JJ
une livre; celui d’Angleterre, dans lequel il existe une petite quantité de cuivre et de plomb, se vend sous la dénomination d’étain en saumons , et est d’une qualité inférieure à celui des Indes.
Quels sont les caractères de l’étain ?
L’étain est un métal d’un blanc argentin sombre; il est ductile, très fusible, très mou, et se laisse entamer par le couteau, et meme par l’ongie,
Ce métal, d’une saveur très sensible, répand une odeur particulière lorsqu’on le frotte, et fait entendre , quand on le plie , un petit bruit qu’on appelle cri de l’étain.
L’étain , en contact avec l’air , perd son éclat, et devient gris. Si on le chauffe avec l’accès de l’air, il entre en fusion; sa surface se recouvre d’une poudre grise très line , qui est un oxidule réductible par le charbon , et qui contient 0,10 d’oxigène.
Cet oxidule , chauffé au rouge pendant quelques heures dans un creuset , prend une plus grande proportion d’oxigène , acquiert de la blancheur, et se change, par l’agitation , en une poussière très line , qui donne cette matière dont on se sert dans les arts pour polir les glaces . le cristal , et que l’on appelle potée
d'étain : c est un oxide qui contient dix-huil à vingt pour cent d'oxigène.
La potée forme , par son mélange avec des substances vitrifiables , l'émail blanc qu'on applique à la surface des poteries et des faïences .
La combinaison de l'étain avec l’oxieènc
donne lieu, selon M. Proust , à deux états distincts d oxiaation , savoir : un oæide jaune au minimum; tel est celui qu'on obtient en traitant le métal à une chaleur très active, sous le moufle d’un fourneau de coupelle, ayant soin de remuer vivement; cet oxide, à l’état d'une grande pureté, est gris,, et a l’éclat métallique; un ooçide blanc , ou au maximum; celui-ci se forme par une dissolution à chaud de ce métal dans l'acide nitrique concentré ; ce qui constitue la potée par la voie humide.
Les acides attaquent l'étain avec une énergie plus ou moins grande. L'acide sulfurique l'oxide plutôt qu’il ne le dissout : il y a, dans cette circonstance, dégagement de gaz sulfureux , volatilisation de soufre , si l’acide est concentré, et décomposition partielle d’eau, avec dégagement de gaz hydrogène , lorsqu'il est étendu : la dissolution de couleur, d'un brun noir quand elle est chaude, acquiert de la transparence par son refroidissement , et
fournit un oxide d’étain et une petite quantité de suifate.
L’acide nitrique dissout complètement ce métal ; il se produit, pendant l’opération, un grand dégagement de gaz nitreux , tandis qu’il se forme une quantité notable d’ammoniaque , dont la naissance est due à la rencontre de fhydrogène de l’acide nitrique et de l’oxigène de l’eau.
De tous les acides connus , c’est le muriatique qui attaque l’étain avec le plus de violence : la dissolution est volatile , d’une odeur très fétide , et fournit , par l’évaporation , un sel cristallisable très employé dans l’art de la teim ture, que l’on appelle muriate d’étain.
La dissolution muriatique d’étain , par son exposition à l’air, absorbe l’oxigène de l’atmosphère , et passe à l’état d’oxi - muriate d’étain , qu’on appelle vulgairement liqueur fumante de Libavius.
Pour l’obtention de ce muriate sur-oxigéné , on triture dans un mortier de marbre un amalgame composé de quatre parties d’étain et cinq de mercure, avec le même poids de sublimé corrosif. Ce mélange introduit dans une cornue de verre, on le distille à une douce chaleur, afin que le mercure ne puisse pas se volatiliser, pendant environ deux heures: il
passe une vapeur Manche , épaisse , dont une partie se condense dans le récipient , et l’autre au col de la cornue.
Ce muriate d’étain est extrêmement volatil , et produit, lorsqu’on l’expose au contact de l’air, des vapeurs visibles très âcres, très irritables , parcequ il condense l’eau de l’atmosphère , avec laquelle il a une très puissante attraction ; il se sublime et s’attache spontanément en cristaux blancs au haut des bon-
teilles oii on le conserve. Son mélange avec une petite quantité d’eau l’empêche de lumer.
La combinaison du soufre et de l’étain fournit l’or mussif artificiel ; substance que l’on emploie quelquefois en peinture , pour imiter le bronze , et fréquemment pour activer les effets de la machine électrique.
L’or mussif se prépare de plusieurs manières ; on l’obtient communément par le procédé suivant :
Dans un mortier de cuivre, préalablement chauffé , on met deux cent cinquante grammes (huit onces) de mercure , sur lesquels on verse la même quantité d’étain fondu ; on agite et on triture ce mélange jusqu’à ce qu’il soit entièrement froid y alors on mêle très exactement cet amalgame avec six parties de soufre et quatre de muriate d’ammoniaque 5 on intro-
duit le tout dans une cornue, que Ton pose sur un bain de sable ; on chauffe à un feu doux , jusqu’à faire rougir faiblement le fond de la cornue , et on entretient la chaleur en cet état pendant trois heures , et plus si cela est nécessaire ; l’or mussif se sublime à la voûte du vaisseau en belles lames minces , friables , qui ont l’éclat et l’apparence de l’or.
