‹ Élémens de chimie théorique et pratiqueChapitre 28 sur 56 · I IJ · texte numérisé non relu

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oxides les moyens de se saturer davantage 3 c’est ainsi que l’argent, le cuivre et l’arsenic n’ont offert, jusqu’à ce jour, que deux degrés distincts d’oxidation.

Un oxide tout formé, et dans son dernier terme d’oxidation , peut encore recevoir de l’oxigène , lorsqu’on le traite avec des substances qui contiennent ce fluide condensé , et avec lequel elles ont peu d’affinité. Cette opération , qui se pratique assez souvent dans les laboratoires , constitue la suroæidation , opération opposée à la désoæidation qui a pour objet de ramener un oxide à son état primitif, en le privant de l’oxigène qui lui était combiné.

Un corps combustible qu’on désoxide, retient assez souvent de l’oxigène , mais non en assez grande quantité pour rester oxide; alors cette combinaison de l’oxigène , dans laquelle il existe en si petite proportion , prend le nom d’oxidule.

N’y a-t-il que le règne minéral qui fournisse des oxides?

A proprement parler , un véritable oxide ne peut être formé que par une substance métallique ; cependant on donne encore ce nom à d’autres corps qui sont oxigénés : ainsi, par exemple, quand on veut désigner une sub- 1. S

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stance qui a absorbé de l’oxigène sans être cependant portée à l'état d’oxide , mais seulement voisin de l’état salin, on l’appelle oxide ; d’après cela , on dit oxide de soufre , quand ce corps a été chauffé pendant quelque temps au contact de l’air , et qu’il est devenu rouge ou brun; oxide de phosphore blanc, quand il a brûlé lentement par l’air contenu dans l’eau ou on le conserve, c’est-à-dire qu’il s’est recouvert cl’une poussière banclie demi-transparente; et oxide de phosphore rouge , à la poudre écailleuse qu’il laisse après sa combustion rapide (i). L’azote peut lui-même s’oxigéner et passer à l’état d’oxide d’azote, comme nous l’avons déjà remarqué.

De quelle manière oxide-t-on les métaux?

Les substances métalliques peuvent être oxidées par tous les corps qui sont capables de leur fournir de l’oxigène; l’air atmosphérique seul ou aidé de l’humidité, détermine.

(1) Il est important de se rappeler ici que, conformément aux idées nouvelles de M. Thénard , le résidu rouge que fournit la combustion rapide du phosphore n’est pas dû, comme le croient la plupart des chimistes, à l’oxidation de ce corps combustible, mais qu’il est propre au carbure de phosphore qui se produit dans ce cas.

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dans un assez court espace de temps , l’oxidation de plusieurs , tels que le fer, le cuivre, le manganèse, etc.

L’eau , en se décomposant sur les métaux , liâte singulièrement leur oxidation par la fixation de son oxigène avec ces corps. C’est ainsi que de la limaille de fer mouillée qu’on expose à l’air , y perd dans peu de jours son brillant , et s’oxide; mais l’effet est plus énergique , si la température est élevée , comme quand on fait tomber peu à peu de l’eau sur du fer rouge.

Les acides étendus d’eau , et en contact sur les métaux , accélèrent aussi considérablement leur oxidation , parcequ’ils favorisent la décomposition de beau qu’ils contiennent. Assez souvent même , l’oxidation des métaux a lieu par la décomposition partielle des acides, comme cela arrive. Pour les acides dont l’oxigène n’a pas une très grande affinité avec le radical. Dans d’autres circonstances, l’acide et l’eau sont décomposés tous les deux à la fois par le métal, comme on l’observe , par exemple , dans i’oxidation de l’étain par l’acide nitrique.

Le procédé le plus ordinaire pour oxider les substances métalliques, consiste à les traiter pendant quelque temps à une haute température , parceque l’action du calorique s’opposant à la cohérence des molécules , favorise la

combinaison de l’oxigène. La calcination à l’air libre , est le procédé que Ton emploie généralement pour la préparation des oxides, et voilà pourquoi on leur avait donné la mauvaise dénomination de chaux métalliques.

Quels sont les caractères des oxides métalliques?

En générâl , les oxides métalliques sont sous forme de poussière plus ou moins line , pesante, et de différente couleur • leur saveur est souvent acerbe, âcre et caustique.

Quelle est l’action des agens chimiques sur les oxides métalliques ?

Le calorique exerce une action puissante sur les oxides , mais il agit sur eux avec plus ou moins d’énergie : ceux qui ont une forte attraction pour l’oxigène , sont peu ou point altérés lorsqu’on les chauffe ; mais ceux qui adhèrent peu à ce gaz , sont entièrement décomposés et revivifiés : on obtient, dans tous les cas, du gaz oxigène. La lumière débrule quelques oxides , et tend à les ramener à Fétat de métaux • c’est pour cela qu’il est indispensable de les tenir dans des vases opaques ou abrités du fluide lumique , si on veut les conserver sans altération.

L’action mécanique de l’eau sur la plupart des oxides métalliques , divise prodigieusemen t

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les molécules , et leur donnent une ténuité extrême qui avive singulièrement la couleur qui est propre à chacune ; quelques oxides cependant se laissent dissoudre par l’eau ; mais ceuxlà qui appartiennent au genre des oxides acidifiables , ont aussi* le plus grand rapport avec les acides , et en font quelquefois les fonctions. Tel est, par exemple, l’arsenic. ( Voyez ce mot. )

Les huiles grasses traitées à chaud ou à froid avec les oxides métalliques , s’y combinent intimement, et forment plusieurs combinaisons qu’on distingue sous le nom de savons métalliques ou bien d’emplâtres , quand l’action de ces corps a été directe.

L’oxigène adhère-t-il fortement et uniformément aux oxides métalliques l

Les oxides métalliques retiennent l’oxigène avec plus ou moins de violence ; il en est qu’on désoxide avec la plus grande facilité; il suffit, pour cela , de les exposer , comme nous lavons déjà dit, au contact d’une vive lumière; d’autres, un peu plus difficiles , demandent l’action réunie de la lumière et du calorique; enfin, quelques-uns retiennent avec tant d’opiniâtreté l’oxigène qui leur est combiné, que l’on est obligé , pour opérer leur réduction , d’employer des substances qui ont plus d’attraction

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avec 1 oxigcne que le métal. Le charbon est un reductif puissant et fréquemment employé : a cet effet on soumet à faction du calorique, dans une cornue ou dans un creuset , si Ton ne veut pas recueillir les produits , un mélange de poudre de charbon et d’oxide; pendant l’opération , l’oxigène se porte sur le carbone du charbon , pour former de l’acide carbonique qui se dégage , et le métal est revivifié.

