‹ Élémens de chimie théorique et pratiqueChapitre 47 sur 56 · PROPRIETES CHIMIQUES DES METAUX · texte numérisé non relu

PROPRIETES CHIMIQUES DES METAUX

Des Métauoc en général .

Quest-ce qu’un métal?

On appelle métal des corps simples inorganiques, formés, par juxta-position, de petites lames brillantes , appliquées les unes aux autres à différens sens.

Dans quel endroit trouve-t-on les métaux ?

On rencontre les métaux dans les trois règnes de la nature ; le plus ordinairement cependant, on les trouve dans l’intérieur de la terre , disposés en couches ou filons , ou bien disséminés en petites parties en différens lieux plus ou moins profonds ; quelquefois aussi ils sont à l’extérieur de la terre à l’état de minéral s.

Les métaux résident dans le sein de la terre , sous cinq états différens , savoir : i°. à l’état natif ou pur , tels sont l’or , l’argent , le platine, le cuivre, etc.; 20. à l’état dé alliages naturels , ou combinés avec d’autres métaux ;

5°. unis à l’oæigène ou à U état d’oæide , ils contiennent alors des proportions très-variables de ce fluide élastique, combinés avec diffèrens corps combustibles , que l’on appelle minéralis ateurs , tels que le soufre , le phosphore , le carbone , ce qui constitue les sulfures ou pyrites , les phosphures , et les carbures métalliques ; 5°. à l’état de sels métalliques , c’est-à-dire combinés avec les acides sulfurique , muriatique , carbonique et phosphonque , tels sont le plomb sulfaté , le cuivre muriaté , le fer et le plomb carbonatés , le plomb et le cuivre phosphatés.

Quels sont les procédés que l’on suit pour séparer des métaux les substances étrangères qui leur sont unies ?

Les procédés à l’aide desquels on débarrasse un corps minéral des substances étrangères qu il contient , afin de l’obtenir dans tout son degré de pureté , et de le rendre propre aux nombreux usages de la vie , s’opèrent par une suite de travaux que nous enseignent la docimasie et la métallurgie , deux sciences profondes qui exigent des connaissances infiniment étendues , et que ne comportent pas les limites étroites de notre ouvrage. Les principales opérations de ces deux arts sont le lotissage , le grillage , le lavage , la fonte , l’affinage ,

la liquation, le départ, la coupellation, etc., etc.

( Voyez les ouvrages à'Hailj , de TVerner , de Lesage , etc . )

Quelles sont les- propriétés des métaux?

Les propriétés des métaux , quoique très caractéristiques , présentent des modifications qui varient suivant l’espèce. En général cependant, ils sont d’une opacité absolue, ont une odeur, une saveur plus ou moins marquée, une fusibilité, une ténacité, une volatilité , une ductilité , et une couleur qui leur sont particulières , ainsi qu’un éclat métallique et une pesanteur spécifique différant dans chacun d’eux.

Les métaux peuvent se combiner entre eux, et donner naissance à des combinaisons que l’on nomme alliages ; seulement , quand le mercure est uni avec les métaux, on donne au composé le nom d’ amalgame .

Les alliages , bien différens de la plupart des combinaisons chimiques qui donnent souvent des produits neutres , participent ordinairement des caractères des métaux qui entrent dans leur composition -, en sorte que les propriétés sont réciproques ou dépendantes des proportions dans lesquelles chaque espèce se trouve mélée. On remarque cependant que les alliages sont plus durs , mais plus fusibles et

beaucoup plus oxidables que les métaux simples qui les constituent : plus l’affinité est grande entre ceux-ci , et plus tôt ils s’unissent ; d’ailleurs leur formation n’a pas seulement lieu à raison de leur tendance mutuelle à se combiner l’un avec l’autre , elle est modifiée par leurs différens degrés de fusibilité , laquelle exerce une influence si directe, que souvent meme elle est suffisante pour empêcher ou pour contrarier leur combinaison.

Les métaux que l’on expose à l’action de la chaleur se dilatent , perdent leur éclat , et se convertissent en oxides , qui affectent des nuances ou couleurs qui dépendent de la nature du métal et du degré de chaleur qu’on a donné ; tous cependant ne se comportent pas ,de la même manière. Quelques-uns, à une chaleur active , s’enflamment et se volatilisent. En opérant dans des vases ouverts , l’eflèt devient sensible à la vue , et l’on peut même en recueillir une partie : c’est ainsi , par exemple, que du mercure qu’on fait chauffer dans un vase , diminue d’une manière très remarquable, et se combine à une pièce d’or qu’on lui présente à une assez grande distance. Les métaux que Faction du calorique a porté à l’état de fusion , et qu’on laisse refroidir paisiblement et sans être agités , affectent un arrangement

symétrique , et cristallisent régulièrement , ordinairement en octaèdre ou en cube.

L’air, sur-tout celui qui est humide , attaque spontanément la surface des métaux , détruit leur brillant en les oxidant. On peut se convaincre de ce fait en examinant le plomb ou le cuivre , qui ont éprouvé , pendant un certain laps de temps, le contact de l’air; quelques-uns , cependant, qui n’ont pas le même degré d’affinité pour l’oxigène , demandent avec l’action de l’air le secours de la chaleur, et même d’un feu très-considérable ; il est aussi des métaux qui ne peuvent être oxidés par l’action réunie de l’air et de la chaleur, etc. ( Voyez ce que nous avons dit de l’oxi dation des métaux , à la page 1 1 1 ).

