Les eaux salines
3°. Les eaux sulfureuses.
ï) E CHIMIE.
4°. Les eaux ferrugineuses.
Les eaux acidulés ont une saveur aigrelette , rougissent la teinture de tournesol , mouillent avec facilité , laissent presque toutes dégager des bulles par la simple agitation, forment un précipité dans la solution de barite ou de chaux ; elles sont froides ou chaudes , et ne contiennent pas d’acide carbonique seul et à l’état de pureté ; on trouve en même temps dans le plus grand nombre , des muriates de soude, du carbonate de soude, de chaux et de magnésie , quelquefois aussi du fer.
Les eaux salines ont un goût décidément salé; mais plus ou moins fort, suivant les especes de sels dont elles sont chargées , et la nature de ceux qui prédominent; le plus ordinairement on y rencontre le sulfate de magnésie , elles sont alors amères et purgatives ; le sulfate ou carbonate de chaux; elles ne peuvent dans ce cas dissoudre le savon, et sont manifestement salées , telle est l’eau de la mer et celle de toutes les sources salées. Le carbonate de soude , s’il domine , il constitue les eaux alcalines ; toutes ces espèces d’eaux peuvent, en même temps, contenir de l’acide carbonique, de l’hydrogène sulfuré, du fer, etc. Mais à la vérité en très petite quantité.
Les eaux sulfureuses ont une saveur
4 tO NOUVEAUX ÉLÉMENS
désagréable , exhalent une odeur fétide semblable à celle des œufs pourris, déposent du soufre, par le contact de l’air, et ont la propriété de noircir l’argent : ces eaux contiennent presque toujours, en même temps, des substances salines , surtout des sulfates alcalins et terreux , indépendamment du gaz hydrogène sulfuré et du gaz azote sulfuré. Ce dernier a été signalé récemment dans les eaux d’Aix-la- Chapelle (i).
Les eauæ ferrugineuses ont une saveur très astringente , prennent une couleur bleue , par l’addition du prussiate de potasse , et forment un précipité noir, lorsqu’on j mêle de l’acide gallique ; le fer dans ces eaux est ordinairement dissous par l’acide carbonique , lequel , en excès , leur donne une saveur piquante ; quelquefois cependant il est combiné avec Facide sulfurique et dans l’eau , à l’état de sulfate de fer.
(1) D'après une nouvelle analyse de M. Moulseine , le gaz qui se dégage des eaux sulfureuses d'Aix-la-Cha-
pelle est composé de
Gaz azote 5i,25
Acide carbonique 28,26
Hydrogène sulfuré. ........ 20/19
DE CHIMIE. 4n
De quelle maniéré procède-t-on pour déterminer les substances contenues dans une eau minérale?
On emploie pour statuer sur les différentes matières que contiennent les eaux, la réunion des moyens physiques et chimiques.
On entend par moyens physiques , l’ensemble d’observations faites sur une eau sans lui avoir fait subir aucune altération , ces moyens consistent à examiner la nature de la source , sa situation géographique , son niveau, les dépôts qui s’y forment, les minéraux qui se trouvent aux environs, ainsi que l’odeur, la saveur, la limpidité, la pesanteur spécifique, et la chaleur thermométrique de l’eau. On doit encore avoir attention aux pluies et aux secheresses qui ont eu lieu pendant l’année. Ces observations, comme on le devine, ne sont propres qu’à donner un léger indice sur 1 état de leau, et nê doivent être considérées que comme accessoires.
On entend par moyens chimiques la pratique de plusieurs opérations positives , et de nature à faire déterminer , à Faide de Fexpérience , la composition exacte des principes contenus dans une eau médicinale quelconque, de manière à ce qu’on puisse ensuite recomposer 1 eau par la synthèse. Pour opérer avec
q I 2 nouveaux élémens
précision , on a recours à deux méthodes , qu’on appelle, i°. eæamen par les réactifs ; 2°. examen par V analyse .
Qu’est-ce que l’examen par les réactifs?
C’est celui qui consiste à ajouter aux eaux diverses substances qu’on nomme réactifs , à cause de leur réaction sur les corps avec lesquels on les met en contact , et à étudier ensuite avec soin les changemens produits par les mélanges qu’on a faits , pour découvrir la nature des principes des corps qu’on veut ennployer. Ce genre d’analyse demande beaucoup de lumières de la part du chimiste ; il exige sur-tout que Y on connaisse très parfaitement les propriétés caractéristiques de chaque ma^ tière saline, encore ne donne-t-il que des notions préliminaires , et très superficielles , sur les parties constituantes des eaux , sans faire connaître leurs proportions.
