‹ Élémens de l'art vétérinaire. Traité de la conformation extérieure du cheval; de sa beauté et de ses défauts; des considérations auxquelles il importe de s'arrêter dans le choix qu'on doit en faire; des soins qu'il exige, de sa multiplication, ou des haras, etc. Á l'usage des élèves des écoles royales vétérinariesChapitre 4 sur 13 · DIVISION ET DEFINITION DES PARTIES · texte numérisé non relu

DIVISION ET DEFINITION DES PARTIES

On doit toujours se proposer uu ordre dans la coosidératioa et dans l'examen de tout objet compliqué : celui qui nous paraît le plus simple et le plus naturel à suivre pour parvenir à porter et à asseoir un jugement certain sur la belle ou défectueuse conformation du cheval^ résulte de la division de cet animal en trois parties. Ces trois partiels seront VaiHint-'main, le corps proprement dit 9 et rarrière'-main*

On considérera :

i^. Dans VoiHiTit'main, la téte^ le cou ou l'encolure y le garrot I le poitrail ^ les épaules et les extrémités antérieures.

2^. Dans le corps proprement dit , le dus , les reins , les côtes , le ventre , les flancs y les parties de

la gënëration dans le cheval , et les mamelles dans la jument.

3^. Dans V arrière- main, la croupe, les hanches ^ les fesses^ le grasset, les cuisses y les jarrets , le$ extrémités postérieures, l'anus ou le fondement, la queue, et la nature dans la cavale^

Mais cette division générale nç suffirait point et ne suggérerait que des idées encore trop vagues , il faut nécessairement descendre à des subdivisions^ ainsi nous dirons que la tête comprend :

I®. Les oreilles^ ou ces deux parties cartilagineuses qui sont placées près 4e son sommet , çt qui forment un cône large et ouvert.

2^. Le toupet, ou cette portion de la crinière passant entre les deux oreilles, et tombant sur le front.

3'\ hefront, ou la partie supérieure et antérieure qui est au dessus des salières , du chanfrein et des yeux.

4^. Les tempes, vulgairenient appelées larmiers, et qui répondent, ainsi que les Joues ,^ aux tempes et aux joues de l'homme.

5^. Les salières, ou les enfoncemens plus ou moins profonds que Ton remarque au dessus des sourcils.

6®. Les sourcils y qui sont directement au dessous des salières, et au dessus des yeux.

yo. Les yeux ^ dont .la situation est assez connue.

8**. Le chanfrein^ ou la partie antérieure qui s'é-^ tend depuis les sourcils jusqu'aux naseaux.

9^. Les naseaux, répoi^dant aux ouvertures que dans riiomme on appelle les narine^.

Iqo. Le iKfut du nezf ou la portion qui commence à l'endroit de la terminaison du chanfrein , et qui finit à la lèvre antérieure , entre les deux naseaux.

II". Les UçreSf ou les parties extérieures de la bouche; Tune antérieure, répondant à la lèvre supérieure de rhomme ; Tautre postérieurey répondant à la lèvre inférieure (i).

]2^. Le menton y ou cette élévation arrondie ^ placée précisément au dessus de la lèvre postérieure.

l3^. La barbe, située un peu supérieurement a cette dernière partie ^ et directement à Tendroit de la symphyse.

i4^. Enfin 9 la ganache, formée proprement par l'os de la mâchoire postérieure. Il en résulte^ depuis le gosier jusqu'à la barbe y- une espèce de canal ^ qu'on nomme Vaiige (l).

Il faut distinguer, dans' la seconde partie comprise dans l'avant- main 9 c'est à dire dans Vencolare, deux portions :

i^. La supérieure, ou la crinière, formée par

(i) On a reproché à BourgelaS cette distinction des lèvres , en antérieure et en postérieure , et ce reproche parait fondé si on considère la position plus ou moins horizontale de la tête de la plupart des chevaux ; mais on verra plus loin que • diaprés la position perpendiculaire qu^il donne à cette partie, il ne pouvait donner aux lèvres une autre dénomination. C'est ainsi qu'il a également divisé les mâchoires en an tériL'ure et en postérieure. {£>)

(2) On peut voir la description des os et des autres parties internes dont il est parlé dans cet ouvrage, dans le Précis anatomique du corps du cheval, par le même auteur, 4^ ^^^^ lion, Paris, 1807, 2 volumes in-80.

les crins qui se montrent depuis la nuque jusqu'au garrot.

2^. U inférieure, vulgairemenl appelée \^ gosier, qui embrasse une grande étendue du trajet de la trachée -artère et de l'œsophage, avant l'inlroduction de ces canaux dans les cayitës qui logent tes viscères auxquels ils se rendent. *

Le garrot j ou la troisième partie de l'avantmain , est cette portion élevée, et plus ou moins tranchante, située au lieu de la sortie de Is^ partie supérieure de l'encolure. Il est ibrmé par lee apo* physes épineuses des sept ou huit premières vertèbres doraales.

Le poiérail, ou la quatrième partie de l'avantmain , est à la face antérieure de l'animaL II commence dès le point d'élévation de la portion inférieure du cou.

Les extrémités antérieures comprennent t i^. Les épaules, formées par un seul os , appelé Tomoplatie; v

a°« Le bras , qui résulta de Tos conm» sou» la dénomination d'humérus.

L'une et l'autre de ces parties, revêtues des muscles et des tégumens, ont été très long-temps confondues et prises pour l'épaule seule , et cette erreur séduit encore le plus grand no»mbre.

3^. Uavam-hras , formé par le cubitus , placé au dessous du bras, et se terminant au genou.

4**. Le coude y situé à la partie supérieure et postérieure de Tavant-bras , et résultant de Tapophyse ulécràne.

6^. Uars, ou plutôt la ,*veine céphalique, qui chemine au devant ou au dedans de l'avant-bras.

6^. La châtaigne^ ou cette espèce de corne molle et spongieuse y dénuée de poil y placée an dessus de chaque genou 9 à la partie interne de l'extrémité inférieure de Tayant-^bras.

7*. Le geifum^ composé de nombre de petits os ou osseleta, formant l'artiqulatiou de TaTant-bras et du canon.

8^« Le canon, s'ét^idant depuis le genou jusqu'au boulet y et étant situé à la partie antérieure de lextrémité dont il s'agit.

9<». Le tendon, qui en fait la partie postérieure.

lo*'. Le boulet, étant entre le canon et le paturon.

ii<>4 Le paturon, étant entre le boulet et la cou* r<mne.

1 2^* Le fatum , ou le tnopet de poil qui se trouve derrière le boulet*

13**. Uergoty ou la corne de même nature et de même consistance que la châtaigne^ mais dont le volume est plus petit y et qui se trouve couverte et cachée parle Êinon.

i4^. La couronne, c'est à dire cette porticm qui couronne la portion supérieure du sabot , et qui est plus compacte que la peau partout ailleurs.

i5^* Le sabot ou Vongle, qui^ terminant les quatre extrémités inférieures, forme le pied de Tanimal. La partie supérieure en est la couronne ; la partie inférieure lo. fourchette et la sole} la partie antérieure la. pince; la partie postérieure les talons; enfin, les parties latérales interne et externe sont distinguées

( i6) par les noms de quartier de dedans et de quartier de dehors*

' i6^. Ijdi fourchette , ou cette corne qui forme dans la cavité du pied une espèce de fourche en s'avançant vers les talons. Elle tire son nom de cette bifurcation .

ij^. La sole, tapissant toute la partie cave du pied qui n'est pais occupée par la fourchette ; la consistance en. est beaucoup plus dure que celle de cette dernière partie (i).

On doit considérer dans la subdivision du corps :

i^. Le dos , situé entre le garrot et les reins ^ et contenant une partie de l'épine et des vertèbres ^rsales ^ ainsi qu'une partie des côtes.

2^. Les reins, ou plutôt les lombes^ situés dir^ctemeBt à l'extrémité du dos y entre celui-ci et la croupe , formés par les vertèbres lombaires.

3^. Ijqs cotes, communément au nombre de dixhuit de chaque côté^ se terminant au ventre ou à l'abdomen , renfermant une partie des viscèi'es.de cette cavité iOt tous ceux de la poitrine.

4^. Le ventre ou Y abdomen, dit aussi par quelques uns le coffre y placé à la partie inférieure du corps, au bas. et en arrière des côtes ^ et renfermant l'estomac y les intestins , le mésentère , le foie , la rate y les reins 9 etc.

5^. ï^es flancs y ou les parties latérales du. ventre,

.» I ■ Il I I I I ■ 1 1 ■ ■ . ' I ifci I

(i) Ainsi nommée de sa ressemblance à une sandale ou à une semelle de soulier {soIea)y ou au poisson qui porte le même nom. Quelques auteurs latins appellent le fer à cheval solea forrea, semelle de fer, comme on appelle les sabots solea lignea , semelle de bois. {E.)

bornés supérieureiiient' par tes lombes, antérieurement par les fausses cdtes, postérieurement par les banches , inférieurement par le ventre*

6^« Les parties de la génération, dans le cheval , occupant la portion inférieure et postérieure du ventre (i),

7^. Les mamelles, dans la jument, au nombre de deux^ situées inférieurement et à la partie la plus reculée de Tabdomen. Dans certains chevaux, on les trouve sur le prépuce (2) \ elles sont plus visibles dans les uns que dans les autres ; il en est dans lesquels on n'en rencontre pas le moindre vestige. Elles sont très sensibles dans les ânes.

On envisagera dans Varrière^main :

i^« La croupe, ou la partie supérieure du train de derrière. Elle s'étend depuis le lieu de la terminai* son des reins jusqu'à la queue (3)«

(1) Ces parties sont composées àajburreau, du membre nommé aussi verge , pénis, et des testicules.

Qn trouve encore à la partie inférieure du «ntré, en avant de Pouverture du fourreau , une légère protubérance , quelquefois une cavité, ou une petite cicatrice, qui forme le nombril ou V ombilic * (É,)

(2) C^est à dire, à la partie antérieure et inférieure du fourreau, près de Porifice qui donne issue au membre. (É.)

(3) La queue, qui est la continuation de la croupe, est cette partie flottante , garnie de crins , qui est formée par Pextrémité de la colonne vertébrale ou du rachis.

Uanus ou le fondement est Pouverture placée immédiatement sous la queue, formant Pextrémité de l'intestin rectunj, et servant à Pexpulsion des excrémens.

Les parties de la génération, dans la jument, placées

2^. Les fesses, commençaiU directement à la queue y et descendant de chaque câtë jusqu'au pli aperçu à Topposite du grasset*

5°. Les hanches, formées par les os des îles , et mal à propos confondues avec la cuisse^ lorsque cette dernière partie , ainsi que les premières y sont revê-: tues de leurs muscles et des tégumens.

On considérera dans les extrémités postérieures :

i^. La cuisse , fermée par le fémur ^ articulée supérieurement avec les os des hanches par l'espèce d'union mobile que l'on nomme genou, et inférieurement avec le tibia par celle que nous appelons charnière.

:2^. ha Jambe, formée par le tibia , et très improprement appelée jusqu'ici la cuisse.

y. UarSf ou plutôt la veine saphène , pa$sant sur la portion latérale et interne de cette partie.

4^. Le grasset, ou cette partie nommée ainsi dans le cheval ^ considérée extérieurement, et placée directement à l'endroit de la rotule, c'est i dire de l'os qui glisse sur Téminence antérieure de Textréraité inférieure de celui qui forme la cuisse ; il couvre l'articulation de cet os avec le tibia.

5^. Le yarr^t^. situé entre le tibia ou la jambe et

immédiatement au dessous de Panus, et composées de la nature ou de la vuhe proprement dite, ies grandes lèvres et du clitoris.

Le périnée ou le raphé est cette ligne ou cette partie de la peau dénuée de poil , qui s^étend , dans le cheval , depuis Panus jusquW fourreau ; et, dans !a jument , depuis la vulve jusqu'aux mamelles. CE,)

le canon de l'extrëmitë postérieure. La partie antérieure en forme le pli , la partie postérieure la têt^ ou la pointe j les parties latérales les /hces de dedans et de dehors.

6^. La châtaigne. Sa consistance est la même que relie que nous avons observée aux parties latérales internes et inférieures de Tavant-bras ; mais ici la situation en est difïerente « puisqu'elle se trouve placée au dessous de l'articulation du jarret , à la partie latérale interne et supérieure du canon , et que , dans les extrémités antérieures y elle est au dessus de Farticulation du genou.

7<'« Le canon, le tendon, le boulet, V ergot, le fanon, \e paturon, la couronne, le sabot, la fourchette et la sole; toutes ces parties ne différant en aucune manière de celles dont nous avons fait mention en parlant des extrémités de l'avant-main y si ce n'est qu'ici le canon a un peu plus d'épaisseuri de longueur ou d'étendue.

D£8 BEAUTÉS ET DBS DEFAUTS DfiS PAaTIBS lïE

l' AVANT-MAIN.

La division du corps du cheval, les subdivisions et la dénomination des parties qui le constituent y ne sont qu'une simple introduction à l'étude que Ton doit en faire. Pour établir sur de vrais principes la connaissance parfaite de cet animal , il s'agit de rechercher les beautés et les défauts de chacune des portions que nous venons de définir, et dont nous avons marqué la situation.

BÈ LA T£T£ £N GJBNÉRAL.

En considérant la tête du cheval , il faut en exa* miner :

i^. Le volume. Il est certain que cette partie doit nécessairement correspondre à celles avec lesquelles elle forme un tout, et leur être exactement proportionnée : est-elle trop petite? est-elle trop grosse ? elle pèche également. L'excès du volume peut provenir de deux causes^ ou de trop d'amplitude des os , ou d'une trop forte abondance de chair. Dans l'un et dans l'autre de ces cas , la tête est également lourde et pesante j dans le dernier, elle est dite tête grasse^ et l'animal est alors sujet aux fluxions et aux maux d'yeux, comme celui en qui cette partie est trop décharnée ; car, lorsque la tête est grasse ^ les vaisseaux y sont, pour l'ordinaire, mous , relâchés, et très disposés à des engorgemens; et dans l'état de décharnement et d'émacintion, ils se trouvent trop près des os, et n'ont pas la même liberté dans leurs oscillations et dans leur jeu : alors les stagnations peuvent être aussi fréquentes. Du reste, on ne doit pas confondre une tête dite sèche avec celle qui est véritablement décharnée, la tête sèche et belle étant celle en qui les vaisseaux sont apparens.

2^. La longueur. Une tête trop courte est défectueuse , par cela même qu'elle n'est point d'accord et en proportion avec les autres parties de l'animal (i). Un artiste qui, par un préjugé singulier,

(i) Voyez les proportions du cheval ^ dans la deuxième partie.

associerait à Texicolure et a.u corps d'un cbevul de carrosse la tête d'un bidet , dans respërance de don* Der plus de noblesse à sa figure^ se tromperait gros* sièrement; ie gustaso n'est qu'une erreur de l'art, im plutôt du sculpteur et du peintre» quand il les éloigne de la vérité , et qu'il off'eiuse la naturie*

J.1 en est de même d'une tête trop longue , tète que nous nommons tête de vieille } elle pèçjie par une raison semblable.

3^. La position. La tête n'est bie» placée. qu^au* tant que le front tombe perpendieulairement au bout du néz. Quelques uns, pour désigner cette position 9 q,ui donne beaucoup de grâce au cheval , et sans laquelle nul homme ne peut saisir le véritable appui de sa bouche et le maîtriser, disent très mal à propos, et très improprement que le cheval est Inea bridé ou se bride bien , au lieu de s'exprimer comme on le doit^ en disant que le cheval est bien placé. Cette partie sort- elle de la ligne perpendiculaire en- avant? le cheval est dit porter au vent y tendre le nez* Sort-elle de la ligne perpendiculaire en arrière?. il est dit s* armer, s'encapuehonnen Il s^arme ou s* encapuchonné de deux manières 9 en appuyant ou contre son poitrail 9 ou contre sou* en* colure les branches du mors : dès lors y il se rend maître du levier qui devait opérer la pression de l'embouchure sur les. barres 9 . et il se soustrait aux efforts d'une main ignorante. IL s'y soustrait aussi quand il tend le nez, qu'il porte au vent; et telles sont les deux actions de tout cheval. qui veut résister ou se défendiie^ car la. sortie ide la

ligne perpendiculaire en avant opère ^ pour ainsi dire f une disjonction de la tête et du corps , et in^ terrompt en quelque sorte la communication des muscles , qui , dans la Traie position de cette partie ^ se répondent par&itement, et de manière que la sensation imprimée sur les barres semble se propager à toutes les parties de la machine , ou plutôt en solliciter l'action.

4^* lia attache. Une tête bien attachée est celle qui part immédiatement du sommet de Tencolure , et qui j bien loin d'être comme plaquée , ainsi que dans certains cheyaux, contre cette partie et d'en faire en quelque sorte portion, en est parfaitement distincte et séparée.

DBa PAaTIEf DJBPfiKOANTBS D£ I.A TiT£ SN

PARTICUI«IBR •

Des Oreilles*

> On considérera dans les oreilles :

lo. La longueur. Il est des peuples qui prêtèrent celles qui sont longues ^ d'autres qui ne font cas que de celles qui sont extrêmement courtes. Là saine raison n'approaya jamais les excès; et, d^ailleurs, une partie qui est une portion de la tête doit être de toute nécessité en proportion aTec elle.

2!** ha. situation. Elle doit être telle que leur origine ^ ni trop en avant, ni trop en arrière, soit près du sommet de la tête, dentelles sont une dépendance. Sont-^les sur ce même sommet? elles sont trop élevées. Cette difiôrmité fait paraître le

cheyalor^i//^zr^^ comme lorsqu'elles sont trop basses. Il est regardé aussi comme tel quand elles sont trop larges, trop épaisses , trop longues et pendantes.

y* La distance. Placées près du sommet , leur distance n'a rien qui blesse les yeux. Placées trop haut y elles sont trop rapprochées. Placées trop bas» elles sont incontestablement trop éloignées et visiblement difformes.

4^. tJ épaisseur. Elles doivent être minces et déliées.

ô^« La largeur^. Elle doit être proportionnée à la longueur.

' 6^* La hardiesse et les 7Miwemens\ On appelle oreilles hardies celles dont leè pointes , se présentant fermes et en avant lorsque Tanimal est en action ^ semblent s'unir Tune à l'autre et se rapprocher beaucoup plus toittes les deux à cette extrémité qu'à leur naissance et à leur origine;

Ces parties battent-elles , pour ainsi dire y sans cesse y et dit- elles un mouvement continuel de haut en bas, et de bas en haut dans Tànimal qui marche? elles sont appelées oreilles de cochon (i)«

Accompagne-t-il chaque pas qu'il £iit d'une ac» tion par laquelle il baisse et relève sa tête continuellement, on dit très improprement qo'il boite de r oreille, puisque cette même action n'a aucune sorte de rapport avec ces parties.

Couche- t-il ses oreilles en arrière? ce mouvement

(i) Lorsque V oreille est large , plate , et qu'elle tombe de côté , à la manière de celle de» chiens , soit par accident , soit naturellemeiit y le cheval est dit clabaud*. {£•}

annonce la volonté dans laquelle il serait de mordre ou de frapper avec le pied.

Porte*t->ii en cheminant tantôt une oreille et tan* \6t l'autre en avant? il projette quelque défense. Il arrive très souvent aussi que cette action est un indice de la faiblesse et de Tincertitude de sa vue.

Du reste y il est appelé moineau quand il a été bretaudé ^ c'est à dire quand on lui a coupé les deux oreilles; courtaud ^ quand 9 outre les deux Qreilles coupées 9 la queue l'a ^té aussi (i).

Nous ajouterons que^ quelquefois, on rs^pproche les oreillfUSp et que, quelquefois, on les diminue , soit de longueur, soit de largeur # Ces opérations ^ imaginées par l^s maquignon^, sont aisément décelées et reconnues par les points de suture laita lors de la prepaière, et que Ton remarque entre la nuque et ces parties , et par le défaut de poil à l'endroit où, Iprs 4e Is^ seconde, le cartilage a été coupé, aiasi qu^ par le cartils^ge lui-même , qui demeure souvept à découvert lorsque cette section a été mal

faite,

J)u Fronts

Il faut considérer dans le front :

!«>• La largeur^ cette partie ne devant être ni

(i)\X)epuis long-temps ranglamanie a fait introduire en France deux mots nouveaux pour exprimer les mêmes choses. On appelle cheval craps ou crapcê celui qui a les oreilles coupées, et cheval nique ou niqueté celui qui a la queue coupée. Voyez ce que j'ai dit à ce sujet dans* le Dictionnaire de médecine de V Encyclopédie méthodique , 1790 , tome II , article Amputation de la queue ^ page 190 et suivantes. CE.)

trop large ni trop étroite^ proportiounëment au "volume de la tête.

2^« La covformation. Si la portion inférieure en est enfoncée, et pour ainsi dire creuse, elle constitue ce que nous appelons chenal camus j si cette partie est avancée , relevée , et pour ainsi dire tranchante, la tête est dite busquée ou moutonnée, par sa ressemblance avec la tète ordinaire des moutons. Les chevaux anglais, les napolitains^ les barbes, et ceuxc|oi en sont échappés, ont communément \e front fait ainsi (i)«

3^. U étoile, ou Xa pelote, qui n'est autre chose qu'un épi ou rebroussement de poils blancs. Les chevaux en qui cette marque existe sont dits mar-qués en tête. Ceux en qui elle n'existe pas sont appelés zainsy pourvu néanmois qu'ils n'aient aucun poil blanc sur aucune des autres parties du corps : ils ne seraient pas pnoins appelés ainsi , si les poils blancs qu'on apercevait en eux étaient la suite de quelque blessure, de quelques frottemens, et n'étaient point naturels (2).

(i) Les Anglais ont à peu près fait disparaître entièrement cette race de chevaux à tète busquée, qui a été long^temps à la mode. (&'.)

(2) 11 est souvent difficile ou impossible d'assurer ^ les poils blancs qu'on aperçoit sur quelques parties du corjis de Paiiimal sont naturels 011 accidentels \ et quelquefois les marques blanches accidentelles sont trop multipliées, ou trop considérables pour que le cheval puisse être appelé zain; on ne doit donc conserver cette épithète qu'à celui qui n'a aucun poil blanc. {È,)

Il est des nations qui font le plus grand cas des chevaux zains, et d'autres chez lesquelles ils sont dans le mépris. Anciennement on pensait qu'ils devaient être vicieux ou malheureux , et c'est àans doute dès cette époque , qui n'est pas l'époque des lumières, que les maquignons imaginèrent <rimiter la nature, en pratiquant artificiellement une étoile , au moyen d'une plaie faite par une voie quelconque en cet endroit t ob distingue fort aisément cette marque factice de celle qui est naturelle , en ce qu'au milieu de la^ première ^ il est un espace sans pôil^ , et en ce que les - poiU blancs qui la forment ne sont jamais égaux aux autres.

Des Salières»

On considérera dans l'examen des salières s

Leur conformation. Elles doivent être pleines et non creuses. Une trop grande cavité est une difformité y qui n'est pas , comme on l'a pensé ^ Un signe certain de la vieillesse du cheval, ou de Cjelle du père dont il est 42ne production , puisque ce défaut se rencontre souvent dans de jeunes chevaux qui doivent le jour à de jeunes étalons.

On a, au surplus, tenté de sauver la dilTormité de ces parties quand elles sont trop caves , par la voie des topiques astringens, par celle de l'introduction de l'air à la faveur d'un chalumeau dans lequel on souffle avec force ; entreprise d'ailleurs inutile et superflue , puisqu'elle ne produit qu'un effet momentané , et cet effet n'en démontre que

mieux, bientAt après^ l'însîgnc mauvaise foi du marchand sur un point qui , d'ailleurs , n'est pas même de la plus légère importance.

Des Sourcils.

Il faut considérer dans les sourcils :

1®. Leur longueur. Elle ne diffère en aucune manière de celle des poils qui constituent la robe de ranimai.

2^. Leur couUur, Elle est la même que celle de ces mêmes poils (i), si ce n'est dans les chevaux qui ont ciU^, c'est à dire dont les cils sont devenus blancs avant Tâge y ce qui les rend alors plus sensibles.

