‹ Élémens de l'art vétérinaire. Traité de la conformation extérieure du cheval; de sa beauté et de ses défauts; des considérations auxquelles il importe de s'arrêter dans le choix qu'on doit en faire; des soins qu'il exige, de sa multiplication, ou des haras, etc. Á l'usage des élèves des écoles royales vétérinariesChapitre 3 sur 13 · PREFACE DE L'EDITEUR · texte numérisé non relu

PREFACE DE L'EDITEUR

Si riiîstoire d'un ouvrage est utile à Phistoire de Part dbnt il traite, les amateurs de Part vétérinaire et les élâves ne liront pas sans intérêt la notice de celui doot je publie aujourd'hui la huitième édition..

L'École vétérinaire de hyom létait établie depuis 176a , «t Colle .de Paris depuis la fin de 1766 (1); Bourgeldt n'avait encore publié que ses Êlémens d' Hippiatrique ^ ils ne rem« pUssaient plus AOn but, et les élèves perdaient un tempà précieux à copier les cahiers qu'ils devaient étudier \ dési» rant remédier à cet inconvénient , il fit impriraer, à Lyon , eo 1765, xoL^ MaXihe médicale raisonnée^ et à Paris ^ en 1766, une Zootomie ou Anatomie comparée,

La première partie du Traité de la conformation extérieure du Cheval £vLt imprimée en 1768, la seconde en 1769^ avec un titre particulier : Traité du choix des chevaux et des soins qu^ils exigent} à Paris, chez Vallat la Chapelle , lihrcdre ^ au Pâ/ai5. Ces deux parties néunies forment un volume in-8% de 270 pages pour le texte et 4 pour les titres; Pauteur y joignit^ en 17701 une Explication des proportions géométraies du Cheval, rédigée par Af. Vincent, Punde sesétèves, professeur de dessin à PÉcoAe d'Al^t, imprimée d'abord seule f fn-8^, de 14 P<^c<9 *^^<^ un titre particulier et une planche', et réimprimée ensuite à la fin de Pouvtage, qui eut alors 2i8a pages (a).

• Le titre général qu'il avait donné à cette première édition :

(i^ On peut voir T^iistoire de rétablissement de ces Écoles da^ns les Instructions et Observations sur les maladies des animaux domestiques, pubUées par MM, Chsbert , Flandrin et Huzard, 1809-1834, six Tolunies in-8^, avec %ar«8.

(3) Dëjà Bourgelal avait fait construire et décrire par M. Go^hn, son ami et son compatriote , un iiMtrument qu^il appela Hippontètre , ou instrument propre a mesuivr les chevaux et a juger ffes dimensions et proportions des parties dijferentes de leur corps , m'ec l'explication des moyens de faire usage de cet instrument. A Paris , chez VaUat la Chapelle. 1768, ln'-8 ', de 38 pages et a feuillets pour le titre et .Pappro Dation.

î}e la conformation extérieure des animaux y des considéra-^ tions auxquelles on doit s* arrêter dans le choix qu'on doit en faire) des soins qu'ils exigent j; de leur multiplication , etc, ainsi que celui de Zootomie ou Anatomie comparée y qu^il avait également donné à la première édition de son Anato^ mie du Cheval, annoncent la vaste étendue du plan de ces ouvrages dans lesquels Bourgelat voulait successivement comprendre toutes les différentes espèces d'animaux domestiques,

Cette édition porte au bas de la première page de chaque feuille Pindication de Tome II , parce que la Zootomie ayant été publiée avec le titre préliminaire et général à^Élé' mens de VArt vétérinaire, que Bourgelat voulait donner à tous ses ouvrages ^ qui auraient ainsi formé un corps complet, celui-ci était réellement le second volume avec cette indication, quUl n'avait pas donnée à la Matière médicale, publiée à Lyon en 1766. Il m'a paru d'autant plus important de faire cette remarque, que l'on ne trouve souvent cet ouvrage cité que sous le titre è?Etéinens de l'Art vétérinaire , tome II*

ha. seconde édition parut en 17/5^ d Paris, chez la veuve Vallat la Chapelle} elle est aussi in-3°, de 3o3 pages ^ y compris V Explication des proportions géométrales du Cheval et un catalogue de librairie, plus, 4 pages pour le titre et un avertissement , que je crois devoir conserver ici.

ce Cet Ouvrage , consacré dès le principe à l'instruction » des élèves des Ecoles vétérinaires | nous a été demandé de » toutes parts dans un temps où il ne nous était pas permis » d'en changer la destination. Il a été traduit^ copié , criti- » que même par ceux qui cherchaient à s'en approprier les y> principes, et il est devenu insensiblement public. La prery mière .édition en a été épuisée, nous en donnons une se- » ronde. L'accueil favorable qu'on a fait à la première noua » fait espérer que celle-ci ne sera pas moins bien reçue. » Nous y avons donné tous nos soins f et, du reste, on ne 5[x pensera pas qu'il en est ici comme de la plupart des proyi ductions de certains auteurs, dont les éaitions nouvelles T» et multipliées n'exigent, de la part du libraire, que le » changement du frontispice d'une année à l'autre. 9>v