Distingue-t-on plusieurs espèces d’oxides ? Les oxides sont distingués les uns des

autres par beaucoup de chimistes , d’après les divers degrés d’oxidation que décèle l’intensité de leurs couleurs .- ainsi, on dit oxide blanc, noir , rouge, vert, etc. , suivant la nuance qui caractérise chaque espèce.

M. Proust , qui veut qu’on mesure le degré d’oxidation des métaux par la proportion d’oxigène qu’ils contiennent, n’admet que le minimum d’oxigénation qu’on nomme aujourd’hui proloxide , et le maximum qui est appelé peroæide. Il serait peut - être aussi convenable d’adopter, comme l’a proposé Thomson , pour désigner les différons oxides du même métal ,

les termes protoæidc , pour exprimer le p mier degré d’oxidation ; deutoæide , pour second, tritoæide y pour le troisième , etc. , e Les propriétés variées des oxides considéra

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dans leur ensemble , ont servi à Fourcroj à établir quatre genres quil a appelés,

i°. Oæides binaires primitifs 9 c’est-à-dire ceux saturés dans leur principe et dès leur première combinaison : telle est l’eau considérée comme oxide d’hydrogène ;

20. Oæides binaires variables , ceux qui ne sont point susceptibles de changer d’état, et qui restent toujours oxides, mais qui peuvent différer , suivant la dose d’oxigène qu’ils contiennent, comme la plupart des oxides métalliques ;

3°. Oæides binaires acidijiables y ceux qui, par une nouvelle quantité d’oxigène, passent à l’état d’acide ; tels sont le soufre , le phosphore , etc... ;

4°. Oæides ternaires , ceux qui sont composés de trois principes : tels sont , par exemple, les oxides végétaux, etc»

De VE au considérée comme Oæide d’hydrogène.

Qu est-ce que l’eau?

L’eau à l’état de pureté , est un liquide diaphane , inodore , et d’une saveur vive et fraîche. L eau existe abondamment dans l’univers y

mais on la trouve sous différents états. Liquide, elle constitue les sources, les fontaines, les ruisseaux, les lacs , les fleuves, les rivières : fluide élastique , elle forme les nuages , les vapeurs, etc. La nature nous l’offre avec profusion. On la rencontre dans l’intérieur de la terre, à sa surface, et même dans l’air atmosphérique, comme nous le verrons ci-après.

Les chimistes considèrent l’eau dans l’état de glace, dans l’état de liquide, dans celui de gaz ou de vapeur.

De la Glace .

Qu est-ce que la glace?

La glace est de l’eau qui s’est solidifiée en perdant soixante degrés de chaleur qui lui donnait la liquidité.

La congélation de l’eau pour former la glace, commence par de petites aiguilles trièdres qui prennent naissance à la surface de l’eau , et qui augmentent successivement de manière que les vides se remplissent par de nom veaux cristaux, jusqu’à ce que la masse de glace soit complète.

L’eau, en se congelant, acquiert un volume capable de briser les vases qui la contiennent , de faire éclater avec bruit des sphères métalliques , e| de fendre des rochers ou des arbres

dans l’intérieur desquels elle se solidifie. La cause de cette prodigieuse dilatation a été assignée pendant long-temps au dégagement des bulles d’air logé dans les pores de l’eau 3 mais celle qui a été purgée de ce fluide gazeux par l’ébullition, offrant en se congelant la même augmentation , on a attribué le phénomène à l’arrangement particulier que contractent les molécules de l’eau pendant sa solidification.

Y a-t-il quelques moyens d’augmenter l’intensité du froid , et d’accélérer la congélation de l’eau ?

11 est des circonstances ou l’eau refroidie à plusieurs degrés sous zéro , conserve cependant sa liquidité naturelle, mais se solidifie par le plus petit mouvement , ou par la présence d’un cristal de glace. Cet effet, que l’on peut aussi faire naître par le choc électrique , se remarque encore dans la cristallisation de certains sels, qui, dissous dans l’eau , se grouppeut spontanément, par le plus léger mouvement, en une masse qui affecte ordinairement une forme confuse ou irrégulière : ce phénomène de la solidification de l’eau par une faible agitation , paraît avoir pour cause , comme plusieurs savans Font remarqué , un certain mouvement qui se manifeste dans l’intérieur du liquide ; plusieurs physiciens , ce-

pendant, l’attribuent au dégagement de quelques molécules de calorique qui adhèrent très faiblement au liquide , de manière qu’un léger ébranlement suffit pour l’en priver ; d’autres croient que, dans le mouvement des molécules de f eau , le fluide électrique ayant accès , produit une action qui rapproche et soude en cristaux les parties du licjuide , ou augmente l’intensité du froid par plusieurs moyens : la dissolution dans trente-deux parties d’eau, de onze parties de muriate d’ammoniaque sec , seize de sulfate de soude , et dix de nitrate de potasse desséché , produit un froid capable de congeler une quantité assez considérable d’eau, pendant même les plus fortes chaleurs de l’été. L’acide nitrique , le sulfate de soude et le muriate d’ammoniaque font descendre , par leur mélange, le thermomètre à huit degrés sous zéro. Dans chaque opération il y a un dégagement très considérable de calorique.

Quels sont les caractères de la glace ?

La glace est d’une pesanteur spécifique moindre que l’eau, et surnage ce liquide , parceque l’écartement et le vide de ses parties lui donnent de la légèreté ; c’est une cristallisation plus ou moins régulière , transparente , sapide et fusible au degré au-dessus de zéro.

Quels sont les usages de la glace?

La glace s’emploie intérieurement et extérieurement en boisson ou en topique. Dans les arts , on s’en sert pour congeler différens liquides sucrés qui entrent dans la composition des glaces , des sorbets , des fromages , et autres. Les liqueurs de table nouvellement fa-» briquées qu’on laisse pendant quelques heures dans un bain de glace , acquièrent de la vétusté par la pénétration mutuelle des molécules du fluide , et perdent , en peu d’instans , le goût de feu qu’elles retiennent lorsqu’on a mis peu de soin dans leur distillation. Les eaux dis-tillées simples se bonifient aussi lorsqu’elles ont été plongées dans de la glace , et sont sus^ ceptibles de se conserver plus long- temps ; c’est par faction prolongée du froid que l’on condense le gaz acide muriatique oxigéné, et quelques liquides d’une odeur volatile trop fugace.

