‹ Élémens de chimie théorique et pratiqueChapitre 24 sur 56 · CLASSE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

CLASSE PREMIÈRE

Des Corps simples (1).

PREMIÈRE SECTION. '

i°. De Ici Lumière et de son. ciction sut le ■

Corps .

Q c’est-ce que la lumière ?

\a lumière est un corps qui rend perceptible à nos yeux la forme des objets , et qui

(1) Les chimistes modernes entendent par corps simples les substances qui n’ont pas encore ete decomposées, et dont on ne connaît pas les principes constituais. Ces corps seront décrits ci-après d’une manière fort succincte, et sous le rapport seulement de F influefice qu’ils peuvent avoir sur les opérations chimiques. Nous pensons qu’un examen approfondi de ces corps ne serait propre qu’à surcharger inutilement la mémoire des commeneans, en ce que leurs connaissances , que nous supposons peu étendues , ne leur pei mettent pas d’apprécier et de juger la nature des recherches expérimentales dont ces corps ont été 1 objet,

/\-\ N O ü Y EAUX ELEMENS

donne de îa couleur et de l’éclat à toutes les productions de la nature et de l’art (i).

Les physiciens ne sont pas d accord sur les sources de îa lumière • le plus grand nombre cependant pensent qu elle émane du soleil et des étoiles lixes • quelques-uns , au contraire , veulent qu’elle soit répandue dans l’espace : quoi qu il en soit, elle se manifeste, pendant la combustion d’une foule de substances, dans la combinaison de l’oxigène avec les métaux ; pendant l’ignition de la majeure partie des corps naturels , et même quelquefois , lorsqu’à l’état rouge de feu , on les tient dans le milieu de gaz impropre à entretenir la combustion , comme dans du gaz acide carbonique , du gaz azote , et autres. On sait , en outre > que plusieurs substances acquièrent la propriété de luire , lorsqu’on les expose pendant un certain temps au contact d’une vive lumière ; que quelques-unes , comme le spath fluor, le muriate de chaux, etc. , conservent cette

(i) Les chimistes ont depuis long-temps classé la lumière parmi les corps de la nature, parceque l’universalité des savans ont expérimenté que, lorsque ce fluide passe à coté d’un corps quelconque , il éprouve une déviation sensible ; ce qui prouve, à l’évidence, qu’il obéit à la force d’attraction.

DE C II 1 1YI I E .

faculté après qu’elles ont été légèrement chauffées ; que la putréfaction des matières animales , celle sur-tout des poissons , est , dans quelques circonstances, précédée; ou accompagnée d’un dégagement sensible de lumière , et meme que certains animaux vivansen émettent assez pour luire d’un grand éclat (i). 11 paraît , selon des expériences récentes , que tous les corps de la nature , soit solides , soit liquides , sont capables de dégager de la lumière par 1 effet d’une forte compression.

Quelles sont les propriétés de la lumière ?

La lumière se distingue par une multitude de propriétés physiques qui ne peuvent être décrites ici ; elle est excessivement mobile , et jouit d’un mouvement si rapide , qu’elle parcourt quatre-vingt mille lieues par seconde • elle est éminemment élastique , et lorsque ses rayons tombent sur une surface capable de les réfléchir , l’angle de leur réflexion est égal à

(1) « Ces petits corps pliosphorescens , dont brillent » les buissons pendant les nuits d’automne, les vers )> lliisans , sont les femelles aptères (qui n’a point d’ailes), y et presque immobiles, d’une espèce dont les mâles, a pourvus d’ailes, viennent chercher leurs épouses , a conduits et appelés sans doute par l’éclat qui sert à » les faire distinguer. » ( I/ist, naturelle de la Femme , par Moreau.)

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celui de leur incidence. La lumière agit diversement sur les corps : lorsqu’elle est réfléchie tout entière de leur surface , on éprouve la sensation du blanc ; lorsqu’elle est en partie réfléchie et en partie absorbée , il en résulte les colorations diverses ; son absorption complète produit la sensation du noir ; les corps à travers desquels elle passe facilement , sont appelés diaphanes ou transparais ; ceux, au contraire, qui l’arrêtent à leur surface, sont dits opaques .

La réfrangibilité des corps coïncide parfaitement avec leur composition chimicjue ; de sorte que , si la puissance réfringente trouvée est en rapport avec les principes constituans

obtenus par l’analyse de la substance , Fexac-

titude des résultats de l’opération ne peut être douteuse. On sait que l’immortel Newton a observé, il y a plus d’un siècle, que la force réfrac tive des corps que la lumière traverse

avait lieu en raison de leur densité et de leur

combustibilité , et qu’il avait deviné , sur cette observation , que l’eau devait contenir un principe inflammable.

La lumière blanche est composée de sept rayons colorés que l’on met en évidence par le moyen du prisme, et qui se présentent dans l'ordre suivant : le rouge, l’orangé, le jaune ,

le vert , le bleu , l’indigo , et le violet • quelques physiciens croient que le rouge , le jaune , et le bleu, sont des couleurs simples ou primitives , dont les modifications produisent la formation des autres rayons , c’est-à-dire que le vert résulte du jaune et du bleu; l’oranger, du rouge et du jaune ; et l’indigo , du bleu et du violet. Cette théorie n’est pas admise par la généralité des physiciens.

O11 a cru remarquer , dans ces derniers temps , que les différens rayons colorés de la lumière produisaient sur les corps une action variable et particulière ; mais aucunes expériences n’ont constaté ce lait d’une manière bien précise ; il paraît cependant positif, d’après la remarque de M. Sçnnebier , que , comme l’avait vu Schéele , le muriate d’argent passe beaucoup plus rapidement à la couleur noire , étant exposé au rayon violet, que par le pouvoir des autres rayons.

La question de savoir si la lumière diffère du calorique , et si elle exerce sur les corps une action chimique , autre que celle qui a lieu par la chaleur , est encore imparfaitement résolue ; cependant l’opinion qui établit une identité absolue entre ces deux corps , quant à la similitude d’action , a , dans ces derniers temps , prévalu chez la plupart des chimistes ?