3^. Leurs usages, qui sont ignorés. Ils ne peuvent être comparés aux fonctions qu'on leur a supposées dans l'homme , et c'est ici principalement une des circonstances où l'analogie ne nous conduit à rien • On les a crus chargés, dans ce dernier, de retenir tous les corpuscules qui nagent dans l'air, et qui, tombant supérieurement, pourraient nuire à l'organe : on a pensé encore qu'ils s'opposaient à la chute des gouttes de sueurs qui y découlant du front 9 pourraient s'introduire dans l'œil ; mais à l'é-

• (i) Si la longueur et la couleur des poils qui occupent , «lans le cheval , la place que les sourcils occupent dans les animaux qui en sont pourvus, ne diffèrent point de celles 6ei» poils des autres parties du corps ^ il faut nécessairement en conclure que le cheval n^a point de sourcils, c'est à dire qu'il n*t^ point cette touffe particulière de poils, qui, dans Phomme, par exemple , porte ce nom. {É,)

gard du cheval y nous dirons que les poils du reste de la peau , et avec lesquels les sourcils sont con&Midus 9 suffisent pour arrêter les petits corps qui voltigent sans cesse sur la cornée ^ et que les vapeurs en gouttes ^ vrai produit de la transpiration sensible , qui tomberaient des parties supérierires du front de l'animal^ pouvant être reçues dans des salières creuses et profondes, ou détournées par Téminence et la rondeur résultantes de la force du muscle crotaphite^ et de la quantité de graisse, qui garnit, dans certains chevaux , la fosse zjgomatique , et encore par la position oblique des paupières , elles ne sauraient couler directement dans l'œil et TofFenser.

Dès Yeux.

Les yeux sont, de toutes les parties à examiner dans un cheval dont on fait choix , celle qui est encore aujourd'hui la moins connue. L'inspec* tion répétée, mais malheureusement toujours superficielle de cet organe , n'a pu mener à aucune connaissance solide de ses vices ou de ses beautés intérieures. C'est avec raison qu'on pourrait dire à ceux qui , d'après Solleysel, ont soutenu et soutiendraient qu'uTi^ pratique longue et assidue fera découçrir la vingtième fois ce qu'on n'avait pas aperçu la première (i),qu^une pareille opinion n'est pas moins étrange que celle qui tendrait à persuader

(i) LeParfaîl Maréchal, édition citée, tome 11^ page 4 1 y çlîa[). VII.

que 9 pourvu qu'un homme ait des yeux fixés dix ans sur une page d'un livre, il parviendra , n^eût-it point la faculté de distinguer la forme différente des lettres, à comprendre leur figure , et la signification (les mots imprimés y écrits ou gravés.

Il faut donc nécessairement en venir à des principes tirés de la composition et du mécanisme de l'organe dont il s'agit. Nous eu abrégerons néanmoins ici l'exposition autant qu'il nous sera possible. Nous considérerons d'abord les parties qui servent à sa défense ; nous descendrons ensuite dans le détail de celles qui environnent le ^/o&^; nous passerons de là à l'étude de. celles dont il est formé, et les unes et les autres nous étant clairement connues, nous assignerons les moyens de faire l'application de ces lumières acquises aux circonstances dans lesquelles nous aurons à juger de la bonté ou du défaut de la vision dans TanimaL

En envisageant les parties qui servent de défense à Vœil, on examinera :

x^. hes paupières , au nombre de deux pour cha* que œil , l'une supérieure, l'autre inférieures

a^. Leur union, ou leur commissure, d'où résultent deux angles, l'un interne du côté du chanfrein, qu'on appelle aussi le grand angle; l'autre externe , du côté opposé , qu'on nomme encore le petit angle.

3^. Leur position, plutôt oblique que transversale , au dessous et au dessus de la convexité antérieure de Vœil, dont elles suivent la direction, qui n'est point horizontale comme dans l'homme; te

petit angle étant supérieur au grand, et l'un el; l'autre se répondant sur un plan incliné.

4^. Leur structure, qui^ quant aux parties cam— jnunesy est la même que celle de la peau recouverte de Tépiderme et des poils, el qui, eu égard aux parties qui leur sont propres, est musculeuse, membraneuse et cartilagineuse ; les cartilages et: les ligamens qui les soutiennent étant, au surplus, comme là base de ces espèces de voiles ou de rideaux.

5^. Les tarses, n'étant autre chose que ces cartilages , qui sont assez minces, et qui, situés au bord de chacune des paupières , empêchent que, lors de leur action , ou même de leur repos , leurs fonctions ne soient altérées ou troublées par des rides, des replis, ou des iroissemens iiTéguliers; ces segmens cartilagineux , plus grêles à leur extrémité du côté du petit angle que du grand, étant d'ailleurs at« tachés l'un et l'autre par des ligamens ou des allongemens larges ou membraneux , formés par la rencontre du périoste orbitaire et du péria*àne, et qui, depuis le bord inférieur ou supérieur de l'orbite^ se prolongent et se propagent jusqu'à eux, en se glissant entre la conjonctive et le muscle orbiculaire.

6^. Les muscles, dont l'un, dit Vorbiculaire, qui est celui dont nous venons de parler, est commun aux deux paupières , et l'autre, propre et particulier à la paupièrp supérieure. Le premier présente une couche mînce de fibres qui s'étendent autour de la circonférence de l'orbite, où elles s'attachent, ainsi qu'à la face interne de la peau, et qui, de là,

couvrent sans interruption les deux paupières jus* qu'aux cils 9 etc. Lors de sa contraction , il ferme l'ouverture de Torbite y et cache tout le globe , cet eilêt étant opéré principalement par l'abaissement de la paupière supérieure f car l'action et le jeu de ^inférieure, dont l'étendue est, au surplus , très bornée, sont d'une obscurité qui les rend insensibles.

Le second muscle, particulier, comme nous venons de l'observer, à Ia paupière supérieure, et qui est l'antagoniste de celui-ci , en est appelé le reletfeur.

7^. La conjonctipe , ou cette membrane fine, lâche, mobile^ transparente, et parsemée d'une multitude de vaisseaux capillaires sanguins dans la portion qui couvre la surface interne des tarses et de leurs îigamens, cette membrane se repliant vers le bord de l'orbite , et se propageant par une autre portion sur la partie antérieure du globe, où elle adhère faiblement à la tunique tendineuse ou albuginée , formée par l'expansion des tendons des quatre muscles droits. Là, elle est blanchâtre et paraît même blanche, attendu sa diapbanéité, qui permet de voir la couleiu: de l'albuginée ; et c'est ainsi que l'une et l'autre de ces membranes forment ce que l'on nomme le blanc de l'œiL Les vaisseaux dont cette partie de la conjoncture est garnie semblent, dans l'état naturel, n'être que des vaisseaux séreux. Du reste , cette membrane affermit et assujettit le globe sans porter atteinte à la liberté singulière avec laquelle il se meut.

8^. Les cils, ou cette rangée de poils qui se

trouvent à la marge aplatie de la paupière supé^ rieure, et qui se portent du petit angle jusqu'à environ un doigt de Tangle interne, la directior& de cette paupière cessant à cette distance d'être horizontale et commençant à décrire une ligne obli« que; ce qui persuade que ces poils, plus longs dans le milieu de leur marche qu'aux extrémités ou à l'endroit où leurs rangées triples et doubles commencent et se terminent, ont été ainsi disposés pour mettre Vœilk couvert de l'impression trop vive des rayons de Jumière qui tombent perpendiculairement, d'autant plus que leur éloignement du grand angle est précisément fixé, de ce même côtéj au dessus du lieu où finit l'ouverture transversalement elliptique, d'où résulte la prunelle, et que la paupière inférieure en est absolument dégarnie.

9°. Lies points ciliaires , étant de petits trous, ou d'étroiles lacunes, que l'on observe à la face interne des paupières et à leur bord, et qui sont les orifices des émissaires qui partent de quelques folh'cules légers logés dans les sillons de la face interne des tairses , et découverts dans l'homme par Meibomius, qui les a envisagés comme des glandes ; l'humeur que ces points laissent échapper étant en quelque sorte sébacée , et prévenant l'excoriation et l'inflammation qui pourrait résulter de la mobilité et des froissemens de ce voile , destiné par son expansion à conserver extérieurement l'humidité des parties qu'il recouvre, à en empêcher le dessèchement et l'opacité, à les défendre de tout ce qui pourrait y donner atteinte , et par son action , à les laver , à

les nettoyer, et à les débarrasser, en, un mot, de tous le^ corpuscules qui peuvent leur être nuisibles, xo". Lea points lacrymaux , ouïes orifices ouverts à quelles lignes du grand angle , au milieu d'un» sorte de ihamelon que l'on aperçoit eu cet endroit au bord deà paupières, ces points ëtant au nombre de deux , u^ pour chacune d'elles, et tellement disposés qu'ils se rencontrent exactement lorsque l'œil est clos; un cercle blanchâtre très léger, et qui paraît être une appendice Cartilagineuse du tarse maintenant ces orifices de manière à les empêcher de se fermer} un canal répondante chacun d'eux , et ce canal se rendant dans un réservoir , appelé le sac lacrymal, qui, pénétrant dans les fosses nasales par un trou assez considérable , percé dans la partie supérieure des os angulaires, et dans l'orbite même, près du grand angle, y vide la liqueur surabondante et inutile, que les points lacrymaux sont chargés d'absorber (i).

1 1*. La membrane^Ugnotantede Briggsetàf> JViU lu, que Ferheyeri a regardée comme un huitième muscle. Elle est située dans le grand angle, entre la caroncule lacrymale et le^/bic/ cette pétendue membrane formantun croissantqui, de cet angle , se porte

(i) L'obstruction du cartai lacrymal donne lieu à la maladie qu'on appelle y&te/e lactymaU, qu'on reconnaît au larmoiement continuel, à l'éraillement de la paupière inférieure et à une petite tumeur qui occupe le grand angle • cette petite tumeur, qui n'est due qu'à la dilatation du sac lacrymal, disparaît par la pression : alors les larmes sortent P«r regorgement et coulent le long du chanfrein. {JÈ.)

à la circonfërence de la cornée lucide , et qui consiste en un cartilage recelé dans un second repli que la conjonctive feit en cet endroit, et enveloppé de toutes parts dans sa base d'un corps glanduleux assez solide, dont les canaux excréteurs s'ouvrent par trois , par quatre^ et quelquefois par cinq orifices à sa partie supérieure, où la conjonctive présente une sorte de Talvule sigmoïde ; l'humeur filtrée par cette gla^nde paraissant séreuse, limpide, et destinée à lubrifier cette partie , qui peut être tirée de façon à couvrir toute la cornée lucide , et à garantir par son expansion Vœil des injures et des atteintes qu'il pourrait essuyer, son mouvement dépendant d'une part de ceux du globe, sur lequel elle glisse quand il est légèrement tiré en dedans et déterminé du côté du grand angle, et de l'autre de celui de la paupière k laquelle elle adhère, puisqu'elle est renfermée dans la tunique qui tapisse intérieurement ce voile. Au surplus, cette espèce de second rideau a été accordée aux oiseaux, ainsi qu'au plus grand nombre des quadrupèdes.

Après s'être ainsi assuré de la composition des parties qui mettent l'organe à l'abri de toute insulte , et de celles qui , par leur position , leur sont vraiment inhérentes , il faut examiner les difierentes portions dont le globe est entouré , et considérer :

!*• La caroncule lacrymale, ou la masse grenue, oblongue, noire et très dure , qui , située précisément au grand angle , est garnie d'une multitude de petits poils enduits d'une humeur épaisse et blanchâtre, et capables de retenir les ordures de

YceiL Cette niasse faisant l'office d'une digue s'op** pose a ce que la lymphe lacrymale superflue y qui va d'abord la frapper, ne franchisse l'obstacle qu'elle lui présente 9 et ne coule le long du chanfrein ; elle la repousse ou la renvoie dans le^ points lacrymaux qu'elle enfile ^ et qui doivent la reprendre. La ca-^ roncule lacrymale , au surplus , étant , dans certains chevaux ^ plus cousidérable et naturellement plus saillante hors du grand angle que dans d'autres , a été quelquefois prise par des maréchaux très peu instruits, pour une maladie connue sous le nom à^ onglée ou de pterigian , et enlevée très mal à propos par eux (i). La même chose leur est arrivée en ce qui concerne la membrane clignotante ; et l'ani^ mal n'aurait pas été la victime de pareilles erreurs, si , avant de se livrer témérairement à de semblables opérations , ils avaient eu les moyens et les secours nécessaires à quiconque veut être instruit à fond des principes de l'art*

2**. h^ glande lacrymale^ située dans la partie supérieure du petit angle , et formée de plusieurs lobules dont la réunion fait un corps de l'espèce des glaKides conglomérées. Des canaux excréteurs, bien plus apparens dans le cheval et dans le bœuf que dans l'homme, et connus sous le nom de canaux

(i) L^augmeutatiou du volume de la caronci^le lacrymale peut être aussi occasionée par l'infLammation et Tengorgement de cette partie , comme cela a lieu dans Vophthalmie / c'est là véritablement ce qui constitue la maladie appelée aussi ùngle , onglée ou onglet, pour laquelle l'amputation ne convient pas mieux, que dans l'excès naturel du yoliime. {É,)

hygrophihabniques , partent de ces lobules , descendent presque parallèlement dans l'épaisseur de la portion de la conjonctive qui est à la paupière supérieure, percent cette tunique en dedans vers le bord supérieur du tarse , et versent y dans l'état naturel, sans cesse et lentement y entre le globe et la surface interne de cette paupière, l'eau limpide et lacry* maie, à qui la cornée ne doit pas moins sa transparence qu'à l'humeur aqueuse^ et qui entretient la netteté, la flexibilité, la mollesse et la mobilité des^^ux.

3^« Les muscles du globe y au nombre de six dans l'homme , et qui sont au nombre de sept dans l'animal , quatre droits, deux obliques , et un orbicu" lairei des quatre droits, l'un étant dit le releçeur, l'autre Vabaisseur, l'autre Vadducteur ou Vinteme, et le quatrième Vabducteur ou Vexteme» Des deux obliques, l'un étant appelé grand oblique, trochléa-teur, muscle très long de Vœil, muscle oblique supé^ rieur ^ l'autre nommé petit oblique , oblique infé^ rieur, muscle très court de Vœil$ leurs attaches, leur trajet et leurs usages ayant été assez exactement décrits dans le Précis myologique , nous nous croyons dispensés d'en parler ici (i).

4^. Les graisses, qui remplissent une partie de la fosse zygomatique et le fond de la cavité orbitaire. Elles assujettissent le globe, infiniment plus petit que cette cavité ; elles lui servent de coussin ; elles

(i) Voyez le Précis anatomique du corps du Cheval , déjà cité 9 tome I , page 178 et suiv.; art. 1 23, 124 et i25.

le lubrifient} elles le défendent contre la dureté des parois^ qui l'auraient blessé; elles entretiennent^ en un mot y les muscles dans une mollesse qui seule peut assurer et faciliter la continuation et la possibilité de leurs mouvemens; d'où il est aisé de juger jusqu'où s'étendaient les lumières des auteurs qui ont conseillé de tirer et d'arracher aTec une sorte d'érigne ces graisses, dans la circonstance d'une fluxion périodique sur les jeux y ce qu'ils appelaient dégraisser le4 yeux par le haut, tandis qu'ils pré* tendaient les dégraisser par le bas, en extirpant la membrane clignotante et la caroncule lacrymale.

Les parties qui constituent essentiellement le glohe sont , en premier lieu y des tuniques qui présentent une espèce de coque ^ et qui le forment principalement; et^ en second lieu, des humeurs plus ou moins fluides, renfermées dans des capsules membraneuses qui leur sont propres , ou dans les espaces que laissent entr'elles les tuniques} l'albuginée et la conjonctive n'étant véritablement que des tuniques accessoires. U est encore des vaisseaux de toute espèce, dont nous ne ferons pas mention ici (i).

Dans la recherche des tuniques du globe, il faut considérer :

l^« La sclérotique ou la cornée* Elle s'offre la première , elle se montre comme un corps sphérique

(i) Voyez, dans le Précis ana fornique àé\k cité, le Précis splanchno/ogique , tome II, page 3a3 et suiy., art. 390.

imparfait, extrétnement compacte, dur, opaque , diminuant insensiblement d'épaisseur , mince, dia> phane dans sa portion antérieure , où , par cette raison , cette même tunique est nomiliée cornée lu-^ cide : c'est ce que les maréchaux et les connaisseurs appellent encore aujourd'hui la vitre* Cette membrane, percée vers le milieu de la portion postérieure de sa convexité, où elle reçoit le nerf optique, peut être divîi»ée en plusieurs couches ou iames, qui, quoiqu'infiniment unies, sont néanmoins très distinctes à l'endroit de sa diaphanéité, \ïè\xx où sa convexité saille au delà de la cornée ofUJUjoe, en sorte que la cornée lucide paraît véritablement comme le segment d'une petite sphère, ajouté au segment d'une sphère plus grande , cette tunique ^ quelle que soit sa consistance , étant obliquement traversée par de petits vaisseaux sanguins et par des filamens nerveux, et étant, dans sa portioa transparente, criblée d'un grand nombre de pores par où suinte continuellement une liqueur très fine et très subtile qui s'évapore k mesure qu'elle en sort. On y a vu aussi des vaisseaux séreux, qui, parleur oblitération, donnent quelquefois lieu à de petits filets, ou à des raies blanchâtres, barrant et coupant cette portion dans certains chevaux «

2^* La cKoroide, ou la seconde tuniqiie du globe , infiniment plus déliée que la sclérotique , dont elle tapisse la surface concave , ayant deux lames , l'ex^ terne sensiblement plus forte que l'interne, qui est enduite d'une matière noirâtre , dont la source est peut-être la même que celle de la liqueur noire ou

brune qui se trouve dans l'intérieur df la plupart des glandes ; cette couleur noire pouvant d'ailleurs modifier 9 éteindre et absorber les rayons lumineux , comme le fluide cérumineux qui enduit l'oreille peut de même modifier, éteindre et absorber les rayons sonores et arrêter la vivacité de leurs impressions } car la nature a dû placer^ dans les or* ganes des sens , des ag^ns qui les défendent et qui en assurent l'énergie et l'intégrité. Quoi qu'il en soit f la lame externe , qui est du côté de l'humeur vitrée ^ à la capsule *de laquelle elle est visiblement unie dans le cheval y est d'une couleur azurée, mêlée y dans de certains endroits , d'un rouge vif; cette même tunique y ainsi composée de deux lames y se porte jusqu'à l'endroit où commence la cornée lucide y et où se termine la cornée opaque, à laquelle sa lame externe adhère dans tout ce trajet par un tissu cellulaire et quelques vaisseaux tant sanguins que nerveux*

Là elle s'attache exactement à toute la circonférence de la première membrane y et cette attache, ce cintre blanchâtre et bien différent, par sa couleur, de la tunique dont il est formé, est ce que quelques anatomistes du corps humain ont appelé ligament^ et les autres orbicule ciliaire* Ce ligament est de la largeur d'une ligne environ, au delà la lame interne ou postérieure de la choroïde prend particulièrement le nom è^uvée, et sa lame externe ou antérieure celui àHris, attendu la variété et la diversité des couleurs qu'elle présente. Ces couleurs, naturellement plus foncées dans le cheval, et le plus

souvent approchant de celle de son poil , sont distribuées dififéremment que dans l'homme. Dans celui-ci, les rayons que forme Viris s'étendent de la circonférence au centre j dans l'animal , elle est comme marbrée , parce que ces rayons sont circulaires et transversaux. Il est, au surplus, des che- Taux dans lesquels cette partie est presque toute blanche , et n'est colorée que dans l'espace de deux ou trois lignes autour de la prunelle ; c'est ce que vulgairement on appelle yeux vairons.

Toute contiguité , . toute adhérence cesse alors entr'elle et la cornée. Elle est Ûottante dans l'espace qui sépare la cornée lucide et le cristallin ^ c'est à dire qu'elle est comme une espèce de cloison dans cet espace qu'elle divise en deux portions, dont l'antérieure , qui répond à la cornée lucide et à Viris^ a été nommée chambre antérieure^ et la postérieure , qui répond à Vuf^ée et au cristallin , a été nommée chambre postérieure.

De Vorbicule ciliaire partent encore plusieurs petits filets noirâtres qui semblent naître uniquement de la lame interne de la choroïde. Ces petits filets ont été appelés procès ciliaires; ils avancent jusque sur le bord du cristallin , par dessus sa capsule, où ils se terminent , et laissent, lorsqu'on les a enlevés , des vestiges et des traces noires sur la surface antérieure du corps vitré.

Dans le cheval , il est, outre ces procès ciliaires^ d'autres prolongemens de cette même u^ée^ qui se montrent tantôt en haut et tantôt en bas de la prunelle; quelquefois en haut seulement, et toujours

dans la chambre antérieure ^"comme des espèces de fongus très distincts et très visibles lorsque la cornée Incide n'est point obscurcie y et lorsque l'humeur aqueuse a sa limpidité naturelle. En examinant attentivement ces fongus^ désignés par Solleysel et par ses copistes sous le nom de grains de suie (i), on voit qu'ils ne consistent qu'en quelques petites vésicules remplies de l'humeur qui colore cette tunique y quelques fibres rajonnées s'étendant sur leur surface , et tirant^ lorsqu'elles opèrent la dilatation de la prifnelle , ces vésicules en dedans. Quelques personnes, et particulièrement M. Neuffer, dans une thèse soutenue à Tubingen, le 29 mars 174 S 9 sii^ 1^ mjdriase y ont regardé ces fongus comme des excroissances capables d'empêcher la dilatation de la prunelle y et M. Lowery comme une maladie très fréquente dans les chevaux (2). Ce der-* nier ignorait sans doute ce point de la conformation de cet organe dans l'animal , et les vues que la nature a peut-être eues dans cette singularité, au moyen de laquelle il paraît que Yœil du cheval , lorsqu'il est exposé au grand jour, reçoit moins de rayons lumineux , et ressent une impression moins vive de ces mêmes rayons.

En ce qui concerne la prunelle ou la pupille, elle n'est autre chose que l'ouverture transversalement elliptique dans le cheval , comme dans tous les ani-

(1) Le Parfait maréchal, Yolume cité , page 44*

(2) Collection académique ( partie étrangère ) ^ 1 j55 ^ tome II 9 page ia3.

(4a) maux herbivores 9 percée dans le milîeu-de la cloiaon qui résulte de la poriioa flottante de la choroïde ^ c'est A dire de Vupée et de Viris. Le grand diamètre de cette ouverture et sa position &cilitent à ces ani* maux y obligés parleur structure naturelle de porter la tête en bas pour chercher leur nourriture , les moyens d'apercevoir les objets placés de câté et d'autre, et d'éviter dès lors ce qui pourrait leor nuire et les incommoder.

Entre ces deux lames sont deiix plans de fibres très minces qui paraissent charnues ; les fibres de Tun étant autour de la prunelle et l'environnant , les fibres de l'autre étant rajonnées , s'étendant de* puis le ligament on Vorbicule c£/iain? jusqu'au bord de \si prunelle, et coupant les autres à angles droits } celles du prenaier plan resserrant par leur contraotion cette ouverture, et les rajonnées, par leur traction du côté de leur point fixe , ne pouvant que la dilater.

3^. La rétine, ou la troisième tunique du globe, d'une substance molle , baveuse et blanchâtre , s'étendant depuis l'insertion du nerf optique , se terminant par un cercle a Torbicuie ciiiaire , et lui étant, dans tout ce trajet , également adhérente ; elle paraît être une continuation de ce nerf; aussi l'envisage-t'On comme l'organe immédiat de la vue.