De VE au à V état liquide.

Quels sont les caractères d’une bonne eau ?

L’eau , pour être de bonne qualité , doit entrer facilement en ébullition , cuire les légumes secs , dissoudre complètement le savon sans former de grumeaux , et laisser dégager , par la simple agitation, beaucoup de bulles d’air.

Les physiciens reconnaissent la pureté de

l’eau par le moyen d’un instrument qu’on appelle aéromètre ; le plus simple est celui que M. Desparcieuoc a inventé ; il consiste à prendre une longue fiole de verre , d’une capacité connue , dans laquelle on introduit une quantité déterminée de mercure; on la ferme avec un bouchon qu’on a eu soin de percer dans son milieu, pour y faire passer un fil de fer d’un pied de longueur environ : la bouteille ainsi préparée , on la plonge , en tenant l’extrémité du fil de laiton , dans un gros tube de verre rempli d’eau; son ascension, ou son abaissement plus ou moins grand , lait distinguer la bonne ou la mauvaise qualité de l’eau.

L’eau admet-elle , entre ses molécules , quelques parties d’air, et la présence de ce corps exerce-t-elle quelque influence sur la bonne qualité de ce liquide?

L’air et l’eau se combinent par affinité réciproque ; mais il paraît que l’air dissout plus d’eau que l’eau ne dissout d’air. Un vase de verre sec et froid que l’on porte dans un lieu chaud , se recouvre dans peu d’instans d’humidité , pareeque l’eau dissoute clans l’atmosphère se condense sur les parois du vase.

On démontre la combinaison de l’air et de l’eau par le moyen d’un instrument qu’011 appelle hygromètre : quelques corps avides d’eau.

qui attirent avec énergie l’humidité de l’atmosphère , et qui, par l’absorption qu’ils font, augmentent de volume et d’élasticité , sont , pour cet effet , employés avec succès ; tels sont les cordes à boyau, les éponges, le chanvre, et particulièrement les cheveux : ceux-ci sont de toutes les substances hygrométriques , celles qu’on doit employer de préférence , comme l’a fait M. Saussure pour la formation de l’hygromètre dont il est l’auteur , pareequ’ils ont le précieux avantage d’être inertes , et de ne recevoir d’action par aucune des vapeurs de l’alcohol , de l’éther, des huiles , etc. , etc. (Voyez la description et la figure de cet instrument dans le Manuel d’un Cours de Chimie de M. Bouillon-la-G range ). C’est à la présence de l’air dans l’eau que ce liquide doit sa saveur vive, fraîche et pénétrante ; celle qui en est privée est lourde, fade et indigeste.

On reconnaît la présence de l’air dans l’eau , et on évalue a peu près sa quantité , lorsqu’on v mettant un cristal de sulfate de fer très pur, il se recouvre d’une poussière jaune, friable. Ou bien encore , en versant dans ce liquide une petite quantité d’acide sulfurique concentré qui occasionne une vive effervescence quand 1 eau est aérée.

L’air retiré de l’eau par le moyen d’une

pompe aspirante , ou tout simplement dégagé par l’ébullition, contient, d’après l’examen que plusieurs physiciens en ont fait , dix pour cent d’oxigène de plus que l’air ordinaire, ce qui lui donne un degré de pureté que n’a pas celui de l’atmosphère.

La nature nous fournit-elle de l’eau pure et sans aucun mélange ?

L’eau pouvant s’associer à une infinité de corps , et coulant sur un sol bien différent dans sa composition, peut se charger d’une foule de matières hétérogènes qui altèrent sa pureté : celle de pluie la moins impure , doit être préférée avec celles des grandes rivières , pour l’usage alimentaire ; mais pour la formation du pain , il convient mieux de se servir, comme l’a recommandé M. Parmentier , de celle de puits, quoique la plus préjudiciable à l’économie animale. M. Chaptal a remarqué que l’eau d’orages était moins pure que celle de pluie douce , que la première eau qui tombe est moins pure que celle qui survient ensuite , et que l’eau qui tombe par le vent du sud , contient assez souvent du muriate de soude. Les substances étrangères que l’on rencontre dans l’eau, sont des matières salines , telles que, des muriates , des sulfates , des nitrates et des carbonates ; souvent aussi du fer , de l’extractif

végétal , de l’acide carbonique, etc., etc. ( Voyez les Eaux minérales. )

Comment obtient-on de l’eau pure ?

O11 dépouille l’eau de tous les principes étrangers quelle tient en dissolution , et on la met dans l’état le plus convenable pour les opérations délicates de la chimie et de la pharmacie , par le moyen de la distillation. A cet effet , 011 met, dans la cucurbite d’un alambic , une suffisante quantité d’eau de rivière ou de pluie , on adapte le couvercle ou chapiteau , et à son bec, un serpentin entouré d’eau froide. Les choses ainsi disposées , on élève l’eau en vapeur par le moyen d’un feu modéré , et on condense le gaz aqueux , en rafraîchissant souvent le chapiteau. L’eau distillée coule dans le serpentin , et se rend dans un vaisseau destiné à la recevoir.

Quels sont les principes constituans de l’eau? L’eau , d’après les belles expériences de Lavoisier , est composée à peu près de 0,1 5 parties d’hydrogène, et de o,85 d’oxigène.

Cependant, une expérience plus exacte de MM. Fourcroj , F auquel in et Seguin, a démontré que cent parties en poids d’eau sont coiuposées de

Oxigène. 85,662

Hydrogène. . . . . 1 4,558

128 NOUVEAUX ÉLEMENS

De quelle manière opère-t-on la décomposition de l’eau?

On opère la décomposition de l’eau à l’aide de plusieurs procédés d’une grande simplicité : dans tous les cas , on emploie des corps avec lesquels l’oxigène a plus d’alïinité que pour l’hydrogène. On met dans un canon de fusil de la limaille de fer ; on fait passer ce canon à travers un fourneau ardent, en observant de lui donner une légère inclinaison ; on adapte à l’ extrémité la plus élevée une cornue de verre , qui contient une quantité exactement déterminée d’eau distillée, et qui est posée sur un bain de sable ; à l’extrémité inférieure on place un tube recourbé , qui va plonger sous la cuve hydro-pneumatique; on fait entrer l’eau que contient la cornue en ébullition , en meme temps que le feu du fourneau maintient en rouge - blanc le canon. L’eau bouillante , vaporisée , enfile le conduit de fer , et s’y décompose ; son oxigène se porte sur le métal, pour former un oxide de fer; le gaz hydrogène traverse le canon de fusil , et se rassemble sous une cloche que l’on a disposée pour le recevoir, sur la tablette de la cuve.