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depuis sur-tout que M. Berthollet , en France, et le comte de Rumjort , en Angleterre , ont Fut voir que des dissolutions dor et d’argent , melees avec le charbon et 1 huile, éprouvaient, toutes choses d ailleurs considérées , la même alteration par le pouvoir de la lumière et par celui de la chaleur. Des recherches ultérieures de MM. Guj-Lussac et Thénard ont donné un nouveau degré de certitude à cette hypopo thèse , en prouvant une conformité d’action de ces deux corps sur un assez grand nombre de substances de la nature et de l’art. ( Voyez lie ch . Phys. , Chim. , vol. 2 , pag. ig5 et suiv.) Quoi qu il en soit , il faut convenir que , dans plusieurs cas fort nnportans, la manière d agir de la lumière sur les produits chimiques est essentiellement différente , et que ce fluide mobile manifeste des phénomènes uniques qui le distinguent de toutes les matières connues, et qui ne paraissent pas seulement relatifs à l’intensité d’action , comme on l’a prétendu.

La lumière agit - elle sur les corps naturels ?

La lumière , étant un corps , doit nécessai- 1 binent agir sur tous ceux qui l’environnent ; c est même par rapport à cette propriété , que les chimistes étudient soigneusement aujourd’hui son action , et tiennent note de l’influence

qu’elle exerce sur les composes chimiques , et des modifications qu’elle j fait naître.

Si on expose à la lumière du soleil un flacon de verre rempli d’acide oxi-muriatique liquide * il s’exhale , apres quelques jours , une quantité d’un gaz qui présente à l’examen tous les caractères de l’oxigène ÿ le liquide jaunâtre qui reste, jouit de toutes les propriétés qui appartiennent à l’acide muriatique simple ; d’après ceci , on voit qu’il est nécessaire , pour prévenir l’altération de cet acide , de tenir le vase dans lequel on le conserve en un lieu obscur , ou encore , ce qui est préférable , de le recouvrir de papier noir. L’acide alors reste avec toutes ses propriétés , ou ne se décompose qu’après un laps de temps.

L’acide nitrique s’altère aussi très promptement par le contact des rayons lumineux ; la partie vide du flacon dans lequel il est contenu se remplit , au bout de quelques jours , de vapeurs jaunes qui passent incessamment au rouge foncé , phénomène qui annonce évidemment sa décomposition complète.

La lumière agit de la même manière sur la plupart des oxides et des sels métalliques , c’est-à-dire que ces produits oxigénés tendent , lorsqu’ils sont exposés à son contact , à se débrûler , à reprendre leur forme métallique ?

et meme qu’un grand nombre , sur-tout parmi ceux de mercure , se revivifient entièrement , lorsque la lumière est vive , et que son action est immédiate : il se dégage , dans tous les cas , du gaz oxigène assez pur.

Les eaux , distillées , simples et composées , sont aussi susceptibles d’ètre altérées par la lumière , quand on les conserve dans des vases transparens ; dans ce cas, leur limpidité disparaît , elles se troublent , s’épaississent , et prennent une odeur désagréable 3 il se produit, en outre , une infinité de petits filamens qui nagent dans leur milieu , et des parties verdâtres qui s’attachent aux parois des bouteilles dans lesquelles elles reposent , et dont la formation est due , selon quelques pharmacologistes , à une sorte de végétation provenant de quelques graines qui se sont élevées avec l’eau , pendant la distillation de la plante.

De quelle manière agit la lumière sur les végétaux et les animaux ?

La lumière , comme chacun sait , est très favorable à la végétation , et toutes les plantes la recherchent avec avidité , et s’inclinent toujours de son côté ; mais elle se comporte avec ces corps organiques de deux manières , c’est-à-dire quelle en dégage de Y oxigène en abondance , lorsqu’ils vivent , tandis qu’au

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contraire , elle favorise l’absorption de ce fluide élastique , lorsqu’ils sont morts. Les végétaux, qui croissent aux rayons bienfaisans d’une vive lumière , présentent un ensemble plus magnifique , toutes leurs parties s’embellissent ; les feuilles se lustrent et se parent d un vei t fonce agréable j les fleurs se nuancent des couleurs les plus variées , brillent d’un éclat enchanteui , et exhalent des parfums délicieux.

1 laces dans un lieu obscur, et privés de la douce influence des rayons lumineux 7 ces mêmes végétaux cessent de verser de l’oxigène dans 1 atmosphère j ils perdent leur vigueur

leurs principes , leurs parfums ■ ils sont moins colorés, moins résineux, plus aqueux , pâles, languissans , en un mot, étiolés , c’est-à-dire insipides, et dénués des qualités qu’on leurremarque dans l’état de nature.

Il parait indubitable que , quand la lumière produit le dégagement de l’oxigène des acides et des plantes qui sont exposées à son contact , elle entre en combinaison directe avec ce fluide élastique combiné , et quelle sollicite son émission, en fournissant assez de calorique pour augmenter son élasticité. Il paraît probable aussi que son action occasionne la décomposition d’une partie de l’eau de végétation des plantes qui végètent * quelle fixe et

accumule l’hydrogène résultant de celle décomposition , pendant que , d’un autre côté , elle favorise le dégagement du gaz oxigène : quelques chimistes prétendent même que son influence détermine , dans quelques circonstances , la décomposition complète ou partielle du gaz acide carbonique des plantes , et que le carbone , ainsi fixé dans leur substance , contribue à leur développement. ( Voyez la Statique chimique , i vol. )

La lumière exerce sur les animaux des effets non moins remarquables que sur les végétaux; ceux qui en sont privés sont blanchâtres , sans énergie, et se distinguent de ceux du jour par leurs couleurs qui sont toujours peu apparentes , et jamais, ou très rarement , brillantes.

2°. Du Calorique et de ses Effets .

Qu’entend-on par calorique ?

On entend par ce mot le principe qui produit le sentiment de la chaleur.

L’effet que produit sur nous l’intromission du calorique , s’exprime par le terme chaleur . Cependant cette dénomination exprime aussi fréquemment la cause de la sensation.