Bourgelat ne permit, pendant long-temps , de venare cet uovrage qu'aux élèves des Ecoles vétérinaires et à quelques ^orpsde cavalerie de la maison du Roi, en sorte qu'il se ré-

piidit peu : voilà pourquoi les Allemands , qui ont traduit tiès promptement to;ut ce qui est sorti de sa plume, ne Tont connu et traduit que tard \ et telle est , sans doute aussi , la raison pour laquelle il a échappé à ceux qui se sont occupés de la bibliographie vétérinaire (i).

Les copies et les critiques dont Pauteur se plaint dans cet avertissement regardent particulièrement l^ouvrage que M. JBfugnone avait publié à Turin, en^^i'/j^^ ki*8^, sous le titre de Metodo per conoscerelevereproporzioni,le beliezze, i diffettix l* eta^ e le malattie esterne del cavalio, o la Mascalcia ndotta ai suoi veriprincipî, ec, dans lequel, en effet, il a reporté une partie de celui de Bo¥irgelat, en y ajoutant des notes et des observations toutes les fois que l'occasion s'en e^t pi^sentée*

«11 fut traduit littéralement par M. Odoardi, secrétaire de la Société d^agriculttire de Betluno , dans l'État de Venise « et il forme le troisième volume des œuvres vétérinaires de Bourgelat, qu'il publia en italien (a) \ le traducteur y ajouta le discours préliminaire du premier volume des Siemens d'Hippiatrique et quelques notes , la plupart prises de l'ouvrage de "blL» Brugnone , dont je viens de parler. Cette traduction,^^ de 444 £^ë^^ ^^ texte, 7iO pour les titres, le discours préliminaire, et la planche des proportions du cheval, fut faite sur la première édition, ainsi qu'on le voit par le titre général qu'elle porte, et parut en 1777.

M* K^noblochy^ savant professeur en l'art vétérinaire, alors à Prague , depuis à la tête de l'École impériale vétérinaire de Vienne , et à qui l'Allemagne est redevable de plusieurs ouvrages et de bonnes traductions vétérinaires, a publié aussi celle de cet ouvrage sous ce titre : Henn Bourgelat's, directors , eic. Ati'weisungzur kenntnisz undbehandlungder Pferde, Aus dem franzœsischen ûbersetzt durch Johann Knobloch, etc. Prag und Leipzig^ 1789-1790. Petit in-8**, tome 1, de a feuillets et iSç pages* tome II, d'un feuillet et 1 58 pages, avec le tableau des proportions du cheval^ Cette traduction est littérale.

(1) Viiet^ j4moreux. Portai, lialler, HérUstmt , Coquereau so» éditeur et son continuateur; Buc*hoz, ffenzj Boehmer, Lastri, Josephi, F, Re, JN^icoU^y ont cité les antres ouvrages de Bourgelat, et n'ont pas parlé de celm-ci.

(2) Opère veierinarie del sig, Bourgelat. InBellunay per Simonç Tissi. i7';6-i779. In-8\huit voliimes.

Don Eètevez, Pun des directeurs du Collège royal de vétérinaire établi par le roi d^Ëspagne à Madrid, et élève des Ecole« vétérinaires françaises , a aussi trariuit en espagnol , à l'usage des élèves du Collège, l'ouvrage de Bourgelat^ avec des augmentations. Il a paru, en 1794 ) ^ Madrid, sous le titre de Exterior del Caballo , en deux volumes petit inr4'*, le premier de XLIV ptiges pour le titre, la préface, la table , l'explication d'une planche , et 259 pages de texte et l'errata ; le second de XYI pages pour le titre'', la table et l'errata, 4^7 pages de texte et a planches. Il forme les tomes, cinq et six des ElemeHtos de Fet^rinaria , publiés en onze volumes , par MM. Malatz et Estevez, à Madrid, de 1793 à 1800.

La seconde édition française , au surplus , ne diffère de la

f»remière que par l'avertissement qui est en tète, et pur 'augmentation du nombre des pages ç augmentation qui est uniquement due à ce que le caractère de cette édition est un peu plus fort que celui de la première; elle porte , comme elle, l'indi{>ation de Tome II au bas des premières pages de chaque feuille.

La troisième édition , publiée en 1785 , aussi in-rS**, chez le înéme libraire, est absolument conforme à la seconde pour le nombre des page& ^ il n'est pas fait mention dai|s le titre que c'est une troisième édition ; ce qui eut lieu alors pour éviter les embarras du renouvellement du privilège.

