l’état gazeux, et qu’cn appelle , par rapport à cette propriété , gctz pennanens : tels sont l’air atmosphérique , le gaz acide carbonique , etc. , etc. D’autres ne conservent la forme gazeuse qu’autant qu’ils sont combinés , en grande proportion , avec le calorique ; on les nomme gaz non pennanens : tels sont l’alcohol et l’éther réduits en vapeur.

Y a-t-il beaucoup de substances qu'on puisse faire passer à l’état gazeux ?

Tous les corps solides ou liquides peuvent prendre cette forme , lorsqu’on leur combine une dose de calorique capable de rompre la cohésion qui lie leurs principes. Pour spécifier chaque espèce de gaz, on ajoute le nom

de la base qui est fondue, comme gaz aqueux , lorsque feau , combinée avec le calorique , prend Fétat de vapeur , gaz oxigène , gaz hydrogène , etc.

De quelle manière conserve-t-on les gaz?

On conserve les gaz , comme nous Fa vous déjà dit, dans une cuve remplie de mercure, pour les fluides élastiques solubles , et d’eau commune, jusqu’à deux centimètres au-dessus du niveau de la tablette, pour ceux qui sont indissolubles, et par le moyen de cloches, de cylindres , de verres ou de flacons en cristal à large ouverture. Pour les transporter d’un appareil à l’autre , on fait usage de plateaux de verre , auxquels on a donné le nom d 'obturateurs .

De quelle manière détermine-t-on le volume des gaz ?

On mesure le volume des gaz à l’aide d’une grande cloche de verre très exactement graduée , qu’on appelle gazomètre , ou bien encore dans des vases dont on connaît parfaitement la capacité pour Feau.

i°. Du Gaz oxigène .

Qu’est-ce que le gaz oxigène?

Le gaz oxigène est un fluide élastique qui résulte de la combinaison de l’oxigène avec

le calorique, et qui, faisant partie de l’air atmosphérique , est le seul corps qui soit propre à entretenir la vie , propriété qui lui a fait donner le nom d’air vital ,

Quels sont les corps qui contiennent du gaz oxigène ?

Ce fluide aériforme, qui est toujours combiné, et qu’on n’a pas encore trouvé isolé, se rencontre dans un très grand nombre de substances , et dans trois états différens : fondu

dans le calorique , et sous forme gazeuse , comme dans l’air atmosphérique • sous forme liquide, comme dans l’eau, et autres fluideset à l’état solide , comme dans le nitrate dépotasse , les oxides métalliques , et autres corps. Ses combinaisons avec ces derniers se décèlent par des nuances extrêmement variées , et dépendantes des proportions où il se trouve : les corps qui en admettent de certaines quantités augmentent de poids, ou passent le plus souvent à l’acidité ; propriété générale qui lui a fait donner le nom doæigène y qui vient de deux mots grecs , dont le premier signifie aigre , et le second j’engendre .

De quelle manière obtient-on le gaz oxigène?

On retire le gaz oxigène de ses combinaisons par trois moyens différens: par la chaleur, par Je concours de la lumière et par celui des

acides, xlssez ordinairement on l’extrait des oxides métalliques à l’aide de la distillation. Pour cet effet, 011 introduit, dans une cornue de verre ou de porcelaine , une certaine quantité d’oxide natif de manganèse , ou d’oxide rouge de mercure ; on y adapte un tube recourbé , qui va plonger dans la cuve pneumatique , sous une cloche remplie d eau. On chauffe d’abord doucement , et on augmente peu à peu l’action de la chaleur; 1 oxigène abandonne sa base-, se combine avec le calorique, et se convertit en gaz oxigène, qui se dégage dans la cloche , ou il prend la place de l’eau.

On peut encore , par un moyen fort simple , se procurer le gaz oxigène , en trai tant , dans une fiole à médecine , munie d’un tube recourbé , trois parties d’oxide de manganèse , réduit en poudre , et deux parties environ d’acide sulfurique concentré , et recevant le produit dans une cloche, sous 1 appareil pneumatique.

L’extraction du gaz oxigène des feuilles de plantes fraîches , dans une cloche de cristal remplie d’eau , que l’on expose au contact des rayons solaires, offre encore un moyen facile de se procurer abondamment ce fluide élastique.

Quels sont les caractères du gaz oxigène?