Dans l'examen des humeurs du globe, il faut considérer :

1^. 1/ humeur vitrée , ainsi nommée attendu sa ressemblance au verre eu fusion ^ occupant et rem* plissant la plus grande partie de . la capacité du

ghbe y puisqu'elle s'étend depuis la rétine jusqu'au commericement de la chambre postérieure; cette liqueur gélatineuse étant très transparente , très flexible, plus dense que l'humeur aqueuse, moins dense que le cristallin, partout convexe, ayant dans sa partie antérieure une cavité ou une fossette^ qu'on en appelle le chaton^ dans laquelle est logée l'humeur cristalline, et étant enveloppée dans une capsule qui lui est particulière et propre , et qui en porte le nom (i). Cette capsule est composée de deux lames ; elle est de toutes parts attachée par de petits filets âe la dernière ténuité à la concavité de la choroïde. L'existence de ces lames ne peut d'aiU leurs être niée; car si l'on fait geler le corps vitré dont il s'agit , on aperçoit distinctement alors une quantité d'allongeraens cellulaires et des cloisons entrecoupées d'une finesse extrême , que jette dans toute l'épaisseur de cette masse la lame interne de sa capsule, et qui pénètrent dans son fond le plus intime.

2®. Le cristallin (2), ou l'espèce de lentille solide, située dans le chaton de l'humeur vitrée, vis à vis la prunelle , à quelque distance de l'iris , et semblable au cristal par sa transparence; il est composé d'un nombre infini de couches membraneuses parallèles, qui sont formées d'une multitude de vaisseaux que parcourt une liqueur dia->

(i}On la nomme aujourd'hui membrane hyaloïde, comme les anciens appelaient V humeur vitrée humeur hyaloïde. {É.)

(2) Que les anatomisles appellent aussi humeur cristalline, corps cristallin, lentille cristalline, (jK.)

phane et des plus déliées ; ces couches ou ces pellicules infiniment ténues et concentriques , pouvant être aperçues à l'aide du microscope ^ et séparées , dans un cristallin desséché ^ jusqu'à la réduction de ce corps y plus convexe d'ailleurs dans sa £ice postérieure que dans l'antérieure , en un petit nojau imperceptible. U est renfermé dans une eap^ suie particulière 9 très apparente^ membraneuse , formée par la duplicature de la tunique yitrée (i); la lame externe revêt la £àce antérieure , la lame interne qui garnit le chaton dans lequel il est fixé en recouvre la (ace postérieure. La première de ces lames a paru au célèbre M. Tf^inslow^ dans Vçeilde l'animal dont il s'agit , composée de deux pellicules unies par un tissu spongieux très fin et très serré. Cette humeur est albumineuse de sa nature ^ elle se durcit au feu ; tandis que l'humeur vitrée ^ qui est de nature gélatineuse , s'j réduit en une eau un peu salée ^ à l'exception d'une petite partie élastique ^ qui paraît être le tissu foUiculeux qui la contient»

3^. U humeur aqueuse^ ou la sérosité très limpide et très fluide , qui n'a point de capsule particulière , et qui 9 occupant les deux chambres de Vœil^ procure non seulement des réfractions , mais empêche qu'il ne s'éteigne y que la cornée lucide ne se ride y qu'elle ne s'affaisse y et que , de sphérique qu'elle est y elle ne devienne plane , ainsi qu'on l'observe dans les chevaux morts ou mourans, lorsque^ cessant

(i) On la nomme membrane cris talloïde. {É,)

d'être poussée par l'action du cœur dans l^extrëmité ou dans les porosités des artérioles qui la déchargent 9 elle ne chasse et ne soutient plus en dessous cette tunique , et ne la détermine plus en avant. HoQÎus a pensé qu'elle est produite par une espèce de transsudation au travers des humeurs vitrée et cristalline y et que cette portion la plus limpide et la plus fine du sUc nourricier de ces corps transparens s'échappe au travers des pores de la cornée j pour faire place à l'humeur qui se produit de nouveau. Quoi qu'il en soit, eUe maintient l'uvée suspendue , de manière que cette tunique ne peut tomber ni sur la cornée ni sur le cristallin; elle lubrifie y elle humecte y elle entretient la transparence des parties délicates qu'elle baigne et qu'elle arrose. Il est certain qu'elle est repompée dans la niasse et reprise par de petites veines absorbantes ; elle suinte aussi parles porosités de la cornée lucide : s'il en était autrement^ elle s'accumulerait de façon à causer Vhydropisie du globe, et dès qu'elle croupirait, elle serait bientôt viciée , colorée , épaissie. La preuve de sa régénération ou de son renouvellement est évidente dans l'opération de la cataracte par extraction y ou par abattement y ou par abaissent eut.

Ce n'est qu'après s'être muni de toutes ces connaissances qu'on peut décider sûrement de l'intégrité de cet organe y de la réalité, comme des raisons de sa dépravation et des causes des dérangemens multipliés dont sont susceptibles les instrumens nombreux qui concourent à ses fonctions y car on ne

doit attendre et espérer aucun secours certain d'uae expérience informe et dénuée de toute théorie.

Je Teux examiner les yeux d'un cLeval. Je le place à Tabri du grand jour pour diminuer juaqula. un certain point la quantité des rayons lumineux ^ et je le fais ranger de manière à m'opposer à la. chute de ceux qui , tombant perpendiculairement , causeraient une confusion qui ne me permettrait plus de distinguer clairement les parties. Je fais attention encore à ce qu'aucun objet capable de changer la couleur naturelle de Vœil, en s'y pei« gnant, ne soit voisin de Tabri que j'ai choisi; et il est bon de savoir que plusieurs maquignons , dans le dessein de déguiser les défauts des yeux des che*' vaux qu'ils vendent y ont le soin trompeur de faire blanchir le mur qui se trouve vis à vis la porte des éii^uries où ils les font arrêter, pour en soumettre les yeux k la critique des acheteurs.

Quoi qu'il en soit , je me place ensuite moi-même de manière à chercher les différens points d'où je pourrai distinguer le plus clairement toutes les portions de l'organe dont je me propose de juger, et j.'en considère :

i^. La grandeur. Elle est une beauté dans le cheval comme dans l'homme. De petits yeux sont nommés y^ux de cochon*

2*** ha position. Ils doivent être à fleur de tête. Des yeux enfoncés donnent à l'animal un air triste et souvent vicieux j de gros yeux, des yeux hors de la tête le font paraître hagard et stupide,

3**. h* égalité* Un œîZ grand et l'autre petit doivent

iïispir^rde la défiance. Il est vrai que cette dispro* portion peut être un vice de conforoiation ^ et alors Xesyeux^ quoiqu'inégaux, n'en sont pas moins bons. On distingue le vioe de conformation de celui qui est contre nature , en ce que , dans le dernier cas y les parties qui défendent le globe, ou celles qui l'entourent, ou celles qui le composent ^ ne se montrent jamais dans un état sain.

49. "Les paupières . Leur agglutination , la rétraction , l'abaissement involontaire de la supérieure, le relâchement ou le renversement de V inférieure, qui, comme nous l'avons remarqué y si elle est douée de mouvemens, ne peut en avoir que de très obscurs j les tumeurs qui surviennent quelquefois à l'une et à Tautre , le doublement des cils qu'on remarque au bord de la supérieure, V inférieure en étant dépourvue, ainsi que nous l'avons dit; un hérissement de ces mêmes cils produit par différentes causes, qui en détermine et en dirige la pointe contre la cornée, etc., sont autant de circonstances maladives. On doit, surtout , faire attention à la paupière infé^ Heure, fendue, dans quelques chevaux , à l'endroit du point lacrymal. Cette fente est ocoasionée par Tâcreté des larmes qui découlent dans le cas de la fluxion périodique, qui a fait appeler très improprement l'animal qui en est atteint chenal lujuUique. Au surplus, cette maladie est annoncée encore par d'autres signes constans , hors le moment du période , et dans l'instant où il existe : tels sont, hors le moment, la disproportion des^^xcx^ celui qui est attaqué étant plus petit que l'autre , le trouble de

ce même œil ; et dans l'instant de la fluxion j l'enflure des deux paupières , principalement de ïin^^ Heure , l'inflammation de la conjonctive ^ un écoulement continuel de larmes, la couleur de Vœil, dont l'obscurcissement présente celle d'une feuille morte 9 la folie et les actions effrénées de l'animal, etc. (i).

5°. La netteté ou la diaphanéité, sans laquelle on ne peut discerner clairement ni l'iris, ni la prunelle , ni les fongus , et porter ses regards au delà. Elle dépend de celle de la cornée lucide , et de celle de Vhumeur aqueuse renfermée dans les chambres antérieure et postérieure. Une tanche ^ yne taie, ou un véritable albugo, qui s'étendent plus ou moins sur la première de ces parties , en occasionenty suivant leur épaisseur, le plus ou moins d'opacité y et si le point d'obscurcissement est borné ^ mais se trouve placé vis à vis de la prunelle, il intercepte l'entrée des rayons lumineux, et l'animal ne peut recevoir l'impression des objets. Il en est de même dans la circonstance de l'épaississement de Vhumeur aqueuse ^ dans celle d'une collection de matière purulente derrière la cornée lucide^ en conséquence de quelques coups (2); enfin, dans l'obscurcissement pliîs ou moins considérable de cette même humeur, à raison d'une cause quelcon-

( I ) Yol fente ou Véraillement de la paupière inférieure et le larmoiement continuel peuvent être dus aussi à la fistule lacrymale, comme je Tai dit ci-devant , page 33. (È^)

(2) C'est ce que l'on nomme hypopyon. (É.)

que ; suivant le degré de ce même obscurcissement^ les objets sont eotièrement dérobés y ou ne frap* pent Vçeil vicié que d'une manière très indistincte. Il £iut savoir aussi que dans les poulains , dans ceux qui jettent, qu qui sont prêts àîeter, dans ceux qui mettent les deniSi et surtout les coins et les crodbiets, comme dans les chevaux qui sont atteints de quelques maladies graves, la cornée liicide et même Vhumeur aqueuse sont plus ou moias chargées de nuages ; elleis s'édai relisent peu à peu et par degrés insensibles à mesure que Tauge se vide, ou se dégage , que le sang se déppre , que la dentition s'achève , et que les maux cèdent à Tefficacilé des remèdes« Du reste , pour biiea juger de Tétenduede l'opacité ou du trouble de la eornée^ il £uit nécessairement que l'observateur en par^qrQ tous les points , en /se plaçant de manière à les suifre, et en variant sa posiûoj^i pour en diversifier les jours. Il faut enjcoiie > Wriiqu'il est question de a'a^s|ir^r fi Topaciié ou robsouicissement ne réside que dans Vhumeur offjtiemep la çQm^^ étant parfaitement. i^^- •tacte , qu'iLse jJace de c6té, lOt qu'il lais^ la cornée lucide entce le jour et lui ; si les ra jons lumineux pénètrent cette membrane également dans toi^te ê9L surface et'dan^ toute sa su^per£beie, le dé&ut sera incontestablemenit dans Vhumeur noueuse.

6^. La cornée opaque, dont la portion apparente occupe, dans certains chevaux , plus d'espace que dans d'autres^ Cette circonstance a &it appeler Iq$ yeux, dans lesquels cette tunique propagée diminue rétendue de la cornée lucide^ des yeux cerclés.

On a même pensé qu'ils étaient totalement défectueux ; mais cette idée est destituée de tout fondement y car on ne voit pas comment cette anticipalion pourrait intéresser l'organe. Nous avons dit que la conjonctive , qui tapisse la surface interne ou postérieure de la paupière, se repliait pour s^étendre sur la cornée opaque : ainsi la rougeur qui caractérise ce qu^on nomme opkthalmie est véritablement l'inflammation de cette membrane lâche, mobile et transparente , et non ceUe de la cornée.

7*. Le cristallin^ situé plus près de la cornée lucide que de la réfine, et dans un lieu où son •centre passe par l'axe de la vision et le forme. Ce corps, étant transparent et n'ayant aucune couleur par lui«>méme , ne peut pas être distinctement aperçu. On n'entrevoit aussi dans un œil sain , an delà de la prunelle ♦ qu*une couleur noire, qui n'est autre chose que la réflexion naturelle- de l'uvéfe au travers des liumeitrs dn g-foô^. Dans de v^ieux chevaux, il devient terne cofAme dans l'agô de caducité des hommes ; dansd^auttes,- on le trotfv^ quelquefois opaque , -et cette opacité règne dans tout le contour ovale de la prun^lte :*àlûrs ce corps lentîcûlaif'e est plus terne) il présente une couleur blanche y verdâtre et comme transparente, ^t Vœil est dit cul de verre* Cette opacité gagnant peu A peu toute l'étendue du cristallin, il en résulte ce quo dans Vœil humain on appelle cataracte, et ce que dans Vœil des chevaux on a nommé Aragon. Assez communément cette maladie comnience aussi par quelques points bla^ics très petite , et en quelque

sorte imperceptibles, principalement aux yeux do ceux qui n'ont aucune idëe de la conformation de cet organe; mais, dans tous les cas, la cataracte, une iôis formée et parvenue à sa maturité, abolit 4otalement le sens, en s'opposant au passage des rayons de lumière. Le cristallin n'est point, en effet y l'organe essentiel el principal de la vision j sa présence est nécessaire seulement k la perfection de la vue , car la faculté de voir n'est pas anéantie par $on absence ; aussi , dès que ce corps opaque a été abattu, ou, pour mieux dire, extirpé, ce qui est une opération bien plus sûre , l'animal discerne , à la vérité , plus confusément les objets , mais il recouvre la puissance qu'il avait perdue (i).

8*. Les mouvemens de Firis. On a vu entre l'uvée et Tîm deux plans de fibres charnues, les fibres. de l'uil d'eux environnant la prunelle, et resserrant, par leur contraction , cette ouverture , sa dilatation étant opérée par les fibres du second plan. Le premier de ces mouvemens a lieu dans Vœil exposé au grand jour, le second dans Vœil exposé à une lumière plus faible, ou réduit à l'obscurité : or, il est des chevaux dont les yeux paraissent parfaitement beaux et sains , et qui sont néanmoins privés de la

(i) Il résulte des nombreuses opérations de cataracte qui ont été faites jusqu'à présent sur les chevaux, qu^ils recouTrent effectivement la vue , mais que ce sens n^étant plus aussi parfait que dans Pétat naturel , les chevaux voient mal et deviennent ombrageux, craintifs, peureux; ce qui les rend d^iin service souvent plus difficile que lorsqu'ils étaient aveugles, (is.)

( 5:. ) f^iculté à^ YoiTy et il n'est d'autre moyen de juger en eux de Tabolition de la vue ^ que celui de «'attaclier à l'examen de ces mêmes mouvemens* Abaissez la paupière supérieure ^ tenes&-la dans cet . état pendant un instant ; laissez ensuite ouvrir Vœil, remarquez si la prunelle ^e resserre ^ et à quel point est portée cette action j^dès qu'elle .est totalement dénuée de mouvement, le sens est irrévocablement aboli* On peut encore procéder à cet examen d'une manière plus sûre. L'animal placé ^ comme nous avons dit qu'il devait l'être^ faites-le reculer insensiblement dans un lieu plus obscur^ la prunelle doit ^e dilater alors visiblement. Ramenez-le en avant et pas à pas} à mesure qu'il revient au grand jour, la prunelle doit se resserrer. Cette méthode est d'autant plus certaine, qu'en s'y conformant exactement p tous les mouvemens de la pupille sont extrêmement sensibles, et qu'on peut observer en même temps ses divers états dans les deux^^ico;^ conclure du plus ou moins de constriction le plus ou moins de sensibilité de l'un et de l'autre, et décider parfaitement delà force , de la faiblesse, de l'égalité et de l'absence de la faculté de la vue dans Tanimal.

Des Naseaux et du Nez.

La feculté de la respiration de l'animal dë- |)end principalement du passage que livre à Tair l'ouverture des naseaux. En effet, la plus grande quantité de oelui qui est inspiré et expiré passe par les /bsses ou çaçités nasales} car dans les temps froids^

(Sî)

où les vapeurs des poumons se condensent et for*

ment une espèce de nuage , on les voit sortir en

abondance à chaque expiration , tandis que des va*

peurs semblables ne s'échappent de la bouche que

très insensiblement.

On doit considérer dans les naseaux t

1^ Leurs orifices externes , dont le diamètre consi»

dérable est un présage de l'étendue de celui des

fisses nasales, et peut^ par conséquent, garantir la

liberté de l'entrée et de la sortie de Tair dans les

poumons. Ces orifices étant trop resserrés^ cette

liberté ne saurait subsister , et l'étroitesse des fiasses

est souvent une des causes du bruit qui suit dans

Fanimal l'action de la respiration ^ attendu qu'eil

pareil cas elle demande des efforts de sa part pour

chasser et attirer Tair (i). Quelques peuples, pour

donner de l'haleine à leurs chevaux ^ et surtout

pour les empêcher de hennir, leur fendent les naseaux

à leurs orifices. Cette pratique est très bonne, spé*

dàlement lorsque! s'agit de chevaux destinés pour

des partisans , ou d'autres militaires chargés d'aller

à ia découverte. Dans les orifices ou dans les -haseaux

artificiellement dilatés ou fendus, l'air expiré àvee

£>rce au mtnneni où l'animal veut h e nnir y r e ncon »»

trant moins d'obstacle, et souffrant uno «nbilidre

collision , en est expulsé sans bruit.

v^. La membrane pituitaire ou muqueuse, qui

(i) Ce htuit eat ce que Pon jK^miae s^age, cormage ou halleiy et les chevaux qui le font entendre sont a^pejéfi sif^ fleurs , corneurs ou comards, (E.)

tapisse exactement les fosses^ elle est d'uae coulçur vive et vermeille -dans les chevaux sains ^d'una couleur éteinte ^ pâle ^ blanchâtre ^ et quelquefois jaunâtre dans quelques uns de ceux qui sont malades ^ et d'une rougeur considérable quand elle est enflammée. Elle e^t très visible dans le cheval qui est animé et en action ^ parce que la respiration étant en lui plus fréquente, ses naseaux ^[oayvent de plus en plus et la laissent paraître j on doit prendre garde qu'elle ne soit atteinte d! ulcères, cbancreux ^ ce qui arrive dans la morçe, et ce qui est un des signes univoques de cette maladie (i).

3°. U humeur nLuqueuse^ séparée du s^mg dans les glandes, et par l'extrémité des vaiss^ux de cette même membrane ^ humeur destinée à former l'enduit qui doit maintenir les raaoïelons nerveux dans la souplesse requise et nécessaire , à parer au dessèchement, a la coiTugation, qui seraient l'effet des impressions et du contact continuel de l'air sur la. membrane , et à modifier et régler en quelque fa$6ii la sensation.

Dass l'état sain, la sécrétion n'en est pas moins abondante; elle est aqueuse, subtile, elle tombe

(i): Mais il ne faut pas confondre avec des chancres , comme la multitude des maréchaux et des demi-connaisseurs le fait journellement, un petit trou rond^ quelquefois oblong, de deux lignes environ de diamètre , qui parait pratiqué comme avec un emporte-pièce , et qui est placé à la partie iiffërieure près de ^orifice) c^est l'issue du canal nasal dont il est parlé* pages 32 ^ 33; on le nomme le trou ndsaL II est quelquefois double • {E.)

goutte à goutte 9 encore &ut-il ^^.^ i ttnimal ait èfS quelque temps en action; mais dans nombre de cas et dans Tëtat contre nature , ce flux , en quelque manière imperceptible, devient extrêmement ample , capieux et même continuel , sans doute à raison de la disposition lâche et spongieuse de la tunique, dont le tissu peut, à en juger par les eflfets et par l'expérience , être plus aisément forcé dans le cheval que celui des autres couloirs^ puisqu'elle est en lui la voie la plus ordinaire par où la nature fait sensiblement effort, et l'issue que le sang se choisit le plus communément pour sa dépuration. Alors l'Aa* meur dont il s'agit est plus ou moins épaisse , ou blanchâtre , ou verdâtre, ou noirâtre , ou sanguino* lente, ou inodore, ou plus ou moins fétide, suivant les circonstances , et nous disons que le chewal Jette; ce qui arrive dans la gourme, dans la morfondure, dans la fausse gourme , dans la morve, dans des fiè« vres pestilentielles et putrides, dans la circonstance d'une métastase ou du reflux de la circonférence au centre d'un virus psorique quelconque , etc.j et nous observerons que, dans le principe de la morve, l'écoulement n'a lieu que par un des naseaux, et sur la fin de la maladie par les deux ensemble.

4^. Les fausses narines totalement distinctes et indépendantes des fisses nasales ou grandes fi)sses^ Elles sont formées parla peau , qui sert latéralement de paroi à la cavité échancrée que laissent les os maxillaires entr'eux et l'épine des os du nez. Elle se réfléchit, s'enfonce et se prolonge en montant jusqu'au principe de celte épine, où, d'une part.

elle est une sorte de cloison qui divise les uns et les autres de ces os, et où, de Tautre, elle forme les fausses narines, c'est à dire une poche ou une cavité de cinq à six pouces environ de longueur, en ma* nîère de sac borgne ou de cul'de«*sac. Cette poche retient une portion de Tair, qui aborde avec impétuo* site dans les fosses} elle recèle en mêBie temps une portion des corps odorifères et acti&y dont la trop vive impulsion et la trop grande quantité auraient incontestablement causé un ébranlement et une irritation capables de blesser , d'éteindre , d'amortir le sentiment, ou de rendre la perception très confuse. Plusieurs confondent cette cavité avec les grandes fosses, dont Tentrée est directelnent derrière le cartilage transversal du c6tédu cartilage moyen, et les maréchaux qui y ont poussé des injections asse:& inutilement et sans efl'et , croyant les adresser dans la vraie route, ne sont pas en petit nombre.

5^. U égalité de V émission de Vair par les deux naseaux} car Tune des deux fosses est embarrassée,, si toutes les deux n'en fournissent pas un même vo-^ lume lors de l'expiration. Tel est aussi un des signes de l'excroissance que l'on nomme polype, et que les auteurs en niaréchalerie ont appelée la souris. J'aperçois dans le cheval une respiration difficile ,. je porte ma main à l'orifice des caoités nasales , et selon l'amplitude du polype, je sens que l'une d'elles ne laisse échapper qu'une très petite portion d'air ^ ou n'en fournit point du tout.

Bu ce qui regarde le nez du cheval , il est certain que la ti^te doit se terminer toujours en dioiinuaut

iosensiblement d'épaisseur y ce qui suppose une dé* gradation proportionnée ; car, dire que cette par-^ tie serait belle ^ en ce que le cheiHil hoircdt dans un verre, c'est se servir d'une expression de marchand et de maquignon , qui n'oifre rien de positif.

De la Bouche.

La bouche n'est pas la partie du cheyal qui exige le moins d'attention. Il est d'autant plus essentiel d'examiner avec soin toutes celles qu'elle comprend y que tels sont le rapport et la relation intimes qu'elles ont ensemble ^ l'arl d'emboucher Tanimal et de l'assujettir par le mors demande des combinaisons infinies pour réparer les défectuosités des unes sans porter la moindre atteinte aux au* très. Ces points divers ne sont pas cependant ceux qui attachent et qui arrêtent les connaisseurs ou les amateurs. Le plus grand nombre n'envisage dans cette partie que les dents , pour s'assurer de l'âge ^ et ils laissent en arrière toutes les autres^ comme si elles n'offraient rien d'important.

II s'agit néanmoins d'envisager dans la bouche en général :

i<>. Ses proportions^ Elle ne doit être ni trop ni trop peu fendue. Dans le premier cas y le mors en force les coins , et les extrémités de l' embouchure s'j trouvant , pour ainsi dire j noyées ^ les font fron« cer et rider > c'est ce qu'on appelle boire la bride, et alors l'embouchure et la gourmette sont si iort déplacées 9 que l'appui est entièrement falsifié. Dans des bouches trop peu fendues, l'embouchure ne trouve

presque point de place, et ne pouvant se loger, ^Ue porte sur les crochets, et fait froncer la lèvre. On doit observer encore que communément les lèvres sont, dans ces sortes de bouches , dures et épaisses, et l'appui des barres dur et faux.