On opère encore la décomposition de l’eau , en disposant un tube de porcelaine , dans lequel on a introduit du charbon pilé , sur un

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fourneau ardent, et on pratique de la même manière que dans l’expérience précédente ; mais, dans ce cas, on obtient, sous la cloche, de l'acide carbonique et de l’hydrogène carboné. Les métaux, par leur grande affinité avec l’oxigène, ont aussi la propriété de décomposer l’eau , quand , sur-tout , leur température est élevée. Les végétaux, dans quelques circonstances , décomposent également l’eau ; mais , lorsque cela arrive , c’est l’hydrogène qui est fixé, qui se combine, tandis que l’oxigène se dégage.

En réunissant les produits gazeux obtenus par la décomposition de l’eau , peut-on former la synthèse ?

On peut reformer à peu près la quantité d’eau qu’011 a décomposée , en brûlant , à l’aide de l’étincelle électrique , dans l’appareil qu’a imaginé l’illustre Lavoisier, un mélange, dans des proportions requises , de gaz hydrogène et de gaz oxigène ( Voyez le Traité de Chimie de Lavoisier). On peut encore, comme l’a indiqué M. Biot , pour composer l’eau, déterminer la combinaison et l’inflammation du gaz hydrogène et oxigène , par le simple effet d’une compression instantanée, qui produit en partie la séparation du calorique dans lequel sont fondus les deux fluides élastiques ,

i5q nouveaux elemens

de manière que , ne pouvant se dissiper , il élève rapidement et suffisamment leur température , pour donner lieu à leur inflammation, dans l’état de pression qui existe.

De l’Eau en vapeur ou à l’état de gaz.

Combien de calorique l’eau absorbe-t-elle pour prendre l’état de gaz aériforme?

On convertit l’eau en gaz , en élevant sa température à quatre-vingts degrés de l’échelle

ae

eaumur.

L’eau, que Faction du calorique réduit à l’état de fluide gazeux , acquiert des propriétés particulières qui la distinguent essentiellement de son état de liquidité ordinaire. Elle est parfaitement invisible, et jouit d’une dilatation si considérable , qu’elle occupe huit cents lois plus d’espace. Son élasticité et son ressort sont tels, que, comprimée et fortement resserrée , elle fait éclater avec fracas des vaisseaux de métal d’une force et d une dimension extraordinaires, et quelle lait mouvoir des masses énormes ; elle pénètre et ramollit les substances les plus réfractaires. C’est ainsi que, dans le digesteur cle Papm, les os, le bois, et autres matières de cette nature, sont réduits en bouillie en peu d’mstans ÿ quelle brûle les métaux ,

rr

ioî

et fendille avec violence les pierres les pins dures. Ainsi gazéifiée, elle se mêle à l’air en assez grande proportion, de manière qu’en augmentant l’élasticité de ce lluide , elle tempère aussi sa trop grande sécheresse , et préserve merveilleusement les végétaux et les animaux d’un air sec et avide d’humidité. C’est à 1 eau vaporisée spontanément, à sa dissolution dans l’air, ou à sa précipitation par le froid, que sont dus la formation des nuages, des rosées et des brouillards. Prodigieusement divisée dans cet état de gazéité , elle est voisine de sa décomposition , et augmente singulièrement la combustion des corps gras , et du charbon de terre et de bois qui brûlent dans des fourneaux • son oxigène , dans cette circonstance , se porte sur la flamme qu’il excite , tandis que le gaz hydrogène qui se dégage brûle avec une violente déflagration : il est donc très dangereux , dans un incendie, de jeter une petite quantité d’eau sur les charbons incandescens , parceque , comme nous l’avons observé, on ne fait, par ce moyen, que fournir au feu un aliment de destruction. Il n’est personne, au reste , qui ne sache que les forgerons activent le feu de leur forge en faisant pleuvoir une petite quantité d’eau sur le combustible en ignition , ou bien encore qui n’ait remarqué

i52 K OU VEAUX ELEMENS

que les émailleurs , les souffleurs à la lampe, les serruriers , et autres artisans , augmentent l’intensité de la flamme , en dirigeant sur le foyer embrasé le conduit d’un éolipyle , par lequel sort la vapeur de l’eau qu’on fait chauffer dans cette machine.

Quels sont les usages de l’eau ?

L’eau, le nïenstrue le plus universellement répandu, a été de tout temps considérée comme le plus grand dissolvant de la nature. Par son action , les terres , les sels et les métaux , dissous ou divisés, sont chariés, entraînés dans le sein de la terre , et forment , par leur rassemblement, ces montagnes majestueuses que l’œil étonné considère avec effroi , et ces con-

crétions salines , qui affectent constamment des formes régulières , et brillent à nos yeux d’une lumière étincelante. C’est elle qui fertilise la terre , et qui préside à l’accroissement et au développement des végétaux et des animaux. Sans l’eau, la nature , stérile , inanimée , n’offrirait à l’homme que l’image de la désolation 3 et une lin certaine mettrait incessam-

ment un terme à ses souffrances. C’est à l’aide

de l’eau, et par son intermède , que le chimiste opère la plus grande partie de ses combinaisons et de ses analy ses , et que le pharmacien extrait des substances qui sont soumises à l’em-

]) E C XI I M I E

pire de son art le précieux produit, et le spé^ cils que qui doit combattre et réparer les infirmités que le temps et les vicissitudes font naître ou déterminent chaque jour.

L’eau, qui jouit de la faculté de dissoudre une foule de matières hétérogènes , n’est jamais pure dans la nature; son action s'exerce surtout sur les matières salines quelle pénètre et dissout abondamment , sans cependant augmenter sensiblement de volume : cette propriété, constante dans ses effets , a été l’objet des recherches d’un grand nombre de physiciens. On a conçu , pour en expliquer les phénomènes , que les molécules de l’eau , ayant une forme sphérique, et glissant les unes sur les autres , formaient , par leur configuration toujours ronde , des interstices capables de loger des corps solubles. Ceci posé, on a expliquera faculté que présente l’eau , de conserver, après sa saturation par un sel, assez de capacité pour en dissoudre un autre. C’est ainsi que ce liquide, complètement saturé de muriate de soude , qui affecte une forme cubique, laisse des distances qui peuvent recevoir des cristaux prismatiques de nitre , ou d’autres sels* d’une forme cristalline différente*.