Il est nécessaire , dans cette opération , de ne pas donner un degré de chaleur très considérable , parceque la volatilisation d’une portion du soufre nuirait à la beauté du produit.
On obtient de l’or mussif par voie humide , en précipitant la dissolution du muriate d’étain avec une solution de sulfure de potasse , jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de dépôt.
L’étain , comme on le sait , est d’un très grand intérêt dans les besoins de la vie ; scs usages se sont multipliés depuis sur-tout que deux habiles chimistes ont prouvé que ce métal ne contenait pas , comme on l’avait avancé , de l’arsenic , ou qu’il en tenait des quantités si petites , qu’il ne pouvait pas agir d’une manière nuisible. Les médecins anglais l’emploient fréquemment pour l’intérieur comme anthelmintique. En France on le prescrit très rarement , et on agit fort bien , car ses produits sont souvent d’un effet très funeste
2°. Du Plomb .
Qu est-ce que le plomb?
Le plomb est un métal très répandu dans la nature, que Ton trouve dans plusieurs lieux de l’Europe , combiné avec différentes substances , mais jamais à l’état natif , ni à celui d’oxide pur et isolé.
Les mines de plomb existent particulièrement en France , en Angleterre, et en Allemagne, sous différens états; ce qui constitue plusieurs espèces , dont les principales sont le plomb phosphaté , le plomb arsénié ^ le plomb sulfaté , le plomb mol jb daté > le plomb car bonatè y le plomb chromcité ou spathique , et le plomb sulfuré ou galène , indépendamment d’un grand nombre de variétés. Cette dernière mine est la plus commune et la plus riche, et c’est celle d’où l’on exploite la presque totalité du plomb que l’on trouve dans le commerce ; elle contient presque toujours en même temps une certaine quantité d’argent.
Quels sont les caractères du plomb ?
Le plomb est d’une couleur blanche sombre ; c’est le plus doux des métaux ; il est mou, pesant, peu élastique , très fusible, et facilement oxidable, même au contact de l’air; il est volatil , et répand une odeur particulière,
qu on développe très bien par le frottement ou par la trituration.
Le plomb exposé au feu entre en fusion à un degré de chaleur très léger. Par le refroidissement il cristallise en pyramide à quatre faces. Lorsqu’à l’état de fusion on le triture vivement, et jusqu’à refroidissement , dans un mortier de fer chauffé , on produit la granulation du métal.
A une chaleur très violente le plomb se volatilise en partie.
Ce métal, chauffé au contact de l’air , s’oxide et se colore successivement en gris, en jaune, en rouge , et en brun ; ce qui fournit différent oxides qui entrent dans la composition de plu» sieurs médicamens.
Le premier degré d’oxidation du plomb peut avoir lieu par le secours de l’air , de 1 eau, et à l’aide de tout autre corps susceptible de fournir de l’oxigène. Le plus ordinairement on emploie la fusion à l’air libre pour l’opérer. A cet effet, on met la quantité que l’on veut de plomb dans une cuiller de fer , qu’on expose à l’action d’un feu modéré; le métal entre de suite en fusion ; sa surface se couvre peu après d’une pellicule grisâtre , qui acquiert une couleur d’un vert jaunâtre par une longue agitation, et que Ton enlève, afin
de faciliter la formation d’une autre quon sépare également, et ainsi de suite jusqu’à la conversion totale du plomb en oxide gris au minimum > ou composé , comme le prétendent deux célèbres chimistes, parle mélange d’oxide jaune et de plomb métallique.
Ce premier oxide, calciné dans une capsule pendant deux heures à un feu capable de le faire rougir, acquiert une belle couleur jaune, et prend le nom de massicot.
Si l’on fait chauffer de nouveau l’oxide jaune, réduit en poudre fine, dans un fourneau de réverbère, et à une chaleur qui ne puisse pas revivifier le plomb , l’oxide augmente en couleur, et en prend bientôt une d’un beau rouge : on l’appelle , en cet état , minium , oxide de plomb rouge.
Les Anglais ont été long-temps en possession de nous fournir exclusivement cet oxide, parcequ’ils l’obtenaient beaucoup plus beau que nous ; mais on est parvenu, dans ces derniers temps , à en faire , en France , d’une très belle qualité , et nos fabriques préparent tout celui qu’on emploie dans les arts.
L’oxide de plomb rouge , nouvellement préparé , fournit de l’oxigène avec assez de facilité, et il suffit alors de le distiller ; mais lorsqu'il est ancien, ce fluide élastique y est mieux
B JE CHIMIE
combiné , et y adhère beaucoup plus fortement. On parvient cependant a le lui enlever, en le traitant, à l’aide du calorique, avec du charbon grossièrement pulvérisé , du flux noir, ou simplement du savon noir.
Si on expose de l’oxide rouge de plomb à l’action de l’acide nitrique à trente degrés , il se dissout en partie ; il reste , après l’opération , une poudre brune brillante , qui est un oxide de plomb au maximum d’oxidation.