Quelles sont les propriétés du calorique?

Parmi les nombreuses propriétés du calorique, nous distinguerons les principales ; telles

que celles d’être très subtil , très rare , très élastique ; de pénétrer tous les corps , d’écarter leurs molécules et de les modifier de manière à fondre les solides et h raréfier les liquides, pour les convertir en fluides aériformes.

Le calorique , en s’insinuant entre les corps * est un obstacle à l’attraction d’agrégation , pareequ’il dilate leurs molécules , augmente leur ressort , et fait qu’elles occupent un volume plus considérable ; c’est ainsi que du fer chauffé au rouge augmente sensiblement dans toutes ses dimensions , sur-tout en longueur • le mercure , est de tous les corps naturels , celui qui se dilate davantage par le pouvoir du calorique , et c’est cette propriété et sa facile condensation , qui fait qu’on l’emploie concurremment avec l’alcohol , pour f usage des thermomètres , dont la destination est , comme tout le monde sait, de mesurer et d’indiquer rabaissement ou l’augmentation des degrés de chaleur , qu’on appelle ordinairement tempéra tare .

Toutes ces propriétés du calorique , et beaucoup d’autres > se démontrent par des expériences variées que les limites circonscrites de çet ouvrage ne nous permettent pas de rapporter, mais que Ton trouve exposées avec beaucoup de clarté dans plusieurs ouvrages de

fca' J T f

chimie , et notamment dans le Dictionnaire de Klaproth.

Les différentes modifications que subissent les corps par 1 action du calorique , ont lieu dans plusieurs circonstances , d’après des principes invariables. C’est ainsi qu’il y a émission de calorique , chaque fois que des substances passent de l’état liquide à l’état concret , et de l’état gazeux à l’état liquide • tandis qu’il se produit, au contraire, du froid, toutes les fois que les corps passent de l’état solide à l’état lluide , et de ce dernier à celui de vapeur.

Le calorique a-t-il une manière d’être unifo rme dans les clifférens corps ?

Ions les corps naturels contiennent du calorique entre leurs molécules ; mais ce principe y existe dans deux états distincts : à l’état de calorique combine et à l’état de calorique libre ou sensible.

Le calorique combiné, qui n’est pas appréciable au thermomètre , est celui qui réside dans les corps par une puissance attractive , et qui y adhère de manière à influer sur leur solidité : on l’appelait autrefois calorique latentfeu combiné.

Le calorique libre, ou sensible, est celui qui n’est retenu dans aucune combinaison et qui réside faiblement entre les molécules des corps ,

de sorte qu’on en opère le dégagement avec une extrême facilité ; c’est ainsi qu’en versant de l’eau sur de l’acide sulfurique concentré , oit en développe des quantités considérables , si l’on agit sur une forte dose à la fois.

Le calorique existe-t-il en égale proportion dans les corps où il est réparti ?

Le calorique ne se trouve pas dans les mêmes proportions dans tous les corps , et ceux-ci en admettent des quantités qui dépendent de 1 ccartement des molécules , de leur volume , et de leur puissance attractive pour cet agent : c’est cette propriété qu’on nomme capacité des corps pour le calorique . La quantité variable de calorique contenue dans un corps quelconque, élevé à la même température, s’appelle calorique spécifique. Cette capacité ne pouvant pas être mesurée par le thermomètre , on a recours, pour son appréciation , à une masse de glace qu’un corps chauffé à un degré déterminé est susceptible de fondre. L instrument qui sert à l’expérience , s’appelle calorimètre , ou mesure calorique. ( Voyez , pour la description de cet instrument , le Traité de chimie de Lavoisier. )

Le calorique a-t-il une puissance attractive égalé pour les différons corps de la nature ?

Las attractions du calorique , pour les corps

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qu’il pénètre , varient à l’infini et ne paraissent pas dépendre seulement de certaines élections ; mais cette force est modifiée d’après la transparence, l’opacité, la densité, elles différens états respectifs des corps à travers lesquels il passe ; c?est meme d’après cette propriété que , dans le langage de la chimie , on désigne ces corps par les dénominations de bons et de mauvais conducteurs de la chaleur. Si on fait chauffer à la flamme d’une bougie un fil de fer par une de ses extrémités, et qu’un instant après , on le touche par l’autre , on éprouve une sensation si douloureuse, qu’il est impossible de le tenir long-temps entre les doigts. Si on soumet à la meme expérience un petit cylindre de charbon , le même effet n’a pas lieu, c’est-à-dire que le bout du charbon qui touche la main , n’est pas sensiblement chaud : on conclut de cette expérience , que le fer est meilleur conducteur de la chaleur que le charbon , puisque celui-ci n’occasionne pas , à une distance très rapprochée , de douleur appréciable au toucher.

Cette simple expérience prouve à l’évidence que les métaux sont meilleurs propagateurs du calorique , que les substances végétales ; il existe cependant une infinité de ces dernières qui peuvent être considérées comme bonnes

conductrices du calorique ÿ et c’est sur ce principe , bien constaté , qu’est fondé l’usage des habillemens de toile en été.

Une multitude de substances animales , telles que les poils , la soie, la laine , etc. , sont mauvaises conductrices du calorique ; c’est , pour cette raison , qu’on les emploie de préférence à la fabrication des étoffes destinées à nous préserver des rigueurs de l’hiver.

Les liquides , selon plusieurs savans physiciens , ne sont pas conducteurs de la chaleur , et ils la reçoivent par un mouvement intérieur de leurs parties ; d’après celte théorie , il faut entendre , par exemple , pour de l’eau qu’on chauffe sur le feu dans un vase quelconque , que la portion de ce liquide qui occupe la partie inférieure du vase , et qui est soumise , par conséquent , à la première impression du calorique, se dilate, et que devenant par-là spécifiquement plus légère , elle s’élève à la surface , pendant qu’une autre portion plus froide prend sa place , et ainsi de suite , tant que la masse totale de liquide est habile à recevoir de la chaleur (i).

(1) Les pharmaciens doivent apporter une extrême attention à se pénétrer des attractions multipliées du calorique pour les corps de la nature, afm d’être à

Y a'l lJ quelques moyens de développer ou d augmenter 1 action du calorique ?