DEUXIÈME SECTION

Des acides en général.

Qu’entend-on par acides ?

On donne le nom d’acide à des corps qui ont acquis , par leur union avec l’oxigène , une saveur aigre, et la propriété de rougir toutes les couleurs bleues végétales , excepté celle de l’indigo.

Est-il démontré que la présence de l’oxigène dans un corps fasse naître l’acidité?

Le résultat générai des corps que l’on combine avec une certaine proportion d’oxigene , est l’acidification; et ils cessent ordinairement d’être acides lorsqu’on leur enlève ce principe. On ne peut cependant pas entendre que toutes les substances acides contiennent de l’oxigène , pareequ il est des circonstances où son union avec un radical (i) n’engendre pas les acides. C’est ainsi que la combinaison de l’oxigène avec l’hydrogène donne de l’eau; qu’on ne fait que supposer l’oxigène comme partie constituante dans les acides muriatiques,

(i) On appelle radical d’un acide la base qui est unie à l’oxigène. Ainsi , on dit l’acide sulfurique a pour radical le soufre; l’acide carbonique, le carbone, etc.

boraciques et prussiques , qui n’ont pas encore été décomposés ; et que l’hydrogcne sulfuré, que les Allemands ont nommé acide hy droit i ionique, p a r e e q u ’ i i se combine avec plusieurs bases, et qu’il agit, dans beaucoup de cas, à la manière des acides, ne contient pas d’oxigène.

Quels sont les caractères des acides ?

Les acides sont solides ou liquides , volatiles ou lixes , quelquefois gazeux; ils causent sur

la langue une sensation vive , piquante et mêlée d’astriction ; ils se dissolvent avec plus ou moins de facilité dans l’eau, en laissant dégager du calorique, et se combinent avec les

substances terreuses alcalines et à un grand nombres d’oxides métalliques avec lesquels iis

forment des sels.

Distingue-t-on plusieurs espèces d’acides ?

Les acides étaient anciennement distingués en acides minéraux, acides végétaux, et acides animaux ; mais cette division très inexacte est abandonnée , parcequ on a reconnu que , dans une infinité de circonstances, plusieurs de ces acides existent dans les trois règnes à l’état de pureté ou mêlés avec plusieurs substances : le nombre des acides augmente et varie d’après le radical qui est uni à l’oxigene; en sorte que l’oxigène combiné ayec le soufre, forme l’acide sulfurique; avec lenitrc , l’acide nitrique ; avec le car-

I 56 NOUVEAUX E LUMENS

boue, l’acide carbonique , etc. On distingue encore les acides suivant la proportion d’oxigène qui entre dans leur composition. La terminaison en ique , indique une base saturée d’oxigène , tels sont les acides sulfurique , nitrique, pliospliorique ’ et en eux , exprime, au contraire , les bases qui n’en sont pas saturées complètement, tels sont les acides sulfureux, nitreux, phosphoreux, etc. Il existe en outre une autre modification dont l’acide muriatique fournit un exemple, son radical pouvant encore se combiner avec deux proportions bien différentes d’oxigène que l’on désigne par les mots oxigéné et suroxigèné.

De V Acide carbonique .

Qu’est-ce que l’acide carbonique?

L’acide carbonique est la combinaison de 0,28 parties de carbone et de 0,72 parties d’oxigène. 11 a été nommé anciennement air fixe , air de la vadange , acide aerien y acide cra yeux , etc , etc.

Est-il démontré que cet acide est formé par la combinaison de l’oxigène et du carbone?

On démontre rigoureusement la composition de l’acide carbonique par plusieurs expé-

DE C K 3 M I E

riences analytiques , dont la plus concluante est la suivante. On introduit dans un petit tube de verre ferme à une extrémité , une partie de phosphore et cinq parties de carbonate de soude desséché et en poudre fine ; on fermé le tube à la lampe, en observant de le finir par une pointe capillaire; on fait chauffer, avec la précaution de ne pas mettre au contact du calorique le bout du tube où est placé le phosphore , et on entretient l’action du calorique , en entourant le tube de charbons allumés , jusqu’à ce que le carbonate de soude soit fondu : alors on propage la chaleur jusque sur le phosphore, qui, en brûlant, décompose l’acide carbonique du carbonate , s’empare de son oxigène, et passe à l’état d’acide phosphorique qui se combine ensuite à la base et forme un phosphate de soude, tandis que le carbone reste à nu à l’état d’oxide. Il y a , pendant l'opération , dégagement d’une petite quantité de gaz hydrogène phosphoré.

Dans cette expérience , on met en action deux affinités ; celle de l’oxigcne pour le phosphore, et celle de l’acide phosphorique qui se forme pour la seconde.

On isole l’oxide de carbone, en lavant la masse noire obtenue dans de l’eau distillée; le

de soude se dissout, et Je carbone

indissoluble reste sur ie libre au travers duquel on doit passer le liquide.

De quelle manière obtient-on l’acide carbonique ?

On obtient l’acide carbonique par plusieurs moyens. La combustion du carbone dans l’oxigène en fournit de très pur. La décomposition, par l’intermède du charbon , des sulfates et des nitrates, en laisse aussi dégager une grande quantité, de meme que la décomposition de l’alcohol opérée par le moyen d’un tube de porcelaine rougi au feu. Dans les laboratoires on dégage cet acide, sous forme de gaz, des carbonates calcaires , à l’aide des acides sulfurique , nitrique , ou muriatique , suffisamment étendus d’eau. Pour cet effet, on se procure un matras à long col , qu’on perce à la partie im férieure latérale , de manière à pouvoir y ajuster un tube faisant l’office d’un robinet : d’une autre part , on met dans un flacon de W i oulf h deux tubulures de l’acide sulfurique affaibli avec six fois son volume d’eau • on fixe à l’une des tubulures ( celle de gauche ) un bouchon de liège percé d’un trou , pour y faire passer un tube de verre d’une forme à peu près semblable tà celle d’une alonge de cornue , et dont l’extrémité supérieure est terminée par un entonnoir; on introduit dans ce tube un autre

tube plus petit, garni par un des bouts , de filasse ou de coton ÿ on fixe à la seconde tubulure du flacon , un tube recourbé qui va s’adapter à l’extrémité du col du matras à robinet. Les choses ainsi disposées , on verse dans le tube de la craie délayée avec une suffisante quantité d’eau , et on fait agir le piston. Au moment où le carbonate calcaire se trouve en contact avec l’acide , le dégagement du gaz acide carbonique s’opère en produisant une vive effervescence , mais sans émission de chaleur, parceque le gaz absorbe le calorique à mesure que son dégagement s’effectue. O11 recueille l’acide carbonique sous des cloches que l’on fait communiquer avec le tube latéral qui lient lieu de robinet.