On prépare bien mieux l’oxide brun , en faisant passer dans de l’oxide rouge de plomb, délayé dans de l’eau , un courant de gaz oximuriatique, l’oxide se colore d’abord davantage, et Unit par se dissoudre en entier. Cette dissolution étendue avec une grande quantité d’eau , ou traitée par la potasse , laisse précipiter cet oxide d’un brun très foncé, lequel «st composé de 0,21 d’oxigène, et 0,79 de plomb.
L’oxide brun de plomb, chauffé modérément, donne du gaz oxigène pur, prend une couleur jaune, et se convertit, en dernier résultat , en litharge ; mais si la chaleur est considérable, le plomb se réduit en peu d’instans.
Le minium , exposé à faction d’une chaleur
assez considérable pour le porter en une espèce
de demi-vitrification, se convertit en petites paillettes jaunes ou rouges , et forme la litharge d’or, ou la litharge d’argent, suivant que la nuance est plus ou moins foncée.
La litharge, ou oxide demi-vitreux de plomb, ne se prépare jamais dans les laboratoires; on l’obtient très en grand dans les arts, dans le traitement des mines de plomb , qui contiennent de grandes quantités d’argent, que l’on isole par la coupellation ; ce qui donne lieu à la conversion du plomb en litharge.
Enfin , si l’on fait subir à l’oxide demi-vitreux,, un coup de feu violent, il entre en fusion parfaite , et on obtient le verre de plomb.
Ce verre , de couleur jaune , a une très grande action sur les substances terreuses , et il pénètre facilement les creusets pendant sa fusion, et c’est cette active propriété qui le rend si difficile à obtenir à l’état de pureté.
Les oxides de plomb sont facilement réductibles , lorsqu’on les chauffe avec du charbon , ou toute autre matière combustible ; on peut même , avec le gaz hydrogène , revivifier le métal.
Les oxides de plomb absorbent facilement l’acide carbonique de l’atmosphère , et se changent en carbonate de plomb , qui peut ensuite se dissoudre dans l’eau , et communiquer ainsi
à celle qui a séjourné dans les réservoirs faits de ce métal, des qualités évidemment nuisibles, et même d’un effet très dangereux.
La plupart des acides attaquent le plomb ; il en est cependant qui n’ont cette propriété qu autant quils sont chauds et très concentrés ; tel est , par exemple , l’acide sulfurique : il y a, dans ce cas , dégagement de gaz sulfureux, et formation d’un sulfate de plomb cristallisable. L’acide nitrique attaque ce métal à froid lorsqu’on le lui présente divisé ; la dissolution filtrée et rapprochée fournit de beaux cristaux de nitrate de plomb. Lorsqu’au lieu de plomb métallique on emploie , pour l’obtention du nitrate , de l’oxide rouge de plomb , il se dépose au fond du vase une certaine quantité d’oxide brun insoluble dans l’acide nitrique ; une autre portion d’oxide moins oxigéné se dissout dans l’acide , et forme un sel qui cristallise facilement par l’évaporation convenable de la liqueur surabondante. L’action de l’acide muriatique sur ce métal est peu sensible , même avec le secours du calorique , mais il agit singulièrement bien sur ces oxides ; c’est même en raison de sa très grande attraction avec eux que cet acide est habile à décomposer toutes les combinaisons de ce métal , lorsque toutefois celui-ci se trouve, comme nous
rayons dit, à l’état d’oxide. L’action de l’acide acétique sur le plomb donne naissance à une substance qu’on fabrique en grand dans plusieurs ateliers , que l’on appelle dans le commerce céruse , et que les modernes ont nommée oæide blanc de plomb par l’acide acé- ' tique. On obtient dans les arts cet oxide en exposant à la vapeur de l’acide acétique des lames minces de plomb roulées en spirales , et placées dans des pots qu’on enfonce dans des tas de fumier, qui les chauffent jusqu’au quarantième degré , et meme plus , par le seul effet du calorique qui se développe par la fermentation.
La dissolution des oxides de plomb dans l’acide acétique fournit un sel blanc cristallisable dune saveur douce et sucrée , qu’on appelle acetale de plomb. ( Voyez ce mot.)
Quels sont les usages du plomb?
Le plomb, quoique d’un effet très dangereux , est fréquemment usité • on l’emploie dans les arts sous toutes sortes de formes. Les pharmaciens combinent scs oxides avec de l’huile pour la préparation d’onguens solides , connus sous la dénomination très impropre d’emplâtres. Son administration à l’intérieur, comme astringent, est justement abandonnée en France.
B E € HIMIE.
5°. Du Fer.
Qu’est-ce que le fer?
Le fer , un des métaux le plus anciennement connu , et le plus nécessaire aux besoins de l’homme civilisé , est aussi celui que la nature a répandu avec le plus de profusion et le plus universellement. On le rencontre dans les trois règnes , dans les pierres , parmi les végétaux , et même avec nos humeurs qu’il vivifie. Il existe à la surface du globe , dans les profondeurs de la terre, dans les abîmes des mers, uni à une infinité de substances , et sous des formes très variées. C’est ainsi qu’on distingue douze à quinze espèces de mines de ce métal , dont les principales et les mieux connues sont : le fer natifs l’existence de cette espèce, excessivement rare , a été révoquée en doute par plusieurs minéralogistes, depuis sur-tout que la masse de huit cents kilogrammes que Pallcis a vue en Sibérie, a été reconnue être des aérolithes) (i), le fer arsenical ou mispickel , le fer oæidé , le fer carburé ou plombagine, le fer sulfuré ou pyrite martiale, le
(1) On appelle aérolithes les pierres qui tombent du ciel.
fer phosphaté ou sy dérite , le fer sulfaté , chroma té , oligiste, etc. , etc.