Quelles sont les substances dont on se sert ordinairement comme réactifs ?
Tous les produits chimiques , de quelque nature qu’ils soient , peuvent en quelque sorte , pourvu que leurs propriétés et leur composition soient bien connues , servir de réactifs ; cependant il y a quelques corps que l’expérience et l’étude ont appris à distinguer, e% qui sont particulièrement employés pour
cet effet. Les plus efficaces , et en meme temps les plus nécessaires , sont les suivantes :
REACTIFS (l).
i°. Teinture et papier de tournesol : rougissent par tous les acides, même faibles, et l’hydrogène sulfuré; la couleur, dans le second cas , n’est pas durable , et disparaît par l’exposition à l’air.
Il ne verdit pas par les alcalis ; mais celui qui a été rougi par un acide se colore en bleu par les alcalis.
20. Teinture ou sirop de violette : fait reconnaître , par son mélange avec des corps , leur acidité et leur alcalinité. Dans le premier cas , elle devient sensiblement rouge ; dans le second , elle passe au vert (celle de mauve produit le même effet).
(1) « Il faut toujours employer dans les expériences le » même vase , ou qu’il soit à peu près pareil ; car la dif- ») férence de diamètre occasionne un peu de changement, )> quand on regarde la masse liquide, en la présentant i) au jour. » ( Bergmann .)
Il est encore infiniment important d’employer dans toutes les expériences des réactifs très purs , et préparés arec beaucoup de soin; il est nécessaire, en outre, de ne les mettre en action qu’à l’état de solution.
3°. Teinture jaune de curcuma : se change en brun rougeâtre par les alcalis.
4°. Sulfate de fer : sert à déterminer la présence de l’air atmosphérique; il se forme un oxide de fer jaune qui se précipite au fond du liquide.
5°. Oxide noir de fer : dénote le gaz oxigène; il en résulte un oxide jaune qui se précipite.
6°. Fer décapé : précipite à l’état métallique le cuivre , l’or , l’argent et le plomb j de leur dissolution dans les acides.
7°. Acide sulfurique : décompose la plupart des sels naturels , annonce la présence de la barite et de l’acide carbonique. Dans le premier cas , précipite blanc et pesant ( sulfate de barite); dans le second, effervescence et dégagement d’acide carbonique dû à la décomposition des carbonates terreux ou alcalins. Cet acide signale encore très parfaitement la présence du plomb , du mercure et de la chaux , substances avec lesquelles il forme un précipite fort peu dissoluble, et celle de la magnésie et de 1 alumine , d’ou résulte au contraire un précipité toujours soluble.
8°. Acide sulfureux : fait reconnaître le soufre dans les eaux qui en contiennent à l’état d’hydro-sulfure.
9°. Acide nitrique : dénote le moindre atome de soufre - poudre blanche globuleuse, qui se précipite par faction d’une douce chaleur (l’acide nitreux produit le même effet).
io°. Acide muriatique : mentionne la présence de l’ammoniaque libre par la formation de vapeurs blanches lorsque le contact s’opère, précipite plusieurs métaux de leurs dissolutions.
ii°. Acide oxalique : la plus petite dose fait reconnaître la présence de la chaux , même combinée avec les acides ; il y a formation d’oxalate de chaux, qui se précipite (l’oxalate d’ammoniaque est peut-être préférable, en ce qu’il produit un effet plus prompt).
iü°. Acide galîique : indique la présence du fer , par la formation d’une belle couleur rouge vineuse , et par un précipité noir abondant (le prussiate de potasse produit le même effet; il se forme, dans ce cas, un précipité d’une belle couleur bleue).
i5°. Potasse pure liquide : sépare les bases des sulfate , nitrate et muriate de chaux , en se combinant aux acides avec lesquels elles étaient unies ; il en est de même pour le carbonate de chaux , dont elle prend une portion d’acide , et généralement pour tous les sels à base de magnésie et d’alumine. Les sels mé~
4l6 NOUVEAUX ELEMENS
talliques ferrugineux sont aussi décomposés par la potasse ; il y a alors précipitation d’oxides , qui se reconnaissent par la couleur et les difïérens caractères qui appartiennent à chaque espèce.
i4°. Eau de chaux : décompose les sels magnésiens et alumineux , absorbe l’acide carbonique , et passe à l’état de carbonate calcaire j elle précipite la magnésie en flocons blanchâtres, ainsi que le fer de la solution du sulfate de fer.
i5°. Ammoniaque i décompose en partie le carbonate de magnésie , précipite l’alumine , et dénote la présence de quelques sels cuivreux par la formation d’une belle couleur bleue.-
1 6°. Muriate de barite : fait reconnaître tous les sulfates , ainsi que la quantité d’acide sulfurique qui peut exister dans une eau, par le poids du sulfate de barite précipité.