On détermine et on augmente l’action du calorique : i°. parle contact des corps chauds ; 2°. parle secours des verres ardens, tels que ceux de Tschirnausen , de Trudaine , et autres : pai le moyen de ces miroirs , on rapproche et on concentre les rayons calorifiques , et il se développe un degré de chaleur capable d’operer la fonte des métaux les plus réfractaires;

P'11 Sottement de deux corps solides:

deux pieires , deux morceaux de bois frottés

rapidement pendant quelques instans, dégagent

meme d en faire des applications pratiques utiles à leur ai t. est ainsi que , familiarisés avec toutes ses propriétés, ils sauront discerner que telle substance solide, dont le pouvoir conducteur est nul, peut être utilement empioyee dans une infinité de cas, et spécialement dans a construction des fourneaux servant aux diverses opérations qui se font à l’aide du feu; que les corps liquides demandent des degrés variables de chaleur pour entrer en ébullition, et qu’ils bouillent d’autant plus promptement qu’ils ont plus d’attraction avec ce principe, eu égard d’ailleurs aux différentes pressions de 1 atmosphère; que, communément, cependant l’éther bout a 32° du thermomètre de Réaumur, l’alcoliol à c7°, et l’eau commune à 82 ou 84; qu’au-delà de ce terme, lorsqu’elle est pure, elle s’évaporise, et forme 1111 élastique non permanent.

assez de calorique pour enflammer de l’amidon , des étoupes et autres combustibles de cette nature. Cet effet a pour cause le rapprochement intime des molécules intégrantes des corps comprimés et la disparution des pores qui logeaient le calorique , lequel , en s’échappant , produit l’ignition du combustible mis en contact; 4°- enfin , par la combinaison chimique de quelques liqueurs : lorsqu’on mêle subitement de l’acide sulfurique et de l’eau, il se produit , comme nous l’avons remarqué plus haut , un degré de chaleur si intense , que le liquide est porté à l’ébullition , si le mélange a été fait dans les proportions indiquées pour déterminer cet effet. On observe pendant l’action une diminution de volume sensible à la vue. ( Voyez , pour l’explication de ce phénomène , le paragraphe où l’on traite de l’acide sulfurique ) (1).

(1) On peut encore déterminer Faction du calorique, et en dégager des quantités assez considérables, par une pression instantanée de différens fluides aériformes , et nommément de l’air atmosphérique. Déjà cette belle expérience a été faite avec succès dans plusieurs pays ; et il n’y a pas très long temps que M. Biot , membre de l’Institut, en a fait une application infiniment heureuse, en composant de l’eau par le moyen d’une compression

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Distingue-t-on plusieurs degrés de chaleur?

On peut distinguer et reconnaître quatre différais degrés de chaleur applicables aux corps. Le premier degré commence à zéro et finit a dix du thermomètre de Réaumur. Cette chaleur s emploie en pharmacie pour les macérations, les digestions, et autres opérations de ce genre • elle favorise aussi la putréfaction des substances organiques.

Le second degré s’étend depuis 12 jusqua 25 et même 5o; cette température continue à développer la putréfaction ; elle convient pour la cristallisation de certains sels et pour la séparation de l’eau de végétation des plantes.

Le troisième degré commence à 3o et finit à 84 , terme de l’ébullition de l’eau. Cette chaleur est favorable à un grand nombre d’opérations pharmaceutiques , telles que la décoction , les distillations , et la coction d’une foule de substances; l’eau bouillante est susceptible dans ce cas de dissoudre peu à peu , et suivant leur ordre de solubilité, les parties extractives et autres des matières végétales et animales.

Enfin , le quatrième et dernier degré à lieu

subite exercée sur un mélange de gaz hydrogène et de gaz oxîgcne. ( Voyez le chapitre Eau. liquide. )

B E CHIMIE

depuis le degré de chaleur de beau bouillante , jusqu’à la cuisson de la porcelaine et la fonte des métaux réfractaires; ce dernier degré n’est pas mesurable par les thermomètres, à cause du peu d’étendue de leurs échelles ; on a imaginé pour l’évaluer un instrument qu’on appelle pyromètre.

5°. Du Soufre.

Qu’est-ce que le soufre ?

Le soufre est un corps combustible , dur , fragile , dune couleur jaune pale, qui acquiert par le frottement , la propriété électrique , et qui , chauffé entre les mains , craque et se brise , en laissant entendre un bruit particulier.

Quels sont les corps qui fournissent le soufre ?

On rencontre le soufre dans les trois règnes

de la nature.

Le soufre natif pur est cristallisé en aiguilles, ou en octaèdres ; il est presque toujours combiné avec les métaux dont il est le minéralisateur : on le trouve dans beaucoup de végétaux. M. Deyeuœ en a retiré de grandes proportions des racines de patience , et des feuilles de cochléaria ; en général toutes les plantes de la famille des cruciformes en contiennent des quantités plus ou moins

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considérables. On en trouve aussi dans pluA sieurs matières animales , et notamment dans le blanc d’oeuf , la liqueur des hydropiques , et la pulpe cérébrale j on le rencontre encore ordinairement dans les excrémens des animaux ruminans, dans les fosses d’aisance, les fumiers, etc. , etc. Celui dont nous nous servons se recueille particulièrement à la bouche des volcans.

Quels changemens le soufre éprouve-t-il lorsqu’on le soumet à l’action du feu?

Le soufre, exposé à un feu doux, et dans des vaisseaux clos , entre en fusion , prend une couleur rouge , et une consistance oléagineuse ; à une température plus élevée , il se volatilise en une fumée blanche, épaisse, qui se rassemble à la voûte des vaisseaux , et prend la forme d’une sorte de végétation- ce qui lui a fait donner, ainsi sublimé, le nom de fieur de soufre.

La fleur de soufre du commerce contient une petite quantité d’acide sulfurique, qui s’est formé par un peu de soufre qui a brûlé pendant sa sublimation. Pour l’en débarrasser, il convient de la laver dans l’eau , si on la destine pour l’usage intérieur, ou pour quelque opération délicate.