Quels sont les caractères du gaz acide carbonique ?

Le gaz carbonique est soluble dans l’eau , à laquelle il donne une saveur aigrelette agréable • il est élastique , conséquemment compressible , plus pesant que tous les autres fluides aérifo raies , et se trouve toujours dans les lieux bas et profonds : il rougit la teinture de tournesol , précipite l’eau de chaux , éteint les corps allumés , et asphyxie les animaux. M. Chaptal remarque qu’on ne peut rester sans être incommodé dans le voisinage des endroits où il

i/jX) NOUVEAUX ELEMENS

s’en dégage une certaine quantité ; et il dit que lorsque le Boulidou de Péroîs est à sec (i), les oiseaux qui cherchent à se désaltérer dans les ornières , sont enveloppés dans les vapeurs d’acide carbonique qui s’exhalent de ce marais et y périssent en peu d’instans.

L’acide carbonique existe-t-il sous plusieurs états?

Il se trouve sous trois états , i°. gazeux , comme dans des endroits habités ; dans les latrines, à la grotte du Chien près JNaplcs , à la caverne de Pyrmont, dans quelques souterrains de la ci-devant Auvergne, et particulièrement dans une cuve remplie de raisin en fermentation ; pour se le procurer dans ce cas il ne faut que renverser dans son atmosphère une bouteille remplie d’eau ; l’eau est remplacée par le gaz acide carbonique.

2°. A l’état liquide , ou de mélange avec d’autres corps , comme dans les eaux minérales acidulés , les vins mousseux , etc.

5°. A l’état solide ou de combinaison, comme dans plusieurs fossiles , dans les terres , dans les carbonates de chaux , de potasse et de magnésie, etc.

(i) Péroîs, commune du département de l’Hérault, située sur l’étang de Man galou, h une lieue et demi de Montpellier.

L’acide carbonique et ie gaz azote sont tous les deux impropres à la respiration et éteignent les bougies allumées ; y a-t-il quelques caractères qui puissent les faire distinguer l’un de l’autre ?

Le gaz azote diffère du gaz acide carbonique ? en ce qu’il ne change point la couleur du tournesol ; mais le caractère le plus distinctif pour reconnaître le gaz acide carbonique, c’est qu’il a la propriété de précipiter l’eau de chaux , ce que ne fait pas l’azote.

Le gaz acide carbonique exerce-t-il une action délétère sur les végétaux comme sur les animaux ?

On avait avancé que le gaz acide carbonique n’était pas nuisible aux végétaux; mais Priestley ayant mis des racines de plusieurs plantes dans de beau imprégnée de cet acide , a observé qu’elles vont toutes péri. Ce savant a conclu de son expérience, que les plantes ne peuvent transpirer, pour que l’acte de la végétation s’exécute aussi favorablement , qu’une certaine quantité d’acide carbonique. Des expériences nouvelles de Sennebier , ont fait reconnaître que ce gaz est tout-à-fait impropre à la végétation.

Peut-on combiner une grande quantité d’acide carbonique dans l’eau ?

Par le moyen d’une forte pression et à une

NOUVEAUX ELEM EN S

- température très Lasse , on vient à bout de saturer Feau d’acide carbonique , au point de lui donner la saveur du vinaigre. Paul , de Genève , fait entrer dans Feau , à l’aide d’une machine de pression particulière, jusqu’à cinq fois son volume de ce gaz. M. Planche , savant pharmacien à Paris , a donné tout récemment la description d’une machine, au moyen de laquelle on peut composer en très peu de temps et avec la plus grande facilité des eaux minérales acidulés extrêmement chargées. Cet appareil , d’un usage aussi journalier qu’important, paraît remplir parfaitement son indication.

§. Il-

De V Acide phosphorique et phosphoreux:.

Qu’est-ce que Facide phosphorique?

L’acide phosphorique , d’après l’analyse qu’on en a fait , est la combinaison de 0,60 parties d’oxigène et de 0,40 <-Ie phosphore.

Comment obtient-on Facide phosphorique?

Le procédé le plus économique , pour préparer l’acide phosphorique , consiste à le retirer de la décomposition des os par Facide sulfurique. {Voyez cette préparation à l’article Phosphore.) On l’obtient encore par la com-

DE CHIMIE. l43

bustion rapide du phosphore dans le gaz oxigène , ou bien en faisant passer de l’air vital à travers le phosphore fondu dans l’eau chaude, ou .tout simplement en traitant le phosphore par l’acide nitrique. Pour ce dernier procédé , qui est le plus suivi, on projette des petits fragmens de phosphore dans de l’acide nitrique affaibli à vingt degrés, et chaud* il se

manifeste de suite une effervescence considérable ; l’oxigène de l’acide se combine avec le phosphore , qu’il change en acide phosphorique , et il j a dégagement de gaz nitreux. La combustion opérée, on fait évaporer jusqu'à siccité le liquide acide , afin de volatiliser l’acide nitrique qui n’aurait pas été dé-

compose.

Quels sont les caractères de l’acide phosp dorique ?

L’acide phosphorique est blanc , inodore , oléagineux, d’une saveur aigre agréable. Exposé à l’action d’un feu modéré , dans un creuset, il se concentre, et prend la consistance d’une gelée transparente; mais à un feu vif et prolongé, il se volatilise en partie sous forme de vapeur blanche , épaisse, et se fond en verre transparent , dur , électrique par frottement , que l’on appelait ancienne n 11 c m e n t verre de phosphore »

1 44 NOUVEAUX EUE Aï ENS

L’acide phosphorique , obtenu par la conùj bastion du phosphore dans le gaz oxigène , présente d’autres caractères : il est sous forme de flocons blancs , d’une saveur acide très forte , et attire puissamment l’humidité de l’air.