170. Nitrate d’argent : indique la présence de l’acide sulfurique et de l’acide muriatique , mais non celle des bases avec lesquelles ces acides peuvent être combinés (le nitrate de mercure peut servir avec autant de succès que celui d’argent).
180. Eau de barite : découvre par-tout l’acide sulfurique , et décompose complètement tous les sulfates (le nitrate et le muriate de
DE CHIMIE. /|.i rj
barite signalent également bien l’acide sulfurique)*
190. Muriate sur-oxidé de mercure : ce sel projeté dans de beau qui admet de la soude libre , prend une couleur rougeâtre , et la précipite en partie.
20°. Solution de colle de Flandre : décèle la présence du tannin dans une eau, ainsi que dans toutes les décoctions végétales qui en contiennent.
Le nitrate de potasse existe quelquefois dans les eaux minérales, mais très rarement. On reconnaît sa présence en faisant évaporer jusqua siccité une certaine quantité d’eau, et mettant le résidu obtenu sur des charbons ardens , afin de s’assurer s’il fuse.
La silice se distingue facilement en faisant évaporer l’eau qui en contient jusqu a siccité, et traitant ensuite le résidu avec de l’acide
muriatique , qui laisse cette substance terreuse à nu. « ^
Le gaz hydrogène sulfuré et le gaz azote Sulfuré sont aisément reconnus et distingués dans une eau par l’odeur désagréable qu’ils répandent , et spécialement par la propriété qui les caractérise de précipiter en jaune la dissolution de l’oxide blanc d’arsenic , et de ternir la surface de l’argent ou du mercure,
Le tact et l’habitude font reconnaître sans beaucoup de peine le gaz azote sulfuré , qui , d’ailleurs, se dégage toujours le dernier quand on fait bouillir l’eau.
La matière animale que peut contenir une eau est mise en évidence par l’action du feu , qui développe l’odeur particulière qui appartient aux composés animaux.
L’extractif végétal se découvre lorsque l’eau dans laquelle il se trouve , préalablement purgée par le nitrate de plomb de tout l’acide sulfurique qui pourrait lui être uni , fournit ensuite , par son traitement avec le nitrate d’argent, un précipité brun plus ou moins considérable.
Qu’est-ce que l’examen par l’analyse?
C’est celui qui donne le moyen de déterminer avec précision la nature et la quantité exacte de chaque substance contenue dans une eau. Pour parvenir sûrement à ce but, on considère dans cette analyse les principes volatils ou gazeux , et les principes fixes , c’està-dire ceux qui ne peuvent s’exhaler au degré de chaleur de l’eau bouillante.
De quelle manière sépare-t-on les matières volatiles contenues dans une eau minérale?
On obtient les principes gazeux que renferme une eau minérale par plusieurs procédés ,
x°. en remplissant à demi une bouteille de beau qu’on soupçonne contenir des parties volatiles, adaptant à son goulot une vessie qu’on fixe fortement avec une ficelle , et imprimant un mouvement rapide à la bouteille ; 2°. et mieux encore. en faisant bouillir l’eau jusqu’à ce qu’il ne s’en dégage plus rien , dans une cornue tabulée , de laquelle sort un tube recourbé qui communique sous une cloche remplie de mercure ; et , procédant ensuite à l’absorption du gaz dégagé par l’intermède de substances qui ont une forte attraction avec chacun d’eux , tels , par exemple , que l’eau de chaux , ou l’ammoniaque , qu’on fait passer sous une cloche pour l’acide carbonique , des cristaux de sulfate de fer pour l’air atmosphérique , etc.
On distingue le gaz azote de l’hydrogène sulfuré à l’aide d’une bougie allumée, et on reconnaît celui-ci par l’odeur désagréable qu’il communique à l’eau , ou bien , à la manière de W estrumb > on introduit dans un vase une quantité connue de l’eau à examiner * on adapte à sa tubulure un tube recourbé qui aboutit à un récipient cylindrique , entièrement rempli d’une solution d’acétate de plomb avec excès d’acide acétique ; on fait bouillir l’eau jusqu’à ce qu’il ne s’opère plus aucun dégagement, et on recueille après l’opération le sulfure de
plomB formé, dont dix-neuf grains représentent exactement dix pouces cubes de gaz hydrogène sulfuré.