Quels sont les caractères qui distinguent le fer ?
Ce métal , à 1 état de pureté , est d’un blanc grisâtre et d’une dureté très considérable; il est ductile , très malléable , d’une saveur fortement stiptique , répand une odeur particulière par le frottement, et est susceptible d’acquérir des propriétés magnétiques.
Le fer, exposé à l’état de limaille sur des charbons ardens , ou plongé rouge dans du gaz oxigène , brûle en jetant des étincelles brillantes. Le choc subit des cailloux, comme on le fait avec le briquet, suffit même pour l’enflammer et le fondre. À une chaleur rouge , il se ramollit singulièrement ; ce qui permet , dans les arts , de lui donner toutes sortes de formes , et de l’employer à un grand nombre d’usages.
Ce métal, comme nous l’avons déjà dit, est prodigieusement répandu ; la plupart des substances minérales ne doivent leurs différentes couleurs , ou la variété de leurs nuances , qu’au fer. Les teintes si multipliées des marin 'es, celles d’un grand nombre de pierres précieuses , ne sont dues qu’à la présence des oxides de fer qui s’y trouvent ; il en est de
D E C H I3IIE
même des substances terro-argileuses , et de la majeure partie des matières inorganiques.
Il paraît indubitable , c’est du moins l’opinion de plusieurs chimistes et naturalistes d un grand nom , que les végétaux composent le 1er , parcequ’on trouve ce métal dans les plantes qui ont été elevees dans de 1 eau distillée, ou dont l'accroissement s’est opéré dans du sable très pur, M. Cadet de Qassicourt a consigné dans un fort bon mémoire des observations très judicieuses , qui militent singulièrement en faveur de cette opinion. Ce chimiste rapporte avoir vu dans les serres de Schoënbrunn , près Vienne, un ficus stipulata scandens qui avait déposé une certaine quantité de fer ochracé à la surface d’un mur oit ses rameaux avaient végété; il s’est en outre assuré , par plusieurs expériences délicates faites par le concours de l’acide nitrique et du prussiate de chaux , et à l’aide d’un instrument de son invention qu’il appelle prècipitomètre , que les cendres de plusieurs espèces dé plantés incinérées avec beaucoup de soin, fournissent des proportions plus ou moins considérables de fer , dont les quantités ont été appréciées par le nombre de degrés marqués à l’échelle de son appareil. (V oyez le Bulletin de Pharmacie, mois de mars 1810.)
37/f NOUVEAUX ÉLEMENS
Le fer ne se trouve chez les animaux que dans la partie colorante du sang.
Le fer et le carbone peuvent être combinés dans des proportions bien différentes. Il résulte de cette combinaison le fer de fonte , si commun et si précieux , et deux autres substances particulières non moins intéressantes; 3a première, qu’on emploie dans la fabrication des crayons , s’appelle carbure de fer ou plombagine , lorsque le carbone y existe en grande proportion ; la seconde , connue sous le nom d’ acier , est celle où le fer prédomine.
L’acier proprement dit n’est que du fer auquel on a combiné , par le moyen de la cémentation et de la stratification , une certaine quantité de carbone ; ce qui lui a donné une plus grande dureté , une élasticité plus considérable et une couleur moins livide ou plus blanche. Ces caractères généraux ne sont pas les seuls à l’aide desquels on parvient à distinguer l’acier d’avec le fer; on peut tout simplement , et le moyen est certain , toucher un point de la surface du métal avec un acide quelconque : la formation d’une tache noire très foncée dénote la nature du premier (acier); lorsqu’au contraire, il ne se manifeste aucun changement quant à la couleur, on conclut avec certitude que le métal est du fer pur.
Le fer contracte union avec une infinité d’autres substances : avec le soufre et le phosphore , ce qui donne lieu à des combinaisons qu’on appelle sulfure et phosphure de fer; il se combine aussi avec la plupart des métaux, et forme des alliages particuliers plus ou moins employés ; mais sa tendance pour l’oxigène est beaucoup plus marquée qu’avec toutes les autres substances, et il attire ce fluide élastique avec une très grande énergie ; ce qui donne lieu à la formation de plusieurs oxides, sur l’état desquels les savans ne sont pas d’accord. M. Proust signale deux degrés seulement d’oxidation de ce métal , savoir : Yoæide noir (protoxide), Y oxide rouge (peroxide). M. Thénard , qui reconnaît, avec plusieurs chimistes , des degrés constatas et invariables d’oxigénation , en distingue de trois sortes : Y oxide vert , Yoæide rouge , et Yoæide blanc. Enfin, M. Berthollet , et avec lui la plupart des chimistes français , en admettant des degrés illimités d’oxidation que le fer offre dans sa combinaison avec l’oxigène , veut qu’outre l’oxide au minimum > et celui au maximum y il existe des degrés intermédiaires que l’on peut aisément mentionner à l’aide de l’observation et de la pratique. En attendant que des expériences ultérieures aient fixé le
principe qui divise d’opinions les célèbres chimistes que nous avons cités , nous allons décrire très succinctement les différens modes de préparation qu’on suit pour l’obtention des oxides de fer en usage dans les pharma-
eies.