2®. Son tempérament. On entend et Ton doit entendre par belle bouche celle dans laquelle on trouve un appui ferme et léger, c'est à dire celle d'ua cheval ddnt la tête n'est point ébranlée par les differens mouvemens d'une main ferme et bonne , et qui ne s'abandonne point lors de la liberté que cette même main lui accorde dans l'action de rendre. Dételles bouches sont rarement sèches, elles sont au contraires fraîches; le cheval, en goûtant le mors et en le mâchant sans cesse, bat et agite continuellement sa salive , qui se montre alors sous la forme èi écume. On peut dire que la bonté de cette partie et sa grande facilité naissent principalement de la légèreté de l'animal, de sa bonne inclination , de sa franchise, de son haleine, de la capacité naturelle de ses membres, etc.; comme son incertitude, qui caractérise ce qu'on appelle des bouches égarées, procède souvent d'une sensibilité et d'une faiblesse naturelles, de la conformation irrégulière de quelques unes des portions de son corps, de quelques maux dont les jarrets, les pieds, les jambes et les reins peuvent être atteints , de la dureté des premières embouchures , de la forte application des gourmettes mal ordonnées, des efforts excessifs d'une main , dont les mouvemens ont été aussi cruels qu'importuns et irrésolus, de la lenteur et

de la faiblesse de celle quî^ n'ayant aucune fermeté^ a permis au cheval de se livrer, à mille actions vagues, dans lesquelles il s'est offensé et blessé luimême en s^appuyant inconsidérément^ des leçons douDees sans ordre et saps jugement , des arrêts «ubitset trop précipités^ etc.; et l'on doit ajouter à toutes ces causes ^ qui conduisent l'animal à dérober les barres y à bégayer ^ à se déplacer^ à tourner la tête de côté et d'autre , à se retenir y à s'arrêter, k battre , à tirer à la main, à la forcer, celle d'tia défaut de proportions dans les différentes parties qui entrent dans la composition de sa bouche.

Ces différentes parties sont :

i«. Les lèçres^ Tune antérieure , l'autre poster rieure. Il faut qu'elles n'aient ni trop d'épaisseur, ni trop de largeur, ni trop de mollesse. Une lèpre postérieure trop épaisse , ce qui , comme nous venons de le dire , est le partage des bouches trop peu fendues, supportant totalement l'embouchure , s'oppose à son appui sur les barres. Celle qui n'a pas trop d'épaisseur, mais qui est trop large et moHe , couvre facilement la gencive ; elle se trouve infailliblement alors pressée par le canon, et la bouche du cheval en demeure ouverte , ou du moins amortie j elle appesantit par conséquent l'appui de la main , parce qu'elle empêche le fer qui doit porter sur les barres de prendre nettement et librement sa vraie place j c'est ce que l'on exprime ordinairement , en disant que le chacal s* arme des lèvres. La belle lèi^re est donc celle qui, justement proportionnée ^ et ne péchant par aucun des défauts dont je

viens de parler, est si proprement logée , qu'elle ne permet pas d'apercevoir l'embouchure. Au sur-^ plus y on doit prendre garde à ce qu'elles n'aient point été entamées par des pièces mal polies et mal jointes : en ce cas ^ on ne doit point mettre de mors A l'animal , jusqu'à ce que la blessure soit guérie. On doit iaire attention encore à ce qu'elles ne soient point intérieurement semées d'une multitude de boutons, d'un très petit volume^ et qui empêchent l'animal de manger (i).

5^^. Les barres^ qu'il ne faut pas confondre avec ce que l'on nomme getiche, c'est à dire avec ce tissu compacte et serré ^ ou cette chair d'une espèce singulière , qui couvre les deux &ces du bord alvéo - Iaire des deux mâchoires j s'insinue entre les dents^ environne le collet de chacune d'elles ^ j adhère étroitement^ et les affermit dans leur situation» Elle garnit exactement aussi l'espace uni ou dépourvu de dents et d'alvéoles , qui sépare les ma— cfaelières et les crochets : or , c'est cet intervalle qu'on nomme proprement les barres, dans la mâchoire postérieure. Ici il est bon d'examiner la con* formation naturelle de l'os; il est tranchant dans son bord antérieur ^ mais il s'arrondit du côté de la face externe , et en descendant vers le crochet t

(i) Ou de petits ulcères plus ou moiiK multipliés , coniius sous le no<n ^aphthes, et qui sont une véritable maladie assez commune dans les jeunes chevaux. Voye;z ce que j'en ai dit dans lea Insitructions et Observations sur les maladies des animaux domestiques f tome IV, 2«. partie. {£.)

or y c^eat prëcisëment sur cet arrondissement ^ ou sur cette partie mi-ronde f que doit être £xë Tappui de reiubouchure^ en prenant garde néanmoins de ne pas l'asseoir si fort à l'extrémité du dehors de la barre 9 que Temboucliure puisse trébucher sur le bas de la gencwe} car, alors ^ sa situation étant &Q$se 9 l'appui serait désordonné. Il &ut aussi fiure attention à ne pas le faire porter sur la partie la plus haute , parce que la chair qui s'y trouve f étant pressée entre le tranchant de l'os et le fer, serait tellement offensée^ que la douleur contraindrait Tanimal à tenir la bouche ouverte 9 à grimacer^ à remuer la mâchoire sans cesse de côté et d'autre^ pour dérober les barres : c'est ce que nous appelons faire les forces*

3^. La conformation de ces mêmes barres, qui ne doivent être ni trop hautes ni trop basses. Trop de sensibilité et trop de délicatesse accompagnent or* dinairement le premier de ces défauts. Elles sont d'ailleurs , et alors ^ beaucoup plus exposées à l'action de l'embouchure 9 parce que la langue de l'animai n'en partage point ou en partage très peu rim pression, et ces sortes de barres sont aisément? endommagées. Nous voyons même que cette hauteur excessive et superflue les rend incapables de l'habitude du plus léger appui. Que si quelque&is des chevaux y en qui ces parties pèchent par le trop d'élévation y ont néanmoins la bouche dure, cette dureté ne peut être que l'eiFet des cicatrices et des sortes de cal us qui ont suivi les meurtrissures et les^ plaies occasionées par des embouchures mal ordon*

nées, et assez souvent par la dureté de mains ignorantes et cruelles; plaies qui, renouvelées sans xesse par la même impression qui les a produites y ne se consolident que difficilement : aussi est-il très essentiel de ne pas négliger de voir si les barres sont calleuses ou entamées, ou même rompues. Que pourrait-on espérer, en efFet, d'une bouche dont ces parties auraient été grièvement blessées ? Elles le sont quelquefois si fortement, que Tos en souffi^e, qu'on y aperçoit un gonflement considérable, une carie, des fistules, etc.

Les barres basses sont communément insensibles , rondes et trop charnues. Au moyen de cette imperfection, la langue est, pour ainsi dire, sur le même niveau ; elle soutient, en conséquence , Tembouchure; elle essuie la plus grande partie de ses effets et des actions de la main du cavalier: de là un nouveau point de dureté , bien plus difficile à corriger et à vaincre, que si l'insensibilité ne naissait que du seul défaut de hauteur; Il n'est pas impossible aussi que des chevaux dont les barres sont basses et l'appui très dur fassent sentir à la main * une véritable irrésolution, qui proviendra alors des blessures que la langue ou les lèvres auront éprouvées de la part du mors, soit qu'il ait porté trop vivement sur la première de ces parties, soit que des pièces mal polies et mal jointes aient endommaaél es autres.

4^. La langue, logée dans l'espaceq ue laissent intérieurement entr'elles les deux branches de l'os do la mâchoire postérieure 5 c'est aussi cet espace

que Von nomme le canal. L^ trop d'épaisseur de

la langue doit nécessairement rendre la bouche dure,

les barres étant, en eiFet, alors à Tabri de Tefiet

de rembouchure ; et si le canal qui la reçoit n'a ni

assez de largeur ni assez de profondeur, l'élévation

et la saillie de cette partie reçue produiront le

même inconvénient. Il est , au surplus , des langues

pendantes, il est des langues serpentines. Une Za/i-

gue pendante est fort désagréable à la vue ; les larh

gués serpentines remuent sans cesse , elles rentrent

et sortent à tout moment, elles is'arrétent fort peu

dedans et dehors ,Net elles sont fort incommodes (i).

On voit encore des chevaux qui, étant embouchés,

replient leur langue^ et la doublent; d'autres la

passent par dessus le mors; ces sortes de chevaux

tiennent toujours la bouche ouverte ; il est possible

de remédier à ces imperfections par la tournure et

le choix des embouchures. Nous ajouterons que la

langue peut avoir été ébréchée par une trop forte

compression du fer, et coupée par celle des filets,

ou le plus communément par des cordes, ou par

les longes du licou, que de très mauvais palefreniers

auront passées très indiscrètement dans la bouche.

* Elle peut aussi être attaquée d'une tumeur chan-

(i) Quelques écuyers remédiaient à ce défaut par Pampu* talion de l'extrémité excédante de la langue ^ cette opération| qui n'est ni difficile à pratiquer, ni dangereuse pour l'animali était fréquemment en usage autrefois, surtout en Italie } mais aujourd'hui que Part de Pembouchure a été simplifié et réduit à de vrais principes, on y a généralement moins recours. (É,)

(64) creuse , qui y la rongeant en très peu de temps sans qu'on s'en aperçoive ^ en cause quelquefi>is la chute. C'est cette même tumeur qui arrive dans des maladies ëpizootiquesy non seulement aux chevaux ^ mais aux bétes à cornes. Nous croirons assez volontiers que ce mal est le même que celui que les anciens appelaient pinsanesse»

Quant au canal, il est évident que le tissu qui a formé les gencives diminue notablement de volume à l'extrémité postérieure du bord alvéolaire interne de la mâchoire dont il s'agit icij il se oon* fond avec la membrane interne de la bouche , et finit de chaque côté par un repli ou une couture , en manière de raphé ^ que l'on rehiarque dans ce même canal et sous la langue. De ces replis partent les excroissances ou les allongemens f en forme de nageoires de poissons que nous connaissons sous le nom de barbes ou de barbillons, et qui font que les chevaux qui en sont atteints boivent difficilement (i).

f^mm^m^^^i^^mmmmm^m^m^mmm^m^^i^^mK^^

(i) Ces excroissances naturelles) et plus ou moins prolongées dans certains chevaux, ne les empêchent aucunement de boire ; c'est un préjugé auquel il est étonnant que Bourgelât ait donné quelque crédit ; ce sont les extrémités des canaux sécrétoîres des glandes maxillaires y qui versent la salive dans la bouche. Voyez, dans le Précis anatomique déjà cité , le Précis splanchnologique , tome II , troisième partie ^ art. 4o3, page 382. On sent que l'opération de couper les barbes y recommandée par plusieurs hippiatres , est aussi absurde que celle d'extirper la caroncule lacrymale et la membrane clignotante , opération contre laqtielle Bourgeiai s'est élevé avec tant de raison. CE.)

S\ Le palais, qui ne doit point être trop charnu; On sait que le tissu dont sont formées les gencives f dans la mâchoire antérieure ^ accroît considérablement en consistance » à mesure qu'il parvient à la voûte palatine. Il la tapisse entièrement, et là il est muni d'éminences et rempli de sillons , évidemment transverses dans le cheval ^ et fort obscurs dans l'homme , qui s'étendent d'un bord de la mâchoire à l'autre y et qui , dans l'animal , sont au nombre de dix-huit ou vingt. Ces rugosités sont comme autant de segmens de cercles, dont le milieu représente

un petit angle aigu. Elles guident le maréchal , qui ordinairement ouvre la veine palatine avec la corne de chamois, entre la quatrième et la cinquième.

Quoi qu'il en soit , si la consistance de ce même tissu est telle que le montant de l'embouchuve doive nécessairement l'atteindre, ou il en sera touché avec force et blessé , et alors le cheval bégaiera , battra à la main j ou il sera touché faiblement , et en ce cas le cheval portera bas , et s'appuiera sans cesse sur le mors, pour fuir une titillation importune. Ce tissu , du côté de la bouche et des gencives, est lisse et poli , même dans les rugosités j dans la face qui regarde la voûte osseuse , il est moins serré et presque spongieux, ce qui facilite son union avec les os , union qui , néanmoins dans de certains cas où le dessèchement et la corrugation sont extrêmes, n'est point telle, qu'il ne puisse en être séparé. Dans de jeunes chevaux , il se prolonge contre na* ture, et de manière à anticiper sur les pinces, alors on dit que l'animal a lafêifeoa le lampas, maladie

( 66 ) qui nVrrive qu'en conséquence du relâchement d u tissu , continuellement abreuvé par la mucosité filtrée et séparée dans la membrane pituitaire , et qui se répand sur celle an palais par les ouvertures que lui présentent les fentes incisives (i). Dans les chevaux d'un certain âge , son épaisseur devient moindre ; aussi regarde-t-on le décharnement du palais comme un signe de vieillesse. On j trouve quelquefois des élevures, des fentes, des boutons provenant de ]a saleté des alimens , d'un fourrage piquant et charge

(i) Cette excroissance , fréquente dans les jeunes chevaux, et surtout beaucoup plus dans ceux des parties septentrionales de la France , à Tépoque de la protrasion des dents , ou immédiatement après, se dissipe peu à peu à mesure que l'animal prend des forces. Le préjugé que cette excroissance empêche les chevaux de manger ne peut avoir aucun fondement pour ceux qui étudient le jeu des mâchoires dans Faction de la mastication ; et si Pon trouve cette excroissance dans quelques chevaux dégoûtés, il n'est pas moins certain qu'elle existe aussi dans beaucoup de chevaux qui ont con* serve leur appétit. On doit sentir, d'après ce qui précède, combien l'opération d'emporter avec l'instrument tranchant, ou de brûler avec le cautère actuel, la, /îève ou le iampas, est inutile et cruelle ; et combien une pareille opération est propre à empêcher les animaux de manger, plutôt qu'à faire disparaître le dégoût, dont il faut chercher la cause dans la douleur que les dents occasionent lors de leur sortie , et dans celle produite par la mastication d'alimens trop durs dans cette circonstance.

Ce mot lampas, que l'on trouve aussi écrit lampast, Fam* pas , empas, nous vient du lampasco, lampasio des écuyers italiens, et sans doute à*împastojare, gêner, ou tVimpastarc, empâter, parce que le palais est gêné, engorgé, empâté» {É,)

(6?) d'épines, de quelqu'inflammation produite pai^.uae cause quelconque , etc.

D'après toutes ces observations, il est aisé de dé^ cider si Texamen de toutes ces portions de la bouche est tellement indifférent, que la plupart de cçux qui se yantent d'être connaisseurs aient. ]rp^£;o|^' de le négliger. Dès que c'est par rentremise.de cette partie , et en y sollicitant telle ou telle sensation plus ou moins vive , que nous déterminons lô cheval à l'obéissance , que nous l'invitons à telle action , que nous en réglons les monvemens, et que nous en fixons la précision et la justesse^ il £iut du moins que nous nous {assurions de la possibilité des coujditions auxquelles nous pouvons le soumettre. Les principes d'après lesquels l'éperonnipr devrait agir; portent sur la connaissance parfaite de la coiiforma^ tion de la bouche, de la conformation de quelques^ parties de l'animal , des situations respectives que la nature leur a assignées . dans chaque individu , des rapports de force , de sensibilité et de mouvemens qu'elle a mis entr' elles et les autres portions du corps > et , enfin , des effets mécaniques de cettç machine simple y destinée à entretenir , comme milieu , l'intime réciprocité du sentiment de la bouche de Tanimal et de la main du cavalier : or y nous sommes bien certain que l'ouvrier, par lui-même , quelqu'élégance, quelque solidité, quelque propreté qu'il mette d'ailleurs dans les formes, d^ans la coi^struction et dans l'exécution , n'est nullemei\t guidé par de telles lumières. Ce serait donc à l'homme de cheval, à l'homme véritablement instruit , et connaisseur , à

le diriger dans les différentes tournures , comme dans les différentes dimensions à donner aux parties du mors , et à lui en apprendre les résultats y dont cependant il faut convenir que la théorie générale des leviers ne donne pas toutes les solutions , parce qu'il entre dans les calculs auxquels on pourrait s'abandonner en la* consultant une multitude d'é* lémens purement physiques ^ qu'il est de toute impossibilité d'apprécier.

De la Barbe.

Les branches d'un mors de bride doivent être considérées comme un levier engagé entre deux points opposés de résistance. Ces deux" points de résistance sont les barres et la barbe* Le levier asit sur les barres par l'embouchure ^ qui doit être regardée comme une partie de ce levier ^ puisque ^ dans l'action et le repos y ses parties sont , à Fégard de celle de la branche qui la porte, dans la même situation , dans le même arrangement ^ et qu'elles n'kgissent directement que par le mouvement de cette branche. Il agit sur la barbe p^r la gourmette y qui en fait aussi portion, parce qu'elle n'agit que par sa tension , qui la rend contiguê au levier, et ne peut souffrir aucun dérangement dans ses parties de la part de la puissance appliquée , et qu'enfin sa tension est toujours relative à l'action du levier , comme J'efiet du levier est dépendant de sa tension et de son appui.

Il s'agit donc de considérer dans la barbe :

I*, hc point sensible. On sait qu'à la partie infé-

rieure du bord postérieur de l'os de la mâclioire postérieure y il est une arête résultant de la réunion des deux branches; que ^e bord devient toujours plus tranchant à mesure qu'il approche de la symphyse, et que cette arête se noie et s'évanouit dans la convexité que Ton appelle le meiutan •* or, c'est cette arête qui form-e le point sensible de la barbe f c'est sur elle que la gourmette exerce son impression et doit faire effet; aussi disons-nous qu'elle doit porter dans le milieu , et non sur les côtés de l'os de la mâchoire. On exige avec raison que cette même gourmette appuie et repose sur celle de ses faces qui se trouve plate ; mais on n^a indiqué jusqu'ici aucun moyen sûr de distingua cette face des autres ; aussi voyon»>nou& des régimens entiers^ et nombre de cavaliers et de cochers , dont les che<vaux sont très mal gourmés (i). Il eût été assez simple cependant de prescrire une règle certaine y en apprenant à ceux que l'on voudrait instruire que cette partie du mors est toujours inévitablement sur la face désirée , lorsqu'après qu'elle a été mise ea place on ne peut apercevoir aucune des extrémités des mailles dont elle est formée.

2^« La conformation* Elle doit tenir un ^uste milieu entre la figure plate et concave , et celle qui, serait d'une hauteur excessive ; dans l'un eC dans l'au-

(I) Puisque ^instrument f^di^^Me gourmette ,. il faut nécessairement dire x des chevaux bien ou vtaA goupnetùés. Cette dernière ex^nression, d^ailleurs, ne laisse après elle aucune des équivoques que peut entraijQier la première ^ relativement à la maladie appelée gourme^ {É,)

tre de ces cas*, la gourmette ne peut y être fixement assurée. Sî elle est^ au surplus 9 charnue ^ cicatrisée , calleuse^ garnie *de beaucoup de poils, le s^itiment qu'elle doit avoir ne peut qu'être plus ou moms fortement énkoussé (1) • , :

3^ Ses proportions avec les parties de lai abouché. Sa grande sensibilité est un véritable défaiit jr surtout lorsque l'intérieur de la bouche n'est pas assez solide;- comme 9 par exemple, lorsque les barres sont trop élevées et trop trandbantes , et que le canal se trouve en même temps trop profond, et la langue trop enfoncée dans ce même canal; car, àè^ loTs on ne peut concilier , combiner et proportionner les appuis , c'est à dire, adoucir celui de la gourmette , et augmenter le point dé celui que l'em • bonichùré doit faire* sur les barres.

Z)e VAuge ou de la Ganache.

De même que l'espace qui est entre les deux branches de la mâchoire postérieure forme ce qu'on apprfle intérieurement le canal , il en résulte extiérieureinent ce que nous nommons Vauge ou la ganache. On considérera :

M>Éi

(1) Qaelqilétbîs on y remarqua une plaie, une fistule, quVccompaghe souvent la carie de Po& de la mâc]boîre; celfe* ci s e d é cèl e parla- mauyaîae odeur que répand la fistule. Dans ces cas, Panima.! ne p^tit souffrir la gourmette, il se défiE^nd; les'maquîgndnsremé^nt en partie à ce défaut et le caillent ^ en garnissant la'gôùrmette d'un cuir plat qui en a'môrtit l'action, ou en nê'fnettant que ce cuir seulement en place de gourmette. {E.)

1^. La conformation de ce. même os^ qui^ trop gros, trop rond , couvert de trop de chair, et resserré dès lors à l'angle de la mâchoire , rend la gcu^ nachè carrée, s'oppose à l'entrée ou à l'introduction d'une portion de l'encolure dans Vatige, et par con« séquent à ce que le cheval se place comme il le doit, et fait enfin de la tête une masse difforme y trop volumineuse^ et toujours lourde et pesante.

^^* La netteté de Vauge , ce canal extérieur devant être uni dans toute son étendue y et dégagé de tous corps ou glandes tuméfiées y qui le remplissent dans des circonstances maladives > celles qui se montrent le plus ordinairement alors , soit dans les poulains qui n'ont pas jeté y soit dans les chevaux atteints de la fausse gourme^ de la morfondure y de la morve ^ etc., étant du nombre des glandes qui forment un paquet au dessous de la peau, à la partie supérieure de Y auge , les vaisseaux qui en partent déchargent dans les veines voisines la lymphe qu'ils charrient. Nous devons avertir ici que souvent il est des personnes qui se trompent, en cherchant à s'assurer, par le tact, de l'existence ou de la non-existence de la tuméfaction àes corps glanduleux dans la partie dont il s'agit. On doit, en effet, &ire attention que , fréquemment, l'extrémité de la base de la langue se présente comme un de ces corps au moyen de la saillie qu'elle fait. Pour ne pas se tromper sur cette élévation qui en impose , on passera le doigt sur la barre du cheval, on excitera alors le mouvement de la langue ; à mesure qu'elle se meut, cette extrémité ^ qu'on

prenait pour une glande , participant à ses moave'* mens ^ diminue ; elle disparaît totalement si la langue s'étend hors de la bouche (i).

U Êiut encore prendre garde à l'état de celles qui sont âtuées j une de chaque c6té y au dessous de l'oreille ^ entre la tubérosité de la mâchoire postérieure et le cou. L'inflammation de ces mêmes glandes y l'augmentation de leur volume y leur dureté y sont les signes de la maladie que les maréchaux appellent cwwes. Elles ont obtenu d'eux le même nom y et nous les connaissons ici y comme dans l'honmie y sous celui de parotides*

Des Dents et de la connaissance de PjigeJ^

Le moyen de s'assurer de l'époque de la naissance des animaux et d'en connaître Vâge consiste à observer la marche de la nature dans celui des points où elle est le plus invariable, et où elle s'éloigne le moins des lois et de la route qu'elle s'est prescrite : ainsi ^ la dentition^ c'est à dire le temps marqué pour l'éruption des dents et le terme assigné pour la chute de celles qui doivent tomber et faire place à d'autres qui leur succèdent, étant uniforme etcons-

(i) Ce n'est pas^ au surplus, dans le milieu et à la partie supérieure de Vauge, où se trouTe la base de la langue, quUl faut chercher les glandes dont il est ici question , mais bien sur les côtés , dans la partie moyenne , le loug de la face interne, près Pos} Peogorgement ou la tuméfaction de ces glandes constitue le cheval glandé , et si elles sont en même temps adhérentes et indolentes , le cheval est plus ou moins suspect de morve* {È»)

lante dans tous les chevaux , elle a été regardée comme la règle la plus certaine et la plus propre à faire juger du nombre des années acquises par les uns et par les autres. Nous simplifierons , autant iqu'il sera possible, cette matière, obscurcie par la manière dont elle a été traitée par presque tous les auteurs, Aejetant donc avec soin tout ce que d'autres recherches sur les </^7iti pourraient nous présenter de découvertes curieuses, mais inutiles, et qui dès lors n'enrichiraient pas l'art et l'appauvriraient peut-être , en nous détournant de l'étude des objets nécessaires, nous nous contenterons d'en considérer: i^. Le nombre : le cheval en a quarante ; les ju^ mens communément, n'en ont que trente-six. Il en est néanmoins qui en ont autant que le cheval , et c|ui, comme lui , sont pourvues de crochets ; celles* ci sont appelées bréhaignes. Les uns les déclarent admirables pour le service, et les excluent des haras; les autres les préfèrent dans les haras , et les rejettent pour le service. Des opinions aussi distantes et aussi opposées ne prouvent ni un grand fonds de principes , ni même une sorte d'adresse à mettre à profit les leçons de l'expérience : leçons qui devraient tout au moins concilier les esprits sur des points de fait (i).