L’acide phosphorique existe-t-il tout formé dans la nature ?

L’acide phosphorique se trouve dans les trois règnes de la nature , mais particulièrement dans les substances animales, et sur-tout dans les os, où il est combiné avec la chaux. On ne l’a jusqu’ici rencontré libre, que dans l’urine des animaux carnivores et dans le suc d oi-

gnons. Parmi les minéraux il est souvent combiné avec la chaux , la soude, le fer, etc. Les cendres de quelques végétaux en contiennent assez souvent aussi.

L’acide phosphorique est-il en usage en médecine ?

On l’emploie maintenant en médecine avec succès pour dissoudre les concrétions des articulations , et comme antiseptique çt rafraîchissant. Le docteur Corendi le considère comme un remède propre à relever les forces vitales ; il le recommande très particulièrement dans les affections rhumatismales chroniques. pelletier assure av oir obtenu les meilleurs

effets de cet acide administré sous forme de limonade* il a fait connaître l’histoire d’un jeune homme , qui s était livré aux plaisirs de l’amour , et qui , atteint de la consomption dorsale et dans le dernier degré de marasme , lut guéri en très peu de temps , et recouvra une parfaite santé , par l’usage de l’acide phospho? ique étendu dans 1 eau et convenablement édulcoré.

Acide phosphoreux .

Comment prépare-t-on l’acide phosphoreux ?

L acide phosphoreux s’obtient en exposant le phosphore pendant quelque temps dans l’air atmosphérique , afin de lui faire subir une combustion lente. On emploie ordinairement pour le préparer l’appareil qu’a fait connaître Pelletier ; on met dans un grand entonnoir de verre, qui repose sur un bocal placé sur une assiette qui est à demi-pleine d’eau, des cylindres ou tubes de verre dans lesquels on a introduit du phosphore ÿ on recouvre l’appareil d’une grande cloche de verre tubulée latéralement , une des ouvertures doit etre bouchée , et l’autre ouverte , afin que l’air extérieur , en y entrant , puisse remplacer celui dont l’oxigène a été absorbe j le phosphore , en attirant 1 eau que contient 1 atmosphère humide dont

nouveaux eue me ns

il est entouré , s’acidifie au bout cle quelques jours , et coule liquide dans le flacon ou bocal destiné à le recevoir. Il arrive quelquefois au commencement de 1 operation , que la décomposition trop prompte du phosphore produit son inflammation ; dans ce cas , on ferme très exactement les ouvertures de la cloche , jusqu’à ce que la combustion arrêtée permette de favoriser de nouveau 1 accès de nouvel an .

Quels sont les caractères de l’acide phosphoreux ?

Obtenu , comme nous 1 avons indique ,1a-

eide phosphoreux est visqueux , onctueux , et dissoluble dans l’eau en toutes proportions ; il se convertit en acide phosphorique pai 1 action du gaz oxigène.

Cet acide est peu ou point employé en médecine.

Acide sulfurique et sulfureux .

Comment prepare-t-on 1 acide sulfunque?

On obtient l’acide sulfurique par deux procédés. En décomposant le sulfure de fer par le moyen de la distillation , ou bien en opéiant la combustion du soufre dans 1 oxigène. Pour la première opération , on remplit aux deux tiers de grandes cornues de grès , avec du sub

13 T: CHIMIE. Izj7

fate de fer calciné et pulvérisé ; on les pose ainsi préparées les unes à coté des autres, dans un fourneau appelé galère , en observant que le col des cornues dépasse des deux côtés le fourneau ; on adapte à chacune un récipient aussi de grès dont le col entre dans celui cie la cornue ; on lute les jointures avec de 1 ai gile , et on allume le leu qu’on augmente progressivement jusqu’à faire rougir le fond des cornues ; on entretient l’opération aussi long-temps que 3 acide passe dans les récipiens ; on en obtient ordinairement de cette manière pus du double en poids du soufre employé. ( Voyez la préparation en grand de cet acide , et la description de la chambre de plomb, dans la Chimie appliquée aux Arts , de M. ChaptaL) Si api es 1 extraction du premier produit de la distillation, et au moment même où les vapeurs paraissent , on a eu soin de recueillir ce qui passe dans de nouveaux récipiens , on obtient un acide très concentré , qui exhale des

vapeurs blanches à l’air- cet acide fumant, soumis à une ébullition long-temps continuée dans une cornue, laisse dégager de nouvelles quantités de vapeurs blanches , lesquelles , conden sées dans un récipient plongé dans de l’eau lioide , ou mieux encore entouré de neige , s’attachent aux parois et à la voûte en petits

cristaux soyeux quon a nommes autrefois sel volatil de vitriol.

Le résidu rouge et friable qui îcste dans le fond des cornues , est cette substance que les anciens chimistes avaient nommée colcothar , et qu aujourd’hui on appelle oxide de Ici iougc

peroæide .

A quelle cause doit-on attribuer la propriété fumante de l’acide sulfurique retiré des sulfates ?

Quelques chimistes pensent que le caractère fumant dont jouit cet acide, est du à la presence de l’acide sulfureux qui s’est combiné pendant l’acte de l’opération ; d’autres , qui ont reconnu que cette vapeur fumante difïère , par beaucoup de propriétés , du gaz sulfureux , et que ce principe ajouté et combiné diversement et jusqu’à saturation , à l’acide sulfurique , ne lui donnait pas le caractère fumant , ont cru pouvoir expliquer la formation de cette v apcui subtile , en l’attribuant à la présence d’un acide plus oxigéné. M. Chaptal , dont 1 opinion est d’un si grand poids en chimie , admet aussi celte théorie qu’il étaie d’un fait qu il a bien déterminé , savoir que le sulfate doit étie cah cmé exi rouge pour donner de 1 acide sulfuiique, et que celui qui avait été mal ou peu calciné n’en fournit pas , quoique traité a une ^

D E CHIMIE

très haute température. Ainsi , selon cette hypothèse , le sulfate de fer modifié par l’effet de sa forte oxidation , l’acide prend de nouvelles propriétés , et dans la distillation une partie de Foxigène combiné pendant l’oxidation prolongée s’unit àl’acide sulfurique , tandis que l’autre se dégage à l’état de gaz.