L’eau commune, sur-tout à une température élevée, oxide singulièrement bien les métaux, parce quelle se décompose ; dans ce cas , son oxigène se combine avec eux ; et l’hydrogène se dissipe ; c’est en conséquence de ce phénomène , que la nature nous offre très-souvent les métaux dans l’intérieur de la terre , à l’état d’oxides diversement colorés ; tous les métaux, cependant, ne jouissent pas de la faculté de décomposer l’eau avec un égal succès ; quelques-uns , tels que le fer et le zinc , produisent cette décomposition, simplement

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à froid; d autres, comme le tain et l’antimoine , ne 1 opèrent que lorsqu’ils sont rouges de feu ; il en est qui, à l’état d’isolement, n’ont point cette propriété , et qui ne l’acquièrent que par l’intermède d’un acide : tels sont le plomb , le cuivre , etc. , etc. Plusieurs , enfin , d’une mei tie absolue , quant a ce liquide , ne peuvent le décomposer dans aucune circonstance , pas même dans l’acte des combinaisons chimiques , soit à chaud , soit à froid : le mercure et l’or sont de ce nombre.

Les combinaisons des oxides métalliques avec de leau, que M. Proust à signalées le premier , ont été appelées par ce célèbre chimiste hydrates.

Les acides en général , en favorisant la décomposition de l’eau qu’ils contiennent , oxident les métaux. La portion de métal oxidée se dissout ensuite dans la partie d’acide non décomposé ; mais cette oxidation du métal s opère d après plusieurs circonstances qu’il importe de mentionner. Quelquefois l’acide est décomposé , et cède une partie de son oxigène au métal - dans ce cas, une portion des principes constituans de l’acide , et souvent même l’acide privé d’une partie de son oxigène, se dégage à l’état de gaz ; c’est ainsi qu’il se produit du gaz sulfureux , en traitant

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h chaud de l’acide sulfurique avec du mercure; dans d’autres circonstances , l’acide et l’eau sont décomposés à la fois par le métal : ce qui explique comment la dissolution de l’étain , dans l’acide nitrique , laisse dégager, sous forme de gaz , de l’ammoniaque , dont la formation est due à la rencontre de l’hydrogène provenant de l’eau, et de l’azote résultant de l’acide. 11 arrive enfin, et ce cas est le plus fréquent , que l’eau que contient les acides que l’on met en contact avec les métaux , est décomposée ; dans cette circonstance , il y a fixation d’oxigène , et dégagement d’hydrogène.

Qu’entend- on par les dénominations de métal ductile et de métal acidifiable ?

On entend , par métal ductile , la propriété qu’ont certains métaux de céder aux impressions du marteau , de s’étendre et de se convertir en lames. Cette propriété se divise en ductilité à la filière ou ténacité , et en ductilité sous le marteau, ou malléabilité.

Les anciens chimistes, aussi peu instruits que nous le sommes sur les causes de la ductilité des métaux , appelaient métaux entiers ou parfaits, ceux qui jouissent d’une grande ductilité , et demi-métauæ , ou imparfaits , ceux qui ne peuvent s’étendre. Ces expressions,

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erronées et très-inexactes , sont aujourd’hui Sévèrement proscrites.

On appelle métaux acidifiables , ceux qui ne sont ni ductiles , ni malléables , mais qui , aigres et cassans , peuvent , par une accumulation d’oxigène, passer à l’état d’acide.

D’après les diverses propriétés des substances métalliques , les chimistes modernes les partagent en cinq classes fondées sur leurs propriétés physiques et chimiques et sur l’ordre de leur degré d’affinité pour l’oxigène. Dans la première section , sont rangés les métaux fragiles et acidifiables : arsenic y tungstène , •molybdène , chrome et columbium. Dans la deuxième section, les métaux fragiles et simplement oxidables : titane , urane y cobalt y manganèse y bismuth , antimoine , nickel et tellure. Dans la troisième section , les métaux demi-ductiles et oxidables : mercure et zinc . Dans la quatrième section , les métaux très ductiles et facilement oxidables : étain y plomb y fer et cuivre. Enfin , la cinquième et dernière section , renferme les métaux qui sont ductiles, mais très difficilement oxidables : argent , or et platine.

Les autres métaux récemment découverts , et dont les propriétés sont très imparfaitement connues , sont : le palladium , le rhodium y

P osmium , le cérium , Xirridium > et le tantalum (1).

Tous les métaux compris dans cette classification ne sont pas usi tés en médecine ou dans les arts. Fidèles à notre principe, nous ne nous occuperons ci-après que de ceux quon a occasion d’employer en pharmacie , et qui fournissent des produits utiles ou consacrés par l’usage.

(1) Les chimistes anglais ont rangé les substances métalliques clans un ordre différent de celui autrefois établi par le célèbre auteur français qui les a classées le premier, et il les divise, d’après Thomson , en quatre classes, qu’un grand nombre de chimistes ont admises, les considérant comme fondées sur des caractères plus rigoureusement vrais. La première classe renferme les métaux malléables , savoir : or, platine, argent, mercui e, palladium, rhodium , tridium, osmium , cuivre, fer, nickel , étain , plomb et zinc ; la seconde classe comprend les métaux cassans et bien fusibles : bismuth , antimoine , tellure , et arsenic ; la troisième classe admet les métaux cassans et difficilement fusibles 1 cobalt, chrome, molybdène, urane, et tungstène; la quatrième et dernière classe contient les métaux réfractaires , c’est-àdire ceux qu’on n’a pas encore obtenus à l’état métallique proprement dit, et qui retiennent toujours une certaine quantité d’oxigène, dont on n’a pu les priver. Il y en a trois : le titane, le colombium, et le cérium.

PREMIÈRE SECTION

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