(i) Bourgelat laisse lai-méme la question indécise \ mais il est constant, au surplus, et ^observation Pa prouvé, que les jumens bréhaignes sont , comme toutes les autres , également bonnes au service et pour le haras. Le mot bréhan signifiait anciennement et signifie encore, dans quelques endroits, stérile, infécond : ce n'est donc point parce que les jumens

2^« La situation : il en est dans les parties latérales postéiieures y en delà des barres j dans les parties latérale^ , en deçà des barres j et dans les parties antérieures ou inférieures de la bouche. Les premières sont au nombre de yingt-quatre ^ six à chaque côté de chaque mâchoire : on les nomme mâcheliêres ou molaires , elles ne servent en aucune façon à la connaissance et à la distinction de Y âge» Les secondes sont au nombre de quatre y une à chaque côté de chaque mâchoire : les anciens les appelaient écaillons^ nous les appelons crochets. Ces dents sont celles dont les cavales sont ordinairement privées j elles sont très petites en elles , lorsqu'elles en ont : on a vu des chevaux qui n'en avaient point^ mais le cas est rare. Enfin ^ les troisièmes sont au nombre de douze ^ six à chaque mâchoire (i) i et ces douze dents, ainsi que les quatre qui constituent les crochets, sont les seules ,à envisager ici.

3^. La structure : elles sont molles dans leur origine; elles ne présentent alors qu'une vessie membraneuse encore tendre , et garnie à l'extérieur d'une humeur muqueuse. Cette vessie , partagée par diverses cloisons enduites de cette même humeur dans les mâcheliêres y abonde en vaisseaux sanguins et

ont des crochets qu^elles sont appelées bréhaignes , mais parce que Pou croyait que celles qui avaient ces sortes de dents étaient stériles. (JE,)

(i) Celles-ci s'appellent //icÂs/(^e^^ parce, qu'elles servent à couper ou inciser les herbes que l'animal pâture ^ comme les mâcheliêres ou molaires servent à les mâcher ou à les moudre. (É,)

( 75 ) Derveux; elle se durcit insensiblement^ et la substance muqueuse, devenant toujours plus compacte, forme ce que nous appelons le blanc ou V émail. Quoi qu'il en soit, les dents humaines et les dents de l'animal dont il s'agit difièrent en ce que cette petite vessie, fermée en dessus dans le premier, est ouverte dans le second : ainsi la cavité de la dent paraît et se montre au dehors dans celui-ci , tandis qu'elle est intérieure dans l'autre , et qu'on n'en aperçoit pas le moindre vestige* C'est cette même cavité qui s'eflace avec Y âge, et lorsqu'elle est remplie, nous disons que le cheval a ra^é. Il est encore, dans son milieu, une espèce de tache noire, qui souvent disparaît dans la dent rasée ou remplie^ et c'est cette même tache qu'on a désignée par le nom de germe de fèçe,

4^. U éruption : quelques jours après que le poulain est né, bn voit quatre dents qui percent sur le devant de la mâchoire , deux dessus et deux dessous. Peu de temps après , on en voit encore percer quatre autres à chaque côté des premières venues , et toujours deux dessus et deux dessous; enfin, il en pousse , après un certain espatce de temps écoulé , quatre autres, situées à chaque côté des huit premières, en sorte qu'on aperçoit alors douze dents de lait à la partie antérieure de la bouche de l'animal , six dessus et six dessous* Ces dents de lait sont plus petites , plus courtes , plus blanches que celles qui leur succéderont , et que nous appelons dents de cheçal; car celles-ci sont , au contraire , larges , plates , jaunes , et rayées depuis leur collet

( 76 ) OU leur sortie des alvéoles^ jusqu'à la table. On a prétendu que les premières sont encore destituées de cavitë : le £iit est évidemment faux ; elles en ont une comme les secondes, c'est à dire comme les dents de cheval ; et il serait à souhaiter qu'on eût remarqué l'époque précise où cette cavité s'efface successivement en elles y et où ces dents rasent et se remplissent. Les avantages de cette observation seraient la certitude avec laquelle on pourrait distinguer r^tf du jeune animal, jusqu'au moment de la chute de ces mêmes dents; certitude qui nous garantirait du piège qu'on peut nous tendre, en nous vendant un poulain d'une année , d'une constitution forte, et qui aurait bien profité , pour un poulain ayant deux ans. Elle nous sauverait encore de l'erreur à laquelle peut nous conduire la friponnerie et la mauvaise foi de certains maquignons, qui arrachent huit dents de lait à des poulains, pour hâter V éruption des dents de cheval , et qui nous mettent , par ce moyen, dans le cas de penser qu'un poulain d'un an et demi ou deux ans en a quatre, surtout si ces mêmes maquignons ont le soin de frapper adroitement la gencive à l'endroit où îe crochet doit percer, et d'y faire naître une dureté qu'ils présentent comme une preuve que le crochet est prêt à sortir.

5^. Le changement ou la chute. La même règle qui a été suivie dans l'éruption des dents dont nous venons de parler subsiste dans leur mutation. Ces dents ne varient point jusqu'à Y âge de deux ans et demi , trois ans j et la raison de l'incertitude^ de l'é-

poque où d'autres leur succéderont naît de celle dans laquelle tout acheteur doit se trouver relativement à la différence de la nourriture qu'on aura donnée au poulain : s'il a été mis au sec de bonne heure, le changement s'exécutera à deux ans et de* mi; s'il a été nourri plus long-temps à l'herbe , il s'efFectuera plus tard.

Quoi qu'il en soit ^ les premières dents sont , ainsi que nous l'avons dit j au devant de la bouche y deux dessus et deux dessous. Lorsqu'elles feront place à quatre autres ^ rangées dans le même ordre, l'animal aura deux ans et demi, trois ansj et ces nouvelles dents, qui seront des dents de chepal, seront appelées les pinces* .

Les secondes dents de lait sont à côté de ceiles-là , deux dessus et deux dessous; lorsqu'elles tomberont^ l'animal aura trois ans et demi, quatre ans; et ces nouvelles dents seront appelées les mitoyennes. ""

Enfin, lorsqu'il aura acquis quatre ans et demi, cinq ans , les troisièmes dents de lait, situées à côté de celles-ci, deux dessus et deux dessous, feront place à quatre autres^ que nous nommerons les coins. Dans cet état, on dit que l'animal a tout mis; il perd dès lors le nom de poulain, p)ur prendre celui de cheQaL

6^. JJ effacement de la cavité, qui se montre extérieurement dans la table de chacune des secondes dents antérieures. Tant que cette cavité existe dans les unes ou dans les autres de ces dents, on dit , ainsi que nous l'avons observé, que le cheval wiaryu^?^ i^omme on dit qu'il a rasé lorsqu'elles sont toutes

remplies. A l'égard du gei-me de fè^e, il n'importe aucunement à la connaissance de Vâge^ parce que c'est par la cavité subsistante ou évanouie qu'on en peut juger, et non par la présence de cette tache noire, qui n'est d'aucun indice à cet égard.

La marche de la nature est ici la même que dans l'éruption j toutes ces dents raseront à mesure que l'animal avancera en âge ^ et néanmoins jusqu'à un certain période de sa vie; mais les premières sorties seront celles en qui Y effacement aura plus tôt lieu : ainsi , dans un cheval qui à tout mis , c'est à dire dans lequel on trouve les pinces, les mitoyennes et les coins, avec la cavité qu'on remarque dans la table de chacune de ces dents, et qui a, comme nous l'avons dit, quatre ans et demi, cinq ans, les pinces raseront les premières , et leur cavité remplie, l'aiûmal aura six ans. Les mitoyennes raseront ensuite, l'animal aura sept ans. Enfin, les coins étant rasés à leur tour, l'animal aura huit ans.

La mâchoire antérieure n'ayant point de mouvement , les dents logées dans les alvéoles sont moins exposées à l'effet du frottement, aussi ne rasentelles point aussitôt et en même temps que celles de la mâchoire postérieure. Des observations répétées mille fois nous ont appris qu'en suivant le temps où ' elles cessent de marquer ^ on a un renseignement très sûr sur Vàge de l'animal , au delà des huit premières années. En effet, à huit ans et demi , neuf ans , les pinces supérieures rasent j à neuf ans et demi , dix ans , les mitoyennes ; à dix ans et demi ,

( 79 ) onze ans et quelquefois douze ans, les coins; au delà de ce terme de douze aas ^ il ne nous reste plus de signes décisifs , et nous pouvons seulement JAiger de la vieillesse du cheval par la situation de ses dents antérieures , qui semblent porter moins à-plomb les unes sur les autres, et s'avancer sur le devant de la bouche (i), et par les crochets, tant de la mâchoire

(i) Les dents incisives présentent quelquefois, dans de TÎeux cKeTaux, deux caractères tout à fait opposés , qu^il est bon de faire connaître.

Ou ces dents s'allongent, jaunissent, deviennent plus profondément cannelés, ne portent plus les unes sur les autres, se déchaussent, s'écartent à leur collet, et s'avancent, comme le dijt Bourgelat, sur Le devant de la bouche , ou elles restent blanches , serrées , se raccourcissent et s'usent jusqu'au bord de la gencive , qui. quelquefois fait bourlet autour d'elles ^ le palais les déborde comme dans les jeunes chevaux qui ont la fève ou le lampas , les bords en sont très trancfaans \ elles sont fortement enchâssées dans les alvéoles, et elles ressemblent à ce qu'on appelle des chicots.

Ces différences tiennent à la nature des alimens dont les chevaux sont nourris \ ceux qui restent constamment à l'écurie, qui trouvent leur fourrage dans l'auge, ou qui n'ont que la peine de le tirer du râtelier, n'usent point les incisives y qui n'ont, pour ainsi dire, aucun travail à faire \ tandis que dans ceux qui pâturent, au contraire, ces dents ont à faire tout le travail pour lequel la nature les a destinées : l'usure a lieu d'autant plus vite que les pâturages sont plus secs et les herbes plus dures ; aussi voit-on les cbevaux nourris dans les landes, sur les bruyères et dans l«s bois , avoir les dents incisives usées plus promptement que les autres*

Il n'en faut pas moins conclure, malgré ces différences ^

( 8o ) postérieure que de Tantërieure y qui sont alors af^ roudis , émoussés ^ et qui ont perdu toute leur can« nelure(f).

Nous croyons devoir ajouter que Téruption des dents que nous nommons ainsi ne peut jamais être une preuve certaine des termes différens et apercevables de la vie de l'animaU Tous c^ux qui s'en feront un principe de décision tomberont dans Terreur par une infinité de raisons ; la première est que les jumens n'en ont pas ordinairement : or, comment en arbitreraient-ils Y âge? La seconde est que l'on a vu des chevaux qui en étaient privés ; la troisième y que leur protrusion n'a pas toi|^*ours lieu dans un ordre fixe et constant , les crochets de la mâchoire postérieure perçant communément à trois ans et demi , quatre ans , ceux de la mâchoire antérieure à quatre ans , quatre ans et demi , mais quelquefois les premiers étant prévenus par les seconds : d'où il suit que les personnes qui s'attachent à là considé-

que les chevaux qui ont les dents incisives longues et décharnées , et ceux qui les ont très courtes et très usées sont également vieux. Ces derniers sont plus facilement contre^ marqués par les maquignons, qui les font passer pour beaucoup plus jeunes quHls ne le sont réellemeat y aux yeux de& personnes peu attentives. {È.)

(j) Les crochets sont encore ^ dans de vieux chevaux | non seulement arrondis et émoussés, mais usés et aplatis comme les dents dont nous venons de parler, soit par Teffet du mors qui a porté dessus, soit par Teffet des alimens* On remarque aussi quelquefois que ces dents, ainsi que les incisives et les molaires, sont encroûtées, enchâssées à leur base par Hao; espèce de tuf assez dur. {Ê»)

ration de ces dents, partant d'un point non Bolide et non stable^ asseoientleur jugement sur le £>ndeinent le plus faible et le plus fragile.

Au surplus^ tous les indices d'une vieillesse certaine , autres que ceux dont nous avons parlé f et auxquels beaucoup de gens se rapportent encore ^ «ont absolument Ëiux : tel est celui d'un nouveau nœud ou d'une nouvelle vertèbre de la queue qu'on croit survenir à Vàge de quatorze ans ; tel est celui des salières creuses ^ des cils blancs ^ des plis comptes de la lèvre antérieure ^ plis qu'on a dit être en même nombre que les années du cheval; tel est, enfin , le pli conservé dans la peau de l'épaule lorsqu'on l'a pincée, etc.

y^. ha permanence de la c€wité, permanence, qui constitue les chevaux que nous appelons bégus» Il en est de trois espèces. La première comprend ceux qui marquent toujours et à toutes les dents^ la seconde , eeux qui marquent toujours aux mitoyennes et aux coins seuls; la troisième est formée de ceux en qui les coins seuls ne rasent jamais. Il est aisé de reconnaître les chevaux â^^oj de la première espèce, en considérant la profondeur de la cavité des dents. A Vâge de cinq ans iaits , il est certain que celle des pinces doityêtre moins considérable que celle des mitoyennes et des coins, et celle des mitoyennes moins profonde que celle de ces dernières dents : or, dans la supposition d'un cheval bégu de toutes les dents, l'égalité de la cavité des unes et des autres est une preuve qu'il est bégu de la première espèce» Celui qui ne marque qu'aux mitoyennes et aux coins

est facilement aperça bégu^ si Tau' comparé la ca* ^ité de ces dernières dents; quant au cheval bégu de la dent du coin seulement^ il faut recourir 'aux tlerCts de la mâchoire antérieure , dont peot-étte il ne sera pas begu, et examiner l'arrondissement ^ la cannelure des crochets, etc. Les jumens et les chevaux hongres sont plus communément bégiu que les chevaux entiers.

'S^'/La permanence du germe de fèçe, permanence qui constitue les chevaux que l'on pourrait appeler fitux bégui; elle n'annonce rien, la seule marque que l'on doive consulter étant la cavité de la dent»

90. La marqué ou la cai^ité artificielle ^ d'où résuU tent les chevaux dits contre'^marqués. Cette cavité, pratiquée dans les dents ^ quand la cavité naturelle est évanouie , avec un burin d'acier semblable à «celui que l'on emploie pour travailler l'ivoire , est line fraude de la part des maquignons. Cette fraude n'en impose qu'à ceux qui ne considèrent pas atten>» tivenient la deiit. L'objet du maquignon est de per* suader que le cheval qu'il a contre^marqué marque encore ; mais les traits du burin , la facilité d'enlever le germe de fève , imité avec l'encre grasse qui a été vidée dans la cavité factice , ou l'impression du feu , remarquable parUe cercle jaunâtre qu'on aperçoit aux environs du trou fait dans l^deM quand elle a ét^ brûlée, garantissent aisément du piège, surtout si l'on a soin de nettoyer ces parties de l'écume, excitée par la mie de pain séchée et pilée avise du sel , que ces mêmes maquignons ont attenticm de

mettre dans la bouche de l'animal^ à l'èl&t de mieux déguiser la fourberie (i).

io^« Les auttes marques qui peuvent indiquer le cbeval qui a le tic» Nous appelons de ce nom toute habitude contractée, de quelque nature qu'elle puisse être. Ainsi le cheval qui se berce continuellement de droite à gauche et de gauche à droite a le tic, et ce tic est le tic de Vours, parce que ces sortes' d'animaux solit sans cesse en mouvement. Celui qui se campe mal, qui mord, qui rue, en qui Ton remarque» , enfin , une action fréquente et réitérée , consistant à ronger la mangeoire ou le râtelier avec les dents de la mâchoire antérieure et postérieure, ou de l'une de ces mâchoires seule* ment, cette action étant suivie et accompagnée d'un bruit ou d'une flatuosité désagréable, soit qu'elle soit encore exécutée en l'air, ou sur la bride ^ ou sur le timon , est un cheval tiqueur, 1\ est aisé de reconnaître aux dents ceux qui tUfuent sur la man* geoire, sur le râtelier et sur le timon* Dans le cas où ils appuient toutes les dents, les mitoyennes et les pinces de dessus et dessous paraissent usées}

(i) Les maquignons raccourcissent encore les dents ^ en les limant lorsqu'elles sont trop longues '^ et ils les contre^ marquent eiisxL\le. Cette Fraude est d*auWnt plus facile à reconnaîtra, que lès dents raccourcies ne ^ont plus à plomb les unes sur les autres dans les deux mâchoirëâ, et qu^il resle entr'elles, lorsque- la boucKe est fermée, un espace -vide. Cet espace vient de ce que les dents mâcKelières étant poussées' dans la même projportion que les^ incisives , et n^'ayant point été raccourcies comme celles-ci, empêcheftf, lorsqu'elles se touchent, les incisives d'en faire autant. i^ÉJ)' •

dans celui où ils n'emploient que les dents de Tune ou de l'autre mâchoire, ces mêmes dents, c'est à dire les mitoyennes et les pinces de la mâchoire dont ils tiquent, sont très différentes de celles dont ils ne tiquent 'pas.

Il est bon de savoir encore que l'éruption des dents antérieures, et plus communément encore celle des crochets, est extrêmement douloureuse .La protrusion violente de ceux-ci cause des flux de ventre ou diarrhées considérables, et souvent l'obscurcissement de la vue. La sortie des dents molaires ne produit pas les mêmes inconvéniens. Celles-ci ont des aspérités dans les chevaux avancés en âge, elles les incommodent beaucoup, en ce que la langue et les joues en sont piquées et offensées. Dans cet état, ih ne peuvent broyer les alimens , ils n'en tirent que le suc. Des pelotons de foin mâché, ^t en réserve entre les joues et les dents, tombent â terre ou dans la mangeoire : c'est ce que l'on exprime en disant que le cheval fait grenier ou fait magasin.

Nous ajouterons -que les dents de cheval sont encore sujettes à la carie , mais beaucoup moins que celles de l'homme ; qu^il est des chevaux qui ont des surdents, c^est â dire des dents surnuméraires poussées à l'une et à l'autre mâchoire, soit en dehors, soit en dedans {i)^ enfin, qu'il est des dents (^ue

(i) Ces surdents ne sont le plus souvent que des cletits de lait retenues , au moment de leur chute ^ entre les dents de cheval f de manière à ne pouvoir tomber j on en voit quel* q.uefois entre les incisives : elles sont bien plus fcéquemoient p^cées en dehpx;s qu'en dedans, (a.)

nous appelons dents de loup^ et telles sont celles qui s'avancent en dedans ou en dehors y et qui , n'étant pas dans leur situation naturelle^ fatiguent considérablement ranimai. Les premières au dessus,des crochets 9 et quelquefois les crochets eux-mêmes , sont dans cette position (i)..

De V Encolure.

U encolure donne à l'animal, dans son avanfimain 9 des graqes, de la beauté , de la noblesse et de l'agrément. Sa bonne ou sa mauvaise conformar tion décide aussi , en partie,, des qualités qu^on re» cherche en lui. On en considérera t

lo. La longueur^ qui doit être proportionnee.au corps , et elle sera telle si elle égale celle de la tête.

(i) Avant de q^uitter la tête, on doit observer quHl est encore sur cette pa^^îe , principalement autour des yeux , du nez^y des lèvres, du menton el de la l>arbe, des pbi/s isolés , beaucoup plus longs que cetuc qui couvrent le r^ste du corps de Paniipal, plus forts, et de la< nature des crins. Ces poils, qu'on ne rencontre qu'en petite quantité dans les chevaux fins, sont plus abondans dans les chevaux communs, et surtout dans les chevaux entiers, que dans les jumens et dans les chevaux hongres. On les coupe ou on les arrache ordinairement^ et il est certain ijue^ dans l^tat de domesticité^ ils deviennent^ iiuitlles au but pour lequel la nature les avait placés sur cette partie.

Il est aussi des chevaux qui ont au bout du nez , sur kk lèvre antérieure, de chaque côté, une petite touffe de poils plus forts que ceux du reste' de la robe et qu'on ne les trouve ordinairement dans cette partie : ces poils forment de véritables 7i»oii«iâcAe^ qu\>iir ae doit pas omettre dans les signa« lemens. (JE,)

Des encolures courtes sont ordinairement épaisses et ckai'gées'; elles rendent le cfaeval pesant à la main r d'une autre patt, lès encolures molles eï effilées sont faibles ; les chevaux en qui elles sont ainsi conformées battent sans cesse A la main ; ils ne peuvent soutenir un appui ferme, comme ceux en qui elles ont trop d^épaisseur pnt ordinairement un appui sourd. Celte partie étant un corps intermédiaire entre la' main éxx cavalier et la bbùcîie du çbeval^ on 4oit comprendre que trop de flexibilité ou d'in- §}eàtibîlité influe nécessairement sur la bonté et la s^a^'bilité de la bouche.

:2^. La sortie du garrot. Une encoîUre bien sortie-^ Uionte et s'elèVe siir-le-çhamp, en diminuant imperceptiblement et peu à peu d*épaisseur jûsqu^à la tête^ et en se contournant., à mesure qu'elle ea. appfoçhjç. L^ perfection d^ ce contour ibrm« ce que i^ous^ppelons dés encolures bien rouées. Si le contour, Farç ou la rondeur se trouvent en dessous, au lieu d'être en dessus, l'^/ico/ure est dite reiwerséc. ou encolure de cerf: alors elle ne sort point directement du garrot, elle naît d'une espèce d'enfpnçe-, ment qu'on appelle coup de hache ^ elle donne au; çhevial la facilité de s'ai^mèr. il iaût aussi* que la pai^tie inférieure d'une encolure bien •se^rtie descende jusqu'au poitrail en forme de talus j si, au contraire, elle tombe à plomb, elle est Aile fausse; et lorsque la partie supérieure tombe, incline et penche plus. 4'un côté que d'uiji autre , elle est 4it^ penchantes celles- ci î bien loin d'être tranchante, comme >elles 4piyent l'être, près de la crinière, sont, en cet^

endroit 9 très charnues^ et c'est sous le poids de cette chair que cette même partie succombe. Ce dé&ut existe dans la plupart des chevaux entiers d^un certain âge (i).

3®. Les crins on la crinière* Ils doivent étçe longa et en petite quantité ; V encolure ne doit point en être surchargée , elle en doit être médiocrement garnie; une crinière large et tr<^ fournie gâte cette pailie^ et elle exige 4es soins extrêmes de la part des palefreniers. Elle est assez ordinairement trop épaisse dans les chevaux entiers ; on y remédie en arrachant une certaine portion des crins qui la forment {2). Les chevaux de trait et ^e labour, en qui ce défaut existe 9 surtout dans la partie qui avoisine le garrot, et à V encolure desquels oii observe quantité de pUs^ sont mi jets à^ utie espèce de gale qui corrode le poil et &i^ tom'Wr les crinsi, Cette gale ou cette nsaladie a été appelée le roux ineux.

On doit prendre garde aussi qu41 n'y ait, dans le

■ ■ ■ l ' A ■ J VJ "J t* L»l ' ■ ^ ii ,J ■> ■ ' ; ■ « I ■ I » I I ■ H ■

( I ) La fojçniQ dje }Je/^col^re varie dai^s les difTérentes xacc^ de chevaux y ell^ esc même un caractère distiqctifde quelques unes ; il en est daps lesquelles une encolure bien rouée serait un défaut. Voyez ce qui a été dit à ce sujets en parlant des cheTau3( arabes , dans Flnsiniction sur M Amélioration des chevaux en France. (JS.)