Le soufre , chauffé légèrement à l’aide du

contact de l’air, entre en fusion, et devient visqueux, j ete en cet état dans 1 eau, il acquiert la consistance de la cire, et sert à prendre 1 empreinte des cachets. Mais bientôt cette masse se solidifie , et devient sèche et cassante : on l’appelle alors soufre oæidè.

Quels sont les corps avec lesquels le soufre a la propriété de se combiner?

Le soufre se combine avec une infinité de substances , et ces combinaisons donnent naissance à un grand nombre de produits très intéressans.

Lorsqu’on brûle rapidement du soufre , il se combine en totalité avec i’oxigène de l’atmosphère , et forme de l’acide sulfurique. Sa combustion lente donne un autre produit , qu’on appelle acide sulfureuse .

Le soufre se combine encore, en différentes proportions , avec l’hydrogène ; et de l’union de ces deux corps , naît le soufre hydrogéné liquide y substance nouvellement découverte par Lampadius y et le gaz hydrogéné sulfuré .

Deux habiles chimistes ont tout récemment obtenu un produit particulier, en faisant passer du soufre en vapeur à travers du charbon rouge j ils ont donné le nom de soufre carboné au liquide qu’ils ont recueilli, qui jouit de la singulière propriété de produire un

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froid très considérable en s’évaporant. Mais des expériences ultérieures faites sur la liqueur obtenue par l’action du soufre sur le cbaibon incandescent, établissent que ce liquide ne contient pas de carbone , et qu’il 11e diffère de l’hydrogène sulfuré , que par une plus petite proportion d’hydrogène.

Le soufre , d’après MM. Schaüb et Lansberg , a la propriété de s’unir à l’azote , et de former, avec ce fluide élastique, un nouveau gaz , à qui le premier de ces chimistes a donné le nom de gaz azote sulfuré. Ce gaz se trouve dans les eaux minérales d’ Aix - la - Chapelle , et dans celles de Nenndorff, à quelques lieues d’Hanovre.

Enfin , le soufre contracte union avec les terres , les alcalis et les métaux , et ses combinaisons fournissent des sulfures fréquemment employés en pharmacie , et dont il sera parlé dans un autre lieu.

4°. Du Carbone pur , et de V Oxide de

carbone.

Qu entend-on par carbone ?

On appelle carbone la partie la plus pure du charbon , la matière que fournit la combustion du diamant.

Quelle différence y a-t-il entre le carbone et le charbon ?

Le carbone diffère du charbon en ce qu’il est privé des sels , des terres , des oxides métalliques , de l’eau , et généralement de tous corps étrangers. On croit aussi qu’il contient moins d’oxigène , et c’est d’après cette observation que les chimistes modernes ont appelé a bon commun, ou noir, oæide cle carbone.

Le charbon se trouve-t-il dans les trois règnes de la nature ?

Le charbon est abondamment répandu dans la nature , et est un des principes constituans des végétaux et des animaux. 11 existe aussi dans le règne minéral • on l’a trouvé plusieurs fois dans les montagnes de première création ; mais on ne peut apprécier au juste sa couleur primitive. Quelques personnes , cependant , croient qu’il est blanc , puisqu’il existe en assez grande quantité dans le coton et le pa» pier , et que ce n’est que par une portion d’oxigène qu’il absorbe pendant sa combustion * qu’il acquiert la couleur noire.

Quels sont les caractères du charbon?

Le charbon est noir, insipide, insoluble , très fixe; il est mauvais conducteur du calorique , a une très grande affinité avec l’oxigène .

66 N OÜVE AU X E L E MENS

et est un des corps les plus combustibles de la nature.

Il jouit d'une foule de propriétés , qui le rendent un des corps les plus utiles et les plus intéressans à connaître. Nous décrirons très succinctement ses diverses combinaisons.

Le charbon est insoluble dans l’eau , cependant il absorbe l’humidité avec beaucoup d’avidité ; plongé dans ce liquide, il surnage d’abord , mais à mesure qu’il trempe , l’air logé entre ses molécules se dégage, et, après avoir pris deux fois son poids d’eau, il tombe au fond du vase • calciné , il a la propriété de s’imprégner d’une quantité d’air considérable, et qui va jusqu’à trente fois son volume ; rougi au feu , puis refroidi , il est avide d’eau , et s’en pénètre facilement : on l’emploie dans ce cas pour dessécher les appartenions humides.

Ce corps, privé du contact de l’air, est infusible, même à un degré de chaleur violent; à l’air libre , il brûle sans flamme , et donne pour produit de l’acide carbonique ; il fournit aussi de la cendre en plus ou moins grande quantité.

Comme il est mauvais conducteur du calorique , on s’est servi très ingénieusement de cette propriété , et M. Guy ton l’a proposé pour épargner le combustible dans plusieurs

operations i c est ainsi que 1 on concentre la chaleur dans l'intérieur des fourneaux , en les enveloppant intérieurement d'une couche de charbon noir, de deux à trois pouces d'épaisseur, qu’on recouvre d'un enduit d’argile ; c'est ainsi encore qu on 1 emploie avec succès pour concentrer la chaleur dans les creusets , en les enduisant d'une couche de charbon noir» operation qu on appelle brasejuer un creuset.

Le charbon absorbe plusieurs fluides élastiques , mais dans des proportions très diffélentes, et plus ou moins rapidement; le Ê^az azote et l'hydrogène s’y unissentpromptement ; 1 absorption du gaz oxigene et du gaz nitreux est , au contraire , fort lente à se faire. Le charbon qui a été oxigéné , et que l'on met en contact avec du gaz hydrogène, forme de l’eau; celui qui est pénétré de gaz azote s'empare , dans quelques circonstances , de l’oxigène atmosphérique , et il se produit de l'acide nitrique. Ces phénomènes, très remarquables, prouvent que l’absorption des gaz par le charbon peut avoir lieu, sans que ces corps subissent aucune altération.