Quel procédé emploie-t-on pour obtenir les matières fixes d’une eau minérale ?
On sépare les principes fixes et salins d’une eau minérale à l’aide de l’évaporation , en observant d’apporter à l’opération la plus scrupuleuse attention.
L’évaporation de l’eau , pour procéder à son analyse exacte, doit s’opérer sur une certaine quantité de liquide , c’est-à-dire douze à quinze kilogrammes à la fois ; on se sert de vases d’argent, de verre ou de porcelaine ; on garantit le vase de la poussière par le moyen d’une double gaze , qui fait fonction de couvercle ; on chauffe modérément , afin que l’ébullition soit légère, et qu’aucune matière ne puisse se décomposer; on laisse évaporer jusqu’à siccité , en ayant soin de ménager beaucoup le feu sur la fin de l’évaporation , et on pèse ensuite avec la plus grande exactitude le résidu obtenu.
Ce résidu est composé de sels déliquescens ou efflorescens. Quelques-uns sont solubles dans l’eau froide , d’autres le sont seulement dans l’eau bouillante ou dans l’alcohoî , et enfin plusieurs sont parfaitement indissolubles à toute température : c’est pourquoi on le traite
d abord par l’alcohol chaud , qui dissout les sels déliquescens et les matières résineuses , quand il en existe ; puis par l’eau froide , qui sépare les sels alcalins ; ensuite par l’eau bouillante , qui se charge des sels les moins solubles , et enfin par les acides , qui dissolvent les matières que les autres agens n’ont pu attaquer , tels , par exemple, que des sels terreux, de la silice et des oxides métalliques; après quoi on examine , chacune séparément , les liqueurs obtenues , en les faisant évaporer, ou bien en les traitant avec différens réactifs appropriés , afin de pouvoir déterminer la nature et les propriétés de chaque espèce de substance contenue dans l eau qu’on a soumise à l’examen , c’est-à-dire que la synthèse puisse , dans tous les cas, prouver l’exactitude de l’opération.
Les bornes étroites de cet ouvrage , purement élémentaire, nous interdisent d’entrer dans tous les détails qu’exige l’examen analytique des eaux minérales , et les opérations délicates que comporte leur étude n’étant pas de nature, par leur complication et leur étendue, à être parfaitement saisie par ceux des élèves qui n’ont pas encore des connaissances approfondies en chimie , nous n avons du nous occuper de leur histoire que d’une manière très générale, négliger plusieurs détails
scientifiques qui leur sont propres, et nous borner à l’énumération succincte des principaux phénomènes quelles présentent. Ceux qui voudraient acquérir des notions plus parfaites sur cette partie de la science qui enseigne l’art de connaître la composition intime de ces eaux , doivent consulter plusieurs excellens ouvrages publiés à ce sujet, et spécialement l’Analyse de l’Eau sulfureuse d’Enghien , par Fourcroj ; plusieurs Mémoires de M. F auquelin ; l’Essai sur les Eaux minérales, de M. Bouillon-Lagrange , et un très bon travail sur l’analyse des Eaux minérales en général , par M. Saint-Pierre > médecin de Montpellier.
Des Eauæ minérales artificielles .
Qu’est-ce qu’une eau minérale artificielle ?
C’est un liquide qui tient en solution les diverses matières que renferment les eaux minérales , de manière qu’il se comporte par tous les essais comme l’eau minérale naturelle.
Quelles sont les règles à observer dans la préparation des eaux minérales artificielles?
Lorsqu’on veut préparer des eaux minérales artificielles, il faut, i°. employer de l’eau qui ne contienne aucune substance étrangère , y
introduire, jusqu’au point de saturation convenable , du gaz acide carbonique , s’il est question d’une eau acidulé (1) , et du gaz hydrogène sulfuré , si l’on veut obtenir une eau sulfureuse (3) ; 3°. ajouter les sels bien purs ,
(1) Plusieurs physiciens distingués ont imaginé des appareils plus ou moins parfaits pour charger les eaux minérales artificielles des différens fluides gazeux qu’elles contiennent dans leur état naturel. La machine que M. Planche , savant pharmacien de Paris, a fait exécuter , il y a peu de temps , nous paraît réunir un degré de perfection qu’on n’avait pas encore atteint ( nous en exceptons cependant celles qui sont en usage dans les établissemens de M. Paul , dont le mécanisme nous est inconnu ) , et qui doit faire préférer cet appareil à tous les autres, sous le double rapport des moyens qu’ils offrent de charger de l’eau, jusqu’à cinq fois son volume, d’acide carbonique, et de préparer à volonté, en fort peu d’heures, et d’une maniéré infiniment commode, les différentes eaux acidulés gazeuses que les médecins seraient dans le cas de prescrire. ( V~ oyez la planche i3, avec la description en regard.)
