Muriate de potasse
Comment prépare-t-on le muriate de potasse ?
Le muriate de potasse s’obtient en saturant de la potasse caustique avec de Facide muriatique , et en faisant ensuite évaporer jusqu’à pellicule , et cristalliser dans un lieu frais.
Quels sont les caractères du muriate de potasse ?
Ce sel cristallisable en cube , ou en parallélipipède rectangle , aune saveur salée et amère, et attire légèrement Fhumidité ; Feau froide en dissout le tiers de son poids , Feau chaude en
dissout une beaucoup plus grande proportion.
Plusieurs acides ont la propriété de le décomposer , tels sont le sulfurique , le nitrique , etc. La décomposition opérée par ce dernier acide , présente un phénomène assez remarquable ; l’acide muriatique dégagé , se porte sur l’acide nitrique du sel , s’empare d’une portion de son oxigène , devient acide muriatique oxigéné , et l’acide nitrique passe à l’état d’acide nitreux : l’argile le décompose en partie; le nitrate de chaux a la même propriété, et , par son action , il se forme du nitrate de potasse et du muriate de chaux.
Le muriate de potasse existe naturellement dans quelques eaux minérales, dans les cendres de beaucoup de végétaux , ainsi que dans plusieurs produits animaux.
Le muriate de potasse était anciennement connu sous le nom de sel fébrifuge de Sjlvius ; il est composé , d’après Kirwcin , de o,66 parties de potasse , 0,28 d’acide muriatique, et 0,08 d’eau.
5°. Muriate de Soude.
D’où retire-t-on le muriate de soude, et quel est son mode de préparation ?
Le muriate de soude , ou sel de cuisine , s’obtient le plus ordinairement par l’évaporation de l’eau de la mer, dans laquelle il existe en grande quantité. On le rencontre aussi en grosses masses dans l’intérieur de la terre, en Pologne , en Russie , en Espagne , dans des mines , où il forme le sel geimne des naturalistes ; les eaux de quelques sources salées en contiennent encore , de même que plusieurs substances végétales et animales.
Le sel gemme présente une infinité de modifications qui dépendent de son degré de pureté ; il contient assez souvent des coquillages , et plusieurs substances salines ; quelquefois il est jaune ou rouge; d’autres fois bleu ou violet , et le plus souvent blanc : ces différentes nuances sont dues au mélange d’un oxide de fer ou de manganèse plus ou moins oxigéné.
Le sel marin du commerce est extrait des eaux de la mer , des marais salans , ou des sources d’eau salée, par des procédés assez généralement connus , et dont nous ne pouvons nous occuper ici. 11 contient plusieurs corps étrangers qui le colorent en gris , tels que de la silice , de l’argile , et de la chaux , qui le rend déliquescent et amer : on le débarrasse d’une partie de ses impuretés parla purification.
A cet effet on en fait dissoudre une certaine quantité dans de l’eau distillée, et on filtre la liqueur ; elle passe claire et très limpide; on la fait cvaporer a 1 action d’une chaleur modérée; on met ensuite à cristalliser, et on obtient le sel d une belle couleur blanche , mais qui contient encore du muriate de chaux , auquel il doit la propriété d’attirer l’humidité. Pour 1 obtenir à l’état de pureté , et propre aux usages de la chimie, on opère le départ du muriate de chaux qu’il retient, en ajoutant dans sa solution du carbonate de soude liquide» La base de ce sel se combine avec l’acide muriatique , et l’acide carbonique avec la chaux , pour former du carbonate de chaux insoluble , qui se précipite.
Quels sont les caractères du muriate de soude?
Le muriate de soude cristallise ordinairement en cube; sa saveur, comme on sait, est piquante, salée et agréable; à l’état de pureté il n’éprouve aucun changement de la part de l’air atmosphérique ; il est dissoluble dans un peu plus de deux parties d’eau.