J'ai donné mes soins à cette édition , à laquelle j'ai ajouté quelques notes j dans celle de la page 1287 j'annonce la suite (le l'ouvrage, et je promets de la publier bit^ntôt : quant aux observations générales que Bourgelat Avait recueillies sur le bœuf, le mouton et les autres animaux domestiques, dont il est également fait mention dans cette note , le progrès des connaissances acquises sur ces objets et les ouvrages publiés depuis cette époque , rendent aujourd'hui cette partie de son travail bien moins nécessaire aux élèves.

La quatrième édition , que j'ai publiée en l'an V ( 1797 )^ in-S**, chez M™». Huzard , a 5i2 pages de texte et 16 pour les titres et la préface; elle diffère des précédentes par la forment par le fond

•1^» Jle l'ai interligné, et l'on sait qu'il est plus facile de lire et d^étudi^r un ouvrage interligné que cel-ui qui ne l'est |>as; à la vérité, il devient plus considérable et plus di-spendieux, mais j'ai regagné une partie des interlignes en laisant

mettre dans Ja composition plus d^ordre et d'oniformité qu^il n*y en ayait eu dans les éditions précédentes.

2^. J'ai conservé le texte en entier, et ne me suis permis à*Y faire aucun changement; j^y ai ajouté des notes, soit pour Péciaircir lorsque! m'a paru en avoir besoin y soit pour rétablir ou vérifier des faits, soit pour indiquer des ouvrages postérieurs. J'ai dû annoncer que ces notes étaient de i'édi-*. teur, et je l'ai fait en mettant un (£.) au bas de chacune. J'ai aussi vérifié et mis en note les citations des auteurs dont parie Bourgelat^ ces notes notant que de simples indications, il m'a paru inutile de dire à qui elles appartenaient.

3^. La seconde partie n^avait que des divisions marginaleS| et l'étude en était très fatigante \ j'ai placé , comme dans la première partie , ces divisions dans le texte , qui se trouve ainsi coupé par des repos naturels , plus commodes pour les élèves.

4^. La troisième partie, qui traite des Haras, a été imprimée ici pour la première fois; elle était depuis long- temps manuscrite entre les mains des élèves, et les copies en avaient été successivement altérées au point que , dans plusieurs , il n'était plus possible d'en reconnaître le sens et de déchiffrer les noms des auteurs cités. J'ai fait ma copie sur le manuscrit même de Bourgelat, pendant mon séjour à l'École d'Alfort , je l'ai coUatîonnée ave£ plusieurs autres ; elle est par conséquent aussi exacte qu'il est possible qu'elle le soit.

On sera étonné , en lisant cette troisième partie, de reconnaître des détails et des morceaux entiers qu'on trouve dans quelques ouvrages modernes sur les haras (i); mais si on ^e rappelle la date de ces ouvrages , et l'époque où celui de Bourgelat a commencé à se répandre parmi ses élèves (vers 1770), on reconnaîtra bientôt quel en est le véritable auteur.

La publication de cette partie m'a paru d'autant plus importante pour les élèves des Écoles vétérinaires, qu'étant destinés parle Gouvernement à répandre dans les campagnes des lumières propres à améliorer et à perfectionner les races des difFérens animaux domestiques , et le Gouvernement voulant donner toute l'extension possible à nos Haras , il

(1) Voyez , entr'autres , ce qu'yen dit M. <£» Lisent - Pouloti ^ dans 8<m Nouveau régime pour Ut haras. Paris, >797< la -8°, pages 3 Se' 339.

faut que les élèves reçoivent dans les Écoles des leçons capables de les rendre dignes de la confianoe dont ils pourront être honorés.

La cinquième édition a paru en l'an XI (i8o3), in-8°, de 58o pages, chez le même libraiœ^ j'y ai ajouté des notes, et l'exécution typographique en a été bien soignée. Cette édition | quoique tirée à un plus grand nombre qu'aucune des précédentes, a néanmoins été entevée plus rapidement encore. L'ouvrage de Bourgelat est du petit nombre de ceux qui ne peuvent que gagner à être connus.

La sixième édition, qui n'a que Syô pages, aussi in-8% a quelques notes de plus que la précédente , à laquelle d'ailleurs elle est parfaitement semblable; elle a été publié^ en 1808, chej^ le même libraire, et tirée au même nombre d'exemplaires.