Le robinet recourbé dont se sert M. Planche , pour l’introduction de l’eau acidulé dans les bouteilles ou elle doit être conservée, n’est pas moins utile ni moins indispensable à connaître : il est représenté à la planche i3, figures 34 et 35.
(2) On dégage , à l’aide de l’acide sulfurique étendu d’eau, le gaz hydrogène sulfuré du sulfure calcaire en poudre , ou du sulfure de fer.
et les autres matières que l’on sait être contenues dans l’eau qu’on veut imiter; 4°- mettre à macérer pendant un certain temps dans l’eau acidulé du fer neuf réduit en limaille * et enfermé dans un nouet, si l’on veut composer des eaux martiales ou ferrugineuses ; 5°. introduire les eaux minérales convenablement préparées, dans des bouteilles que l’on bouche avec beaucoup d’attention , et les conserver dans une bonne cave , en observant de les tenir renversées , et même plongées dans l’eau pendant la saison chaude.
L’art de composer les eaux minérales est parvenu, depuis quelques années en France, h un degré de perfection extraordinaire ; et la plupart de celles que l’expérience et l’observation ont consacrées pour l’usage médical , sont imitées dans plusieurs établissemens par des procédés d’une extrême exactitude; en sorte qu’on peut composer à volonté , et dans tous les temps, toutes les espèces connues, et 7 même les modifier d’après la manière d’être et la constitution propre à chaque individu 5 soit en affaiblissant , soit en activant les prini cipes qui les constituent. Nous allons rapporter ici quelques-unes des recettes suivies et adoptées par les savans qui ont le plus particulièrement contribué , par leurs travaux , à
la perfection de cet art encore nouveau, quoique porté à un grand degré de précision.
Eau de Sedlitz artificielle .
Acide carbonique par effervescence , cinq fois le volume de l’eau.
Eau » 6 bectog. 20 onces.
Sulfate de magnésie 8 gramm. 2 gros.
M. Paul .
Eau de Bourbonne.
Acide carbonique par effervescence, deux fois le volume de l’eau.
Eau 6 bectog. 20 onces.
Sulfate de magnésie . 10 centig. 2 grains.
Muriate de soude. 4 gramm. 1 gros.
MM. Triayre et J urine.
Eau de Balaruc.
Acide carbonique par effervescence , deux fois le volume de l’eau.
Eau. 6 bectog. 20 onces.
Carbonate de cbaux 20 centig. 4 grains.
* — de potasse 20 4
Mudate de soude.. 60 12
M. Paul .
Eau de Plombières .
Acide carbonique par effervescence, un vingtième de son volume.
Eau.
6 bectog. 20 onces.
Carbonate de chaux 10 centig. 2 grains.
Sulfate de chaux i5 3
Muriate de magnésie 5 1
M. Paul.
Autre .
Eau pure
Carbonate de soude .
de chaux
Sulfate de soude. . .
Muriate de soude. .
Albumine
1 kilog.
2 livres.
i3 centig.
1 gr-f
1 gr- y-
1 grain.
M. Vauquelin.
Eau alcaline gazeuse .
Acide carbonique par effervescence, six fois le volume de l’eau.
Eau 6 hectog. 20 onces,
Carbonate de potasse 8 gramm. 2 gros.
M . Paul .
Eau alcaline minérale .
Acide carbonique par effervescence, quatre fois le volume de l’eau.
Eau 6 hectog. 20 onces.
Carbonate de soude 4 gramm. 1 gros.
MM. Triayre et Jurine.
Eau de mer artificielle.
Eau
Muriate de soude
25 kilog. 5o livres.
320 gramm. 10 onces»
Muriate de chaux 64 grammes 2 onces»
de magnésie 4o 10 gros»
Sulfate de soude )
j , . l ana. ... 24 6
— de magnésie . . )
M. Swediaur.
Eau de V ichy artificielle.
Acide carbonique par effervescence, deux fois le volume de l’eau.
^au G liectog. 20 onces.