Du charbon sec , exposé à l’air , en absorbe le quart de son poids , et laisse entendre un petit bruit , un pétillement qui dure aussi long-temps que les molécules de charbon

s’écartent pour recevoir dans leur intérieur ce fluide élastique.

La combinaison du carbone avec l’oxigène fournit l’acide carbonique et le gaz oxide de carbone.

C’est par la réduction du zinc , à l’aide du charbon , qu’on a obtenu depuis peu un gaz d’une nature particulière, qui est inflammable, brûle sans détonner, en répandant une flamme bleue , et qui , moins pesant que le gaz acide carbonique , l’est davantage que l’hydrogène carboné. M. Guy ton a donné à ce nouveau fluide élastique le nom de gaz carboneuæ , ou gaz oæide de carbone. M. Berthollet , qui a fait des recherches pour démontrer que ce gaz était un trisul de carbone , d’hydrogène et d’oxigène , et qui le considère comme tel , l’a nommé gaz hydrogène oæi-carburé . ( Voyez la manière de former ce gaz dans le Manuel d’un Cours de Chimie de M. Bouillon-la-G range.)

Le carbone se combine avec l’hydrogène , et forme Y hydrogène carboné.

Avec le fer, il constitue l’acier, ou le carbure de fer (crayon noir), suivant sa quantité.

Quelle est l’action du charbon sur les acides ?

Le charbon a la propriété de décomposer un grand nombre d’acides , en s’emparant de leur principe acidifîable, ou oxigène. Traité

à une haute température avec l’acide sulfurique , il le décompose , et il y a formation de gaz acide carbonique et d’acide sulfureux. L’acide nitrique et le charbon donnent du gaz nitreux rutilant ; mais il y a , selon quelques chimistes , combinaison d’une partie de l’acide avec le charbon. L’action de l’acide nitrique sur le charbon très desséché produit un autre effet : il se manifeste assez souvent alors une vive inflammation, avec émission considérable de calorique. Dans le gaz oxi-muriatique , le charbon brûle rapidement quand on applique une légère chaleur.

Quels sont les usages du charbon?

Le charbon est d’un emploi très varié. Indépendamment de la grande consommation qu’on en fait dans les arts et dans nos besoins habituels , les chimistes ont souvent occasion de l’employer ; et , de nos jours , cette substance a reçu une foule d’applications utiles et curieuses. C’est un chimiste anglais qui a observé* pour la première fois , que le charbon , grossièrement pulvérisé , et employé comme filtre,, avait la propriété de décolorer certains liquides , en enlevant l’odeur putride et délétère de ceux dans lesquels on avait laissé pourrir des matières animales. De l’infusion de garance et d’indigo dans l’acide sulfurique, du sirop noir,

furent entièrement décolorés après avoir élé

filtrés à travers ce corps, sans subir d’altération sensible. Peu de temps après la publication de ces propriétés singulières , plusieurs chimistes, en répétant les expériences du savant étranger, découvrirent que tous les charbons n’agissaient pas avec un égal succès , et que , pour obtenir des résultats constans , il était nécessaire de l’exposer à l’humidité, et de le dessécher ensuite à l’air libre, ou à la lumière, ou mieux encore de le calciner dans un creuset couvert. M. Buburguci, après

avoir préparé le charbon suivant cette dernière méthode , a décoloré des vins très forts en couleur* mais il a remarqué qu’il y avait décomposition de ce liquide, si l’infusion du charbon était prolongée plus de deux jours. Ï1 a aussi enlevé l’acidité à l’oximel , et a donné à ce mellite les caractères d’un sirop. Un médecin militaire a employé , avec beaucoup de succès , le charbon concassé , comme topique , dans les plaies gangréneuses qui avaient résisté à l’application du quina. Mais c’est sur-tout le charbon animal (i) qui jouit éminemment de la propriété décolorante

(0 T ■‘■G charbon animal, plus dur et plus solide que le el îarbon végétal , est aussi beaucoup plus difficile à

et antiputride : du vin du Roussillon , du vinaigre rouge, et le résidu de l’éther sulfurique, ont été décolorés par M. Figuier d’une manière très satisfaisante. Ce chimiste a fait la singulière remarque que la propriété décolorante dont jouit ce corps était d’autant plus forte que le charbon était noir , doux et onctueux au toucher. J’ai répété soigneusement sur d’autres composés les expériences du professeur de Montpellier, et le succès a toujours été complet.

J’ai mis dans un litre de petit-lait , préparé par la méthode ordinaire , trente-deux grammes de noir d’ivoire de première qualité ; après trois jours d’infusion environ, j’ai filtré la liqueur : elle a passé claire, limpide, et d’une transparence parfaite. Ce petit-lait, examiné par tous les essais ordinaires , a présenté tous les caractères qui lui sont propres sans aucune exception ; le cidre , la teinture alcoholique de cannelle , l’acétate de plomb liquide , la décoction de quina rouge très chargée , se sont comportés de la même manière : j’ai remarqué seulement que cette dernière avait subi

incinérer , et ne peut brûler seul. Il contient , indépendamment des matières propres au charbon ordinaire, du phosphate, et du carbonate de chaux.

une altération sensible , quoique parfaitement blanche et lucide. Un litre de cette décoction, décolorée et évaporée à une douce chaleur , a fourni dix grammes d’extractif pharmaceutique, auquel on reconnaissait toutes les propriétés qui sont propres à ce médicament. L acetate de plomb liquide , décoloré par le meme moyen, est d’une limpidité parfaite, et précipite par son mélange avec beau de rivière. Pour opérer sa décoloration , le charbon a été employé dans la proportion de seize grammes sur deux cent cinquante de ce liquide. L’alcohol de cannelle, également très clan , avait une odeur de cannelle fortement prononcée.

M. Juch vient d’annoncer que le charbon ponçait etre employé très avantageusement pour opérer le blanchiment de la libre végétale. Ce chimiste a lait bouillir quelques échcveaux de fil de lin , avec des cendres tamisées , pour en séparer la matière extractive. Après avon lait speher le fil , il a fait bouillir un de ces echevaux ( iz^oo aunes) , avec quatre-vingtseize grammes de charbon en poudre grossière , dans une suffisante quantité d’eau ; après une heure d’ébullition , le fil lavé et séché avait acquis un degré de blancheur très supérieur à celui qu’on peut lui donner . en le

traitant avec de la cendre à la manière accoutumée.

