DEUXIÈME CLASSE
Corps brûlés , ou Composés binaires.
PREMIÈRE SECTION
§• Ier-
Des Oxides.
Qü’entend-on par oxide ?
On donne le nom d’oxide à tous les corps combustibles oxigénés qui ne sont pas acides.
Y a-t-il quelques expériences qui prouvent que c’est la fixation del’oxigène dans un corps, qui donne lieu à la formation des oxides ?
Le célèbre Lavoisier a , le premier, démontré d’une manière irrécusable , que l’accumulation de l’oxigène dans les corps était la cause de toute oxidation. Un métal, chauffé dans une atmosphère de gaz oxigène , absorbe presque en totalité ce fluide aériforme , se recouvre d’une poussière qui ternit son éclat , et finit par prendre l’aspect d’une substance terreuse friable, avec augmentation d’un dixième de son poids. L’oxide formé , soigneusement recueilli , et traité à une haute température dans
un appareil convenable, fournit très exactement la quantité d’oxigène équivalente à l’augmentation du poids que le métal avait acquis dans son oxidation.
Tous les métaux ont-ils la meme tendance à se combiner avec foxigène , pour former des oxides ?
La combinaison de foxigène avec les corps que l’on veut oxider , se fait avec plus ou moins de facilité , parceque l’affinité entre ces corps est très variable , et quelle peut être modifiée par plusieurs causes. C’est ainsi que, pour surmonter la force de cohésion qui est un obstacle à l’oxigénation , on fait chauffer les métaux , afin que leurs molécules plus écartées admettent plus facilement l’oxigène ; ou bien encore qu’on les mêle entre eux , pour former des alliages qui ont une cohésion moins considérable , et qui , conséquemment, sont plus lacilement oxidables que les métaux simples, La volatilité variable dont jouissent quelques métaux qu’on soumet à l’action du calorique , apporte aussi des modifications dans leur oxigénation. En général, l’état de fusion paraît être le plus favorable pour la combinaison ; une température plus élevée donne trop d’ex = pansibilité à Foxigène , et tend à désoxider le métal.
N O U y E AU X ELEMENS
Les oxides métalliques admettent-ils des proportions différentes d’oxigène , ou sont-ils entièrement saturés de ce principe?
Les oxides métalliques contiennent des proportions d’oxigène plus ou moins considérables , et peuvent en absorber des quantités très variables suivant leur nature. Quelques-uns sont susceptibles , par une augmentation d’oxigène , de passer à Tétât acide : on les appelle oæides acidifiables . D’autres, au contraire, restent toujours sous forme d’oxide , et ne passent jamais à Tacidiücation , de quelque manière cru’on les traite : on nomme ceux-là
oxides non acidifiables . Ces derniers contiennent plus ou moins d’oxigène , suivant que les nuances ou couleurs qui caractérisent les oxides d’un même métal , sont peu ou beaucoup prononcées. Cette détermination du degré d’oxidation , par les différentes couleurs propres à chacun, suivant qu’ils ont éprouvé l’action plus ou moins prolongée du calorique , est assez généralement reçue ; cependant elle a été révoquée depuis peu de temps , et beaucoup de chimistes, en n’admettant avec M. Proust que deux proportions invariables d’oxigénation pour les métaux , pensent que les degrés intermédiaires entre le minimum et le maximum. n’existent que lorsqu’on refuse aux
D E CHIMIE