Les sept premiers chapitres du tome premier des Élément d' Hippiatrique, qui ont paru àJjyon en 1751-1753, en trois volumes in-8^, forment la base des deux premières parties de l'ouvrage 5 Bourgelat^ en les y reportaiit , leur a donné . l'extension dont ils étaient susceptibles, et il y a ajouté tout ce qui concerne l'hygiène, ou la conservation du cheval en santé , comme la construction des écuries , leur tenue , la nécessité du pansement de la main, les alimens, la boisson , les soins que le cheval exige en voyage , l'exercice , le repos, etc., toutes parties intéressantes et encore peu connues de la vétérinaire.' /

Dps écrivains modernes ont critiqué les proportions géométrales que Bourgelat a. E^ées pour le cheval ; il a répondu devance à ces critiques , et je ne répéterai pas ici ce qu'il a dit dan^ la seconde partie de son ouvrage ; je me contenterai d'observer qu'il n'est pas le premier qui ^it eu cette idée j qu'il n'a fait que perfectionner, en assujettissant ces proportions à une mesure fixe et invariable.

Quelques écuyers italiens, quelques hippiatres qui écrivaient dans les seizième et dix-septième siècles, avaient déjà donné des proportions pour le cheval (i). Parmi les écuyers français, Tacquet et Solleysel^ qui écrivaient l'un au commencement et l autre à la un du dix-septième siècle ,

(1) Tels sont L. Ruse y i53i ;— C. Corte, 1662 ; -^F. Grisone, i665 » — r. Scacchoj 1691 j — £>. Palmieriy i6a5^ — F, Liberati, 1669 ^ — r G*-B. Ferraro , 167 1 j — Ze duc de Peschiolanciano , 171 1 j etc.

en avaient aussi parié. SoUeysel, dont on n'a dît tant de mai que parce qu'on ne s'est pas donné la peine de le lire tout entier, et dont le second volume du Parfait Maréchal renferme des élemens précieux et vrais , qui n'ont souvent été que développés depuis , connaissait celles que ses prédécesseurs avaient établies; i! a fait des observations judicieuses sur les proportions que les anciens peintres et sculpteurs donnaient aux cbevaux, et il a indiqué celles qu'il serait à désirer qu'on leur substituât pour imiter la belle nature (i).

Parmi les peintres et les sculpteurs , il parait que le pre * mier, le plus ancien de ceux qui en ont parlé , et qui ^ sans doute , a servi de modèle à tous ceux qui sont venus postérieurement, est H, 'S, Beham , peintre de Nuremberg , élève d^ Albert Durer, dont l'ouvrage date de i528 (2); viennent ensuite homazzo, Saly , Falconet, Gois^ Vincent, etc. , qui en ont donné des exemples ; on trouve 9 dans la traduction française du Traicté de la proportion naturelle et arti^ ficieUe des choses, de Lomazzo, qui écrivait à la fin du seizième siècle, la description et les figures des proportions du cheval vu dans ses trois principaux aspects, comme Bourgelât l'a fait depuis; et Saly regrettait de n'avoir pas connu plutôt ces proportions indiquées par Bourgelat ; proportions qu'il a presque toujours trouvées justes, et qui lui auraient f'pargné les études nombreuses auxquelles il s'est livré pour l'exécution de la statue équestre de Frédéric V, roi de Danemarck (3)^

Au surplus , ceux qui l'ont critiqué , et quelques écuyers qui ont écrit depuis lui , tels que bupaty de Clam et Thiroux, ont néanmoins tellement senti la nécessité des propor-

(f ) PhiUpicay ou Haras de chevaux , de J. Tacquet, ejci^er. jiiwers, 161 4. In -4% avec figures, pase iSg.

Le Parfait Maréchal , par le S. de Sollcysel , écujrer, Paris , ^^SA. Iii-4^, tome II, chapitre III, page ao. Les premières éditions sont de la fin du dix -septième siècle.

(a) Il est en allemand et intitulé : Dièses bUchlein zei§el an , und Icrnet ein mass oder proportion des Hos , niizlich jungen gesellen , malern und goldschmieden, Sebaldus Beham pictor noricus J'aciebat. Gedrukt zu Nûrnherg , im 1 638 jar. In-4*^, avec figures. C'est au moins ^ jusc^u'a présent , le plus ancien de tous ceux qui sont parvenus à ma connaissance.

^3) Description de la statue équestre que la compagnie des Indes - Orientales de Danemarc a consacrée a la gloire de Frédéric f^, Copenhague , 177 1-1778. In-S", seconde partie , page 48.

tiens , pour asseoir d^une manière certaine la beauté du cheval, qu'ils n^ont fait qu'en substituer d'autres à celles de Bourgelaty auquel ils reprochaient d'en avoir établi d'arbitraires et d'inadmissibles.

La septième édition et celle-ci ne diffèrent de la sixième que par une exécution typographique encore plus soignée et plus économique, par une table des matières, et par quelques notes que j'y ai ajout^ées.

Paris, le i". novembre i83i.

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