L’air sec agit peu ou pas du tout sur le fer ; mais si on joint à son action celle de l’humidité , on forme le safran de mars apéritif des anciens , que les chimistes modernes appellent oxidule de fer.
La préparation de cet oxide consiste à mettre dans un plat très évasé de la limaille de fer , en ayant soin qu’il n’y en ait pas trop épais. On expose ensuite le vase à la rosée , et lorsqu’il y a une certaine quantité d’oxide de for-
mé , on pulvérise la limaille dans un mortier de fer. La poudre jaunâtre qui en résulte est du safran de mars apéritif, c’est-à-dire de l’oxide de fer combiné avec de l’acide carbonique que le métal oxidé attire. Cette poudre , lorsqu’on la destine pour l’usage de la médecine, doit être passée au tamis de soie , et ensuite porphy risée.
Le fer en barre , chauffé avec le contact de l’air, rougit et brûle; il s’en sépare par le refroidissement des parcelles écailleuses, qu’on appelle hattitures de fer , lesquelles , réduites
DE CHIMIE. Z 11
en poudre , forment l’oxide noir de fer dont on se sert pour préparer l’oxide rouge (i).
A cet effet , on fait chauffer au rouge , dans un creuset ouvert, de l’oxide noir de fer, jusqu’à ce qu’il soit converti en entier en une substance pulvérulente d’un brun rougeâtre , que l’on nomme vulgairement safran de mars as tringent > et que les modernes considèrent comme un oxide de fer rouge au maximum , contenant, d’après Klaproth > o,53 d’oxigène.
Les oxides de fer entrent dans la composition de plusieurs médicamens ; on les emploie avec beaucoup de succès en médecine , sous le rapport de leurs propriétés emménagogues.
La plupart des acides dissolvent le fer; l’acide nitrique concentré l’attaque avec une extrême facilité : il se dégage beaucoup de gaz nitreux , la plus grande partie du fer se dépose à l’état d’oxide rouge , et il reste fort peu de fer en dissolution ; il y a en outre , pendant l’opération , émission d’ammoniaque , dont la
(1) En chauffant pendant deux heures dans un creuset couvert, comme l’a indiqué M. Vauquelin , une partie d’oxide rouge de fer contre deux de limaille fine, on obtient également cet oxide noir. Dans cette opération l’oxide cède une partie de son oxigène au fer, et le tout passe à l’état d’oxide noir.
naissance provient de la décomposition partielle de l’acide et de l’eau qu’il contient.
Si , dans la dissolution nitrique de fer , on verse du carbonate de potasse bien saturé , il se produit de suite un précipité jaunâtre qui acquiert bientôt une couleur orangée très agréable. En agitant le mélange , le précipité disparaît entièrement, et la liqueur se colore en beau rouge. Cette dissolution de fer par le carbonate de potasse fournit un composé connu dans les pharmacies sous le nom de teinture martiale alcaline de Stahl.
L’acide muriatique dissout rapidement le fer. La décomposition de l’eau contenue dans l’acide ayant lieu dans cette circonstance , il se manifeste une grande effervescence à cause du dégagement de l’hydrogène ÿ souvent aussi il se dépose une poudre noire de carbure de fer, quand le métal contient du carbone. La dissolution d’une belle couleur jaune donne du muriate de fer cristal» lisable et déliquescent.
L’acide carbonique dissout également bien le fer lorsqu’on le lui présente à l’état d’oxide : il résulte de cette action un carbonate de fer que l’on rencontre fréquemment dans la nature , et qui existe spécialement dans la plupart des eaux minérales ferrugineuses.
L’acide sulfurique concentré agit peu sur le fer , même à l’aide de la chaleur; mais lorsqu’il est étendu d’eau , il le dissout tumultueusement; l’eau, pendant l’opération, est décomposée , il se dégage du gaz hydrogène , foxigene se porte sur le métal, et l’oxide formé est dissous dans la partie d’acide non décomposée. Cette dissolution , filtrée et évaporée , fournit, par le refroidissement, un sel d’un beau vert d’émeraude , que l’on nomme dans le commerce couperose verte, vitriol martial, et que les modernes appellent sulfate de fer.
Quelles sont les règles à suivre dans la préparation du sulfate de fer?.
Ce sel , lorsqu’il est destiné à l’usage de la médecine , se prépare de toutes pièces dans les laboratoires , en versant sur de la limaille de fer de l’acide sulfurique étendu avec trois fois son poids d’eau , filtrant ensuite la dissolution , et la faisant évaporer et cristalliser.
Le sulfate de fer s’obtient en grand dans les fabriques par la lixiviation des pyrites martiales efïleuries , et en faisant évaporer , puis cristalliser. On le produit encore par l’évaporation des eaux qui en contiennent de grandes proportions.