Quelques physiciens , pour concevoir la propriété décolorante et anti-putride du charbon , ont imaginé cpe ce corps agissait mécaniquement , c’est-à-dire qu’il retenait dans ses pores la matière colorante et odorante. Mais cette explication, rien moins que satisfaisante , n’est pas admissible. Ce qu’il y a de certain, c’est que l’eau corrompue que l’on a clarifiée, acquiert de nouveau l’odeur putride au bout de quelque temps , et qu’on peut la purifier une seconde et meme une troisième fois.

5°. Du Phosphore ; du Gaz hydrogène

phosphore.

Qu’es t-cc que le phosphore ?

Le phosphore est un corps combustible , non encore décomposé , qu’011 trouve dans les trois règnes de la nature , et spécialement uni avec plusieurs métaux dont il est le minéralisateur.

Distingue-t-on plusieurs espèces de phosphores ?

O11 en distingue deux sortes : le phosphore naturel et artificiel.

Les phosphores naturels sont les phospho-

rescences quon remarque à plusieurs vers luisans , la lueur qu’on aperçoit à la chair qui se putréfie , au bois pourri et à beaucoup de pierres précieuses , etc. , etc.

Les phosphores artificiels sont des composés phosphorescens , tels que le sulfure de barite 5 les coquilles d’huîtres calcinées , le marbre qu’on a fait rougir , le phosphore de Homberg , etc. , etc.

On peut communiquer à tin très grand nombre de corps , la propriété phosphorescente, en les chauffant à la manière de JVeda-

wood, sur une brique presque rouge, ou bien en les frottant quelque temps.

Il paraît incontestable que la phosphorescence des corps a pour cause l’absorption de la lumière.

Comment prépare-t-on le phosphore ?

On a indiqué un grand nombre de procédés pour préparer le phosphore. Celui qu’ont donné MM. Foiuxroj et Vauquelin est généralement suivi ; il consiste à décomposer le phosphate calcaire , par l’acide sulfurique. A cet efiet , on verse dans une terrine , sur cent parties d’os d’animaux , calcinés en blanc et pulvérisés , quatre cents parties d’eau , on ajoute peu à peu quarante parties d’acide sulfurique concentré , et on agite 3 il se manifeste

de suite une vive effervescence, avec production de chaleur et dégagement d’acide sulfureux • on laisse en repos pendant vingt heures , en ayant soin de remuer souvent avec une spatule de verre ou de porcelaine ; on passe ensuite à travers une toile, et on lave le résidu sur le filtre, à plusieurs reprises, et jusqu’à ce qu’il ne soit plus acide \ on verse dans la liqueur filtrée une dissolution d’acetate de plomb ; il se forme un précipité blanc , abondant , qui est du phosphate de plomb , qui , mêlé avec un sixième de son poids de charbon , et introduit dans une cornue de grès ou de porcelaine bien lutée , et dont le bec plonge dans l’eau , fournit , par la distillation , du phosphore qui coule dans le récipient.

Pendant cette opération , l’acide sulfurique s’empare de la chaux du phosphate , et l’acide phosphorique devient libre , en retenant cependant un peu de chaux , ce qui donne neu à la formation d’un phosphate acide de chaux ; mais l’acétate ayant la propriété de décomposer en entier ce phosphate acide , tout 1 acide phosphorique se combine directement au plomb , et la chaux reste dans le liquide , combinée à l’acide acétique ; le charbon décompose à son tour , en totalité, le phosphate de plomb , en s’emparant de l’oxigène , et le

phosphore isolé se volatilise et passe dans le récipient destiné à le recevoir.

Un chimiste allemand a prétendu que , pendant l’opération du phosphore , il se forme outre 1 acide carbonique , un gaz particulier , composé de carbone , d’hydrogène et de phosphoie j il a donne a ce fluide élastique triple , le nom de gaz hydrogéné carbo-phosphoré .

Le phosphore obtenu par Je procédé que nous avons décrit , n’est pas pur • il contient des particules de charbon et du phosphore à moitié brûle, qui lui donnent une couleur rouge ;

pour le purifier , il convient de le faire fondre et de le passer plusieurs lois à travers une peau de chamois , sous l’eau chaude. Quelques chimistes conseillent , pour opérer sa purification, de le traiter avec de l’acide oxi-muriatique affaibli ; par ce procédé , il acquiert , dit-on , la transparence du verre.

Le phosphore purifié a besoin d’ètre moulé. Pour cela on fait usage d’un entonnoir à long bec , ou de tubes de verre dont on bouche 1 orifice avec un petit bouchon de liège. On remplit d eau ce tube , et on y met le phosphore ; les choses ainsi disposées , on

le plonge dans 1 eau bouillante , et on l’y mam-

tient jusqu a ce que le phosphore soit entièrement fondu * alors on le porte dans l’eau

froide , oii on le laisse jusqu’à parfait refroidissement ÿ on enlève le bouchon et on fait sortir le cylindre de phosphore figé , en le poussant avec une petite baguette de bois. M. Destouches , pharmacien de Paris , a inventé un appareil en cuivre pour mouler le phosphore ; cet instrument qui est parfaitement bien conçu et d’un usage facile , est d’un grand secours dans la fabrication en grand du phosphore. 13 a été décrit et gravé dans les Annales de Chimie, du mois de janvier 1808, et dans le Bulletin de Pharmacie.

M. Bajet , a aussi donné la description d’un appareil à mouler le phosphore, qui est d’une très grande simplicité et d’une exécution facile. ( Voyez Klaproth , Dictionnaire de Chimie. )

Quels sont les caractères du phosphore ?

11 est demi- transparent , lumineux dans l’obscurité , d’un blanc jaunâtre , d’une odeur fortement alliacée , fusible à 28° du thermomètre , et d’une consistance molle , semblable

à la cire.