(2)~La crinièw est ordtnoiremeixt coudiée ou tombante sur un des oêtés âe'Venoolure ; lorsque les crins sont trop abondons , on les dirige également des deux càxés , on dit aJors que la crinière est double^ quelquefois on la coupe dans toute sa longueur à un ou deux pouces de la ba^e des cfii^ ; elle est dit^^alors en brasse^.en vér^ite ou d la housarde. (É^)

cheval y aucune tumeur sur le sommet' de Vencolare^ près de la tête , ou sur Le sommet de la tête même ^ entre les deux oreilles;ces tumeurs^ de Fe^ècede celles qu'on appelle dans l'homme le talpa et le tesitudo^ ayant souvent des. suites^très dangereuses (i)*

£)u Garrots

On doit considérer dans le garrot :

i<>. La hauteur., Plus il est élevé ^ plus l'encalare paraît belle* S'il est has^ aa conlrsùre ^ Tencohire semble touj^ours mal sortie; et la selle ^ ne pouvant être fixée et se tenir à sa place ^ ayauce et porte co]}tijiuellemeBt sur les é{>aules». .

2<>. La conformation^ U doit être tranchast et décharné. Trop de chair opère soii arrondissement» IL Q'en est que plus aisément fou^é, meurUi et blessé^ soit dans le cas oii une selle dont lesarçc^os^ trop larges ou entr 'ouverts 9 en laisseraient descen-^ dre l'aiicade sur cette partie y soit d^s celui <}& la morsure d'un autre cheyal^de quelques coups ^d^un frottement violent contre un corps dur quelconque, etc.j et toute blessure en cet endroit peut devenir une maladie grave (a). D'ailleurs, il arrive rarement que le garrot soit chjarnuj et,que les épauler, soient déchargées*

i| t iw I I I I iia p i pi II n 'il

(i) Voyez la description et le traitement de cette maladie par Ckahert,, dans les Instructions et Observations- sur les maladies des animaux, domestiques^ déjài citées ^ tome 11^ H^. partie. (JE.)

(2) Cet accident s^appelle mal de garrot, et le cheva( ^ui eo est affecté est dit garrotté ou dégarrotté. {E.)

Du Poitrail.

Il &ut examiner dans le poitrail :

La largeur. L'étroitesse de cette partie est un indice de la faiblesse de l'animal. Elle doit être proportionnée au Yoiume et à la masse du corps, car il peut se &ire que dans tels chevaux elle pèche pour être trop large ^ comme dans d'autres pour être trop rétrécie.

Une tumeur accompagnée de la fièvre, et quî se montre sur cette partie, peut être une maladie dangereuse , que nous nommons ancœur^ ou aiiti" cœur^ ou apantcœur(^i^,

DES EXTRiÉMlTES AHTE&IEURBS.

De VËpaule et du S ras.

On doit se. rappeler que nous avoiié dé)à fait meijitidn de l'erreur dans laquelle un tombe en con^ fondant V épaule et le bras.^ et en né faisant qu'une seule partie de ces deux portions supéiieoi^s del'extrémité dont il s'agit : l'une et l'autre semblent^ à la vérité^ n'en présentet qu'une extérieurement; mais l'omoplate , qui fornne l'^/^au/^^ fait des n»ou-

(]) Une autre tumeur dure, indolente , l'onde^ pitisr oir juoixis volumineuse 9 connue sou» le nom de loape^ se montre aussi sur Pun ou l'autre côté au poitrail , et quelquefois dans le milieu ^ cette tumeur^ plus fréquente dans les cheTaux de trait , et qui est la suite de contusions , du frottement dû collier ou de la bricolé , est d^autant plus à redouter, qu'elle metle chevalhors d'état de travailler pendant long-temps. (JE,)

(9o) yemens opérés par les muscles qui lui sont proprés; cette partie est portée par eux en ayant ^ en arrière ^ en haut, en bas^ et elKd est rapprochée des c6tes^ «tandis que Thumérus y d'où réaolte ce que nous appelons le bras^ participe non iseulecaent des mouve* mens, mai^ en exécute lui<»niêaie 0a a^ant^ ^jx arrière^ en dedans 9 en dehors ^^ eu rqpd et e^^|nanière de pÎTot , vu son articulation ps^r g^npu aVec l'omo* plate, et au moyen des organes moteurs qui lui ont été départis*

On considérera dans V épaule eldâ.n^ \e kras : 1^. La /orme. Ces paxties dcÂvent ^tr^: plates; lorsqu'elles sont rondes , grosses et trç|> .Qha^gé^a.tde chair, l'animal est pesant, il se lasse facilement, il bronche , et Je poids éiKHrme'^upporté par les jambes de devant en occasiope bientôt la ruine.. Il ne faut pas cependant qu'elles soient décharnées ^ le tissu de leurs muscles serait alors cpmposé 4e moins dé fibres ou de fibres iplus minces) leor fopoe'en serait donc moins considérable, et ces parties ne pourraient que devenir; débiles, iiprès ^ub certain temps de travail.

2?. Les mouaemens^ qui doivent être eotactement libres : tout cheval en qui ces ppisties ne sont pas agissantes Jie marche ^mais agréabl e m e n t et sâre~ meiit. L'action ne partant., pour ainsi dire, alors que de la jambe, est toujours contrain'te, et toute action contrainte est nécessairement privée de fermeté, de solidité et de grâce. Si ces parties ne sont que nouées en quelque façon , o^ aimplefnei;it engouKdie^^ le défaut de liberté peut j$e réparer par

l'art et par Texercice. Il n'en est pas de même lorsqu'un vice de conformation est la source de leur iBaction ou de leur paresse^ oomme quand les bras sont cheifillesy paraissent attachés Ton à l'autre , et sont serres et Ués, en qîfelque sorte, par une che-* nlle^ pour me servir de l'expression en usage. Il est rare aussi qu'on puisse triompher de leur -froideur, ordânairement eâractënsée parle défaut de mouvement et par la douleur qui j est jmnte, «sel^n la différence des causes qui y ont donné lieu ; et le dessèchement dé ces parties, dans lesquelles la cirr culation ne s'exécute pas parfaitement, les liqueurs ne pouvant parvenir dans les dernières ramifications, soit à raison â'tin trop loi;kg repos , soit à raison de l'interoeptîiÀi des esprits animaux, ne doit p»s lais* ser plus d'espérance (i).

Pu reste, «Oki doit iairé attention à ce que i'ac-^ tion de ces mêmes parties soit franche, et s'efïectue dans la Section naturelle qu'elles doivent suivre y eu égard aux difïërens mouvemens qui leur sont permis; car si l'animal fauche en cheminanif, c-est k dire s'il décrit un demi-^cerele en dehors et de côté avec la jambe, au lieu de la porter en ^vant au moment où il doit marcher, il y a écart q\\ effort^ c'est à dire une disjonction ou une séparation forcée du bras d^avec le coips; et celte di^joncHon , portée

(i) Dans ce cas , on dit que le cheval a les épaules froides y^ ou quHl est pris des épatties. Ce vice est fréquent dans les chevaux anglais et dans ceux qui en descendent, suKtoul lorsqaUls travaillent sur le pavé. {É.)

(90 au dernier degré de violence^ constitué ce que nous

appelons entr^ouuerture. L'action de faucher pro« vient donc^ dans ces cas 9 de la douleur que l'asimal ressent, et de Tengorgement qu'occasione* la lymphe extra vasée et épaissie en plus ou moin» grande quantité entre le bras et les côtes^ et quelquefois entre les côtes et l'omoplate , eu suite de la rupture et de la dilacération des vaisseaux qui la contiennent. Selon les degrés du mal^ }a claudication est plus ou moins grande ; on distinguera celle qui pourrait avoir pour principe un heurt ^ un coup ^ ou un froissement causé par les mamelles de l'arçon, à Tenflure de la partie, et à la. douleur que l'animal témoignera lorsque l'on tet^era de mouvoir son bras en avant et en arrière. Au. surplus, lorsque la claudication procède de V épaule et du hras, ordinairement elle e^t moindre quand l'animal ayant marché , ces parties sie trouvent écjiaufiées : au lieu que, quand elle procède du ^pied^ l'animal^ après le plus léger exercice, boite toujours davan* tagts(i).

De VAifant^Bras.

Uaçant'bras^ pris jusqu'à présent pour le bras^ résulte de l'os que nous nommons cubitus. On en considérera : '

1°. La longueur, qui doit être proportionnée , soit à l'épaisseur du corps-, soit à la hauteur de l'animal , soit, enfin , aux justes dimensions des autres

(1) Cest cequ^on appelle communément vieille boiterie , ou boiterie de vieux mal. (É.)

parties qui terminent les extrémités antérieures. Un avant'bras trop court est un vice essentiel de conformation y en ce que dès lors le canon se trouve nécessairement plus long, son étendue devant suppléer à celle qui manque dans le cubitus : or, dès que le canon, infiniment moins considérable et moins volumineux que le cubitus^ et formant la partie la plus menue de la jambe , réparera , par son plus de longueur, la brièveté de V <want4iras , l'extrémité eu sera beaucoup plus faible et sujette à une ruine plus prochaine. Il est vrai que les mou* vemens de l'animal en paraîtront plus beaux, en ce qu'ils seront plus relevés, puisque, l'articulation du genou étant dans une situation plus haute, le cheval troussera davantage , et fera montre de beaucoup plus de liberté et de ressort ; mais cette apparence de vigueur d'action est trompeuse , et n'en impose qu'aux yeux.

2^. La laideur. Cette partie devant être pourvue de muscles considérables et bien prononcés , c'est alors qu'on dit, en se servant, à la vérité, d'une expression très impropre ^ que Vavant-bras est ner^ veux. S'il est maigre et peu fourni, il péchera par le défaut de force, dé&ut qui naîtra de la moindre quantité ou du peu d'abondance des fibres qui entrent dans la composition des muscles dont le cubitus est recouvert, et qui le soutiennent.

3°. La distance entre Vun et Vautre. Lorsqu'elle est telle qu'elle doit être , le cheval est parfaitement ouçert. Est-elle trop forte ? il ne peut être que chargé : il est par conséquent lourd et pesant. £$t-elle

petite et médiocre? il est serré du devant; ce qui dénote en lui une faiblesse , d'ailleurs prouvée et démontrée par son allure : car il croise et servtre^ taille pour l'ordinaire en marchant.

On dit y au surplus , que les ckevaux sont fi-ayés aux arsy ou dans la partie latérale interne et supérieure de V a»ant^bras ^ lorsqu'il j a écôrchure avec inflammation 9 en suite d'un frottement continuel de cette partie contre le corps. Un voyage de longue haleine occasione cet événement^ surtout lorsque le cuir est naturellement délicat ; mais il ne présente rien de redoutable ^ quoique l'animal en soit souvent incommodé au point de faucher en marchant 9 comme s'il avait fait un écart.

Du Coude.

C'est de l'apophyse oléerâne que dérive le cçude. On en considérera ;

La situation. Sa pointe ou son extrémité supérieure doit être directement vis à vis le grasset , et en opposition à cette partie. Le coudetrop en dedans se trouve nécessairement tourné et serré contre les cAtes ; cette position s'oppose à la liberté de son action et de celle de l'extrémité même. Telle est sa conformation dans la plupart des chevaux que nous nomuïons panards , c'est à dire dans la plupart des chefvaux dont les pieds sont tournés en dehors. Le coude est-il trop en dehors? sa situation donne lieu à un vice directement contraire y et l'animal est dit ca^euxfles pieds sont tournés en dedans; et, soit qu'il marche ; soit qu'il se campe, les pinces se re-

gardent , coninie lés talotis se regardent dans le premier. L'une et l'autre de ces imperfections mettent le cheval hors du degré et du point de force dans lequel il doit être. Il ne peut, en effets se soutenir et cheminer franchement et > sûrement, si le poids de son corps ^ ëleyë sur ses quatre jambes comme sur quatre colonnes y ne porte et ne repose sur une base fixe et solide ^ c'est à dire sur toute l'ëtendue de son pied ; car une partie de ce même pied étant surchargée , il est certain que la machine est dans une position contre nature et peu stable* Or, dans le cheyal panard, la masse est pltis rejetée sur les quartiers de dedans que sur les quartiers de dehors, et dans le cheval cagneux, les quartiers de dehors en supportent , au contraire, la plus grande partie. L'animal , dans l'une et dans l'autre de ces circons* tances y ne peut donc être jabsolument que hors de cet équilibre et de ce point de fermeté qui est le principal fondement et le premier soutien de l'édifice.

On aperçoit quelquefois à la tête ou à la pointe du coude une tumeur dure de l'espèce de celles que nous nommons loupes; quelquefois on n'y rencontre qu'une simple callosité ; l'une et l'autre constituent la maladie appelée du nom A^éponge, dénomination qu'elle tire et qu'elle reçoit de la cause qui la produit; car elle n'est occasionée que par le contact violent et réitéré des éponges du fer qui appuient contre cette partie lorsque les chevaux se couchent en vaches y c'est à dire, lorsqu'étant couchés, leurs jambes sont repliées de manière <|ue

(96 ) leurs talons répondent aux cùudes , et soutiennent presque tout le faix de Tavant-main (i).

JDe la Châtaigne.

On doit considérer dans la châtaigne >*

I*. Son volume , isïédiocre dans les jambes sèches et peu chargées de poils et d'humeurs , est plus considérable dans celles où les liqueurs abondent.

a^. Sa.<:onsistance. Elle augmente en dureté dans le cheval qui vieillit, parce que, les vaisseaux s'oblitérant alors peu à peu ^toutes les parties se dessèchent.

On a soin de la couper lorsqu'elle est trop considérable^ et non de l'arracher , dans la crainte d'occasionar une plaie. y

Du Genou n

On considérera dans le genou •-

1^. Son volume. Il doit être en proportion avec la jambe de l'animal , descendre et se terminer également dans ses parties latérales. Une inégalité éminente sur l'une d'elles est pour l'ordinaire l'effet d*une tumeur de l'os. Nous la nommons osselet: les suites en sont funestes , puisqu'elle tend à priver l'articulation de son jeu naturel.

2^. Sa forme , qui doit être plate et non ronde ; car, dans ce dernier état y elle annoncerait une jambe

(i) Quelquefois aussi c'est une tumeur molle, ulcérée , qui laisse suinter un« humreur roussâtre, dont le siège est dans Le tissu cellulaire, et qui sort en plus grande abondance et comme d'une éponge lorsqu^on la comprime. Peut-être aussi est-ce là une des causes du nom qu'elle porte. (j&.)

fravaTlffie. U en serait de même si cette partie était enflée.

3^. Son effacements Le genou effacé est celiii sur lequel l'avant -bras tombe- perpendiculairement. S'il sort de la ligne perpendiculaire en ayant, l'animal est dit arqué ou brassicourt. Le premier de ces défauts provient d'un travail long ou excessif, et on le reconnaît , surtout dans un animal d'un certain âge , aux différentes maladies dont ses jambes sont d'ailleurs affectées, et qui en décèlent la ruine; il a pour cause enôoreles entraves que l'on métaux poulains. Le second est un vice de conformation. On ne saurait les regarder l'un et l'autre comme iodifférens, puisque, par la iausse position du genou, la jambe perd une grande partie de la fonîe qu'elle aurait sans l'inclinaison de cette- partie.

4^. La distance de l^un à P(iutre. Des genoux trop rapprochés et serrés l'un contre l'autre, les pieds étant écartés , constituent encore les chevaux que nous appelons cagneux , et ceu genoux sont dits genoux de bœuf. Une pareille difformité, dont on doit toujours accuser la nature , les rend incapables de service.

5^. Les poils qui en recouvrent le tégument. Lorsque le genou est dénué de poils , nous disons que le cheval est couronné. La chu te de ces mêmes poils est ordinairement occasionée par celle de l'animal. On doit donc se défier, en pareil cas, de là bonté de ses jambes, à moins qu'on ne soit positivement sûr qu'il s'est couronné ^r accident, comme en heurtant dç cette partie contre l'auge.

Desleates ou des crevasser Ku pli d^gemm, d'où découle une humeur séreuse et fétide , sont nommées malapidres quand eUe$ $pnt longitudinales ^ et râpes quand elles sont transversale* C'est au moyen de ces distinctions puériles et de ces diffërentes déno*minations accordées à des maux qui reconnaissent une seule et même cajuse^ qu^ l'art vétérinaire! est demeuré aussi obscur et aussi confus.

Il est des râpes et des malandre» tellement endurcies, qu'elles embarrassent le mouvement de la jambe I et font boiter ranimai.

Du Canon.

Il &ut considérer dans iè canon :

. i^. Son épaisseur ou son diamètre. Il doi( être proportionné à l'avant-bras. Sa gro$$eUr est-elle trop considérable ? la jambe eii eat défectueuse. Ëst-il trop mince ? l'animal manque de force , à moins que ce défaut ne soit réparé par celle du tendon , comme dans les ckevaux barbes , dans les chevaux turcs , dans les chevaux de la vraie race limousine f etc. 2^. Sa longueur* Voyee -De V Ai^ant^Bra4, page ^%, On a encore très mal à propos multiplié les noms^ icelati veinent aux tumeurs osseuses qui peuvent af* fêcter le canon. On a appelé §uroS une tableur dure, située dans cette partie y ^t qui dépeçd de l'/os même; osselet y cette même tumeur placée $ur le canon Aaws la partie infiérieure de la jambe du côté du boulet ; et fusées^ deux ou plusieurs suvos contigus et les uns sur les autres. On a nommé suros simple celui qui occupe la partie latérale du canons plus commune-

(99} inent l'interne que Teicterae.j iuros ùheédlUs, àsax suros dont Tun à la p^|:tip UféralQ interne^ l'autre à la partie latérale extart^a ^ soiit teU^ment vis à vis l'un de l'autre 9 qu'on dirait que le canon eftttra- Tcrsé par ui\e cheville osseuse ; suros nerçe^, ou mieux suros tendineux y, oeu^c qui avoisioent le tendon; suros près l'articulatiof^^ ceux qui sont près du boulet*

Le surps simplç iâ^ns la p^rûç lat4rdle interne n'offre y pour l'ordinaire , riea 4^; ^ngerf^x^ Il pro* vient quelqi^efo^s d'ui^ yjp^, Hifé^e^ Li^squ'il occupe la partie latérale extçrfke ^ ^t filori^ il p§p|.|i voir de mftuy^ses suites, vu l^.pr^^ppo9^|:iw.4#ll'4pfâ^ . siiseoiient de la lymplie^ qui n'ep <6f<;^\9j9 pki^ 4iftposée è s'arrêter dans les enc^vks où elle i^açt^ontr^ le pli^A d'obstacles k. sa (4f*ci|Mtjoa , e^ cf/^^t s^ns doute dans les os que riésid^a principaleqoi^pl; qet ^bat^e^ Nous, trçuyons nqml^re de chQVAta dont la plupart des vertèbres qoot e^eostosëets p^r cette cause. L^ suros chepillç e§|:; V>i|JQW9 k craindre ; le suros tendinewx^, rend le je^vk des tjendon^ difficile et douloaareux par le p^ss^ige de ces meniez teiidons sur la tumeuiiç çts^eu^e^ le cb<$vid bi^itera {it^s ou moins bas, et pourra devenir incapable de service. Le si^ras^ppàs d^ Vartiç^lçitàQn p ^'ét^ndÀntiaseiisiblen^ent î^squ/^ dans rai:ticle n^én^, en ^«npâohera et en détruira le mpuyei^ieF^t.

Du Tendon.

On a jusqu'à présent. très mal à propos compris , ainsi que nous l'avons observé, sous la dénomina*

( ÎOO )

tien générale de nerfs , les tendons située à la partie postérieure du canon. Il faut en considérer :

i*^i Le volume y -qui rdôil être proportionné à Tépâisseur du canon, de manière à augmenter là largeiH* de la jambe en cet endroit , et à aider en quelqoé sorte à lui donner la forme plate qu'elle doit avoir. Des tendons grêles et petits annoncent la faiblesse de cette partie y qui s'arrondit au moindre travail, et nous disons,: dans cet état, que l'animal et ài^H jambes de veau.

' 'là^.ïJegulité dece volume daris tôilte l'étendue de oes mêmes tendàns. tK)rsqu^l est moins considé- -rable amnkédiateiiiènt au dessous du pli du genou ^ -les tendons ['sônt app^léset tegSLrêés comme faillis, Ge'ri'ëàt' pias' qu'ils' né Soient pourvus iTune' même t}ùantité défibres que les muscles dont ilk détinrent et donl^ils sojit une suite ; mais ces fibres sont comme étranglées entr^elles et plus serrées en cet endroit que dans le surplus delà longueur de ces parties: d'où il arrive qu'elles ne répondent qu'avec peine au mouvemeiit de Contraction des fibres charnues ^ et que cette interception de mouvement influe sur les différentes acldons de la portion de l'extrémité à mouvoir.

3^. Lieur écartement de Pos. Cet écârtement don« nant plus de force ou plus d'effet à la contraction musculaire en les éloignieint dti centre de mouvement , s'ils en sont près , celte force ou cet effet diminue , la jambe en est plus travaillée par des efibrts violens et pénibles.

4^ • Le trop de sensibilité qui ^ j supposant de la

( loi ) douleur y les tire de leur état naturel: or, une partie souffrante ne peut être mue que la douleur .n'accroisse , et cette augmentation de douleur doit, nécessairement priver cellesrci de la Ëiciiité et de la liberté qu'elles auraient, àen^s leur action et dans leur jeu.

5^. Ijeur sécheresse. On Aferçoit quelquefois , par. le tact y une sorte d'humeur que l'on croit mal à pro-^ pos placée entre le canon et les. tfijyhns. Cette hu-. meur n'est autre chose que l'humeur synoviale 9 qui est dans leur gaîne n^ôme et.qui.y séjourne à raison de l'obstruction des vaisseaux cbs^rgés d^ la reporter dans la massue* ^lle doit nécessairement. cpntracter,. par son séjpui:, de très mauvaises, qualités qui influeraient infailliblement, dans, ja sijtite siur la £>rce et la bonté de l'extrémité.

Un coup quelconque dpnné sur le tendçm donne lieu à une tumeur ou à un .engorgement qu'on appelle encore , par suite d'une mauvaise déno-^ mination , -merf- ferrure y pour, tendoii féry^ Cet acci* dent, selon le degré de ses effeù^ peut être plus.ou*. in.oiQS . dapgereu:s^.

Du JBbulét.

On doit co];isi4^rer. dajis le boulet t-. . . i. , .

i^. Sa fiositfymf\ Ift'animiil est He» plantaii^iMindi la iisuce tantétieu;re du &oi4^tse.trQUvê»0»virQn«d6ux> ou ;tr<^s doigts )p}u$fei| «rrièffl q4;i^,la;ci>unmn«:* ^Ib av^^e autaj^f>q^^ oetto dernière .partîsÊ, i'i| fistt«ui) ui^ ^^îgne^pe^^di/QUlaire.au genqu et au cénonyilé/ <^bf/)al e^^Jrpip.éUr A^^.m^m&«etf>.i#tjQQl1i:ëitfléidâ'o:^

( »ôi ) défectueuse annonce qu'il est ruiné. Dansr le câs , au^î f ^ 10 honlet eût dtif une ligne perpendiculaire à la pince y le clievftl est bouté 6u boulete , position si contr^iire à sa conformation primitive y qu'il est totalement à rejeter. Il en est eùcore une vicieuse à laquelle on ne saurait trop faire d'attention 1 c'est cell^ où cette partie se ttoUve , par une erreur de la nature , rejetée trop en dehors pti trop en dedans : alors réanimai est d'autant plus n^âl articulé , qu'elle ne répond d'aucune manière juste et ppsitiTé à la ligi^e dùxânon , et l'extréiiiité perd, dans ce cas y une grande partie do sa force. S'il est mal tourné, si sa face s^ntérieurë eàt dévoyée intérieurement, le pied suivant cette dii^ëctiôn , l'animal est cagneux, comme si elle regarde là face externe , l'animal est panard; défauts qui peuvent encore provenir du genou comme dut éoûde , ainsi que nous l'avons dit,

a^^ Sfcô épaisseur on Son volume, qui doit être à raisoii de l'épaisseur de la jambe. Des boulets menus et petits sont la plupart trop flexibles, et cette iiexibiUté est uu indice presque certain de leur fai<^ blesse: cette partie ainsi conformée, le cheval communément se lasse et se fatigue dans le plus léger travail j elle est bientôt gorgée , et, l'enflure dissipée , il y yeste ou ily sutviënt dissitéolettes. Nous; appelons; de ce ntmi ixàe tumeur nlDÏi& ét.indoleiite dan&ison principe^, mais 4ure et seU^iblë^ ensaite et' ^ar siu»e(8»iôn de V^>mf6^ Placée jetit^e l'oà et ^ tendnai > à e&ii , vers 'te héut^ nyil ^ dédén^,'où m dQhoir& du b&ûlety elle ecit dit^'^ \Mlëilè- sîikpie. Quajid elle^ e^t située suit le leadbà Udême , nous

\( io3 )

la nommoTis 9 toujours par corruption ^ molette nerveuse, et\e boulet des extrémitëa postérieures en est plus fréquemment attaqué que celui des çstrémités antérieures. Enfin, nous disons qu'elle est soufj^e, quand elle survient au desw^ de la partie postérieure du boulet, et qu'elle se &it voir des deux côtés 9 en dedans et en dehors. La molette soujfflée n'est pas moins à redouter que la molette nei:Teuse. Quant aux osselets dont nous avons déjà fait mention en parlant des suros, iU viennent indifiëremn^ent en dedans et en dehors. L'osselet simple est celui qui n'approche ni de cette atiiculation ni du tendon j cel|ii qui descend dan^l'arti-. culation est très pernicieux , en ce qu'il s'oppose à son mouvement j celui qui se trouve placé entre, l'os et le tendon , et qui occupe quelquefois même le tendon entier par sa largeur y n'est pas moins à, craindre.