La plus grande partie de Facide sulfurique qui se fabrique aujourd’hui pour l’usage des arts, s’obtient par un procédé moins dispendieux et plus expéditif; son obtention, d’après la méthode nouvelle , consiste à enflammer dans de grandes chambres dont les murailles intérieures sont recouvertes , dans toute leur étendue , de plaques de plomb ou de verre , un mélange de cent parties de soufre et d’un huitième de nitre , et à condenser les vapeurs blanches qui se dégagen t de la combustion , en humectant plusieurs fois , et peu à peu, les parois de la chambre , par le moyen d’une pompe , ou bien encore en couvrant le plancher d’une couche d’eau de deux à trois pouces. Cette eau , saturée convenablement , forme Facide sulfurique qu’on retire par le moyen d’un robinet en plomb.

Ainsi préparé, cet acide contient du soufre qui lui donne une couleur noire , et beaucoup d’eau dont on doit le débarrasser. Pour le cou-

N O U y E AU X E L É M E N S

centrer , on le fait bouillir dans des chaudières de plomb , jusqu’à ce qu’il marque soixante-six degrés à l’aréomètre de Bauniè ; alors on finit sa concentration , si on veut l’avoir dans son dernier degré de force , dans de grandes cornues de verre dont le col plonge dans des récipiens. L’acide blanchit pendant l’opération , se concentre , et il passe de l’acide sulfureux , nitrique et muriatique.

On peut encore préparer l’acide sulfurique en employant, a défaut de chambre de plomb, de grands ballons de verre dans lesquels on a mis d’avance un peu d’eau, et en faisant naître l’ inflammation du mélange du soufre et du nitre, par le moyen d’un fer rouge. Ce procédé peut être employé dans les laboratoires , et lorsqu’on n’est dans l’intention de ne préparer qu’une petite quantité d’acide. Si l’on distille de l’acide nitrique ou muriatique sur du soufre , on obtient aussi de l’acide sulfurique.

Quelle action exerce le nitrate de potasse qu’on ajoute au soufre pour opérer sa combustion ?

Le nitrate de potasse étant un des sels qui se décompose et qui fournit son oxigène avec le plus de facilité , plusieurs chimistes avaient pensé que l’oxigène de ce sel donnait naissance à l’acidification du soufre ; mais un examen

plus exact du phénomène fit bientôt abandondonner cette hypothèse , et l’on pensa que Faction du nitre , en élevant la température , facilite seulement la décomposition cle l’air que Fon croyait contribuer à la formation de l’acide sulfurique. Il appartenait à MM. Clément et Desormes de fixer, à cet égard, l’incertitude et la différence d’opinion des chimistes ; et plusieurs expériences délicates que ces messieurs ont publiées permettent l’établir que, conformément à la théorie qu’ils ont émise , le gaz nitreux (i) enlève l’oxigène à l’air ambiant-, pour le présenter à l’acide sulfureux qui s’en empare ; et que l’acide nitrique n’est que l’instrument nécessaire à l’oxigénation complète du soufre.

Quels sont les caractères de l’acide sulfurique ?

L’acide sulfurique , obtenu par la combustion du soufre , diffère essentiellement de celui que fournit la décomposition des sulfates ; à l’état de pureté , c’est un liquide blanc , onctueux , transparent , d’une saveur acre , caus-

(1) Dans la combustion du mélange du soufre et du nitre, l’acide nitrique du sel ne se décompose qu’en partie j une grande quantité de gaz nitreux, rutilant, s’élève, et passe dans la chambre avec l’acide sulfureux*

tique , et d’une pesanteur spécifique , presque le double de l’eau. Il détruit et charbone les matières animales et végétales , rougit fortement la couleur bleue de la violette, et se congèle à dix degrés de Réaumur, au-dessous de zéro.

Combiné avec l’eau , l’acide sulfurique produit une chaleur considérable qui est accompagnée d’un bruit et d’un mouvement tumultueux qui a pour cause le dégagement de l’air contenu dans l’eau • souvent même les vaisseaux de verre , dans lesquels s’opère le mélange , se cassent et se brisent. Cet accident a lieu , lorsque sur-tout les vases sont d’une petite dimension ; et on le prévient en versant le liquide peu à peu , et en observant particulièrement de verser toujours l’acide sur l’eau , et jamais l’eau sur l’acide. Le mélange d’une partie d’acide sulfurique concentré, et de trois parties d’eau distillée , forme un médicament assez en usage dans les pharmacies , qu’on appelle esprit de vitriol ( acide sulfurique étendu ).

L’acide sulfurique est décomposé à chaud par le gaz hydrogène , par plusieurs métaux , par le charbon, et généralement par tous les combustibles qui en dégagent du gaz acide sulfureux.

Cent parties d’acide sulfurique sont compo-

DE CHIMIE. r l53

sées , selon M. Berzelius , de soufre 4° ,58 , oxigène 59,42.

De F acide sulfureux .

Comment prépare-t-on Facide sulfureux ?

Po ur obtenir cet acide , on introduit dans un matras à long col , une partie de mercure et deux parties d’acide sulfurique concentré ;

on adapte à l’extrémité du matras , un tul?e re-

courbé qui plonge dans un flacon de Woulf q li contient de l’eau, ou sous une cuve à mercure, suivant qu’011 se propose d’obtenir l’acide à l’état cle gaz , ou dissous dans l’eau. L’appareil bien luté, on élève la température jus-? ju’au degré de l’ébullition. Le gaz sulfureux qui se dégage, passe dans le récipient, ou sous la cloche , et le mercure oxidé se dissout dans la partie d’acide sulfurique non décomposé, et forme un sulfate acide de mercure qui peut être utilisé.

L’acide sulfureux qui n’est pas destiné pour les expériences délicates et qu’on se propose d’employer seulement dans les arts ou dans les pharmacies , s’obtient très bien de la décomposition de l’acide sulfurique par des substances végétales, telles que des pailles hachées, de la sciure de bois , du charbon , etc. Lapro^ portion la plus avantageuse de ce dernier est

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d’une partie sur six d’acide sulfurique : on procède d’ailleurs comme avec le mercure.

Quels sont les caractères du gaz acide sulfureux ?

Il est invisible , élastique , d’une odeur piquante de soufre qui brûle ; il éteint les bougies allumées , et suffoque les. animaux • il détruit et décolore les couleurs bleues végétales; ce qui le fait employer avec succès pour enlever les taches de fruits sur le linge , ou pour blanchir et lustrer la soie, et muter le vin, et autres liqueurs fermentescibles : 85 parties de soufre, et i5 parties d’oxigène , constituent ce gaz acide , qui est peu ou point employé eu médecine.

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