Le phosphore s’unit avec une infinité de corps , et ses combinaisons fournissent plusieurs produits intéressans. Exposé à l’air , à la température de io° , il absorbe l’oxigène de l’atmosphère , exhale une vapeur blanche f

épaisse , et se convertit en acide phosphoreux. Si on élève la température jusqu’à a8° , sons une cloche de verre remplie d’air , alors il brûle avec une grande déflagration , dégage beaucoup de lumière et de calorique , et se résout en des vapeurs blanches qui se condensent et forment l 'acide phosphorique.

Le gaz azote a la propriété de dissoudre une très petite quantité de phosphore , ce qui donne à celui-ci la û’culté de brûler avec l’oxigène ÿ car ,• quoique doué d’une très puissante attraction avec ce principe , il ne peut s’enflammer dans son milieu , il faut au préalable qu’il soit dissous dans un centième environ d’azote , proportion qui suffit pour favoriser sa combustion. Le gaz azote phosphoré devient luisant par le contact de l’oxigène.

Le phosphore , combiné avec l’hydrogène , forme du gaz hydrogène phosphoré. Pour obtenir ce gaz , on fait bouillir dans une cornue tabulée, à laquelle on lu te un tube courbe qui se rend sous une cloche à mercure, deux parties de potasse caustique en liqueur, avec une partie de phosphore , et on recueille ce gaz qui occupe la partie supérieure du mercure. Pendant cette opération , l’eau se décompose, son oxigène se porte sur une partie du phosphore , et forme de l’acide phosphorique qui se combine

avec la potasse , tandis que Fhydrogène libre dissout une autre partie du phosphore , et passe sous forme de fluide élastique.

Ce gaz exhale une odeur affreuse de poisson pourri; il est plus pesant que Fhydrogène , et a la singulière propriété de s’enflammer spontanément et à toute température dans l’atmosphère; il se forme dans sa combustion de beau et de l’acide phosphorique ; c’est l’ignition instantanée de ce gaz, dans les marais et les cimetières humides , qui produit les flammes fugitives et lumineuses qu’on appelle feuæ follets.

Le phosphore et le soufre peuvent être unis sans danger , lorsqu’on n’emploie que 40° h 5o° de chaleur ; mais à une température plus élevée , F union de ces deux corps, opérée dans la proportion de deux grammes de chacun * donne lieu à une forte détonation ; les combinaisons de ces substances forment le phosphore sulfuré lorsque le phosphore domine , et le soufre phosphore , quand le soufre est en plus grande quantité.

Le phosphore sulfuré, jeté dans l’eau, la décompose; il y a dégagement dans l’obscurité de boules lumineuses , et formation de gaz hydrogène phos pho-sulfuré .

C’est le phosphore sulfuré qu’on emploie pour construire des briquets et des bougies

phosphoriques , son extrême combustibilité le rend très propre pour cet oojet (i).

Quelle action exerce l’eau sur le phosphore ?

Le phosphore est insoluble dans l’eau, et c’est toujours dans ce liquide qu’on le conserve; mais , lorsqu’il y a séjourné quelque temps , il se couvre d’une croûte blanche opaque ; l’eau , pendant cette action , est en partie décomposée; son oxigène se combine avec le phosphore, et le convertit en oxide; il y a aussi formation

(1) Des expériences récentes de M. Thénard ont établi que le phosphore le plus pur qu’on ait encore pu obtenir , contient toujours du carbone, qui lui donne une couleur rouge s’il est en excès; que le résidu rouge qu’on obtient après la combustion du phosphore dans l’air , ou le gaz oxigène, est du phosphure de carbone, et non de l’oxide rouge, comme les chimistes l’ont cru; qu’il n’existe qu’un seul oxide de phosphore, qui est blanc; que la combustion lente du phosphore dans l’air fournit, outre l’acide phosphoreux, du gaz acide carbonique , provenant du charbon du phosphore ; que le phosphore fondu, et refroidi lentement, se solidifie à 1 état transparent et sans couleur; mais qu’il devient noir comme du charbon, si, après qu’il a été chauffé à 5o° et plus , on le refroidit très rapidement. Cette couleur provient , selon l’auteur, d’une disposition particulière de ses molécules. ( Voyez Annales de Chimie , tome 81 , page 109.)

DE' C ÏI I M I E ,

d’hydrogène phosphore qui reste en suspension dans le liquide , et qui lui communique une odeur fétide et une saveur acide. D’après cela, l’eau dans laquelle on conserve Je phosphore doit avoir bouilli auparavant, afin de lui enlever l’air qu’elle peut contenir ; il est essentiel aussi de tenir le flacon dans un endroit obscur pour empêcher , autant que possible, la réaction des principes de l’eau sur le phosphore, qui subit , sans cette précaution ? une combustion lente.

Quelle est l’action des acides sur le phosphore ?

L’action des acides sur le phosphore dépend de leur plus ou moins grande affinité avec 1 oxigene ÿ 1 acide sulfurique , distillé sur du phosphore, est décomposé : il y a dégagement de gaz acide sulfureux , et formation d’acide phosphorique • l’acide nitrique concentré Feuflamme , il se forme de 1 acide phosphorique j l’acide muriatique n’a aucune action sur lui ; mais le gaz acide muriatique oxigéné le brûle rapidement , le phosphore se consume dans ce cas avec une flamme vive et blanche , et il y a ? pour résidu , de l’acide muriatique simple et de l’acide phosphorique.

Quels sont les usages du phosphore?

Le phosphore est employé dans un grand

nombre de procédés des arts ; en médecine , il est considéré par les praticiens modernes , comme un puissant stimulant ; on le dissout alors dans plusieurs liqueurs , et particulièrement dans l’éther ; cette solution étliérée , qui a été recommandée dans la consomption dorsale , se prend à la dose de quelques gouttes dans * un véhicule approprié. L’alcohol rectifié , en dissolvant le phosphore , en prend l’odeur et ne luit que faiblement dans l’obscurité. Plusieurs médecins qui ont administré intérieurement le phosphore enveloppé dans des corps visqueux , en ont obtenu de grands effets dans les maladies d’épuisement.

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