Queîs sont les caractères du sulfate de fer?
Le sulfate de fer se distingue par une belle
58o nouveaux élémens
couleur verte transparente; il cristallise en rhomboïde , présente une saveur âcre très stiptique, et contient moitié son poids environ d’eau de cristallisation.
Ce sel, traité à une chaleur un peu active > se liquéfie et se dessèche en une masse pulvérulente de couleur grise , connue sous le nom de vitriol calciné en blancheur. L’action du feu continuée, cette matière laisse dégager de l’acide sulfureux, prend une couleur rouge foncée , et forme le colcothar.
La distillation du sulfate de fer calcinée en blancheur , dans une cornue de grès et à la chaleur d’un fourneau de réverbère , fournit d’abord une certaine quantité d’eau acide , puis de l’acide sulfurique, et en dernier heu un liquide épais demi-concret, qu’on a nommé acide sulfurique fumant , huile cle vitriol glaciale , à cause de la consistance qui lui est propre.
L’état cristallin de cet acide paraît provenir d’une grande quantité d’acide sulfureux qui lui est combiné ; car , lorsqu’on dégage celuici par une douce chaleur, l’acide sulfurique reprend la fluidité qui lui appartient dans son état naturel.
Le sulfate de fer exposé à l’air attire l’oxigène , jaunit , perd son eau de cristallisation ,
et devient pulvérulent. M. Proust a fait voir, il j a peu de temps , que la poudre obtenue par l’action de l’air sur ce sel , pouvait être convertie par une plus grande quantité d’oxigène en sulfate rouge insoluble , qui contient le fer à l’état d’oxide rouge. Ce chimiste a encore reconnu qu’on pouvait changer le sulfate vert en sulfate rouge , non seulement par son oxigénation à l’air , mais encore en le faisant dissoudre dans de l’eau aérée , ou en agitant sa solution avec l’eau dans l’air, ou mieux encore en le traitant avec de l’acide nitrique , de l’acide oxi - muriatique , ou tout autre corps susceptible de lui fournir de l’oxigène. Ces phénomènes exactement observés et reconnus bien positifs , les chimistes ont admis , avec le savant qui les a spécifiés , deux especes de sulfate de fer, qui diffèrent essentiellement l’un de l’autre. L’un est rouge, et contient l’oldde au maximum (0,48 d’oxigène); l’autre, vert ou moins oxigéné, admet l’oxide au minimum (0,27 d’oxigène).
Plusieurs autres propriétés chimiques très manifestes , permettent d’établir rigoureusement les caractères qui différencient chacun de ces sels. D’abord, le sulfate de fer rouge ne cristallise pas ; le sulfate vert est cristallisable : le sulfate rouge est dissoluble dans
l’alcohol , et très déliquescent. L’effet contraire a lieu pour le vert; l’acide gallique le précipite en beau noir : le sulfate vert nouvellement préparé, soumis à la meme épreuve, ne fournit presque pas de couleur noire , et c’est sur la connaissance de cette propriété qu’est fondée la célébrité dont jouit l’encre de quelques fabricans.
M. Thénard y par une conséquence nécessaire des trois degrés d’oxidation qu’il a reconnus dans ce métal , et en vertu de la propriété qui caractérise , selon lui , l’oxide blanc , l’oxide vert, et l’oxide rouge, d’être habiles à se combiner avec des proportions plus ou moins grandes d’acide sulfurique , et de former ainsi des sels bien différens qu’il a observés avec une extrême attention, adopte et distingue six espèces de sulfates de fer , savoir :
i°. Le sulfate acidulé blanc ; 2°. le sulfate acide ; 3°. le sulfate acidulé de fer vert; 4°* Ie sulfate acide de fer vert; 5°. le sulfate acide de fer rouge ; 6°. le sulfate neutre de fer rouge . ( V oyez la manière d’obtenir ces différens sels, et les propriétés qui les distinguent, dans le n°. 89 du Bulletin des Sciences , et dans le dictionnaire de Chimie de M. Klaproth. )
Le sulfate de fer ordinaire est décomposable par toutes les substances terreuses et alcalines.
Avec le carbonate de potasse, il se forme un sulfate de potasse et un carbonate de fer qui se précipitent sous forme d’une couleur brune ; par l’ammoniaque , on obtient un précipite bleuâtre ; avec l’eau de chaux, le précipité est abondant et jaunâtre.
Un grand nombre de substances végétales , telles que la noix de galle, le sumac, le brou de noix, le thé, le quinquina, précipitent le sulfate de fer en noir : c’est ce moyen que l’on emploie pour faire les encres.
Le fer et ses oxides décomposent plusieurs sels , à l’aide de procédés qu’on modifie d’après la nature de ceux sur lesquels on opère. Avec le muriate d’ammoniaque , on obtient un composé que l’on nomme Jleurs de sel ammoniac martiales y eus martis . La préparation de ce sel consiste à sublimer, pendant quatre heures environ , dans de grands creusets , deux cent cinquante grammes (huit onces) de muriate d’ammoniaque sec et pulvérisé avec cent vingthuit grammes (quatre onces) de limaille de fer porphyriséc : le sel s’attache au creuset supérieur, coloré en beau jaune.