Carbonate de fer I centig. r de gr.
de chaux. 10 2
— de magnésie 3 JL
de soude 3o 6
Muriate de soude. 20 4
M. Paul .
Eau de Spa artificielle.
Acide carbonique par effervescence , cinq fois le volume.
-^au » 6 hectog. 20 onces.
Carbonate de soude 10 centig. 2 grains.
de magnésie. . 20 4
de fer 5 1
Muriate de soude 3 J
MM. Triayre et J urine,.
Eau de Spa forte.
Composée comme la précédente, avec le double de surcarbonate de fer.
Eau de Barége.
Hydrogène sulfuré , un tiers du volume de l’eau.
Eau. . . . o 6 hectog. 20 onces.
Carbonate de soude 80 centig. 16 grains.
Muriate de soude. 3 centig. ~
MM. 'l'riayre et Jurine.
Formule de MM. Planche et Boullay , pour préparer les bains artificiels d’eau de Barège.
Sulfure hydrogéné de soude concentré à 2$ degrés du
pese-acide de Beaumé 32 o gramm. 10 onces.
Solution salino-gélatineuse 128 4
Melez a 1 eau du bain au moment d’en faire usage.
Ea solution salino-gelatineuse se compose avec
Eau distillée. 5oo gramm. 1 livre.
Sulfate de soude. .....
Muriate de soude Jana‘ ' ' 16 §ramm- 1 once'
Gélatine animale. ..... ^
Carbonate de soude. . . jana' ' ‘ 32 §ramm- 1 °“ce-
Petrole rectifie^ gouttes n°. .... xx 20 grains.
Eau de Pjrmont artificielle .
Gaz acide carbonique , deux fois le volume de l’eau.
Eau
Carbonate de soude
de fer. . .
Sulfate de soude. • • Muriate de soude, . .
5 kilog. 10 livres.
12 décig. 24 grains,
2 4 M. Parmentier \
Eau de Forges .
Acide carbonique par effervescence, trois fois le volume.
Eau 6 liectog. 20 onces.
Carbonate de fer 3 centig. - grain.
MM. Triayre et Jurine.
Eau de Bussang .
Acide carbonique, trois fois le volume de l’eau.
Eau 6 hectog. 20 onces.
Carbonate de soude 3o centig. 6 grains.
Carbonate de fer 3 -
MM. Triayre et Jurine .
Eau minérale de Siradan.
Eau
Acide carbonique. . . .
Muriate de Magnésie. .
Sulfate de magnésie . .
de chaux
Carbonate de chaux. .
* . — . de fer.
11 kilog.
9 décig.
3 centig.
3 décig.
43 centig.
22 livres.
18 grains.
Silice
D’après V analyse de M. Save , pharmacien*
Eau acidulé.
Acide carbonique par effervescence, cinq fois le volume de l’eau.
Eau de Seltz.
Acide carbonique , cinq fois le volume de Feau.
Eau 6 liectog. 20 onces.
Carbonate de soude «... 20 centig. 4 grains.
de maguésie 10 2
Muriate de soude 11 décig, 22
M . Paul .
Eau d* 'A læ-la- Chapelle.
Hydrogène sulfuré, un tiers du volume de Feau.
Eau, , 6 liectog. 20 onces.
Carbonate de soude 10 décig. 20 grains.
Muriate de soude 45 centig. 9
MM. Triayre et Jurine.
Eau sulfureuse.
Eau de rivière 1 kilog. 2 livres.
Sulfure de soude. . .'J
Muriate de soude. . . Vana 5 décig. 6 grains.
Sulfure de chaux. . . j
M. Parmentier.
Eau hjdro- sulfurée.
Eau pure 6 liectog. 20 onces.
Hydrogène sulfuré, un huitième du volume de Feau.
L’eau hydro-sulfurée forte se compose avec un tiers du volume.
Eau hydrogénée .
Eau pure 6 liectog. 20 onces»
Gaz hydrogène , un tiers du volume de Feau.
Eau oæigénée.
Eau pure 6 hectog. 20 onces.
Gaz oxigène, demi-yolume.
Les recettes que nous ayons rapportées cidessus sont celles que Ton suit le plus ordinairement , et qui paraissent se rapprocher davantage de la composition des eaux minérales naturelles ; cependant, comme nous l'avons déjà observé, les substances que l'on emploie peuvent entrer dans des proportions très variables : les pharmaciens doivent en cela se comporter suivant les indications du médecin , et ne jamais s’écarter de la formule prescrite.