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Du Zinc

Qu’est-ce que le zinc ?

Le zinc est un métal dont on compte quatre I. 23

espèces de mines; savoir : le zinc oæidé > ou la pierre calaminaire ; le zinc carbonate ; le zinc sulfuré , ou la blende , et le zinc sulfaté .

Le métal pur s’exploite de ses différentes mines en Chine , et en plusieurs lieux de l’Europe, par dilférens procédés, dont nous ne nous occuperons point ici. La plus grande partie de celui qu’on vend dans le commerce vient de Goslar . En France on le retire ordinairement par sublimation, en fondant des mines de plomb qui contiennent du sulfure de zinc ; le métal volatilisé s’attache aux parois des cheminées des fourneaux, et y produit des incrustations grisâtres connues sous le nom de tu? thie.

( fuels sont les caractères du zinc métal?

Le zinc , d’un blanc bleuâtre , est volatil , lamelleux , mou , et se laisse entamer par le couteau ; il a une odeur et une saveur qu’on développe très bien par le frottement , et une demi-ductilité qui permet de l’aplatir en lames minces , par une pression égale ; il peut aussi être forgé à une température de 48 degrés de Réaumur.

L’élasticité et la consistance propres à ce métal sont telles qu’on ne peut , dans son état naturel , le diviser par la percussion. Lorsqu’on veut le grenadier, on le fait fondre dans un

creuset 5 et on le coule doucement dans de l’eau froide. Mais si l’on veut le diviser beaucoup plus, et l’obtenir en poudre line, il est nécessaire de le broyer fondu dans un mortier de marbre extrêmement chaud.

Si on expose le zinc à l’action d’une chaleur capable de le faire entrer en fusion, et qu’on l’entretienne en cet état pendant quelque temps , sa surface se couvre bientôt d’un oxide gris au minimum. On pourrait, en continuant ainsi , réduire successivement tout le zinc en un oxide semblable; mais l’opération serait fort longue. Chauffé fortement, il brûle, se volatilise sous forme de flocons blancs très légers , que les alchimistes ont appelé fleurs de zinc, pompholiæ , laine philosophique 9 nihil album , etc. , et que les modernes considèrent comme un peroxide de zinc (i).

Le zinc est peu altéré par l’air; cependant, à la longue , sa surface s’y ternit : il paraît que c’est par un commencement d’oxidation.

Tous les acides dissolvent le zinc; l’action

(1) Cet oxide, d’une grande fixité, a la propriété de I luire dans l’obscurité lorsqu’il est nouvellement préi paré ; par une chaleur active il prend une couleur jaune ,

| qui disparaît par son refroidissement, laisse dégager de 1 cxigène , et devient oxidule de zinc.

de l’acide nitrique concentré produit souvent une vive inflammation ; mais lorsqu’il est faible , la dissolution s’opère avec assez de tranquillité : il se manifeste seulement une certaine quantité d’ammoniaque, dont la formation est due à la combinaison de l’hydrogène de l’eau contenue dans l’acide décomposé avec l’azote de l’acide nitrique. L’acide sulfurique agit sur ce métal, meme à froid ; il y a, dans cette circonstance, production de chaleur , dégagement de gaz sulfureux , et précipitation de carbure de fer, parceque le zinc contient presque toujours une portion de fer. Cette dissolution rapprochée fournit le sulfate de zinc , qu’on appelle communément couperose blanche y vitriol blanc.

Le sulfate de zinc, que l’on fabrique en grand dans plusieurs pays , se trouve dans le commerce à un prix très modique , et on ne le prépare pas ordinairement dans les laboratoires ; on se borne seulement à purifier celui qui est destiné pour l’usage médical, parcequ’il est toujours mêlé avec plusieurs substances hétérogènes , et notamment avec une certaine quantité de fer , dont il convient de le purger. M. C.-L. Cadet a proposé de précipiter le fer de la dissolution du zinc dans l’acide sulfurique convenablement étendu, en y ajoutant

une pièce de zinc métallique , ou bien en y versant peu à peu de la potasse , jusqu’à ce que la totalité du fer soit précipitée , et de filtrer ensuite la dissolution. Ce chimiste préfère, avec raison , le zinc à la potasse , en ce que celle-ci , se combinant avec la portion d’acide qui retenait le fer, fait naître une petite quantité de sulfate de fer, qui nuit à la pureté du sel. ( Voyez le Bulletin de Pharmacie, mois de janvier 1809.) M. Proust recommande, pour séparer le fer du sulfate de zinc , de faire bouillir un kilogramme de dissolution concentrée de ce sel avec trente-deux grammes (une once) d’acide nitrique; de saturer ensuite l’excès d’acide avec de la potasse caustique, de filtrer la liqueur bouillante, et de répéter plusieurs cristallisations.

Quels sont les caractères du sulfate de zinc?

Ce sel, en prismes tétraèdres, a une saveur stiptique assez marquée ; il est blanc , transparent, et dissoluble dans trois parties d’eau froide , et dans moins d’eau bouillante ; au feu il se boursoufïle , et se fond dans son eau de cristallisation ; l’air a peu d’action sur lui , lorsqu’il est pur ; cependant , au bout d’un certain temps , il attire l’oxigène , et jaunit.

Le sulfate de zinc est décomposé par toutes

les substances terreuses et alcalines , et a pour parties constituantes, d’après Kirwan,

Acide sulfurique 20 5

Oxide de zinc 4° o

Eau 39 5

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