3^. UétatdoM lequel il est. Son enfliire provient souvent d'un travail excessif : assee fréquemment alors le boulet est, couronné, c'est a dire^u'on j, observe une tumeur qui l'environné et qui le cerelé} en pareil cas, il né faut pas se charger du cheval. Elle peut provenir aussi d'i^arepos trop long «t d'une infinité d'autres causes , comme , par exemple ^^ d'une hixation , d'une entorse , d'une contusion , etc. Dans la luocation, le déplacement de Tos est apparent ; il 7 a douleur considérable et perte de mouvement. U entorse p que nous appelons encore, mérnarchure, pour exprimer sans dout^, par le hqoi dt^ mal même, la cause qui Vir produite^ est dm

( ïo4 ) ,

meut plus rebelle dans les boulets de deriière que dan» les boulets de devant. Elle ei^ la suite d'im faux pas j de la position du pied à faux dans uâ en-^ droit ou sur un sol raboteux y de son engagement entre deux paves ; ce qui arrive communémenti parla faute des pateâreniers , . qui tournent trop court les clievaux en les sortant de leur place, etc.. On la reconnaît à la claudication du cheval , à la chaleur^ au gonflement^ à l'action lente et traînée du boulet f etc. Enfin, la contmiou résulte ici du frottenient ou du heurt continuel et répété du pied qu^il meut contre le boulet dé là j^aûibe qui reste à terre :. nous disons alors que le chenal s^ attrape, s^entvetaille ou se coupe. Ce frottement ou ce heurt répété cause ordinairement la chute du poil à Tendroit . frappé , insensiblement une plaie plus ou moins; profonde à la partie latérale interne du Àour^ letf et d'autres fois derrière le boulet méme« Tout cheval Êiibledes reihs^ dont les membres soût 'p.eu proportionnés 9 qui est mal planté , serré , cagneux^, panard, crochu ^.en dedans ou en dehors^ se coupe et s'entretaille (i).. La lassitude y la ps^resse y le dé« faut d'habitude*, de cheminer ^ une vieille- ou une mauvaise ferrure., des rivets qui débordent, la

(l), Daps le cheval cagneux, la pijic^ étant toufnée ea dedans • c^est avec la mamelle interne du Fer ou du sabot qu'il se coupe ^^ dans le cheval panard, la pince étant tournée en «^ >hors, c'est avec l'éponge du fer ou le talon qu'il s^eri" tretcdlle, Dîfns tous les autres cas , c'est plus ordinairement avec la branthe interne du feir-'ou avec' la' paroi de l'ongle que ce frottement a lion. (J^.)i

( io5 )

froideur de Tallure, etc., sont encore autant de points à observer dans Tanimal auquel on peut jre-^ procher ce défaut.

On ne doit pas le confondre ^ au f^i(irplus ^ avec celui dont on peut accuser le cheval qui s'attrape. Celui qui s'entretaille s'atteint toujours au même endroit; de là la chute du poil y la blessure ^ ou la plaie : Tanimal qui s'attrape se frappe, au con« traire y en dilFérens lieux ; et la partie atteinte n'étant pas toujours la même y il n'y a aucune impression apparente du coup. Selon l'endroit où il a porté , il boite dès le premier pas qu'il fait ensuite , et la claudication cesse après qu'il en a fait quelques autres. Quand il est las, il bronche en s'attrapant , il tombe même s'il chemine avec vitesse y ou s'il galope. Ce défaut,' qui est la preuve d'une faiblesse naturelle y et qui provient d'une mauvaise action des jambes qui se croisent sans cesse y doit faire rejeter un cheval y parce que ce vice tient à sa constitution, et qu'il est irréparable.

Du Paturon.

On observera dans le paturon :

i^. Son épaisseur, qui doit proportionnément répondre à celle des autres perlions de l'extrémité dont il fait partie.

a<>. Sa longueur : il ne doit être ni trop court ni trop long. Dans le premier cas, le cheval est dit court-jointe i dans le second , il est dit long-jointe : l'un et l'autre de ces défauts proviennent toujours des père' et mère. Le cheval court-jointé devient

( io6 ) aisément droit sur ses membres , il se boute ou se boulette plus facilement que les aatres-^, surtout si ou lui laisse les talons hauts y et si Ton n'a pas scia de les lui abattre. D'ailleurs y la brièveté de cette partie ne permettant pas qu'elle soit pliante et assez flexible f la réaction est toujours duré danç cqs sortes de chevaux, qtii ne sont point regardés ^ par cette raison y comme propres au maiiége, parce qu'ila sont dénués du ressort et du liant nécessaires à ceux que Ton choisit pour l'école. Le cheval long-)ointé plie trop y au contraire ; )a partie postérieure du boulet porte presqu'à terre quand il marche ; il a rarement de la force y à moins que celle des tendons ne s'oppose à l'excès de flexibilité, et ne suppléé à ce défaut de conformation.

Le paturon est sujet à des luxations et à des entorses,' comme le boulet, et comme toutes les autres articulations de l'animal (l). Cette partie est de plus exposée à des atteintes, c'est à dire aux coups qu'il se demie ou qu'il reçoit des autres chevaux qui , trop près de lui, heurtent son paturon et marchent sur lui. JJ atteinte simple s'annonce par une contusion , par une plaie légère. Dans le premier cas, il y a élévation dans l'endroit contus, et

(i) he paturon n'étant point lui-même une articulation^ ceci ne doit a^en tendre que de son articulation avec la couronne, c<>mme Ven torse ou la mé/narckure^ appelée aussi effort de boulet, sWtend («e son articulation avec le canon, qui forme le boulet j et, en effet, les efforts de la couronne sont tout aussi frëquens et tout aussi dangereux que ceux du boulet, (JE,)

ranimai feint lorsqu'on le comprime ou qu'on y touche ; dans le second , l'atteinte est très visible. !Nous nommons atteinte sourde celle qui ne se montre que par une meurtrissure aux talons ou près des quartiers^ ou dans laquelle le tendon a été contus ou féru; l'animal boite considérablement dans cette circonstance. Enfin ^ V atteinte encornée est celle qui s'étend jusqu'à l'ongle , ou qui a lieii très près de cette partie* L'atteinte simple est up faible accident; l'atteinte sourde peut dégénérer en atteinte encornée ^ ou plutôt avoir les mêmes suites ; et Tat-* teinte encornée est de toutes les atteintes la plus difficile à guérir. Qn^ques auteurs modernes ont donnée je ne sais par quelle raison , le nom de çra^ paudine à l'atteinte qui a lieu sur la couronne par l'action irrégulière d'un cheval qui passage, et qui Wpose l'im de ses pieds su? l'autre (i).

Nous avons dit que , dans l'atteinte sourde , le tendon peut avoir été contus ou féru , ce qui arrive dans le paturon des extrémités postérieures par le fait d'im cheval qui en suit trop prochainement un autre , et ce qui peut arriver par le &it du cheval lui-même , qui s'atteindra facilement dans les extrémités antérieures avec la pinoe des fera de derrière^ surtout lorsque ^ par fiii blesse^ ou par uàe mauvaise ferrure 9 ou par l'ignorance du cavalier qui no

(i) SoUeys^l, Parfait Maréckai, déjà cite, 1». partie , g^eib&k II as donne point à VnUeinie le noa de erapait^ dine, mais il dit que Vatteinte est une des causes de cet ulcère , qui tient effectivement de la nature du crapaud. {£.)

( to8 )

le soutient pas , et qui » bien loin de maintenir enlui l'ensemble 9 le laisse précipiter sur les. épaules^. il ^st disposé à forger.

Nous disons qu'un cheval forge ^ lorsqu'en mai>— chant ^ et principalement en trottant^ il frappe de la pince des fers des pieds de derrière sur les éponges des fers des pieds de devant ^ ou sur le milieu et en dessous de ces mêmes lersj pon ^^eulement alors il fait entendre un bruit désagréable qui imite celui des forgerons, mais il peut se déferrer à chaque, instant , et Ton comprend comment il peut être au^ risques de se blesser et de s'atteindre (i) •

Nous appelons^ au surplus , du nom de forme une tumeur dure et calleuse , qui survient quelquefois entre le boulet et la couronne y à l'un des cotés ou aux deux cètés àx^f^Anron. Elle peut attaquer le derrière comme le devant. Cette tumeur, plutôt indolente que sensible , £^it boiter l'animal au bout d'un certain temps. £Ile peut être mise au rangdea maladies héréditaires, et plus elle est près de la couronne, plus elle est dangereuse (3).

^m^m^^-l»tm*méa^^mim^mf^m^Êmimma^mm^ÊÊmm^^m^mÊ^^^mÊ^mmmm

(1) Voyez, dans le tome V des Instructions et Observations sur. les maladies des animaux doittestiqkes, déaxième partie, t<^ut .ce qw Gonpeme. ce vice et le8.ino(yeii^ d'y remédier^ par Chabert. {£•),-

(2} La forme est une tumeur osseuse , une véritable exostose, tlUô, le plus souvient, à des atteintes ou à Hês efforts^ elle est placée à la partie inférieure de >i'os du paturon , où à la pat tie> supérieure de celui de la couronne^ dàn»l^un ef) l'autre cas, elle gène l'articulation de ces deux- os, qu'elle £jut quelqueicâs.par ankiioser* (i5'.)' -.

De la Couronne 9

Il faut examiner dans la couronne .'

i^. Sa confirmation. Elle doit accompagner la rondeur du sabot ou de l'ongle , sans la déborder, ai elle est plus élevée y où le pied serait desséché et priyé de nourrâture , ou cette partie enflée serait chargée d'humeurs , source de quantité de tataux.

a^. Son état. La couronne étant assez sujette à •certaines plaies y suite des maux qui ont affecté Tintérieur des pieds y la matière purulente qui s' j était formée ayant reflué, ou sou/flé au poil ^ pour me serrir de l'expressioa usitée y et pouvant causer ia chute de l'ongle entier, -ou seulement de l'une de ^es portions , comme il arrive Aana lé cas de celle «de l'un d<es quartiers, c'est à dire de l'événement

que nous exprimons par le terme âfaoaîure. -

Des Pieds*

Personne n'ignore que l'on appfflle, en général, du nom de pied ou de sahot Vonglt qui termine l'extrémité inléiieure de chaque jambe de l'animal. Cetfe partie , destinée à soutenir le poids de l'édifice entier, est d'autant plus essentielle, que la plupart des défauts qu'on y peut remarquer tendent à rendre le cheval inutile et incapable de servir. ' • On considérera dans \e sabot :

I®. Sa forme. Elle est la même que celle de l'os Axïpied, c'est 2i dire qu'elle présente un ovale tronqué , ouTert sur les talons et tirant sur le rond en pince.

( IIO )

2^. Son volume. U doit >étre proportionné à la partie à laquelle il répond , en supposant néanmoins que la couronne^ qui ^-^ç^tte partie » snîten raison du paturon , ef que le ^tura)l sait oiMisi dans un juste rapport avec leboulet et le canon, jy^s pieds dont le volume est excessif anniMifeat la piesanteur y la moUesse^ la iàiblesse du cbeyal^ qui ne cheminera qu'avec peine danfs les terrains boueux^ qui bnHichei;abu butera souvent ^ qui se déferrera sans c^se, et qi;ii sera incapable de la moindre latigue. D'ailleurs y ces sortes de pieds sont , pour Tordinaire , délicats çt^sensibles^ e% ils s'^chaufïent très iacilement sur le ^ol • L'excès de petit^es^e , c'est à dire le dé&ut cx>nt^aire ^ est une preuve de U sécheresse «et de L*aridité de V ongle' j qui, toujours dur et resserré , ne pç\it fâ^re qu'wç ipn pression fîtcheuse sur les parties i^ooUes qu'il jreepuvre ; aussi ces sortes de pieds sont-ils ordinairement en proie à des douleurs* Il en est de même d'un ongle tro^ court : alors, ou la portion vive de ce même ongle n'a pas Assez d'étendu^, et celle qui estlxors de 1^ p0|i;ée4es;9pcf , en ayant trop., est sujette aux éclats et aux fissures; ou bien U portion vive , se prolongeant aux dépens 4e celle-ci, n'est pas $ufiis^fX)mfen4; >déi^ndu^ p^r l'autre , et éprouve contiouelLeç^^Qt ^ue^en/iatiDn douloureuse, résultante de l'iit^presçion et de la •réaction des corps durs sur lesquels le cheval laarche et porte. D'ailleurs , plus les pieds .sont courts, plus la base sur laquelle chacun deoii: repose est étroit^, et moins il a de stabilité.

3". Sa consistance. L'union trop intime des fibres,

(ni )

leur trop grande tension y rëtroitcsse ou platât l'oblitération des canaux destinés a cod tenir et à char^ rierle fluide, telles sont les causes de la sécheresse et de Taridité dont nous venons de parler. Le relâ* chement de ces mêmes fibres , le moindre resserrement des vaisseaux , une plus grande abondance de porosités y et par conséquent un abord plus conùdérable des liqueurs produiront Vetkt opposé y de Ik les pieds que nous nommons pieds grcus la sole est le plus souvent en eux si vaste, que le tissu de V ongle en est distendu^ et que le sabot en parait évasé. Ils sont toujours très faibles ; aussi est-on y après une ferrure récente, contraint de les laisser raffermir et s'asseoir sur les nouveaux fers* Très fréquemment encore ces sortes de pieds en imposent par les dehors trompeurs d'une beauté apparente qu'ils ne doivent qu'à leur défectuosité , puisque Vongîe ne paraît en eux extérieurement uni, liant et plein de vie, qu^ttendu la lâqbeté de son tissu et le petit nombre de fibres dont il est formé.

!Nous exigeons donc dans cette partie une épaisseur proportionnée qui en fait la force, qui s'oppose à sa sensibilité, et qui garantit le cheval d'être piqué, serré et encloué aussi facilement qu'il pourrait l'être, si la consistance de V ongle était plus faible. Nous demandons encore que sa fermeté soit accompagnée de souplesse. Ces deux qualités réunies lui font soutenir sans éclater les lames que l'on y broche^ ce que l'on ne rencontre point dans V ongle des pieds que l'on nomme pieds dérobés, c'est à dire de ceux dont la corne est si cassante, que la lai^e la plus dé-

liée y fait près du fer des brèches considérables , et laisse voir des éclats à l'endroit où les cloua sont rivés. De tels pieds soi^t souvent déferrés, et l'étampure extraordinaire à laquelle on a recours en pareille circonstance n'occasione que trop communément dans les parties molles des offenses de la part des lames.

4^. Le lisse ^ le poli ou Vuni» Des aspérités, des inégalités, des espèces de bosses en forme de cordons qui entourent le sabot d'un quartier et d'un talon à l'autre, annoncent toujours une mauvaise nature d* ongle. Dans le cas de la présence de ces cordons, le pied est Ait cerclé; souvent alors ranimai feint ou boite. Sonvent aussi ces cercles ou cordons^ existant en dehors comme en dedans , compriment les parties molles, et la douleur qu'ils suscitent donne lieu à- la claudication. Il est donc certain qu'en général l'ongle doit être 'uni dans toute son étendue : il est toujours tel dans lies pieds vifs, t'est à dire dans ceux qui, n'étant privés des sucs nécessaires àleur entretien par aucune cause quelconque, possèdent, si nous osons nous exprimer ainsi, cet éclat dont jouit tout corps à qui la faculté de végéter n'est pas ravie.

La rétraction, le resserrement, le rétrécissement de Vongle, sont autant de points sur lesquels on ne doit pas passer sans attention. Il en est ainsi du dessèchement, qui en diminue la forme; le pied rend alors un son creux , pour ainsi dire , quand il est heurté, on dirait qu'il, est entièrement cave. Il faut aussi prendre garde que Vongle ne soit pas fendu

sur le milieu de sa partie antérieure; cette fente plus ou moins visible y commençant dès ta couronne, est ce qu'on nomme soie on pied^de-bœuf : cet accident^ que nous mettons au rang des maladies externes^ attaque plus communément. les pieds des extrémités postérieures que des antérieures. Il se montre plus souvent dans les chevaux qui travaillent sur la pince, c'est à dire dans les chevaux rampins; les mulets y sont même encore plus sujets , mais ils n'en sont pas d'un moindre service, parce que cette division est plutôt en eux extérieure qù*intérieure , et qu'elle est rarement aussi profonde que celle' qui survient au pied du cheval. Elle n'est pas -moins fréquente dans les chevaux qui cheminent dans les boues, ainsi que dans ceux dont les jambes sont chargées de poils, ou qui ont été élevés dans des terrains^gras et marécageux. Si , à raison d'une tumeur située au dessus de la couronne , ou sur la couronne même, et dont la source est la même que celle des eaux aux jambes, la matière a gagné la partie déclive et flué dans le sabot, il en résultera des soies.

Il est encore une maladie qui peut intéresser toutes les parties du pied : elle est la suite d'un heurt violent du pied du cheval contre un corps quelconque extrêmement dur, et nous la nommons eh conséquence étonnement de sabot. On la discerne à la chaleur de la partie, à la douleur que l'animal ressent , à la diminution du voii^nie de, V ongle, à la démarche du cheval qui boite , à une tumeur à peu près semblable à celle que nous avons appelée

farme^ à un flux de o)ati^e«, &'il y a ^p^tinçhepriçot et siuppujr^ûoa I et;ç.

6®. h^ fmtii^ Ufi4rqie^ çu \^^ quartiers, àoxxt ççlui (iç dçdau^ ç^t çonçtamo^^nt (B); natwell?mçAt

néoess^ixemex^t égau:|: en hauteur ^i autrement h pied serait de travers | ft U m^s$e ne portant qye ^ur le çuartier le plu^ haut, l'animal ne pourrait marcher ayec &ciUté et i^$fiuraiM:e. Ijeur i94g^lité provient de plusieurs cauaeç, qu de la u^aip^ iub^bil^ pu p£^^ re$^eo$e du m^réch^l , qvii néglige d# le« <?oviper ou de lea abftt^re 4ga,lç^nfJ^t , iru le moin^ de fecilité qu'il a dans le maniement du ^putoir quand il s'agit de retrancher du çuckrti^r de dehors du pied du ^ontoir, et du quartier d^ dedans du pi^À hoç^ du montoir; pu de la si^rabondance des Uque^rs qui nourrissent Vçjigfe^ et qui, à raison de quelq^es c^u^es oçca4an çlles , se distijibuent en plus grande quantité dana un quçLHiçr que dans un a\itre; ou de la copfçirmation yicieuse de l'aniin^l , dont Je poids, s'il est cagneux ou p^^^ard? eu s'il a d«s jambes db

Veau y porte plus sur un quartier ^ et celui sur lequel il reposera le moin^ poussera et croîtra plu» que celui wr lequel il ^'appuiera davantage; ou, en^n, de la situation ^^s ppula,ii^$ dans des pâturages

(i) Cette faiblessç coD^ta^ite ne tieQt point du tout à la nature , qui fait tout bien quand elle i^^est pas contrariée \ mais elle tient) au contraire, à Tétat de domesticité, aux soins mal entendus, et surtout à la mauvaise ferrure. Ces cauises sont détaillées plus bas , et il est aisé de voir que la plupart ne sont poîot naturelle^. (£. ).

montùeux et inégaux^ etc. L'inëgalitë des ij^artiers ne consiste pas senieiaeiit daas celle de leur hau-« teur Teritable y ils peuveoat paraître iaégaux eu élér yation par le rejet et la direction dé Tun d'eux en dedans oa en deliors. Ainsi, dans un pied dont V ongle est aride et sec , un des quartiers se jetant en dedans, l'autre, qui ne sera pas réellement plus prolongé , mais dont la direction sera perpendicu* laire et tombera à plomb sur le terrain, semblera ayoir plus 4^ bauteur. Il en sera de. même dans le cas où un des quartiers se jetterait en debors par les unes ou les autres des différentes causes -qui peuirent donner lieu à cette difformité.

Une diyiûon de V ongle à sa naissance, division qui, comme la soie, peut se propager jusqu'à la pince même , et qui se montre sur un des quartiers, plus souvent sur oel|ii de dedans, attendu sa pins grande fiùblesse, est ce que nous appelons du nom de seime, et ce que les anciens ont nommé sfiime quarte.

6^. Les talons y qui doitent être élevés dans une juste proportion* Dans les pieds dont les talons sont basji communément la fourchette a trop de volume ; elle est grasse , c'est à dire trop molle , et cette partie porta.nt directement sur le sol, l'animal souffre nécessairement , et plus souvesN: ilbmte. Ce défaut est d'une conséquence encore plus grande dans les cbe» Taux long-jointés, dont les fanons touchent jusqu'à terre j car il est bien difficile que l'art restreigne le mouvement, l'action et le jeu des articulations dfi boulet et du paturon. An surplus, on distingue \p^^

talon qui a ëtc abattu de celui en qui }e défaut d'élévation est un dé&ut de nature, en examinant la fourchette, qui est ordinairement d'un volume médiocre et proportionné dans des pieds exempts de ce vice. Le trop d'élévation des talons^ joint à l'aridité de V ongle et à une faiblesse excessive, telle qu^en comprimant ces mêmes talons ils obéissent à la force qui les. comprime, doit faire appréhender Vencastelure* Ces sortes de talons, qui fléchissent et plient ainsi, sont appelés àes talons faibles , des talons fiexibles. II. faut encore faire une grande distinction du talon faible et du talon affaibli* La faiblesse naturelle a pour cause la qualité de V ongle même. La faiblesse accidentelle ou acquise peut provenir de quelques maladies qui auront en4onimagé^ usé ou diminué la force de la fourchette , ou . de l'ignorance <lu maréchaii, qui n'aura pas entretenu cdlle qui était nécessaire pour contenir les tolons, pour les empêcher de.se resserrer, ou qui les aura resserrés lui-même en creusant, au lieu de parera plat et sans pencher le boutoir quand il les ia abattus. Cette mauvaise opération, parlaquelle il se flatte de les ouvrir, enlève totalement l'appui qui était entr'eux et la fourchette^ et dès lors les -parois de V ongle en cet endroit, cessant d'être gênées^ contenues et d'avoir un soutien, se jettent et se -portent en dedans d'autant plus aisément qu'il est de la nature de. la corne.de tendre à se resserrer.