Le gaz oxigène est invisible, compressible, raréliable, insoluble dans l’eau • il entretient la combustion , et est le principal agent de la respiration et de la vie.

L’amadou et le charbon pulvérisé brûlent dans le gaz oxigène avec un éclat extraordinaire ; une bougie allumée 9 qu’on plonge dans un vase qui en est rempli , produit une flamme si brillante , qu’on ne peut la fixer. Un fil de fer fin, tourné en spirale , et garni d’un peu d’amadou qu’on allume, y brûle en répandant des étincelles d’une grande vivacité , et se fond

en petits globules cassans et très fragiles.

On s’est servi du gaz oxigène pour obtenir un feu d’une grande violence, et pour fondre

et volatiliser quelques corps qui avaient été considérés jusqu’alors comme entièrement réfractaires.

Une grande vessie remplie de gaz oxigène, et dont l’orifice est armé d’un robinet en cui-

vre , cpii se termine par un tube de verre ou de métal , que l’on dirige sur les charbons incandescens au meme instant qu’on presse la vessie , après avoir ouvert le robinet pour donner issue a l’oxigène , est l’appareil dont on se sert ordinairement pour opérer ce genre de combustion.

On démontre , par plusieurs expériences ,

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que ïe gaz oxigène est essentiel à la respiration : des animaux mis sous une cloche remplie de ce fluide élastique , et entourée d’eau , s’agitent et se meuvent avec vivacité ; et ce n’est qu’après un laps de temps assez long qu’ils y éprouvent un malaise insupportable , parceque cet air , trop pur et trop raréfié , activant considérablement la circulation , exerce une action trop directe sur les poumons , qui doivent être considérés comme le foyer d’une vraie combustion (1).

(1) Il faut entendre, par combustion, Fabsorption rapide de la base du gaz oxigène par un corps combustible, ou, dans d’autres termes, la fixation de F oxigène sur un corps combustible.

La respiration ayant pour objet de décomposer le gag: oxigène , dont la base se combine en différentes proportions avec le sang veineux, et avec l’hydrogène et le carbone surabondans que ce liquide contient, doit être considérée comme une véritable combustion 3 parceque tous les phénomènes de cette importante opération existent dans cette circonstance.

On distingue deux espèces de combustions , que Fora nomme combustion rapide, quand elle s’opère a d’air libre , et qu’elle laisse dégager beaucoup de lumière et de calorique; combustion lente ou cachée, quand F oxigène se fixe lentement , et abandonne peu à peu efc successivement le calorique; celle ci s’opère sans dégagement sensible de lumière et de chaleur. Les corps sur

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Quel est le mode de combinaison de l’oxigène avec les différens corps ?

L’oxigène , dans son union avec les divers corps de la nature, forme des combinaisons très variables, et dépendantes de son degré de condensation et de la quantité plus ou moins considérable que les substances s’approprient : dans toutes ses unions , il est solide , liquide , ou fluide élastique , suivant la proportion de calorique qu’il a retenu dans Factc de sa combinaison. Les matières avec lesquelles il contracte union dans de grandes proportions , mais qui le cèdent ensuite avec facilité , ont été nommées par quelques chimistes oæiphores .

Le gaz oxigène a - 1 - il quelques propriétés médicinales ?

On a beaucoup vanté les vertus du gaz

lesquels elle s’exerce prennent des nuances très variées, et éprouvent des modifications qui dépendent des proportions d’oxigène combiné : le résultat le plus ordinaire est, comme nous Façons déjà dit, l’acidification.

On appelle combustible toutes les substances qui ont la propriété de se cômbiner plus ou moins rapidement avec le gaz oxigène, et d’en dégager le calorique et la lumière.

La combustion des matières animales ou végétales s ’ a pp ell e i n c i n é ra tio n .

oxigène , respiré par des malades atteints de la phthisie. Des cabanes d’une petite dimension , oii l’on plaçait le malade , et dans lesquelles on versait , par le moyen de conduits , de grandes quantités de ce fluide élastique , ont été très recommandées ; mais on a bientôt reconnu que ce gaz , en donnant lieu à un mieux trompeur , ne faisait que produire les effets physiques d’une douce chaleur , et qu’après un très court délai , les symptômes de la maladie reparaissaient avec beaucoup plus d’intensité qu’avant l’administration de ce remède.

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