Exposé à l’action du feu, il se divise, éclate, et fait entendre un pétillement assez considérable, qu’on appelle clècrépitation. Cet effet, comme nous l’avons déjà dit, a pour cause
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l’expansion subite de l’eau de cristallisation qui se sépare sous forme de vapeur.
Ainsi privé de son eau, et chauffé au rouge dans un creuset , il se fond , s’agglutine en une masse opaque, et forme une espèce d’émail blanc ; à une chaleur très active il finit par se volatiliser sous forme de vapeur blanche.
Le muriâte de soude est décomposahle par un grand nombre de corps. Les acides sulfurique et nitrique , à une température moyenne, ont cette propriété. Par le premier, il se dégage de l’acide muriatique ; le second fait naître de l’acide oxi-muriatique , et du gaz nitreux qui s’élève.
La barite , la strontiane et la chaux décomposent aussi ce sel, de même que les oxides de fer et l’oxide de plomb au maximum. On a proposé d’extraire directement la soude du sel marin , par le concours de ce dernier ; mais les résultats qu’on a obtenus , quoique satisfaisans , n’ont pas été aussi lucratifs qu’on l’avait d’abord imaginé : cependant plusieurs habiles chimistes ont entrepris des travaux en grand sur cet objet. La décomposition s’opère complètement par le mélange d’une partie de muriate de soude contre sept de litharge, avec l’eau nécessaire pour former une bouillie liquide , laquelle, au bout de
quelques heures , acquiert une consistance considérable, ce qui nécessite d’ajouter une nouvelle quantité d’eau , que l’on fait ensuite évaporer le quatrième jour , de manière à obtenir, par le refroidissement, de la soude carbonatée.
Ce sel a pour parties constituantes, d’après Kirwan > soude o,5o parties , acide muriatique o,33 , eau 0,17.
Quels sont les usages du muriate de soude?
Le sel, comme 011 sait, est communément; employé dans les cuisines pour relever le goût de certains mets ; c’est un assaisonnement aussi nécessaire que salutaire ; il retarde les progrès de la putréfaction des substances animales et végétales , lorsque toutefois on l’emploie à forte dose ; car , en petite quantité , il paraît , comme on l’a déjà observé il y a long-temps, accélérer, et même exciter leur corruption. Les chimistes l’emploient dans la préparation de l’acide muriatique simple et oxigéné , pour produire ou augmenter l’intensité du froid, et , dans quelques circonstances , pour conserver ou fixer l’arôme de certaines fleurs. Dans les arts , ce sel reçoit une foule d’applications utiles.
K O U Y E AU X F. L E IYL E N S
4°. Muriate d’ Ammoniaque .
D’où retire-t-on le muriate d’ammoniaque , et quel est son mode de préparation ?
Ce sel, que les anciens chimistes ont appelé sel ammoniaque parcequ’il était apporté de l’Ammonie , contrée de la Lybie où était l’oracle de Jupiter- Ammon , existe dans la nature, mais en petite quantité 3 011 le rencontre aux environs des Y olcans , et quelquefois meme au Vivarais, où il est sous différentes couleurs, telles que rouge , yert, noir, ou simplement gris; il est toujours impur , et combiné assez souvent avec le fer et l’arsenic. Les eaux de quelques lacs de la Toscane en contiennent aussi des quantités notables. Tout celui dont nous nous servons est le produit de l’art. Il s’obtient dans les laboratoires en combinant directement l’acide muriatique avec de l’ammoniaque , jusqu’à saturation complété , et procédant ensuite comme pour les autres sels ; mais la presque totalité de celui que nous employons nous arrive d’Egypte , où , depuis un temps immémorial, on le retire de la fiente du chameau, du bœuf, et autres animaux qui se nourrissent de plantes salées. A cet effet , on fait sécher au soleil les excrémens qu’on a rassemblés , et mêles avec de la paille hachée,
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afin de former des mottes quon fait sécher à la surface des murailles , et qui servent ensuite de combustible au bas peuple. La suie qai résulte de cette combustion est soigneusement recueillie, et mise dans de grands vaisseaux sublimatoires capables de supporter un coup de feu violent, qui se prolonge quelquefois pendant trois jours. Il se produit d abord , lorsque le matras commence à chauffer, une flamme bleue ou violette , puis du muriate d’ammoniaque qui s’attache au col du vase , que l’on a soin de désobstruer par le moyen d’un fil de fer que l’on fait passer de temps à autre dans son intérieur. Vingt-cinq livres de suie donnent ordinairement près de six livres de sel ammoniaque, qui est impur et d’une couleur grisâtre.