Des pieds dont les talons sont trop hauts/ mais •larges et ouverts, manquent ordinairement par la pince* Si le vice qui naît du peu d'élévation des

( îi7 )

talons est plus gmnd dans des chevaux -long- jointes que dans d'autres > celui qui résulte de leur trop de Itauteur augmente, à piioportîoip -dans les chevaux court- jointes 9 droits sur leurs meipbres , boulètéS| arques ou braesicourts ; des talons excessivement élèves &vonsent la mauvaise position et la direc* tioA fausse de la jambe de l'animal. Nous ajoute*rom» que tout pied trop alongé^ outre-passant en talon sa rondeur ordinaire ^ a des dispositions réelles à V&ncastelure. Enfin ^ nous dirons que l'expérience nx>us apprend que l'inégalité des talons est plus commune dans les chevaux fins^ quandrcette partie est en eux étroite et serrée^ et lorsqu'on n'a pas la précaution d'humecter souvent leurs /râccf^^ Au reste^ nous entendons par encastehwe ïe resserrement des talons} ces parties peuvent aussi avoir été meurtries et contuseS) et c'est ce qu'il est important d'exa* miner.

yP. La sûlè : hi èoimstanoe e» doit être très forteet solide. £s«^elle faible et mpUe? elle se meurtrit aisément. Le pied est toujours seaisible » et l'animal boite aussitôt: qu'il marche sur un terrain ferme et dans les chemins pierreux. Son épaisseoT'y néan^ moins^ ne doit pas être telle que le dessous du pied n.'art, aucune concavité ; car alors le pied serait ce que nous nommons un pied comble. Ce défaut fait d'abord porter l'animal autant sur la sole que sur les quartiers 9 etdans la suite il porte moins sur les quartiers que sur la sole; toute la nourriture se distribuant en pareil cas^ à cette partie ,. et la pince et les talons en étant privés^ ils se dessèchent et se

rttitèrrenAi.Daoïs ces sosies ^fdeds^ ^'^^'^ eaèléu^ yours plat>^ difiGbrme «feécftilleiix} leackeT^ux 2t«itrri% et éloT^ dans àès parfs marécageux sout plutôt saijeïs k ce dé&ut <|iie les châtres.

Oa appelle piedï plats ceux qui ^ moins cares qu'ils ne doivent l'être y doÎTent encore leur diifor* mité à. leur Irop de largeur ^t à leur trop d'étenckie« Les talons en eux ne se ressei^eitt pas y ils s'iélax» gissént du côté des quartiers , et la; fourchette perte à terre. Insensiblement le pied pHai peut deTèuir^ cofaiblei) II. est des pwds plaâs naturellement et pçr ▼içe de codfarmation* |1 en est d'autres qm 8<»nt plata^ làirgea et étdaâus^ parce que les ckeyaux ont été Bouitis dans des pays fafttmides. D'autres , enfin |^ ont les talons, con&rmés comme ils doiveort l'être « mais l'oTi^/r s'étend Ters la pinç^; de défaut est un eilfet ordinaire de ~\èi*fmrhiJFe{i)y le pjsdeeX phout ^^ V ongle, rentre dans lui*même , tandis qu'au milieu ^t à la piirtie antérieure du s$J^ il est cerclé* L'anin^^ çn marchant^, fixe sojzi apptâ sur le talon et non sur la pince y surtout si le dessous du pied ap^ prodbie de la figure du pi^id comble par le nnojejp dé. réléiKatioii dé la sole^ qui^ poussé^ et Toâfée eii. dehors^ présente une sorte de croissante Lescbeyaux dont les pieds sont plats ne sont jamais d'un grand, service y surtout si la foui*bure a quelque part à ce

(i) Voyez y dans le tome II des Instructions et Observations sur les maladies des animaux domestiques, deuxième partie^ les effets delà fourbure dans les ^bot«/et tout c» qtii e^ rof-. IsLtài à cette maladie , par Càakert» ^É^y

dëfiaut. JuOk kùle peut tié ^9 Mltmbtitè^ et effacer toate k cttvité an pied) indîs êttè vénûtëe et ^àîlknte dans une seolë ^ôi^tbâ éé éoii ëteiàfdue j cette saillie forme ce qu'oft a a{]^è!é uti ùigHûii. Oet àcddent a souvent pour causîé lé f&tf rbâtié , iq^elquefiïis la faîble^e àe la ^i^^^^.sMf dèsèëèliétaent^ où celui des quartiers (|tii r^firàil ^e^ssërrëe, éa:cdnâi)ftai^sce i:i*âyànt. fAB asse^ de solidité, été.

tJttà ^ÊinmtttièÉtit^ , une trùàttrsiovi à la so^, occasioiiëe (Àx par la maïHDlre du cheval dalis <les chemins pieirétcfc, ou par c[uelqueiâ pierres btr graviers niches énire le fer et l'ongle, ou par l'âppùi du fer même Mt cette partie , àbiit ce q[ùe iiouâ appelons sole bàtéuê, sole/buléë. Cette inaladie e^t q.uelquefbvs suivie' de celle qtiè nous nominoûé bleithé. Cki. eA compté At trois «otlies : la bleirne sècKé,^ qui est le réW'îtat 4e la ^ëdiéresse an pied i elle attaque coÉt^Màn^ment les pi^ cerdiéiï, les pieds, ejE^càstelés y et phitt&t le quartier dé dedans que celui de dehors ;' la' Meime encornée, dans* kqtMblié Ik mà^ tière abonde : échappée deô tuyaux qui là cônte^k naii^tit^ elle sé pervertît bientôt, ëï ^^ trouvant plus à'i^vié libre 9 elle cUeniiné, pénélfë s'oûé ta! sale qii^ellë ^ôiiïàVë, Sdû^ lë quurtie^^ sou'ffle au poil et cause de virais ravagea; enfin ^ hibleiéie foulée y, qui e^t lia sTïiCê d*ùné confusion j d'une IbuTùre , et à kquelle tes pieds plats et les pieds combles soQt conséquemment très sujets.

Des clous de rue^ des chicots peuvent offenser la sole. Nous disons qile le cheval a pris un ehnt de rue lorsqn'^ mavohsâal il arenoimtré viti cteu diml

( "a ) marëcbal a empêché le libre éoouleiiient par des to* piques astringens aj^liquës iimJ à |»ropoà et dans égard aux mauvais effets qu'iU doivent produire } ceux qui ont été £>urbus f Êurânews y dent les pieds sont trop creux, élevés^ lès talons laides et doott la fourchette^ dans %es côtés ott dafis son Inilieii^ suinte une humeur rôtisse et purul^te ^ j sont plus sujets que les autres. On cotdprend <|U6 cette jnala^ die ne peut être que finieste et trèè rebelle* Les pieds de derrière^ qui sent dans unflwr contiaueile humidité, en sont plutôt atteints q«ie les pieds de devant.

Noua nommons encore cerises de petilcAB Mfuetits charnues, rouges, situées à eôté^ deMéis, ou stti bout de la fourchette; elles atifS^[^tfetlt tafrëlnént les pieds des extrémités antérieures ^ et ëi ôvi les âégKge elles peuvent dégénérer en crapàuàs (ï). Eùfin, la fmrchette se pourrit > et tombe pair morceaux k la suite àes teignes dont elle peat êtte attaquée. Cette maladie s'annonce aisément , sfurtout dans les f>ur^ çhettes grasses, par la fétidité qui raccompugâe , ainsi que par la grande démangeaison quVUe cause au cheval , qiii est souvent , et même sans cesse

(i) hes cerises sont ordiuairenlelit le t^sti'hat'de là malsclre^se du marësfaaly qui, en parant 1s jpÂ^él, eatame le vif ayec le boutoir. Cet accident, qui n^a presque jamais de suite dangereuse dans les pieds antérieurs , toujours plus au sec, De fait des progrès dans les pieds postérieurs que parce que rhuinidîté constante dans laquelle ils sont habituellement abreirve les parties molles , les fait boursoufler aii dessus de }|L corné) et exoite fm pincement qui'&it boiter l?£Câimal. {È.)

obligé de frapper ou de battre au pied oontte terre* Xîes /burçhelÉes maigres n'en sont pas exemptes* Il iarrÎTe que souTent elles se corrompe At lorsque nous laissons trop loi^-** temps des cbevauit sur leurs vieilles ierriu'es, et que le pied en est trop rarement paré. C'est ce que l'expérience tt déma4itré> même dans des ofaeTaux fins y dans 4es chevaux d'Espagne « et dans des chevaux barbes (i)«

PSS UAIJTSS OT 2>£S D£FA0TS DfiS 9A%TIB$ PU COKSSt

jPu Dos.

Quoiqu'on ah jusqu'à présent, et assea; commu- IfétnenFt j^ confondu le dos et les r^ifis, ii y a cepeïih daiit entre ces parties une difiPéx^nde bien sensible^ On CQpsidërera dans la pi*emière t

1^. Sa situation y qui se trdnve prëcisément entre le garrot et les reins , et prdpreiiient i r'endrort sur lequel doit reposer la selle.

2^« Sa conformation. Cette partie annonçant la force de l'animal , lorsquMle est bien fournie , c'est à d^e lorsqu'elle présente y dans un cheval qui a

(i) Voyçz^ dans V Essai iHéori^ue et pratique sur la ferrure , '4 l'usage des Sèves des Ècoiés i)étérinaires , {)ar Bour^ gvhtt]f écs d é tails beaucuup plus ét p iiilu« sur les treantés et les difformités Au pied ^ sur la cotsfpôsifion, le mécaiiismei la mitritioD, Pacctoissemetit et la rep/odticii^sn de Vongle^ et sur 1«8 âifférsntes ferrurts qui lui convisnnsiat. Vayet encore la Structure du sabot du cheval et expëHèkees sur les effets de la ferrure , pasr M. Bmcy Clark, et le Traité du, pied, par ïï. Ghmrd iÉ,)

de l'embonpoint y une sorte de canal quirégne^ daqs son milieu et dans sa longaeur : c'est ce que vulgairement et improprement on a appelé des reins doubles. Elle doit être encore unie et égale. Si le dos du cheval est cave dans le milieu de son étendue , ou plutôt s'il est bas, l'animal est dit ensellié. Il y a difficulté d'ajuster au même cheval la selle qu'on lui destine y et l'arçon y en pareil cas , doit être chatpente relativement à ce défaut. Des chevaux ainsi con£>rmés ont Tencolure haute et relevée , la tête bien placée ^ l'avant-main beau ; ils ont de la légè* reté y mais la plupart sont très faibles et se lassent aisément. Le défaut opposé est celui du dos' éleç^é ^ que nous désignons , en disant que l'animal a un dos dejnulet (i). Il n'est pas aassi très aisé de I0 revêtir d'une selle.

L'appui et le frottenpient de I4 selle peuvent an^pir offensé cette partie et occasioné une blessure plus ou moins forte , mais qui peut , n'étant pas négligée y n'avoir aucune suite fâcheuse.

Des Reins* '

Nous avons dit que les reins sont situés à l'extrémité du dos, entre cette partie et la croupe , c'est là que sont les vertèbres lombaires (2). Elles jouissent,

■ . I I I i j II ■ ■'

( i):On dit encore quHl a le dos de carpe, et cette expression est pii4Si exacte que la première, puisqu'on a pu comparer le

dos du cbeyal à celui de la carpe long-temps avant inexistence du. mulet. {È.)

(2) Qui en forment la base , d^où l'on a appelé aussi ces parties 9 plus proprement peut-être, 7^5 lombes* {É,)

comme on le sait ^ d'un mouvement infiniment plus considérable et plus apparent que les vertèbres dorsales. On considérera dans les reins :

La longueur^ qui doit être proportionnée. Un cheval en qui cette partie est courte est plus susceptible de l'union ou de l'ensemble ; il ramène plus aisément sous lui ses parties postérieures; ses mouvemens néanmoinsse font sentir bien davantage au cavalier , leur réaction étant infiniment plus duré que dans l'animal dont les vertèbres auraient plus d'étendue^ et qui y par cette r^son y se rassemblent avec plus de peine.

On fera attention que la selle n'ait pas porté sur les reins ^ et ne les ait pas ofFensés* On jugera^ par les actions du cheval et par ses allures , de l'intégrité de ces parties; s'il sent une douleur extrême en reculant; si la croupe se berce, si elle chancelle qu^and il trotte y il souffire d'un effort, c'est à dire d'une extension forcée des ligamens qui servent d'attache aux vertèbres , ou d'une contraction plus ou moins violente des muscles. Dans le cas où cette extension a été très forte ^ à peine peut-il faire quelques pas en avant ; il traîne son derrière y et il est sans cesse près de tomber (i).

(i) On dit alors que ^animal a un tour ow, un effort de reins , ou qu'il est éreinté; c'est ce qu'on appelle Tulgaireinent iour de bateau ^ parce que, dans ce cas, le cheval chancelle, se berce, et imite assez, dans sa marche, les mouvemens d'un bateau agité par les vagues. Les chevaiut affectés d'un effort de reins doivent généralement être regardés comme incapables de rendre aucun service, {fi»).

l\ ^$t , â.u surplua, des c^eyaux qui se bercent en tratt^t, sans avoir essuyé auoun e/fbrt : souvent cette allure lâoho provient d'une faiblesse naturelle $ soutenu au«si elle est occafiionée par uu aervice foncé ou prématuré j souvent encor<e9 parce que l'a* nimal a été employé de trop honne heure à celui des cavales; et en général nous voyons qu'elle est tsissez commune dans tous les chevaux qui leur sont destinés ^ et qui sont occupés à les saillir.

Des Côtes^

U faut considérer dans les côtes :

Leur ampleur. Le demi-cercle osseux qu'elles forment de chaque côté devant commencer à l'épine du dos , parce qu'alors elles embrasseront mieux les parties et les viscères qu'elles contiennent ^ si la forme en est plate et avalée ^ elles sont dites cotes serrées^ et les chevaux ainsi conformés, chenaux plats (i). La cavité du thorax étant nécessairement moins vaste en eux, et les poumons trouvant dans les parois de cette cavité un obstacle à leur dilatation j ces portes de chevaux n'ont jamais beaucoup d'haleine. On peut ajouter qu'en général les cheçaux plats et qui sont grands mangeurs ont ordinairement le flanc apale et un ventre de vache ^ c*est à dire un ventre qui tombe et qui descend, un dos de mulet, et la croupe en est rarement belle.

Des durUlons;i ou des cors, ou des tumeurs dures

(i) On dit aussi, dans ce cas, que les cheyaux ont la cSt^ plate* {£.)

( "7 ) yir cette partie 9 comme sur b donei; sur les reins ^ "yt le résultat du frottement continuel et violent ^ \|ie selle mal ajustée (i).

Du Ventre.

. \ considérera dans cette pyartîe :

^ Son volume : il doit être proportionné à la taîUe de l'animal, et par conséquent médiocre d^ns les chcTaux de légère taille ^ et d'une plps grande étendue dans les chevaux de carrosse et de tirage*

2^. Sa forme. S'il s'élève du côté du traiii de derrière à la manière de celui des lévriers ^ le cheval est dit manquer de corps, étroit de boyaux^ cousu (a) j et l'on comprend que le défaut opposé à celuirçi est 4'^^oii? U9 ventre de <vache. Dans un vieux cheval 9 dont le ventre est cLçalé, qui mange beaucoup et qui tousse de temps en temps y la poisse est à craindre. Il arrive que des chevaux maigres commençant à s'engraisser montrent d'abord trop de ventre i mais si leur flanc n'est pas retroussé , et s'ils ont la côte bien tournée ^ Ig nourriture p^^sse insensiblement ^ la croupe ^ et le ventre diminue proportionnément •

(1) Ces sortes de tuineufs , ordinairement sèches et un peu enfoncées à le^ir centre 9 humides 1 détachées et relevées à leurs bords | adhàren^ {i^rten^ent qt profoa4ément : ce sont de véritables escarres de Ja peau | qui sont long- temps à se détacher et à guérir, et qui exigeotou un coussinet circplaîre sous la selle , ou son débourrement dans Pendroit du cor, pour que le cheval puisse travailler avant sa guérison. (J^.)

(2) On dit encore 9 et par analogie aTec le lièvre et le lévriery qu^il est lefreUé. (£*)

. ( î=»8 ) Trop de repos 9 trop de chaleur^ des efforts donnent lieu à une enfiwre qui règne quelquefois sous le ventre, et qui se propage depuis le fourreau y plus ou moins près des extrémités antérieures. U enflure y qui est TefFet des deux premières causes, ne présente rien de dangereux, elle est pour l'ordi-* naire œdémateuse; on la reconnaît en ce qu'elle cède visiblement et facilement à l'impression du doigt , dont elle conserve quelque temps la trace. Une tu^ meur à V ombilic est ce que nous nommons exom.phalej c'est une véritable hernie : il est rare que les chevaux qui en sont atteints puissent être de quel* que service.

Ues Te^icules, du. Fourreau et du Membre.

On doit considérer dans les testicules :

1^. "Lenr volume : plus il est considérable , plus certaines personnes font cas de l'animal qu'ils destinent à étalonner; d^autres ne l'en apprécient ja^ mais davantage.

a?. Leur état* Ni l'un ni l'autre ne doivent être enflés ; les mêmes causes qui produisent l'enflure sous le ventre peuvent donner lieu à celle des testicules et du fourreau : celle qui provient des efïbrts faits par l'animal est toujours le plus à redouter

L'enflure du scrotum que l'on appelle vulgairement les bourses, reconnaît pour cause ^ ou un amas d'eaU; ou un amas d'air; au premier cas, la maladie est nommée hydrocèle , et au second , pneumutocèle. La dureté et le gonflement du testicule, ou l'en^ gorgement et le gonflement de la peau et des autres

( 1^9 ) membranes qui l'enveloppent, donnent lieu à une tumeur dure , connue sous le nom de sarcocèle.

Un dépôt d'humeurs y un vëritable abcès dans le scrotum, ayant le plus souvent pour causes des coups, des contusions et des meurtrissures, forme ce que nous . nommons hernie humorale* Les suites de cette hernie p annoncée parla tension des bourses, par la douleur , par la fièvre , par la dureté et le dessèchement des testicules ^ sont ordinairement funestes (i)«

On doit savoir encore que les testicules se retirent quelquefois, de manière qu'ils se logent entre l'anneau , et sont noués ou invisibles en quelque sorte. Cette violente contraction , qui ne peut , ainsi qu'on doit le penser, arriver qu'à des chevaux entiers, surtout à ceux qui éprouvent de vives douleurs, et dont la maladie consiste principalement dans un grand feu, est très commune en Italie et dans les pays chauds j l'animal se relève et se couche sans cesse, il s'agite comme s'il était furieux, et il

(i) IL y a une autre hernie appelée intestinale on ingui' nale , parce qu'elle est due à la sortie de Pintestin par Panneau inguinal et à sa chute dans le scrotum. Elle est moins commune en France que dans les pays où Pon se sert beaucoup de chevaux entiers^ comme en Italie et en Espagne ; et on n'y fait le plus souvent attention que lorsqu'elle occasione des accidens auxquels il n'est quelquefois plus possible de remédier. On la reconnaît à une légère tumeur dans l'aine ^ qui se prolonge le long du cordon spermatîque du côté du scrotum, à la gène que l'animal éprouve dans sa marche, surtout en partant/ et enfin aux coliques dont il est afTecté de temps en temps. (£•) .

suoeombe bientôt , s'il n'est secouru p/omptement. Du reste ^ il ne serait pas étonnant de trouver dea chevaux dont les testicules ne seraient pas descendus dans le scrotwn^ et qui cependant n'en seraient pas moins habiles à la génération. Nous dirons de plus que l'animal dont il s'agit et principalement ceAix qui sont entiers ne sont pas exempts d'une érection continuelle et douloureuse , que l'on appelle en eux ^ comme dans l'homme, du nom de priapisme. Une tension 9 une raideur convulsive semblable , suivie d'un désir immodéré de la jument , n'est autre chose que ce que nous nommons satyriasiSé Dans un certain relâchement des muscles , il y a chute du membre^ etc.

Quelquefois le fourreau se trouve si fortement resserré, qu'il ne laisse aucun passage au membre pour sortir. Le cheval urine alors dans cette partie^ et ce resserrement est une espèce de phimosis (^i)* Quelquefois aussi le fourreau est tellement gonflé ^ qu'il ne permet plus au membre de rentrer , et cet état est comparable à €elui d'un homme atteint d'un paraphimosis (a),

(i) On dit alors que le che^dX pisse dans son fourreau» Quelquefois la difficulté de la sortie du membre est due à son engorgement, et à ce qu^il est plus ou moins couvert ^ à sa partie inférieure , de chancres et de porreauz qui en augmentent le volume ^ ou qui rendent sa sortie douloureuse. {É)

(2) Des Mamelles dans la Jument,

On doit en considérer le volume , qui est peu considé* rable , et qui foi^e de chaque c6té un simple pli de la peau^

( «Si )

Des Flancs.

On doit considérer dans les flancs :

i«. Leur ampleur. Ils doivent être pleins à l'égal da ventre et des cotes. Des flancs creux sont nom mes flancs retroussés^ flancs coupés. Les chevaux dans lesquels cette imperfection existe sont dits efflanquJs et ne sont pas propres à un grand travail. Pour l'ordinaire , ils ont les côtes serrées y ou ils souf&ent des pieds ^ des jarrets j ou ils ont une ardeur extrême ; enfin , ils n'ont jamais assez de corps ^ ou ils le perdent aisément.

i^. Leurs mouQemens, qui ne doivent être ni trop lents , ni trop vifs y ni inégaux. On doit^ surtout à l'égard des vieux chevaux ^ prendre garde qu'il n'y ait altération dans cette partie y c'est à dire que les moupemens n'en soient pas plus précipités qu'ils ne doivent l'être. De tels mout^emens dénotent souvent la fièvre dans les chevaux de tous les âges ; mais si y dans les chevaux âgés , ils sont accompagnés d'une toux sèche et fréquente , la pousse doit être appréhendée ; un signe univoque de cette maladie est l'action redoublée du flanc ^ action qu'il importe très fort de considérer attentivement. La respiration

à l'extrémité duquel est placé le mamelon. Si elles sont grosses } tuméfiées ^ dures} si le mamelon est volumineux ^ si, en le pressant , il laisse échapper une humeur jaunâtre y blanchâtre y grumeleuse y séreuse ou laiteuse , c^est une preuve que la jument a porté ou nourri y et cet état peut donner lieu à tous les accidens qui sont la suite de la suppression du lait. {£,)

suppose deux mouvenien«; celui par lequel Taniinal . inspire ou attire l'air , et celui par lequel il Texpire et le chasse. Ces deux actions une fois conilues , il nous suffira de dire ici que le mouvement dont il s'agit a lieu dans l'expiration. Elle est ^ en effet ^ entrecoupée par une nouvelle inspiration y l'ammal, en inspirant , n'ayant pu prendre une suffisante quantité d'air ^ attendu l'état vicié de ses poumons , et c'est celte expiration entrecoupée par une nouvelle inspiration^ qui forme le mouvement redoublé dont nous parlons.

ij altération du flanc dans déjeunes chevaux exige de grands ménagemens ; la mauvaise nourriture ^ un grand feu, un travail excessif et forcé l'occasionent. Du reste , la pousse ne se montre que rarement dans les chevaux au dessous de six, sept à huit années , à moins qu'elle ne provienne ou de l'étalon ou de la mère, et qu'elle ne soit, dès lors, une maladie héréditaire.

Dans la courbature, V altération du flanc est telle, que le mouvement redoublé aperçu dans la pousse subsiste 5 mais ici la difficulté de respirer est très violente, l'animal ne peut se tenir couché. Cette maladie, jointe à d'autres maux, tels que la fourbure , la gras-fondure , est très aiguë et très dangereuse.

La fortraiture est souvent une suite de la courbature. Le cheval fortrait est étroit de boyau. Il est dans les muscles qui garnissent ses flancs une telle contraction, qu'ils se montrent comme deux cordes extrêmement tendues depuis le iburreau jusqu'au

licfu où portent, les sangles de là- selle y et même le long des.oôtes« Le flanc est douloureux > te poil parait mal teint et très hérissé en cet endroit '(r)» Nous ajouterons ici qu'il est des cheuaux souffleurs et des che(>aux gros d^haleine* Le flanc des uns et des autres n'est point agité au delà de ce qu'il doit l'être naturellement après que l'animal a couru ; mais ils soufflent extraordinairement et fournissent presqu'autant^ non dans des courses violentes , mais dans un travail ordinaire, que s'ils n^àvaient pas cette incommodité ^ hes cheuaux gros d^halèine soufflent nxoins que les cheQaux souffleurs. Il en est surtout parmi.ceuxrciy qtii , en travaillant^ fent entendre un râlement désagréable , et^ en général , ces sortes de chevaux fatiguent ceux qui en font, usage (a).

Page 1