L’action du fer sur la potasse et la soude donne, à l’aide d’une très haute température, deux substances métalliques qui ont fixé , dans ces derniers temps , l’attention des chi-
584 • NOUVEAUX ELÉMENS
mistes le$ plus célèbres et que l’on a nommées potassium et sodium. (Voyez les articles Potasse et Soude.
Quels sont les usages du fer?
Les usages du fer dans les arts sont si connus et si multipliés , qu’il serait, sinon superflu, au moins fort inutile de faire ici l’énumération détaillée des services importans qu’il rend à la société. En médecine on l’emploie sous toutes sortes de formes , et dans différens états; il fait la base d’une foule de médicamens précieux , dont l’efficacité a été signalée depuis un temps immémorial.
4°. Du Cuivre.
Qu’est-ce que le cuivre ?
Le cuivre, que les alchimistes ont décoré du beau nom de Vénus , est un métal que la nature a répandu avec une extrême prodigalité, et que l’on rencontre à l’état pur ou natif, allié avec plusieurs métaux, tels que le fer, rantimoine , l’argent , l’arsenic et le soufre , et très souvent combiné avec l’oxigène , les acides carboniques , sulfuriques , muriatiques , phosphoriques , et arseniques ; ce qui donne lieu à dix espèces de mines , indépendamment de plusieurs variétés.
La mine de cuivre sulfureux , la plus riche
et la plus facile à exploiter , est aussi celle dont on retire tout le cuivre employé dans les arts. Le premier produit des travaux en grand de la fonte du minerai se nomme matte ; le second , qui résulte du grillage réitéré du matte , fournit le cuivre noir ; la troisième opération , dont l'objet est d’allier le cuivre précédent à une certaine quantité de plomb , donne les pains de liquation ; le quatrième et dernier travail renferme la fusion des pains de liquation pour en séparer le cuivre , ainsi que pour opérer sa purification et son raffinage , afin d’obtenir le cuivre rosette du commerce.
Quels sont les caractères du cuivre ?
Le cuivre est un métal d’une couleur rouge particulière , d’une saveur nauseuse très stiptique, et d’une odeur désagréable, qu’on développe facilement par le frottement • il est élastique , compressible , très ductile , et bon conducteur de l’électricité et du galvanisme.
Ce métal exposé à l’action de l’air humide , y perd peu à peu son éclat, brunit, et se recouvre d’une couche verte , composée d’acide carbonique et d’oxide de cuivre.
Le cuivre se fond à une chaleur rouge , et cristallise par un refroidissement lent en pyramides quadrangulaires . A un degré de feu
586 NOUVEAUX ÉLÈMENS
très considérable , il se volatilise , et brûle avec
une flamme verte.
Chauffé à une douce chaleur au contact de l’air , sa surface se nuance de toutes les couleurs de l’iris ; mais si l’action du calorique est suffisante pour le porter jusqu’à l’incandescence , il brunit, s’oxide , et donne des écailles noirâtres qui se détachent sous le choc du marteau , et forment ce qu’on nomme œs us lum , batitures de cuivre; substance que les modernes considèrent comme un oxide au maximum , contenant 0,20 d’oxigène. On obtient encore cet oxide en plongeant une plaque de cuivre rouge de feu dans de l’eau froide , ou bien en décomposant le sulfate de cuivre par la potasse , et faisant rougir au feu le précipité, qu’on a soigneusement lavé , pour enlever l’eau qu’il pourrait avoir retenue.
La préparation de l’oxide de cuivre au minimum, consiste à verser sur un mélangé composé de 67,5 d’oxide noir, et de 5o de cuivre très divisé, qu’on a trituré quelques instans dans un mortier , et introduit ensuite dans un flacon , de l’acide muriatique en quantité suffisante pour opérer sa dissolution, et à précipiter la liqueur avec une solution saturée de potasse : le protoxide de cuivre qui se dépose en jaune orangé contient 0,11, 5 d’oxigène.
Le cuivre s'unit avec la plupart clés métaux, et forme des alliages plus ou moins usités dans les arts.
L'alliage du cuivre avec l'arsenic et la potasse fournit un métal argentin très aigre , qu'on appelle tombac blanc.
La combinaison du zinc avec le cuivre , dans des proportions différentes , donne le laiton , le pinchebec; le tombac jaune , le similor, ou or de Manheim ; le métal du prince , et le cuivre jaune $ ce dernier cependant n'est pas préparé dans les arts avec le zinc pur : on emploie ordinairement , pour le fabriquer , l'oxide dê zinc natif, qu’on nomme pierre calaminaire.
L’union de deux parties de cuivre rouge et d’une partie de cuivre jaune , donne un métal très brillant , quia la plus grande ressemblance avec l'or , et qu'il est facile de confondre avec lui , quant à l’aspect.
L’alliage de l’étain avec le cuivre rend celuici , comme tout le monde sait , bien plus dur et beaucoup plus sonore. Cette combinaison, selon qu’on a employé des quantités plus ou moins grandes de chacun des deux métaux 5 fournit le bronze dont on se sert pour les statues et les canons , et le métal des cloches : celui-ci se compose de soixante-quinze parties de cuivre et de vingt-cinq parties d’étain.