Depuis plusieurs années le muriate d’ammoniaque se prépare en France de toutes pièces. Baume est le premier qui en a fabriqué , en distillant plusieurs matières animales, et combinant le produit de la distillation chargé de carbonate d’ammoniaque avec l’acide muriatique. Le procédé que l’on suit aujourd’hui dans plusieurs fabriques de l’empire , présente beaucoup de célérité et d’économie ; il appartient à MM. Pluvinet et Bourlière. Il consiste à distiller dans des cylindres de fer
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qui traversent des fourneaux, et dont une des extrémités est pourvue de tuyaux qui conduisent les produits dans des cuves pleines d’eau , des os et des chiffons de laine ; à séparer l’huile animale qui surnage l’eau des cuves, et à filtrer ensuite le carbonate d’ammoniaque liquide à travers une couche de sulfate de chaux calciné et pulvérisé ( plâtre ). Il se forme dans cette opération mécanique du sulfate d’ammoniaque et du carbonate de chaux , qui restent sur le filtre. On opère ensuite la décomposition du sulfate d’ammoniaque , en le faisant bouillir dans une chaudière avec du muriate de soude , et l’on sépare , par la sublimation, le muriate d’ammoniaque, et, par la cristallisation , le sulfate de soude.
Le muriate d’ammoniaque du commerce n’a pas un degré de pureté suffisant pour les opérations pharmaceutiques ; il contient toujours un peu d’huile empyreumatique qui s’est élevée avec lui pendant sa sublimation, et c’est à la présence de cette huile , ainsi qu’à celle d’une certaine quantité de carbone , qu’est due la couleur sale qu’on lui remarque. On le purifie en le sublimant de nouveau , ou , mieux encore , en le dissolvant dans de l’eau , filtrant , et faisant ensuite évaporer et cristalliser.
Quelles sont les propriétés du muriate d’ammoniaque ?
Ce sel est ordinairement en pains durs , élastiques , qui ont la forme d’un cône ; il cristallise en prisme quadrangulaire , terminé par des pyramides à quatre faces ; sa saveur est âcre, piquante et urineuse.
Il est ductile et flexible à la main ; cette propriété le fait céder facilement au choc du marteau , mais le rend très difficile à pulvériser par la percussion. Trois parties et demie d’eau en dissolvent une de ce sel , et il y a , pendant la solution , production d’un froid très considérable. L’eau bouillante en dissout son poids égal, et en laisse déposer ensuite par le refroidissement.
L’air ne paraît pas l’altérer en aucune manière ; le calorique le volatilise sans le décomposer.
Plusieurs acides décomposent le muriate d’ammoniaque. Avec l’acide nitrique , il se forme de l’acide nitro-muriatique , qui dissout très bien l’or. Plusieurs oxides métalliques le décomposent aussi , de même que la barite et la chaux , qui en dégage de l’ammoniaque sous forme de gaz.
Le muriate d’ammoniaque est composé ,
d après Kirwan , de acide muriatique ,
^5 ammoniaque, et 32,25 eau.
Le muriate d’ammoniaque est fréquemment employé en médecine et dans les arts. A l’état gris , comme celui qui vient d’Egypte , il sert aux chaudronniers pour décaper le cuivre avant l’étamage. Les teinturiers emploient de préférence celui qu’on prépare en Europe , qui est beaucoup plus pur , pour aviver plusieurs couleurs ; il est utile dans l’essai des mines , pour reconnaître la présence du fer 9 dont il favorise la sublimation.