‹ Élémens de chimie théorique et pratiqueChapitre 48 sur 56 · METAUX FRAGILES A C I D I F I AB L ES · texte numérisé non relu

METAUX FRAGILES A C I D I F I AB L ES

i°. De V Arsenic et de V Acide arsénieuse

(i arsenic blanc).

Qu’est-ce que l’arsenic ?

L’arsenic est un métal de couleur gris d’acier , fragile , pesant , volatil , répandant une odeur alliacée quand on le chauffe.

L’arsenic métal se trouve dans plusieurs pays sous différentes formes. A l’état natif, il est alors en masse noire , et présente dans sa cassure une infinité de petites écailles brillantes , composées par couches concentriques : on le nomme arsenic testacé ; allié avec le soufre, à l’état de sulfure rouge ou jaune. -

Le sulfure rouge , connu autrefois sous les noms de réalgar , de soufre rouge , est natif ou formé par l’art ; il se trouve dans les Indes , à la bouche des volcans , et dans plusieurs mines ; il est composé de trois parties d’arsenic contre une de soufre.

Le sulfure jaune , ou orpiment > existe aussi naturellèment , ou se compose artificiellement. Il nous est envoyé du Levant et de la Hongrie , en masse Jamelleuse d’un beau jaune

doré : il est composé de quatre parties d’arsenic et de trois de soufre.

Enfin l’arsenic est encore naturellement uni avec l’étain, le fer, le cuivre, l’argent, et le cobalt ; et c’est en traitant au feu ces différens métaux qu’on obtient l’arsenic du commerce , appelé par les chimistes acide arsénieux.

De V Acide arsènieuæ.

Comment obtient-on l’acide arsénieux?

L’acide arsénieux s’obtient en grand dans le grillage de plusieurs mines, et particulièrement en calcinant celles de cobalt dans de longues cheminées tortueuses , sur les parois desquelles les vapeurs arsenicales s’attachent par couches plus ou moins épaisses.

Quels sont les caractères de l’acide arsénieux ?

L’arsenic est en masse blanche demi-transparente; sa saveur est âcre, caustique, et très vénéneuse ; il est volatil , rougit faiblement les couleurs bleues végétales , excepté le sirop de violette qu’il verdit ; est dissoluble dans quatrevingts parties d’eau froide , dans douze parties d’eau bouillante, et dans l’alcohoî.

Jeté sur les charbons ardens , il se réduit en vapeurs blanches , et exhale une odeur sem~

blable à celle de l'ail; caractère distinctif qui fournit le moyen de reconnaître sa présence dans une substance quelconque.

Fourcroy , ayant remarqué que l'arsenic jouissait de plusieurs propriétés essentiellement propres aux corps acidifiés , a proposé de classer cet oxide au rang des acides dont la terminaison est en euæ , et il l’a conséquemment nommé acide arsènieuæ , dénomination qui motive bien la différence de cette substance d’avec les autres oxides métalliques , c’est-àdire sa solubilité dans l’eau, sa volatilité, et sur-tout la faculté qui le distingue de s’unir avec les alcalis , pour former des sels que l’on appelle arsénites .

Tous les acides ont une action plus ou moins marquée sur l’arsenic : l’acide sulfurique chaud en dissout une partie, qu’il laisse précipiter en refroidissant; les acides nitrique et oximuriatique l’attaquent avec beaucoup plus d’énergie, et le convertissent en acide arsénique .

Il décompose les nitrates et le muriate suroxigéné de potasse , attire l’oxigène de leur acide et forme avec leurs bases des arsèniates .

L’acide arsénieux distillé avec son poids d’acétate de potasse , fournit un produit particulier , qui a reçu le nom de liqueur fumante.

et qui , très inflammable , jouit de la propriété de brûler spontanément à l’air , avec une flamme rose d’une odeur extrêmement désagréable.

Selon M. Cheneviæ , il est composé de 0,75 parties d’arsenic métal, et de o,a5 d’oxigène.

Les hydro-sulfures paraissent altérer considérablement l’acide arsénieux. Le docteur Régnault a prouvé tout récemment que le gaz hydrogène sulfuré avait la propriété de le décomposer complètement , et que son administration à grande dose convenait singulièrement dans le cas d’empoisonnement par cet acide. Plusieurs expériences délicates que ce chimiste a faites , lui ont aussi fait reconnaître que le sulfure de potasse , administré d’après la méthode ordinaire, n’était pas , comme on l’avait prétendu , le contrepoison de l’arsenic (1). Un savant distingué , M. Proust , vient de faire voir qu’il ne pouvait pas se former des hydro-sulfures d’arsenic; ce qui établit très positivement l’insuflisance des moyens proposés jusqu’à ce jour pour ar-

(1) Voyez Pouvrage de M. Régnault , intitulé Nouvelles Expériences sur les Contre- JP oisons de V Arsenic* A Paris, chez Croullebois, rue des Mathurins.

rêter les funestes effets de cette terrible substance.

DEUXIÈME SECTION

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