Lorsque , comme cela se pratique tous les jours , on ne fait que recouvrir la surface du cuivre préalablement décapée , d une couche d’étain , on forme l’étamage , ou bien le zincage si au lieu d’étain on emploie le zinc. Cette dernière méthode est de beaucoup préférable à rétamage , en ce que le zinc se combine plus intimement avec le cuivre , qu’il se divise plus uniformément, et qu’il est moins fusible que i’étain , et il serait bien nécessaire qu’on la pratiquât exclusivement.
Tous les acides attaquent et dissolvent le cuivre , mais avec plus ou moins d’energie. L’action de l’acide nitrique est violente , même à froid ; il se produit pendant l’opération une grande quantité de gaz nitreux. L’acide muriatique concentré , aidé de la chaleur , dissout complètement ce métal ÿ la dissolution , de couleur verdâtre , fournit , par l’évaporation , des cristaux de muriate de cuivre. L’acide sulfurique n’a d’action sur le cuivre que lorsqu’il est très concentre et bouillant. Lette dissolution , rapprochée au point convenable , donne le sulfate de cuivre , qu’on nomme dans les arts vitriol bleu , vitriol cle Chypre, vitriol de Vénus, etc.
De quelle manière prépare-t-on le sulfate de cuivre ?
Ce sel se prépare ordinairement en grand dans le commerce par l’évaporation de quelques eaux qui en tiennent en dissolution , ou mieux par la décomposition des pyrites cuivreuses efïleuries. Quand on veut le composer dans nos laboratoires , on opère de la manière suivante :
On met dans une cucurbite de verre trentedeux grammes (une once) de limaille de cuivre j on verse dessus quatre fois son poids d’acide sulfurique concentré ÿ on fait chauffer sur un bain de sable jusqu’à siccité ; on étend ensuite la masse grise obtenue dans une suffisante quantité d’eau distillée et chaude j on filtre la liqueur bleue qui en résulte ; on la fait évaporer jusqu’à pellicule , puis cristalliser en un lieu frais.
Quels sont les caractères du sulfate de cuivre?
Ce sel a une belle couleur bleue , et une saveur stiptique très forte ; il est insoluble dans l’alcohol , et dissoluble dans quatre parties d’eau à dix degrés de température. Exposé à un feu léger , il se fond , perd une partie de son eau de cristallisation , et se change en une pondre d’un blanc bleuâtre.
Les cristaux de ce sel présentent la forme de parallélipipèdes obliquangles , perdent , par l’action de l’air , leur transparence , et se
recouvrent d’une poussière blanchâtre très abondante.
Le sulfate de cuivre peut être décomposé par les bases salifiables, terreuses et alcalines : il se forme , dans tous les cas , un précipité d’un blanc bleuâtre , lequel , séché au contact de l’air , acquiert une couleur verte , dont la formation paraît due à l’absorption de l’acide carbonique. Le phosphore le décompose également, de même que le 1er et le zinc , qui précipitent le cuivre. L’ammoniaque donne aussi un précipité très considérable , mais qui est dissous presque au même instant qu’il est formé lorsqu’il y a excès de cet alcali. La dissolution qui résulte de cette action est d’une belle couleur bleue , et se nomme dans les pharmacies eau céleste.
Cent parties de sulfate de cuivre sont composées , selon M. Proust, d’acide sulfurique 53, d’oxide noir de cuivre 3:2 , et d’eau 35.
L’acide acétique dissout très imparfaitement le cuivre ; mais avec l’accès de l’air, il le corrode , et le convertit en un oxide qu’il peut ensuite dissoudre. La dissolution évaporée avec les précautions convenables , fournit des cristaux transparens d’un vert foncé , que l’on appelle acétate de cuivre , cristaux de cuivre s vert de gris purifié ,
Le vert de gris du commerce se prépare à Montpellier , et dans plusieurs autres pays vignobles , en disposant des lames de cuivre décapées , et préalablement chauffées , sur du marc de raisin fermenté , et en ratissant au bout d’un certain temps la quantité d’oxidc formé. (Voyez, pour la fabrication de cette substance, la Chimie appliquée aux Arts de M. Chaptal, tom. iv, pag. 258 et suiv.)
Le cuivre décompose plusieurs substances salines. La sublimation, par le moyen de deux terrines ajustées l’une sur l’autre et soigneusement lutées, d’un mélange de cuivre ou d’oxide de cuivre avec du muriate d’ammoniaque , fournit une substance colorée en jaune verdâtre , que l’on connaît dans les pharmacies sous le nom de fleurs de sel ammoniac cuivreuses , ens Veneris.
Quels sont les usages du cuivre?
Le cuivre , comme tout le monde le sait , sert à une foule d’usages. On en fait des monnaies , des instrumens de musique et de physique , des ustensiles de cuisine , et toutes sortes de vases extrêmement utiles. Ses différentes combinaisons et ses oxides sont employés dans les arts , spécialement pour la peinture à l’huile, dans la confection des faïences et des porcelaines. Il fournit aussi quelques composés a
I art de guérir , mais d’un effet si violent et si dangereux, même à l’extérieur, que la plupart des médecins les ont rejetes de leur pratique»